‹ Archives de neurologieChapitre 13 sur 67 · X. — Dkcubitus acutus · texte numérisé non relu

X. — Dkcubitus acutus

Dans rhémiptégie produite par une lésion de l'isthme de l'encéphale du bulbe ou de la moelle, les symptômes de foyer sont typiques. L'hystérie cherche quelquefois à imiter ces symptômes, mais elle le fait d*une manière très imparfaite.

A pricriy on ne saurait admettre la pathognomonicité d'un symptôme quelconque, cependant l'existence dans un cas d'hémiplégie d'un seul de ceux qui sont imprimés en gros caractères assure le diagnostic d'une hémiplégie organique, si rien n'oblige à admettre une association de l'hystérie avec l'afTection organique.

La genèse, Vétiologiewrûe de l'hémiplégie n'est pas toujours celle qui parait être la plus vraisemblable. Le terrain sur lequel la maladie prend naissance, les conditions dans lesquelles elle apparaît, doivent pour cette raison être pris en considération seulement en deuxième lieu.

Cependant, l'étude approfondie et détaillée de ces données peut avoir une grande valeur pour le diagnostic, si les symptômes seuls ne suffisent pas pour l'établir. On pourra tirer des arguments en faveur d'une hémiplégie organique de l'âge, du sexe, de la nationalité du malade, dé son genre de vie, de son état général, de l'état de ses organes (cœur, vaisseaux, reins), etc. Il ne faut pas oublier le rôle du paludisme, du typhus et autres maladies infectieuses, de la pneumonie, de la pleurésie, des maladies du système nerveux (sclérose en plaques, tumeurs), de la syphilis, du diabète, des intoxications, etc. L'examen ophtalmoscopique est de rigueur.

Les circonstances d^apparition d'une hémiplégie permettront souvent d*exclure la possibililc de Tinfluence d'une auto-suggestion, d'un agent provocateur de l'hystérie (occupation tranquille, sommeil profond, etc.) ou bien plaident plutôt en faveur d'une hémor-^ ragie (grands eiïorts musculaires, bains chauds ou froids, défécation, coït, etc.). D'autres facteurs sont de nature équivoque (émotions violentes, chute, etc.) et n'ont aucune valeur décisive dans Tappréciation des cas douteux.

L'évolution d'une hémiplégie (par exemple par anémie passagère circonscrite du cerveau chez des athéromateux) peut agir comme choc moral et provoquer des symptômes appartenant à l'hystérie (abasie, hémianesthésie, etc.), La maladie organique pourrait ainsi être par erreur mise hors de cause. Comme règle générale, il faut rechercher dans tous les cas présentant des symptômes indubitables de l'hystérie si elle ne masque pas une lésion organique, qui est la cause réelle de Thémiplégie.

Lés hémiplégies passagères sont très souvent à tort prises pour des hémiplégies hystériques. Leur guérison peut même coïncider avec une manœuvre suggestive quelconque et néanmoins ces paralysies sont souvent de nature organique, et une recherche minutieuse découvre, soit une sclérose en plaques, le début d'une paralysie générale, une néphrite interstitielle, etc.

Toutes les causes organiques des hémiplégies passagères ne sont pas connues ; d'autre part, dans les hémiplégies organiques en général il n'est pas toujours possible de découvrir la cause des accidents, c'çst pourquoi il n'est pas permis de diagnostiquer une hémiplégie hystérique « par exclusion » dans un cas d'hémiplégie légère, passagère ou avec des symptômes peu caractéristiques. S'il n'y a pas des données positives en faveur de l'hyslérie, on pourrait même prendre en considération le siège de l'hémiplégie du côté gauche, des douleurs dans quelque partie de l'appareil locomoteur de ce côté, accompagnées d'une anesthésie cutanée, qui est exceptionnelle dans des hémiplégies organiques légères. Usera plus juste de penser à une hémiplégie organique.

Discussion. — M. Mendklssohn (de Saint-Pétersbourg). — Je désire attirer l'attention du Congrès sur deux symptômes que j'ai eu l'occasion d'observer et qui peuvent, à mon avis, contribuer à établir le diagnostic différentiel entre l'hémiplégie organique et l'hémiplégie hystérique.

Le premier de ces symptômes consiste dans les modifications que les phénomènes électriques qui accompagnent la contraction volontaire des muscles subissent dans ces deux affections. Depuis Dubois-Reymond on sait que toute contraction volontaire du muscle est accompagnée d'un dégagement de l'énergie électrique, qui peut être facilement observée et mesurée au galvanomètre. Ce phénomène constitue la variation négative du courant musculaire

OU bien le courant d'action du muscle. Or. il résulte de mes nombreuses recherches sur ce sujet (v. C. R. du Congrès d'Électricité à Paris, 1889). — Bulletin de TAcadémie de médecine 1899 et ArcMves d'Electriciié médicale, janvier 1900), que l'intensité de ce courant varie dans différentes maladies du système neuro-musculaire; mais c'est surtout dans l'hémiplégie organique et hystérique que l'on observe des diflérences notables dans l'intensité et dans la forme de la courbe du courant d'action. La forme de la courbe que l'on obtient en représentant graphiquement la déviation de l'aiguille galvanomélrique présente des faits excessivement caractéristiques et variés dans les deux affections à la période de la contracture.

Dans la contracture hystérique l'aiguille galvanométrique déviée par la contraction volontaire du muscle contracté revient quoique lentement, mais d'une façon continue, vers zéro. La courbe se présente sous forme d'une ascension brusque suivie d'une ligne de descente très allongée. 11 n'en est pas de même de la contracture de l'hémiplégie organique. Dans celte dernière l'aiguille galvanométrique ne retourne pas d'une façon continue vers zéro; elle s'arrête en route deux ou trois fois et au moment d'un de ses arrêts, le plus souvent pendant le premier arrêt, on observe un petit recul de l'aiguille indiquant pour ainsi dire un nouvel accroissement du courant d'action malgré que le bras n'ait exécuté aucun mouvement appréciable. La courbe se présente alors comme ayant deux sommets séparés par un plateau et correspond très bien à la courbe myographique que l'on obtient dans les mêmes conditions. 11 y a évidemment une différence dans l'activité des muscles contractures dans l'hémiplégie organique et dans l'hystérie, qui pourrait tenir aux différents mécanismes de la production de la contracture dans ces deux affections du système nerveux. 11 est probable que dans l'hystérie toute la masse musculaire d'un membre est contracturée, tandis que dans l'hémiplégie organique la contracture attaque isolément les différents muscles et même différents faisceaux musculaires. De là vient la différence dans le caractère de la courbe galvanométrique dans les deux affections, différence qui peut être utilisée comme signe de diagnostic différentiel entre l'hémiplégie hystérique et l'hémiplégie organique.

Le second symptôme, qui me parait également présenter une certaine valeur séméiologique, se rapporte aux troubles de la vue que Ton observe dans Thystérie et dans les affections organiques du système nerveux. 11 y a plus de dix ans, que nous avons, Muller-Lycr et moi (v. Etude sur la perceptibilité différentielle du sens de la vue chez l'homme sain et malade. Arch, de Neurologie^ 1886, n® 72, et 1891, n^ 60) attiré l'attention sur la valeur diagnostique du rapport qui existe entre ia perceptibilité différentielle et l'acuité visuelle. Nous avons nommé « symptôme de relation » la

466 80CIÊTB8 SÀVAirrvs.

relation réciproque de ces deux facteurs et en nous basant sur nos recherches très nombreuses nous avons cru pouvoir conclure, que ce symptôme de relation divise la série tout entière de troubles visuels dans les maladies du système nerveux en deux grandes catégories : 1) ceux dans lesquels Tacnité visuelle est plus troublée que la perceptibilité différentielle. A cette première catégorie se rapportent tous les cas organiques, où le passage des impressions lumineuses est entravé par une lésion siégeant sur le parcours compris entre la rétine et les centres occipitaux : S) ceux dans lesquels la perceptibilité différentielle est plus troublée que racnité visuelle. A cette deuxième catégorie se rapportent tous les cas de l'amblyopie' hystérique. Les malades de la première catégorie, parmi lesquels il faut ranger certains hémiplégiques organiques, éprouvent devant Talphabet de Snellen des difficultés souvent insurmontables, mais ils lisent avec une grande facilité nos tableaux servant à déterminer les différents degrés de la perceptibilité différentielle; ils les lisent même jusqu'aux numéros les plus élevés de la série.

Les hystériques au contraire sont arrêtés du premier coup par les caractères de nos tableaux d'un ton grisâtre encore net, mais ils lisent souvent à un éclairage suffisant récriture de Snellen la plus forte. On voit de \k toute Timportance du symptôme de relation pour le diagnostic diiTérentiel de Tamblyopie dans Thystérie et dans Thémiplégie organique.

Les deux symptômes que je viens de décrire me paraissent pouvoir contribuer pour une large part à établir le diagnostic différentiel entre l'hémiplégie organique et l'hémiplégie hystérique, et c^e^t pourquoi J'ai cru utile de les signaler à l'attention de la section nouroiogique du Congrès.

M. Caoco (de Bruxelles) . — Depuis plusieurs années je m^occupe du diagnostic différentiel de l'hémiplégie organique et de Thémiplégie hystérique; bien souvent j'aî été embarrassé et jai dû même quelquefois renoncer à porter un diagnostic définitif. Aussi ai-je été très heureux de lire le travail de Ûabinski qui jette une vive lumière snr la question. Je ne désire nullement contester la valeur du réflexe de Babinski comme signe pathognomoDÎqae de rhcmiplcgic organique ; je veux seulement répondre à cette proposition, énoncée par mon savant collègue, que Textension ries orteils répond constamment A une lésion organique do système pyramidal.

On a généralement le tort de n'examiner le réflexe de ttabinski que dans les cas organiques ou douteux. Peut-être si Ton généralisait à tous les malades cet examen, amverait-on à déceler oe réflexe dans un certain nombre de cas non organiques, ie me base pour avancer cette idée sur deux cas de paralysie alcoolique daas lesquels le réflexe de Rabinski existait très nettement; ces malades ayant guéri très rapidement, il n'est pas permis de croire iju^iï

80C1BTBS SAVANTES. i67

s*agissait d'une altérai ion organique. On pourrait donc admettre que le réflexe de Babinski est 1 expression non seulement d'une lésion organique du système pyramidal — ce qui est la règle — mais encore, exceptionnellement à une altération fonctionnelle de ce système.

M. Mendelssohn (Sainl-PétersbouFfr). — Les exceptions que Ton trouve dans la manière dont se comportent les réflexes, même lorsqu'il s'agit d'un phénomène aussi constant que « le réflexe de Babinski >», prouvent combien il est difïiciie de formuler une loi générale concernant l'acte réflexe. En physiologie aussi bien qu'en pathologie toutes les lois sur les réflexes, y compris la loi classique de Pfluger, ne sont pas exemptes des exceptions très nombreuses, trop nombreuses pour que la loi formulée puisse être considérée comme telle. Voici pourquoi je crois que le rôle séméiologiqne des réflexes est très relatif et plus on moins restreint. !l existe très peu de réflexes qui pourraient être considérés comme signe pathognomoniqiie de certains états morbides. Ceci tient surtout à ce que nos connaissances sur la physiologie des réflexes sont très insuffisantes. Nous ne connais>ons guère les voies de transmission des réflexes, ni leur localisation dans l'axe cérébrospinal ; pour un réflexe donné, il nous est impossible pour le moment de déterminer le rapport entre l'onde excilalrice de l'arc réflexe et entre l'onde inhibitrice de celui des anlagonisles. Voici pourquoi, à mon avis, il ne faudrait pas, en clinique, s'appliquer surtout à déterminer la valeur absolue d'un réflexe, mais chercher plutôt la relation réciproque entre les difTérenls réflexes (par exemple les réflexes cutanés et tendineux) dans certaine** maladies. On obtiendra ainsi peut-être un a symptôme de relation » qui présenterait une certaine valeur séméiologique, car il est probable qu'en vertu d'une finalité fonctionnelle de l'organisme certains réflexes suppléent la fonction supprimée d'autres réflexes abolis par le processus morbide. La tonicité de tout le système musculaire et de différents centres nerveux est sans doute tributaire de cette finalité fonctionnelle de certains réflexes.

M. J. Babin«ki (de Paris). — Je constate avec satisfaction que M. Ferrier et M. Rolh ont bien voulu passer en revue quelques-uns des nouveaux signes distinctifs de Thémiplégie organique et de l'hémiplégie hystérique que j*ai fait connaître, et qu'ils confirment en grande partie les résultats de mes observations. Ayant exposé récemment dans une leçon parue dans la Gazette des hôpitaux mes idées sur ce sujet d'une manière complète, je me contenterai aujourd'hui de relever quelques points sur lesquels je ue suis pas tout à fait d'accord avec l'un ou l'autre des rapporteurs et d'iudiqaer la méthode qui me parait devoir être suivie, si l'on veut élre déûnitivement fi.xé.

168 SOCIÉTÉS BAVANTB8.

MM. Ferrier et Rolh reconnaissent que dans riiémiplégie hystérique les réûexes tendineux sont généralement normaux ; mais ils admettent qu'exceptionnellement ces réflexes peuvent être exagérés. Tel n'est pas mon avis ; je ne crois pas que dans rhémiplégie hystérique pure il puisse y avoir, comme dans Thémiplégie organique, de Texagération des réflexes tendineux du côté de la paralysie. Un hystérique peut, il est vrai, dans certains cas, exécuter volontairement, à la suite de la percussion du tendon rotulien, un mouvement plus énergique du côté malade que du côte sain et simuler ainsi, si l'on n'y prend pas garde, une exagératioo des réflexes : mais on arrivera généralement à distinguer ce pseudo-réflexe du réflexe légitime à l'aide des caractères que j'ai indiqués ; j'ajoute qu'en pareil cas ce n'est guère que le réflexe rotulien qui parait exagéré et les autres réflexes tendineux et osseux, le réflexe du tendon d'Achille, le réflexe radial, le réflexe du triceps brachial sont égaux des deux côtés, contrairement à ce qui a lieu dans l'hémiplégie organique. Je n'ignore pas que certains médecins afflrment avoir observé dans l'hémiplégie hystérique une exagération unilatérale de tous les réflexes tendineux, mais je déclare n'avoir jamais rien vu de pareil et je suis convaincu qu'il s'agissait dans ce cas d'associations hystéro-organiques. Pour établir que l'exagération des réflexes tendineux relève de l'hystérie il faudrait prouver, dans un cas donné, d*une part que la paralysie, en raison de son mode d'évolution, de l'action exercée sur elle par la suggestion, dépend exclusivement de l'hystérie, et, d'autre part, que l'exagération des réflexes tendineux, -disparaissant avec la paralysie, devait être intimement liée à l'hystérie.

11 est à souhaiter que les neurologistes qui admettent la possibilité de l'exagération des réflexes tendineux dans l'hémiplégie hystérique veuillent bien présenter à leurs collègues de pareils malades, car ce n'est en quelque sorte que « pièces en main » qu'on finira par s'entendre.

J'en dirai autant du phénomène des orteils. La plupart de ceux qui m'ont fait l'honneur de contrôler mes recherches, et M. Ferrier est de ceux-là, admettent avec mot que ce signe est caractéristique d'un trouble dans le système pyramidal et qu'il n'appartient pas à l'hystérie. M. Roth, tout en reconnaissant que ce symptôme constitue une firande présomption pour le diagnostic d'hémiplégie organique, pense qu'il n'est pas impossible qu'il dépende de l'hystérie. A l'occasion d'une discussion à ce sujet j'ai déjà demandé, il y a près d'un an, à mes collègues de la Société de Neurologie de vouloir bien présenter les malades chez lesquels ils constateraient le signe des orteils dans des cas d'hystérie pure. Jusqu'à présent on n'a pas encore pu nous en montrer un seul exemple.

SOCIBTBS SAVANTES. 169

M. P. Marib rappelle le cas d*un malade atteint d'une lésion da système pyramidal^ mais qui ne présentait pas le réflexe de Babinski.

M. J. Babinski. — Je ferai remarquer à mon ami M. Marie que son observation n'est pas en contradiction avec ce que j'ai écrit à ce sujet. Je sais en effet que ce phônomène des orteils peut manquer dans des cas de lésions du système pyramidal. Je dirai enfin à M. Grocq que je n'ai jamais soutenu qu'une grosse lésion du système pyramidal fût nécessaire pour donner naissance à ce phénomène. J'ai dit que ce signe dénotait « perturbation du système pyramidal », ce qui est tout différent.

Méningite chronique progressive Jion adhésive avec symptômes psy^ chiques et amaurose complète chez un sujet ayant clpuis trente ans une tumeur du cervelet; par MM. A. Jcffroy et A. Gombault.

Observation intéressante à plus d'un point de vue, mais Tauteur attire plus spécialement l'attention sur l'existence de l'amaurose avec atrophie papillaire, survenue chez un malade atteint de méningite chronique non adhésive, et rappelant par ses caractères celle que l'on observe parfois au cours de la paralysie générale.

Séance de l'après-midi, — Présidence de M. Hou en (d'Helsingfors).

Tumeur de la moelle épinière; par le professeur Henschen.

Sur un moyen pour étudier les variations du cerveau; par A. Bianchi (de Parme).

Révision iconographique du torticolis mentaly trois cas nouveaux; traitement, par E. Feindel et H. Meige (de Paris). (Projections.)

F... et H. M... rappellent les principaux caractères du torticolis mental, tels que M. Brissaud les a fait connaître. Ce tic d'habitude s'installe chez des prédisposés, à l'occasion dune cause déprimante, et un certain nombre d'observations montrent avec netteté que le mouvement spasmodique dérive de l'éducation d'un mouvement d'abord voulu, répété à satiété, et devenu une habitude échappant de plus en plus à la volonté. — Un des points les plus intéressants du torticolis mental est ce fait que chaque malade peut complètement et instantanément redresser sa tête par un procédé de son choix; grâce à un artifice puéril, soutien de la tête par une main, par un doigt, la volonté débile du sujet replace sa tête droite, alors que cette même volonté est impuissante à ramener, en commandant aux seuls muscles du cou, la tète dans la rectitude. F... et H. M... présentent .une vingtaine d'images photogra-

i70 SOCIÉTÉS SAVANTES.

phiques de la correction du torticolis mental par la maio da malade qui en est affecté et donnent trois nouvelles observations où Ton voit quelques variations du procédé. Ils terminent par un mot sur le traitement du tic par la méthode d*entrainement de la volonté au moyen d'exercices gradués d'immobilité et de mouvements, qui leur a donné des améliorations et des guérisons déûniiives.

Neurasthénie et Vieillesse; par Pieabe Parisot (de Nancy).

La neurasthénie vraie n'est pas seulement une maladie de Page . adulte, mais aussi de la vieillesse. Après soixante ans on la trouve soit comme continuation d'une neurasthénie (19 fois sur i74 cas), soit comme première manifestation de la névrose (8 fois seulement sur 174 cas).

L'hérédité nerveuse remplit toujours le rôle éliologique prépondérant qu'on ne saurait attribuer à l'artério-sciérose sans aller à rencontre de nombreux faits cliniques; la vieillesse ne prédispose pas à la neurasthénie. Les femmes sont plus fréquemment atteintes que les hommes.

La neurasthénie chez le vieillard diiïère de celle de l'adulte par une alténuation des symptômes, manifeste surtout dans les cas où la névrose a apparu pour la première foig après la soixantaine (neurasthénie sénile proprement dite). La forme cérébro-spinale est la plus fréquente. Le diagnostic de la maladie de Beard est particulièrement délicat à un âge avancé et nécessite un examen approfondi pour éviter de la confondre avec les groupes neurasthéniforraes qu'engendre l'évolution sénile. La neurasthénie aboutit quelquefois à la démence sénile et vient alors ajouter sa symptomalologie propre à celle qu'engendre la lésion de la cellule cérébrale.

Goitre exophtalmique traité sans succès par la résection bilatérale du grand sympathique cerviad. Troubles de pigmentation cutanée. Infiltration pachy dermique dts membres inférieurs] par Ch. Achard (de Paris). (Présentation de malades.)

Contagion delà Neurasthénie; par A. Mootibr (de Paris).

Extension de VEvolutionismc et de V Ontologie ou Etat actuel de la Question du Eaiivinisme dans ses rapports avec la pathologie; par TuTiscHRiNB (de Moscou).

Du Traitement de la Mobilisation en pathologie nerveuse, et plus particulièrement de son action sur la contracture et l'atrophie museu^ laires ; deux exemples de méningite cérébro-spinale; par Dagron.

40CIKTE8 SATAKTB8. i7)

Lésions des Noyaux du Pneumog<isirique dans la Sclérose latérale Amyotropliique de la Paralysie Spinale anlérieure subaiguè de Duchenne; par MH. Cl. Philii>pe et Majewicz (de Paris).

Les aatears ont po étudier par la méthode de Nissl le« noyaisx du poeaoïogastriqne chez deux maladies qui avaient succombé à des accidents cardio-puiifionaires d'origine bulbaire. Ils ont constaté des altérations structurales intenses et une diminution de nombre dans les amas cellulaires (nucleus ambiguus, noyau dorsal^; mais ces altérations étaient sensiblement plus marqués pour le nudeus ambiguus. Ainsi ces résultats de pathologie humaine confirment une opinion, émise sur le terrain expérimental, par MM. Marinesco et Van Gehuchten qui ont soutenu, contrairement à la doctrine classique, la nalnre motrice du noyau dorsal du nerf Tague. De pins, les auteurs pensent que ces cellules appartiennent à uu type moteur spécial différent, par exemple, du type des grandes cellules radiculaires de la corne antérieure de la moelle épinière.

Traitemeni tnéeanoihérapique des Hémiplégiques {masR(ig€, rééducation des mouvements et mé canot hérapie compensatrice) ; par le D' P. KociKDiY. (Voir ie a^ 59 des Arckives.)

Un cas de Tabès amyotrophique. Névrite périphénque ; par Gh. Miralué (de Nantes).

M"^*' X..., eiaquantedeux aus, ancienne syphilitique probable, est atteinte de tabès depuis vingt et un ans. Sept aus après le début des accidents, Tamyotrophie des membres inférieurs était telle que la nialade éiait condamnée à prendre le lit qu'elle n'a plus quitté depuis cette époque.Amyottophieirèsaccentuée des deux membres inférieurs surtout à droite, et frappaat les muscles de la région antéro-externe de la jambe et le mollet ; pied bot varus équin/paraJytique; impossibilité des mouvements des pieds, diriicuUé des mouvements des jambes. Abolition des réflexes iH^luliens; signe d' Argyil- Aobertson; troubles de la sensibilité; douleurs fulgurantes; crises gastro-intestinales. Examen microscopique de tous les segmentf médullaires de la VI Ji* cervicale au côfie terminal (méthodes de Nissl, picrocarmin, Weigert); des racines aiOtérieures correspocH dantes, et des nerfs des membres inférieurs (libial postérieur et antérieur, nerfs péi*oaiers, nerfs intra- musculaires à Tacide osmique et picrocarmin). Eu dehors des lésions classiques du tabès, nous trouvons une intégrité complète des cellules des eoroes antérieures, des raciiies antérieures; par contre, il existe une névrite périphérique manifeste d'autant plus acceotnée que Tott se rappcoclM davantage de la lenuiftaison des «erfs.

Vauto-microsthésie; par Maurice Bloch (de Paris).

On a décrit sous le qom de microsthésie une affection du toucher caractérisée par une altération spéciale des sensations de poids et de volume. Lorsqu*un malade, atteint de cette affection, tient dans sa main un objet quelconque, un presse-papier par exemple, cet objet lui semble moins lourd et moins volumineux qu'il ne Test en réalité.

J'ai eu Toccasion d'observer une hystérique qui présentait le phénomène auquel on pourrait donner le nom d'auto-microsthésie. Elle se plaignait, en etfet, d'avoir maigri considérablement alors qu'il n'en était rien. Elle n'était ni diabétique, ni albuminurique, ni cancéreuse, ni tuberculeuse : elle était auto-microsthésique. Lorsqu'elle se palpait, elle trouvait que ses membres étaient diminués de volume, que sa tête était rétrécie, que ses seins avaient disparu. Ce symptôme a persisté chez elle pendant six mois, et comme cette malade a été plusieurs années avant de guérir, on peut en déduire que l'auto-microsthésie est d'un pronostic peu favorable. Il serait également intéressant de rechercher si les microsthésiques sont tous auto-microsthésiques.

La trépidation épile]^iique du membre inférieur; par Mauricr Bloch

(de Paris).

Voici la description de ce symptôme et la manière de le provoquer. Je l'ai constaté sur un malade atteint de sclérose en plaques datant de deux ans, et je me propose de le rechercher dans toutes les affections pouvant déterminer de la paralysie spasmodique :

Le malade se tenait debout, les mains arcboulées sur un meuble. Il fléchissait légèrement la jambe droite sur la cuisse en s'appuyant de tout son poids sur cette jambe demi-fléchie et en détachant l'autre du sol. Dans cette position, il se produisait des mouvements alternatifs de flexion et d'extension, à raison de 60 à 80 par minute; ces mouvements étaient à rythme égal et d'une amplitude assez considérable. Tant que le malade gardait cette attitude de demi-flexion, il lui était impossible de ralentir ses mouvements; mais ces derniers s'arrêtaient aussitôt qu'il remettait la jambe en extension. Chez mon malade ce phénomène était unilatéral et ne portait que sur la jambe droite.

Deux cas de Paralysie alteime. Troubles de la sensibilité; par Ch. Mirallié (de Nantes)

Homme, trente-huit ans, ancien syphilitique, est pris subitement un matin, sans perte de connaissance^ d'une paralysie alterne : ptosis droit, myosis droit, déviation de la langue vers la droite,

sans autre signe de paralysie facial; intégrité motrice des membres, mais exagération des réflexes à droite. Conservation du tact sur tout le corps; retard de la perception avec hyperesthésie consécutive du chaud, du froid et de la douleur dans toute la moitié gauche du corps avec sensation de fourmillements. Dix-huit mois après Tattaque, le ptosis a disparu; les troubles de la sensibilité persistent exactement comme au début.

Homme, cinquante-huit ans. Sensation de faiblesse subite dans le bras droit, parésie légère de tout le côté droit (membres supérieur et inférieur), hémianesthésie incomplète de tout ce côté, le malade perd ses membres dans son lit. Paralysie du droit externe gauche; la face est indemne des deux côtés. Un an après la parésie du droit externe a disparu, cependant un peu de fatigue de Tœil dans la position en dehors de rœil gauche; les troubles de motiiité des membres droits ont disparu, sauf un léger degré de spasmodicité; les troubles sensitifs persistent, mais atténués.

Un cas de dermo -neuro -Jibromalose compliquée de phénomènes spinaux et de déformation considérable de la colonne vertébrale; par M. Haushalter (de Nancy).

Observation d'un jeune garçon de seize ans, atteint de paraplégie spasmodique avec troubles de la sensibilité dans les membres inférieurs (thermanesthésie variable comme siège et intensité, et diminution transitoire de la sensibilité tactile), troubles des sphincters et déformation considérable du thorax ; il existe en même temps du strabisme interne de l'œil gauche et de la névrite optique à droite. Le début remonte à l'àge de douze ans ; on ne relève chez le malade aucun antécédent morbide personnel ou héréditaire ; le développement physique et intellectuel est normal. Les symptômes spinaux sont dus chez lui à la localisation médullaire de la maladie de Recklinghatisen, Les signes cutanés de la, dermo-neuro-fibroînatose se réduisent à une quinzaine de petits fibromes cutanés, papuleux, mous, recouverts de poils rudes, à deux verrues colorées, à trois petits fibromes durs sous-cutanés dont l'un atteint le volume d'une noix, à une vingtaine de taches pigmentaires de couleur café au lait clair. Le fait le plus curieux de cette observation réside dans la déformation du thorax, manifeste surtout dans la situation assise ; elle consiste en une énorme cypho-scoliose dorso-lombaire à grande courbure, et une plicature du tronc en avant, au niveau du creux épigastrique.

Cette déformation, qui disparaît presque totalement dans le décubitus dorsal, semble bien être en rapport avec des altérations osseuses qui ne sont pas sans analogie avec Vostéomalacie, et qui ont été signalées plusieurs fois déjà dans la dermo-neuro-fibroma-

174 S0C1BTB8 SAVANTES.

tose, en particulier par MM. P. Marie et GouvBLAïas, même eo l'absence de phénomènes spinaux.

La prédominance d^ accidents médullaires et de la déformatioB du thorax, ratlénuation des phénomèaes cutanés, rendent intéressant ce cas de maladie de Recklinghaasen, qui montre un des aspects multiples sous lesquels peut se dérober ou se manifester la maladie.

La dy^mée des neurasthéniques; par Akorb (de Toulouse).

Les auteurs qui ont écrit sur la neurasthénie sont très brefs sur les troubles respiratoires de cette névrose. A peine signalent-ils une certaine sensation d'oppression, de la toux nerveuse et Tasthme des foins. M. André a acquis, par de nombreuses observations, la conviction que les neurasthéniques éprouvent fréquemment une dyspnée singulière, d'origine complexe, mais en grande partie d'ordre psychique, s' accompagnant d'une véritable angoisse et indépendante de toute lésion cardio-pulmonaire. Le malade fait volontairement des inspirations profondes, répétées, entrecoupées quelquefois de bâillements et provoquant à la fin un état de fatigue douloureuse des muscles thoraciques. 11 suffît au sujet d'être distrait, de se livrer à un travail quelconque, à une lecture, pour être débarrassé de cette obsession.

Il ne s^agit pas de palpitations cardiaques qui existent quelquefois d'une manière concomitante, et que les malades savent très bien distinguer; ni de la tachypnce hystérique qui se produit sans anxiété et sans douleur, s'accompagne de spasme pharyngien et se termine souvent par une crise de pleurs. Parmi les causes déterminantes les plus fréquentes de la dyspnée neurasthénique, on rencontre la réplétion gazeuse de Testomac, une crise de névralgie intercostale, la lecture d'un chapitre de pathologie, certaines influences barométriques, etc. En résumé, une circonstance passagère et de minime importance met en jeu un trouble respiratoire purement névropathique qui sera prolongé indéfiniment par l'obsession.

Séance de clôture, jeudi 9 août. — Présidence db M. le professecr Tambcrini (de Reggio).

Page 1