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PRÉSENTATION DE MALADES

Atrophies mttscuUires; par M. Déjerinb.

Aehondroplasie, Dysostose cléido-cmnienne héréditaire: par M. PiBBRE Marie.

Séance du matin, mercredi 8 aoiU, — Présidence de MM. Hitzig (de Halle), A. Pick (de Prague).

Résumé du rapport sur Le diagnostic de l'hémiplégie organique^ et rhémiplégie hystérique ; par David Fehhii-r, professeur de neuro- pathologie à King's Collège, Londres.

L'hémiplégie hystérique peut simuler l'hémiplégie de cause organique : il n*y a peut*êlre aucun symptôme toujours présent qui suffise pour les différencie! au premier coup d'œil. Il est cependant possible, dans la plupart des cas, d'assurer le diagnostic, si Ton prend en considération plusieurs facteurs, dont voici les plus importants :

io L'histoire personnelle et familiale ; 2*^ Le genre du début ; 3^ Les caractères mêmes de la paralysie ; 4^ Son concours et sa terminaison ; 5^ L'état des réflexes superficiels et profonds.

i^ L'histoire personnelle et familiale. — L'hémiplégie hystérique, comme rhémiplégie organique, peut survenir atout âge. Les sujets sont d'hérédité névropathique, et de tempérament hystérique : ils ont eu précédemment des attaques hystériques, ou présentent des stigmates permanents tels que zones hyperesthésiques, soit anesthésiques, ou hémianesthésie sensitivo-sensorielle complète du type usuel. (Charcot.)

* Voir Gwteite hebdomadaire et Archives de Neuro togie, 1900.

Les sujets présentant une hémiplégie organique (les cas de traumatisme ou de lésions intra-craniennes autochtones à part) sont ceux prédisposés à Thémorragie, l*embolie ou la thrombose, par des dégénérations vasculaires, cardiaques ou rénales. Il est généralement possible de découvrir Texistence de ces dernières par une investigation clinique suffisante.

2® Le genre du début. — L'hémiplégie hystérique se montre ordinairement à la suite de quelque perturbation nerveuse, telle qu'un choc émotionnel ou une attaque épiteptiforme ou apopleciiforme (apoplexie hystérique) simulant une hémorragie cérébrale. Mais Tapoplexie hystérique n'est probablement qu'une phase de la grande attaque hystérique, et diffère de Tapoplexie vraie entre autres par Tabsence de troubles' circulatoires, respiratoires ou thermiques.

Z^ Les caractères de la paralysie. — Dans Thémiplégie hystérique, la paralysie s'établit à la fois sur le membre supérieur et sur le membre inférieur, mais très rarement elle envahit la face. Celle-ci, lorsqu'elle est impliquée, présente d'habitude le type labio-glossal spasmodique (Charcol) du même côté ou du côté opposé. La jambe est ordinairement plus affectée que le bras, et pendant la marche elle est traînée comme une masse inerte, et ne décrit pas une courbe de circumduction, comme dans la para* lysie organique (symptôme de Todd). L'hémiplégie hystérique est, dans la grande majorité des cas, associée à l'hémianesthésie sensitivo-sensorielle.

Dans l'hémiplégie due à des lésions du faisceau sensitif de la capsule interne, l'anesthésie est rarement profonde : les sens spéciaux (ouï, odorat et goût) sont rarement atteints ensemble, et quand la vision est impliquée, c'est de Thémiopie, plutôt que de l'amblyopie croisée avec contraction concentrique des champs visuels, comme dans l'hystérie.

La monoplégie hystérique se montre généralement à la suite d'un traumatisme local et diffère de la monoplégie corticale par sa restriction absolue à ce membre, ou à un segment de ce membre ; et par Tassociation d'anesthésie de type morphologique (Gharcot) qui ne correspond pas à la distribution périphérique d'aucun nerf sensitif, ni d'aucune racine spinale posté* rieure.

4^ Marche et terminaison. — L'hémiplégie (monoplégie) hystérique peut persister un temps indéfini, et présenter jusqu'au bout le même caractère de flaccidité qu'au commencement ; dans l'hémiplégie organique, de plus de trois mois de durée, la contracture se manifeste dans les membres paralysés, et ne disparait que pour faire place à de l'atrophie musculaire. Cette contracture se développe lentement, et jamais soudainement comme dans les hémiplégies ou monoplégies hystériques. L'hémiplégie hystérique

présente des variations considérables dans son cours, et peut disparaître subitement après une durée indéfinie.

5*> Les réflexes profonds et superficiels, — Dans Thémiplégie hystérique, les réflexes profonds ne sont pas nécessairement altérés, et le vrai clonus du pied est rare; tandis que dans Thémiplégie organique ils sont toujours exagérés, et le clonus est la règle.

Dans l'hémiplégie hystérique, le réflexe plantaire est absent ou difficile à obtenir. Si on peut l'obtenir, il est du type normal u fléchisseur ». Dans Thémiplégie organique, et dans toutes les affections des faisceaux pyramidaux, le réflexe plantaire est du type « extenseur » (symptôme de Babinski ; — phénomène des orteils).

Résumé du rapport sur Le diagnostic, de rhémiplégie organique et de Chéiniplégie hystérique; par W. Roth, professeur à l'Université impériale de Moscou.

L'étude anatomique détaillée, d'une part, et l'analyse des conditions palhogéniques et des symptômes cliniques de l'autre, nous permettent de distinguer deux groupes d'hémiplégies : l'hémiplégie organique et l'hémiplégie hystérique, et d'établir les bases pour le diagnostic différentiel de ces deux formes. Cependant, il y a des hémiplégies dont la nature n'est pas encore suffisamment élucidée, par exemple l'hémiplégie dans la migraine, dans certaines intoxications. En outre, certains symptômes de l'hémiplégie organique peuvent manifester des changements dans leur intensité, môme sous Tactioii d'une influence psychique, sans être pour cela de nature hystérique. Les données fournies par Vexamen anatomique seul ne suffisent pas pour délimiter le domaine des hémiplégies organiques.

Il y a une quantité d'hémiplégies qui au point de vue clinique se rangent parmi les hémiplégies organiques, malgré l'absence des lésions appréciables à l'autopsie. La majorité des facteurs étiologiques de l'hémiplégie organique, agissant avec une intensité moins prononcée, peuvent produire dans le cerveau une allération en foyer f soi-disant fonctionnelle , suivie d'hémiplégie. Ces « hémiplégies fonctionnelles » n'ont rien à faire avec l'hystérie et ne peuvent être séparées des hémiplégies organiques.

On peut ainsi avoir affaire à des hémiplégiques chez lesquels il est a priori impossible de déterminer le rôle appartenant à l'hystérie, à une lésion anatomique du cerveau ou à une altération fonctionnelle en foyer.

Dans la grande majorité des cas, seul Vensemble des symptômes^ intimement liés à l'hémiplégie S et le mode de son évolution,

' Symptômes intrinsèques de Babinski.

Archivks, 2 série, t. XL 11

162 S0C1BTÉ8 8AVANTBS.

caractérisent parfaitement rhémiplégie organique et Phémiplégie hystérique. (Je ne m'arrêterai pas sur cette dernière, ayant la certitude que cette partie de la question sera de préférence élocidée dans le rapport de M. Ferrier.)

Parmi les symptômes les plus caractéristiques de Thémiplégie organique, il faut noter :

A. Le groupe des symptômes constituant le syndrome d'APO- PLEXiE, qui ne saurait être simulée par V « apoplexie hystérique » que dans les cas tout à fait exceptionnels. — F. Les symptômes de loyer. — 1. L'aphasie dans toutes ses formes. 11 n'est pas difficile de la distinguer du mutisme hystérique. — IL L'hypotonicité musculaire et la paralysie.

1. Dêciation conjuguée des yeux, — l/amplilude des mouvements des yeux vers le côté paralysé reste souvent dim innée pour longtemps. Parfois cette diminution ne se manifeste que dans les mouvements volontaires, tandis qu'elle n'apparaît pas dans les mouvements réflexes, inconscients, ou même si le malade suit avec les yeux un objet qui se meut dans les directions latérales.

2. Paralysie faciu le : le malade « fume la pipk » ; le facial supérieur est souvent atteint. La paralysie faciale peut être « systématique » et ne se montrer que dans les mouvements mimiques. Dans rhémiplégie hystérique, la paralysie faciale est excessivement rare : ce qu'on voit d'habitude, c'est une pseudo-paralysie, une hypotonie qui s'associe à une hypertonieavec petites secousses caractéristiques des muscles de la face du côté opposé.

3. La déviation parétiqtie de la langue et la dysarthrie typique en rapport avec le degré de paralysie de cet organe. Dans l'hystérie, la déviation de la langue se présente sous des formes variées et capricieuses bien connues (hémispasme, parésie systématique, déviation du côté opposé, etc.).

4. UintensUé relative de la paralysie des membres et des groupe» musculaires d'un membre est d'habitude typique. D*où les attitudes caractéristiques, la démarche (en fauchant au lieu de la démarche de Todd des hystériques).

5. Les mouvements involontaires associés des extrémités paralysées.

6. L'évolution de la paralysie dans les cas sans ictus présente ordinairement des particularités caractéristiques.

7. La diminution des troubles paralytiques se fait d'une manière régulière : quel que soit le degré maximum de la paralysîe établie à la suite d'uncs apoplexie, elle subit bientôt une période de dimi- Qution d^intensité.

ni. — Les contractures sont caractéristiques dans leur forme et évolution.

IV. — L'exagération des réflexes tendineux et osseux (TKÉPiDikTiox

SOCIBTBS SAVANTES. 163

DB Là ROTULB, XHJ ptsD ET DB LA mun), marchent de paire avec Yhypertonie musculaire. La trépidation réflexe da pied peut se montrer à titre d'exception d«Ds l'hémiplégie hystérique.

V. — Les réflexes superficiels ont une valeur moindre, à Texception du phénùmène des orteils de M. Babînski. Cependant, le réflexe d'extension du grand orteil se voit exceplionneliement dans l'hystérie. L'absence du réÛexe abdominal et crémastérien du côté de la paralysie seule au début de Thémiplégle doit être prise en considération.

VL — Vkémianesthésie est moins accusée qne la paralysie, le degré de Tanesthésie n'est pas nécessairement le même sur toute la moitié du corps, mais il n y a pas de transitions brusques et des dispositions segmentaires (lignes d'amputations) et capricieuses qui se voient dans Thystérie. Prédominance parfois de la diminution du sens stéréognostique.

VIL — 1. L'u£MiAr<0P3iB. — 2. Absence d'altérations manifestes des autres sens supérieurs.

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