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V. De la tolérance des bromuree chez les épileptiqnes âgés

par Cii. KÉRB. (Remie de médecine, janvier 1900.)

L'intolérance des bromures a été considérée comme plus à craindre chez les vieillards atteints d'épilepsie. Quelques faits sem* blent montrer à Tauteur que même chez ces derniers, le bro* mure peut être employé avec efficacité à une dose assez élevée, si toutefois on sait le doser progressivement en explorant la tolérance du sujets M. Hamel.

VI. L'hédonal ; par J. Glaus. (Bull, de la Soc. de méd. ment.

de Belgique, imn 1900.)

L'hédonal est un dérivé de Turéthane, qui se présente sous la forme d'une poudre blanche facilement soluble dans l'alcool. L'auteur Ta administré en cachets aux doses de i à 4 grammes par jour chez les malades atteints d'insomnie rebelle. Chez presque tous il a vu le .^ommeil se produire de vingt à trente minutes après l'ingestion de ce médicament, dont l'usage même prolongé n'aurait aucun effet secondaire fâcheux. G. D.

VIT. Le traitement par la suggestion avec et sans hjrpnose ; par

John F. Woods. (The Journal of Mental Science, avril 1897.)

En parcourant les dix-huit pages de tableaux annexés à ce travail, on constate que l'auteur a expérimenté le traitement hypnotique dans un grand nombre de cas divers, à savoir : 26 cas d'alcoolisme chronique, 10 de sciatique, 15 de maladies mentales, 7 de goutte, 22 de mal de tête, 10 de dyspepsie, 10 d'arthrite rhumatismale, 21 de névralgies, 3 de lumbago, 14 d'épilepsie, 21 de chorée (deuxième série), 4 d'insomnie, 2 d'ataxie locomotrice, 3 de crampe des écrivains, 4 de torticolis spasmodique, 2 de masturbation^ 1 de crampe des pianistes, 1 d'hystérie, 1 de hoquet, 1 de delirium tremens, 1 de rhumatisme, 2 d'incontinence nocturne d'urine, 1 de stupeur, 1 de douleur par maladie chronique avec grossissement de la cheville droite, 1 de tic du c6té gauche de la face, 1 de tremblement avec douleur de la jambe droite, 1 de douleur lombaire aiguë avec impossibilité de marcher, en toat 186 cas.

M. Woods a constaté que la suggestion avec ou sans hypnose

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était utile non seulement dans les maladies mentales, mais encore dans toutes les alTections nerveuses et particulièrement dans celles que Ton qualifie de fonctionnelles. Eu consultant les tables qu*il publie, on verra que les résultats les plus satisfaisants ont été obtenus dans la chorée et les autres formes de spasme, dans les névralgies (surtout celles du trijumeau et du sciatique), dans les maux de tète, Tinsomnie, la goutte, le rhumatisme, Tasthme, les palpitations, la dyspepsie nerveuse, Talcoolisme chronique et diverses formes de maladies mentales, particulièrement la mélancolie. Il a eu aussi quelques succès dans Tépilepsie. Dans la majorité des cas, le résultat favorable a été obtenu sans hypnose. Dans les névralgies, par exemple, il suffit souvent de poser la main sur la région douloureuse, et cette pression douce associée à la suggestion suffît pour faire disparaître la douleur.

Ce travail se termine par quelques observations choisies parmi les plus démonstratives (névralgie faciale; — mouvements athétoïdes de la main droite ; — mélancolie ; — névralgie du trijumeau) et des considérations assez étendues sur le mode d'action du traitement hypnotique, dans lesquelles nous regrettons de ne pouvoir suivre Tauteur. U. de Mosgrave-Clây.

VIII. Le dormiol; par le D^" Glaus. (Bull, de la Soc, de Méd. mentale de Belgique, septembre 1900.)

Le dormiol est une combinaison de chloral et d'hydrate d'amylène; c'est un liquide clair, d'un poids spécifique de 1,24, dont l'auteur conseille l'emploi comme hypnotique dans les diverses formes de neurasthénie et chez les aliénés dont l'agitation n'est pas trop forte. On peut l'administrer mélangé à l'eau ou en capsules. Les doses varient de 0 gr. 50 à 2 gr. G. D.

I. Impaludisme et épilepsie ; par. M abandon de Montyel. {Revue de médecine, décembre 1^99.)

L'impaludisme a longtemps passé pour exercer une influence heureuse sur les attaques épileptiques, l'auteur ne la jamais observé ; au contraire il a eu l'occasion d'observer certains épileptiques devenus paludéens au cours de leurs attaques et chez qui rimpaludisme a semblé jouer le rôle d'ag^'ravant. Dans deux observations notamment, les crises d'épilepsie n'existaient qu'à

rélat de vertiges avant rinfection paludéenne. Après l'infectioa il se déclara de franches attaques d'épilepsie et ces attaques s'accentuaient à chaque nouvelle infection malarienne.

L'impaludisme provoquerait donc dans certains cas, Tépilepsie qui n'existait qu'à Fétat latent. Dans les cas observés, Tétat d*épilepsie persisterait même après guérison du paludisme. M. Uamel.

H. PtosiB intermittent hyBtériqne; par J. Abaoib. {Revue de médecine, mars 1900.)

Observation de deux malades à antécédents névropathiques et ayant présenté à la suite d'émotions du ptosis double intermittent sans contracture de Torbiculaire et semblant dû à une insuffisance motrice passagère. Malgré la rareté des plosis hystériques, Fauteur peuse que par élimination on peut y rattacher ces deux cas.

III. Un cas d'atrophie segmentaire ou atrophie muBcalaire progressive type Aran-Duchenne ; par van Gbhochtkn. {Joum, de Neurologie,)

On sait que l'existence de l'atrophie musculaire progressive type Aran-Duchenne a été contestée dans ces derniers temps, surtout par P. Marie. L'observation de M. Van Gehuchten semble inQrmer cette opinion. Il s'agit d'un garçon de dix-sept ans, sans antécédents personnels ni héréditaires, qui est atteint depuis trois ans d'une atrophie de tous les muscles des deux mains et des fléchisseurs de l'avant-bras.

La sensibilité est partout normale. Les réflexes tendineux sont abolis au membre supérieur gauche et un peu exagérés à droite. Les réflexes rotuliens sont exagérés des deux côtés. Il n'y a pas de clonus du pied. Les réflexes cutanés (crémastérien, abdominal et plantaire) sont normaux.

En présence de ce tableau clinique, l'auteur déclare qu'il ne peut s'agir ici que d'une lésion des cornes antérieures de la moelle cervico-dorsale intéressant le noyau segmen taire des muscles de la main et quelque peu aussi le noyau segmentaire des muscles de Tavant-bras. G. D.

IV. Les léBions anatomo-pathologiqneB de la rage sont-elleB spécifiques î par J. Crocq. {Joum, de Neurologie , 1900, n^ 13.)

Les conclusions qui se dégagent de ce travail peuvent être formulées ainsi :

Ni les lésions vasculaires et cellulaires décrites par les auteurs antérieurs à van Gehuchten, ni la lésion capsulaire découverte par cet auteur, ne sont à proprement parler spécifiqueê de la rage.

Les premières ne sont que les manifeslations d'une inflammatiou et d'une infection suraiguë des centres nerveux ; la secoDde semble résulter des conditions spéciales dans lesquelles se trouveat certains organismes profondément intoxiqués. Les unes et les autres peuvent se rencontrer dans d'autres affections que la rage.

La rage est conslibuée par une toxi-iafection suraiguë provoquant des allérations profondes, chimiques et physiques, sans spéciticilé propre, dans tout le neurone et dans les ganglions périphériques.

La physiologie pathologique de la rage s'explique aisément par les lésions vasculaires, cellulaires^ péricellulaires et chimiques, S'étendant à tout le systèm«î nerveux central périphérique.

L'aspect du ganglion nerveux du vaf?ue des animaux morts de la rage des rues est si spécial, que l'examen microscopique de ce ganglion n'en reste pas moins actuellement le moyen le plus simple et le plus sûr pour établir le diagnostic de rage cher le chien mordeur. Si la constatation de cetle lésion permet d'affirmer vraisemblablement la rage du chien mordeur, son absence ne suffit pas pour exclure d'une manière absolument décisive l'infection rabiqae. G. Deny.

V. L'Epilepsie et les tics; par le D*" Férk. {Journal de Nturologie, 1900, no 17.)

On trouvera dans ce travail trois observations qui montrent l'étroite parenté qui existe entre quelques tics et l'épilepste. La première est celle d'une femme qui présentait depuis son enfance à certains moments, surtout lor.squ'elle était en colère, des se* cousscs du pavillon de Torcille gauche et chez laquelle ces secousses devinrent à l'âge de trente-huit ans le prélude d'accès d'épilepsie.

Dans la seconde observation on voit également un tic (rotation de la tête et des yeux) avec idée fixe corrélative servir de préambule à une série de décharges convulsives généralisées.

Dans la troisième enfm il s'agit d'un épileptique chez lequel des irritations périphériques légères (abcès dentaire, conjonctivite) ont été le point de départ de spasmes de la mâchoire, de Torbi* culaire, des lèvres, etc.

La conclusion qui se dégage de ces faits est que, lorsqu'on voit apparaître un tic, surtout chez un adulte qui en était exempt, antérieurement, ou s'exalter un tic ancien, on doit soupçonner l'épilepsie et instituer la médication bromurée. G. D.

YI. Sclérose en plaqnes avec amyotrophie; par le D' Boochaud.

(Journ. de Neurologie, 1900, d9 18.)

Observation d'un homme de cinquante-sept ans chez lequel deux ictus apoplectiformes furent suivis d'une hémiplégie droite et d'un

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embarras de la parole qui se dissipèrent graduellement, puis d*uae autre atrophie musculaire qui, après avoir débuté à l'extrémité du membre supérieur gauche, a envahi le côté droit et entraîné une déformation des mains. En même temps il est survenu une exagération des réflexes tendineux aux membres inférieurs et supérieurs et un léger nystagmus.

Malgré l'absence de tremblement, Fauteur, s'appuyant sur un certain nombre de faits analogues publiés par Déjerine, Killion et Pitres, croit que les accidents présentés par un malade, y compris Tatrophie musculaire qui constitue le phénomène prédominant, doivent être rattachés à une sclérose en plaques. G. D.

VU. L'encéphalite aiguë non snppnrée et la thromhose des sinus crâniens; par M. Ladaue. (Revue médicale de la Suisse /^oman'ie,1900, no 11.)

M. Ladame résume dans ce travail Tobservation (déjà publiée par le D^ Oppenheim) d'une jeune fille de seize ans qui fut trépanée pour une prétendue mastoïdite suppurée (et qui succomba peu de temps après aux suites de l'infection de la plaie opératoire), alors qu'il s'agissait en réalité d'une encéphalite non suppurée de la région fronto -centrale — ainsi que l'établit l'autopsie. — L'auteur s'élève à ce propos contre la trop grande facilité avec laquelle on a recours de nos jours à l'emploi du trépan en présence d'accidents cérébraux dont on néglige de déterminer au préalable la nature et le siège exacts. 11 démontre ensuite que sauf dans les cas de thrombose seule directe d'un traumatisme ou d'une affection locale bien déterminée, il n'est pas possible actuellement de faire avec certitude le diagnostic de la thrombose des sinus crâniens et des veines cérébrales; de sorte que l'on doit être très réservé quant à l'intervention chirurgicale qui peut avoir les plus funestes effets lorsqu'elle repose sur une erreur de diagnostic, comme le cas de Oppenheim en est une éclatante démonstration. G. D.

VIII. Encéphalocèle et action cérébrale singulière; par A. -P. Brown. (The New-York Médical Journal, 13 mars 1897.)

Dans le cas dont il s'agit la difformité, ou plutôt l'absence de développement de la quantité normale de substance osseuse avait été le résultat d'une ossification tardive : c'était réellement une insulfisance congénitale, et non accidentelle ; la tumeur avait cinq pouces sur six, dépendait du cervelet et passait par une ouverture située à la partie inférieure de l'occiput. Elle était de couleur normale et la circulation sanguine y paraissait parfaitement libre : elle paraissait contenir une petite quantité de liquide (sans qu'on

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8*60 soit formellement assuré par Texploration ; et son QODtenu, au toucher, paraissait se composer de tissu cérébral vrai. A Taide d*une légère pression, qui ne semblait pas douloureuse, on pouvait faire rentrer dans la cavité crânienne une petite portion de cette tumeur: vers le dixième jour de la naissance quelques troubles musculaires apparurent, et la vitalité de Tenfant parut diminuée; on réussit à le remonter. Il tiV&vaitpas de division de la voûte palatine. L*enfant entendait, mais ne criait jamais. La mère s'était assurée qu'il voyait, chose digne de remarque Tabsence d*amblyopie étant rare dans les tumeurs du cervelet. L'âge de i*enfant ne permettait pas de préciser si Taphasie était amnésique ou ataxique : mais il était aphasique, car il ne criait pas, et un bébé crie. 11 a été impossible de préciser la cause de cette aphasie, puisqu'aucun des organes admis comme centres de la parole n'était atteint. L'anatomie du cerveau était si compliquée qu'on aurait pu invoquer une influence réflexe ; mais il n'y avait pas d'hémiplégie.

L'encéphalocèle était de dimensions telles qu'on ne pouvait pas songer à une opération chirurgicale ; il fallut se borner à soutenir et à maintenir en] place à laide d'un bandage cette tumeur qui était en même temps une hydroméningocèle, ainsi que le démontraient les nausées qui survenaient de temps en temps et un certain degré de fluctuation aisée à percevoir pendant le taxis réducteur.

Les sécrétions étaient normales, l'urine seulement un peu rare, le bébé était le troisième enfant de deux journaliers bien portants, n'ayant eux-mêmes dans leur famille aucune liérédilé fâcheuse.

On se trouve donc ici en présence d'une tumeur située hors du cerveau et présentant plusieurs des signes caractéristiques des tumeurs du cerveau, notamment l'atrophie musculaire, les spasmes, les nausées et l'aphasie. On n'a guère publié de cas d'émiphalocèle cérébelleuse chez le nouveau-né, et l'auteur croit bien que ce cas est le seul où Ton ait constaté l'aphasie. — Le petit malade s'amaigrit rapidement. 11 eut quelques crises de faiblesse cardiaque, avec des sortes de syncope ou decollapsus :1a dernière crise traîna plusieurs jours : il survint de la rigidité musculaire avec état spasmodique, et l'enfant mourut à Tàge de deux mois et demi. R. de Musgbave Clay.

IX. Ptosis avec anesthésie de la branche sus-orbitaire de la cinquiôme paire ; par W.-H. Uay.nes. {The Ntw York Médical Journalj 13 février 1897.)

Observation intéressante de ptosis avec anesthésie de la branche 8Us-orbitraire de la cinquième paire chez une flUette de onze ans et demi. Le bromure de sodium et l'arsenic n'ayant donné aucun

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résnliat, Taconitine fut essayée et amena une guérison complète. Celte maladie appartient presque exclusivement à l'enfance et à la première jeunesse, et parait se montrer également dans les deux sexes. Il n*est pas commun de la voir s*accompagner comme dans le cas actuel d'anesthésie d*une branche du trijumeau. Les crises débutent d*ordinaire brusquement par de la douleur, des nausées et des vomissements (le tout quelquefois assez peu accusé pour passer inaperçu) ; puis bientôt survient la paralysie d'une branche ou de toutes les branches du moteur oculaire et alors tous les symptômes disparaissent, sauf la douleur. Les récidives sont fréquentes. Les crises peuvent s*accompagner de photophobie, d'œdème des paupières, d'écoulement catarrhal ou purulent, de paralysie des autres muscles de Toeil, et, très rarement, comme dans le cas actuel de paralysie d'une des branches du trijumeau. Le pronostic est variable ; le traitement est celui des névralgies.

R. DB MUSGRAVB GlAY.

X. Un cas d'acromégalie avec antopsie; par Harlow Brooks. (The New York Médical Journal, 27 mars 1897.)

Noos ne relevons ici que les points les plus intéressants de Fantopsie : la dure-mère n'est ni épaissie, ni adhérente : le cerveau est volumineux et symétrique ; le tissu cérébral est ferme ; Teosemble est sain. Au-dessus de la fosse pitui taire, inclinant vers la gauche, on trouve une masse rouge, ovoïde mesurant un centimètre et demi d'arrière en avant, et sept millimètres de haut en bas : elle parait attachée par en bas au corps pituitaire ; elle a la consistance molle de la gelée et est très vasculaire : elle appuie sur le nerf optique immédiatement en arrière du chiasma ; elle est attachée au corps pituitaire qui a un volume à peu près égal à cinq fois son volume normal ; la fosse pituitaire est agrandie et sa paroi osseuse est anormalement mince. Pas d'adhérences ni du corps pituitaire ni de la tumeur avec les tissus voisins. — Le corps thyroïde est symétriquement augmenté de volume ; il renferme quelques kystes à contenu gélatineux. — Le thymus persiste ; il est symétrique et normal. — Les ganglions sympathiques sont volumineux et distincts.

L'examen microscopique de la glande pituitaire montre qu'il s'agit d'une simple hyperplasie de la portion lymphadénoïde de cet organe. La petite tumeur a la même structure que la portion hypertrophiée de la glande pituitaire, dont elle forme probablement une partie. Le corps thyroïde et le thymus ne présentent qu'un accroissement numérique de leurs éléments normaux. — Les cellules ganglionnaires des ganglions sympathiques sont fortement pigmentées. B. de Musgravb Glay.

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XI. Relation clinique d'un cas d'hémorrhagie de la protubérance suivi de mort ; par William L. Leszyksky. ( The New York Medi" cal Journal^ 5 juin 1897.)

Observation intéressante, rapportée avec détails, mais malheureusement non suivie d'autopsie.

Le premier examen du malade avait démontré d'une manière évidente qu'une hémorrhagie s'était produite dans le côté droit de la protubérance, et qu'elle intéressait le tractus pyramidal ainsi que la région tegmentale et les fibres qui sont au noyau du facial droit; elle s'était également étendue jusqu'au pédoncule gauche, et avait envahi le noyau du moteur oculaire. -^ A la seconde visite, le tableau clinique indiquait la propagation de l'hémorrhagie au iraclus pyramidal gauche (pédoncule ou protubérance) ainsi que cela ressortait de l'extrême rigidité musculaire des extrémités droitee. Il faut ajouter que ce cas est un de ceux qui démontrent une fois de plus qu'un sujet peut être porteur d'une néphrite interstitielle chronique avec hypertrophie cardiaque très accusée et n'éprouver aucun symptôme qui le pousse à rechercher Tavis d'un médecin jusqu'au moment où une hémorrhagie cérébrale met brusquement lin à sa vie. R. os Mdsgravb Clay.

XII. L^atrophie musculaire progressive chez les jeunes sujets ; par

William L. Stowell. [Jhe New York MedicalJournaiy 20 mars 1897.)

L'auteur relate d'abord une observation d'atrophie musculaire progressive chez une jeune fille de treize ans. Il résume ensuite en quelques lignes l'historique de la question, et il ajoute quelques remarques sur les caractères particuliers que cette maladie présente chez les jeunes sujets ; chez l'adulte, elle débute presque toujours par les membres supérieurs, tandis que chez les enfants de deux à dix ans, ce sont presque toujours les extrémités inférieures, ou bien le thorax elles épaules qui sont atteints primitivement. Plus l'enfant est jeune plus il y a de probabilités pour qu'on voie les muscles des jambes subir la dégénérescence graisseuse en même temps qu'ils s'atrophient, et c'est là la pseudohypertrophie musculaire que quelques auteurs considèrent comme une maladie distincte. — Au point de vue du diagnostic différentiel, on distinguera l'atrophie musculaire progressive delà paralysie infantile ou poliomyélite antérieure par son début qui est graduel au lieu d'être soudain et par l'envahissement simultané de muscles non associés. — Le pronostic est sévère. La maladie peut durer de cinq à vingt ans. Les muscles respiratoires finissent par être atteints ; mais le plus souvent le malade

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succombe à une afTection lotercurfente. Hàmmond déclare qu^il n'a vu que trois fois le processus atrophique s'arrêler, et dans ces trois cas, il s'agissait de muscles isolés. R. de M[Jsgrave Glay.

XIII. Un cas d'hémiplégie croisée avec, comme symptôme saillant^ une paralysie du pharynx; origine syphilitique; par Heinrich Stbrn. {The New-York Médical Journal, i^' mai 1897.)

L'observation de ce malade, qui était âgé de Irente^cinq ans, démontrait clairement qu'il s'agissait d'un cas d'hémipiégie croisée fort simple ; mais ce qui est intéressant et moins commun, c*est une paralysie du pharynx très accusée et très persistante, surtout par comparaison avec la paralysie des autres régions. Cette paralysie pharyngée était évidemment complète, puisqu'une petite quantité d'eau versée dans la bouche ne pouvjait pas être avalée et provoquait de la sufTocation.

La nature syphilitique de la lésion n'est pas douteuse ; le mode de début, le caractère de l'attaque, mieux encore le succès du traitement spécifique la démontrent surabondamment ; au surplus, Tinfection syphilitique était avouée par le malade.

R. DK MUSGEAVE ClaT.

XIV. Les facteurs pathologiques de la nenrasthénie ; par Henry L. Elsner. {The New-York Medkal JournU, 10 avril 1897.)

L'auteur tient, dès le début, à se ranger parmi les adversaires de Topinion qui fait de la neurasthénie une maladie indépendante. Mais le mot est commode pour désigner un ensemble de symptômes dont les principaux sont la diminution de l'énergie nervease, la tendance à l'épuisement, l'augmentation de l'irritation, et dans un grand nombre de cas le simulacre d'une affection organique. M. EIsner pense que le plus souvent le complexus symptomatique se rattache d'ailleurs effectivement à une tare constitutionnele ou localisée, dont les effets sont exagérés par auto-suggestion, mais dont la réalité et la nature sont ordinairement faciles à reconnaître si l'on se donne la peine de la rechercher; mais il y a aussi des cas où cette tare ne peut être trouvée, et où il faut admettre des modifications dans les éléments ultimes qui entrent dans la structure du système nerveux, modifications qui ne peuvent être ni localisées avec quelque précision, ni môme constatées ; et par là, Tauteur est amené à l'étude de la tendance ou diathèse névropathique.

Cette élude est dominée par l'hérédité; comment, en effet, naltrait-il autre chose qu'un candidat à la névropathie de parents dont toute la manière de vivre est en opposition directe avec les préceptes de l'hygiène physique et morale. Aussi, une hygiène

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défectueuse, une éducation maladroite, une ambiance fâcheuse, constituent-elles des facteurs importants dans la genèse de ces désordres qui, sans altération organique grave, sont commuéement associés à la neurasthénie. Au premier rang de ces facteurs, il faut placer l'oisiveté.

Quant aux modifications secondaires de la cellule nerveuse dans la neurasthénie, elles peuvent échapper à nos recherches sans qu'on ait le droit pour cela de contester leur existence.

L'auteur s'attache, à la fin de son travail, à concilier les opinions qu'il vient d'émettre sur la neurasthénie avec les variétés cliniques de cette maladie telles qu'elles ont été établies dans le travail classique de Beard.. R de Musgravb Glay.

XV. Ânesthésie dn tronc dans l'ataxie locomotrice; par Hugh T. Patrick. {The New-York Médical Journal^ 6 février 1897.)

Depuis Romberg et Duchcnne, les altérations de la sensibilité dans le iabes ont été étudiées par un grand nombre d'observateurs ; aussi est-il surprenant que l'anesthésie du tronc, si remarquable par son siège, sa délimitation et son extrême fréquence, ait passé longtemps inaperçue. Hitzig a le premier attiré Tattention sur elle, mais Laehr surtout Ta très complètement étudiée sur une série de soixante cas.

Elle se présente sous la forme d*une bande transversale régnant autour du corps, généralement au niveau du mamelon. Qualitativement, elle diffère nettement de l'émoussement de la sensibilité qui s'observe gi^néralement aux extrémités inférieures dans la même maladie. Celle-ci, en effet, est en substance une analgésie, tandis que l'anesthésie du tronc est essentiellement tactile. Quant elle est peu accusée, elle n'est décelée que par des attouchements très légers, et la sensibilité à la douleur est absolument normale; plus accentuée, elle comporte un certain degré d'analgésie, mais alors la bande analgésique est plus étroite que la bande anesthésique. Dans certains cas, il n'y a pas d'anesthésie réelle*, mais une diminution dans la précision avec laquelle le malade localise les sensations tactiles. Une particularité digne de remarque, c'est que la surface anestliésiée ne correspond pas à la distribution cutanée des nerfs intercostaux, mais représente l'innervation émanée des segments de la moelle. A mesure que l'anesthésie monte sur le tronc, elle envahit les extrémités supérieures, exactement comme dans les lésions de la moelle ou des r{icines postérieures. Un antre point caractéristique, c'est que l'anesthésie, lorsqu'elle est légèrv, peut disparaître complètement ou incomplètement, quand Tépreuve a duré quelques minutes. Dans les traumatismes de la moelle, dans la myélite, on trouve souvent une bande hyperesthésique étroite, contiguë à l'anesthésie; il en est de même dans le tabès, et, dans

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plusieurs des cas observés par Fauteur, cette disposition était très frappante. Hitzig ajoute qae cette zone hyperesthésique est particulièrement sensible au froid. Une autre particuiaritéencore qui peut peut-être jeter quelque lumière sur la pathologie du tabès, c*est que les zones anesthésiqu€s peuvent être doubles, ce qui semblé indiquer que la moelle peut être envahie simultanément à des niveaux différents. Il est certain que cette anesthésie spéciale est très fréquente daas le tabès ; Hitzig croit qu'elle existe toujours à un degré quelconque, et Laehr ne Ta vue manquer que cinq fois sur soixante cas, et ces cinq cas étaient compliqués de démence paralytique et par conséquent plus cérébraux que spinaux ; enfin Fauteur lui-même Ta rencontrée dix-sept fois sur vingt cas. D'une façon générale, plus la maladie est avancée, plus Fanesthésie est accentuée et étendue. La valeur diagnostique de ce symptôme est encore mal déterminée, mais n'est probablemrnt pas 1res grande parce qu'il n'est pas très précoce. Laehr ne Fa vue qu'une fois précéder Fanesthésie des jambes. On ne sait pas encore si cette forme d'anesthésie se rencontre dans d'autres maladies, mais il est permis de prévoir qu'on Fobservera toutes les fois qu'il y aura une lésion des racines postérieures à la région dorsale.

R. DE MUSGRAVE ClAY.

XVI. Névrite multiple épidémique {Béribéri); par E.-D. Bondurant {The Neio-York Médical Journal^ 20 novembre et 27 novembre 1897.)

La névrite multiple épidermique (Béribéri des Cinghalais, Kakke des Japonais) ne se rencontre que rarement en Europe et dans l'Amérique du Nord, mais elle est commune en Asie depuis plusieurs siècles, et règne actuellement en Chine, aux Indes, à Ceylan, nu Japon, dans les iles du Paciflque, et dans certaines parties de la côte du Brésil et des Indes occidentales. L'auteur a eu l'occasion rare d'en observer soixante et onze cas à Fasile des aliénés de Tuscaloosa (Alabama). Les nègres figurent dans ce chiffre pour une proportion égale à celle des blancs : dans les deux races, les hommes ont été beaucoup plus atteints que les femmes. On n'a pas trouvé d'indices de contagion directe. La maladie s'est manifestée, dans les soixante et onze cas chez les malades atteints d'une forme psychique de dégénérescence mentale. Parmi les malades ayant une forme aiguë ou curable, aucun n'a été atteint, non plus d'ailleurs que le personnel de Fasile, qui comporte 200 individus.

Les cas observés ont présenté de grandes variétés et tous les degrés de gravité : les symptômes ordinaire^ étaient ceux de la névrite : faiblesse musculaire, endolorissemenl, douleur, paresthésies, pertes des réflexes profonds suivie d'atrophie musculaire avec réaction électrique de dégénérescence, le tout accompagné

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d^élévàtion de la température, de troubles gastro-intestinaux, d'anarsaque généralisée et de tachycardie. L'auteur rapporte ici trois observations très intéressantes, caractérisant chacune un type de Béribéri, et que nous regrettons de ne pouvoir reproduire, en raison de leur longueur, Tinlérèt étant ici tout entier dans les détails.

Un des traits caractéristiques de la maladie c*est la variabilité de son début : dans certains cas c'est la fièvre et Tirrilalion gastro-intestinale qui ouvrent la marche, les symptômes locaux de névrite pouvant apparaître simultanément ou plus tardivement. Dans d'autres cas, le début est insidieux, marqué seulement par des douleurs vagues, du malaise, le tout aboutissant au tableau de la névrite sans fièvre et sans troubles généraux. Enfin la maladie peut débuter par de la dyspnée, avec tachycardie et battements violents des vaisseaux du cou, — ou encore par de Tœdème aux pieds et aux chevilles.

Dans la moitié environ des cas, il y a une élévation de la température, qui retombe au niveau normal au bout d'une semaine au plus : quelquefois la température normale, présente des irrégularités, probablement dues à des complications.

Presque toujours on. constate des troubles digestifs, qui masquent momentanément la névrite locale, et simulent quelquefois (sauf la marche thermique) la fièvre typhoïde. Les manifestations cliniques de rinflammation nerveuse périphérique varient d'intensité, de siège et dd caractère, mais se manifestent toujours par une faiblesse, une perversion ou une abolition de la fonction du tronc nerveux malade. Dans tous les cas observés par l'auteur la maladie a débuté par les jambes, et dans un quart des cas, elle s'y est limitée. Quelques cas à marche rapide pouvaient simuler la paralysie ascendante aiguë de Landry. Chez un petit nombre de malades le système nerveux périphérique tout entier paraissait simultanément atteint. Quelquefois les nerfs de la face ont été envahis.

Les symptômes de sensibilité sont souvent ceux qui les premiers attirent l'attention : ils sont représentés par de la douleur ou de l'endolorissement dans la zone de distribution du nerf malade, et des douleurs d'abord sourdes, puis plus intenses et devenant enfin tout à fait angoissantes. Ces douleurs s'accompagnent de diverses formes de paresthésie, mais jamais d'anesthésie complète. Dans les cas bénins et à la période de début, les réflexes cutanés restaient normaux ; dans les cas plus graves ils étaient abolis. Dans presque tous les cas les réflexes tendineux disparaissent de bonne heure et demeurent abolis pendant toute la durée de la maladie, et quelquefois même pendant plusieurs mois après la guérison.

Les symptômes moteurs qui apparaissent en môme temps que

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les troubles de la sensibilité ou très peu après, sont la raideur des muscles innervés par les nerfs malades, aboutissant à une paralysie plus ou moins complète selon la gravité du cas, Tatrophie consécutive, a elle aussi une intensité variable, et quelquefois des contractures. Dans tous les cas d'atrophie on constatait la réaction électrique de dégénérescence.

Les troubles Yaso-moteurs et Irophiques, sauf l'œdème des régions affectées ne se sont pas fréquemment montrés. L'œdème localisé au territoire atteint par la névrite a été constaté dans presque tous les cas, et parfois même il est le premier symptôme qui ait attiré TattentionJH y a eu six fois un épanchement pleurétique, mais jamais de péricardite. La plupart des malades étant de vieux pensionnaires de Tasile, dont l'urine avait été examinée à diverses reprises, il a été facile de constater que l'œdème ne se rattachait pas à une lésion rénale, ou du moins pas absolument, ni surtout constamment.

Le cœur a été souvent troublé, et son premier désordre est une tachycardie avec asthénie cardiaque : dans les cas les plus graves les bruits sont modifiés et prennent quelquefois un caractère qui rappelle le c bruit du diable ». L'exagération pénible des battements du cou est un symptôme très fréquent et très frappant. Quelquefois aussi il y a de l'oppression et une dyspnée qui peut, mais très rarement, amener la mort.

Sur les vingt et un malades qui sont morts dans cette statistique de soixante et onze cas, environ quatorze ont succombé à un affaiblissement du cœur.

Le nombre des globules rouges est ordinairement diminué et on constate de la leucocytose.

On peut dire que le pronostic est grave puisque soixante et onze cas ont donné vingt et un décès. Il n'y a aucun traitement spéciflque. L'étiologie est obscure et les opinions à cet égard extrêmement variables.

Dans sept des cas terminés par la mort l'autopsie a pu être faite: ce sera le sujet d'un mémoire ultérieur; toutefois l'auteur peut dire dès maintenant que, dans un cas au moins, il y avait des lésions évidentes de dégénérescence dans les cellules motrices de la corne grise antérieure de la moelle. Dans aucune des nécropsies on n'a trouvé de rougeur, ni d'hémorragie, ni de lésions macroscopiques inflammatoires des troncs nerveux, la lésion vraie consistant, autant du moins qu'on a pu s'en assurer, en une dégénérescence des filets nerveux eux-mêmes ; et quant aux muscles, y compris le cœur quand le pneumogastrique participait à la lésion, ils présentaient les altérations de dégénérescence que déterminent communément le trouble de l'innervation musculaire.

R. DE MUSGRAVB ClAY.

3S0 RBTUB 0B PATKOLOGIS MBRYBU8B.

XVII. Contribution à rétude de la syphilis spinale; par William G. Spiller {The New-York Médical Journal^ 25 septembre 1897.)

Voici le résumé de robsenralion :

Actrice de trente-cinq ans, alcoolique et syphilîlique, entrée à rhôpital en septembre 1895, en état de paraplégie complète ayant débuté par la jambe droite, et envahi ensuite la gauche. Rétention d'urine. Sur les deux jambes, mais surtout sur la droite, anesthésie à distribution irrégulière, ne montant pas au-dessus du genou. Pupilles paresseuses à la lumière. Réflexe du genou absent à droite, diminué à gauche. Pus dansTurine. Mort.

Autopsie : à Toeil nu les vaisseaux de la base ne paraissent pas très alhéromateux et on ne constate aucune lésion cérébrale. La surface postérieure de la moelle est couverte tout entière d^m exsudât fibrino-purulent, depuis le deuxième segment tboracique jusqu'à la queue de cheval. En avant, la dure-mère est adhérente dans les régions thoraciques supérieure et moyenne. La surface antérieure de la moelle est recouverte d'un exsudât pareil à celui de la face postérieure mais moins accentué. Les vaisseaux de la face antérieure sont anormalement saillants, tortueux et disten- , dus, sauf à la portion supérieure de la région tboracique. A la face postérieure ils sont entièrement masqués par Texsudat. La moelle est un peu molle surtout dans les régions tboracique inférieure et lombaire. L'examen microscopique montre les lésions qu'on rencontre communément dans la syphilis. Cette observation est suivie de remarques étendues sur la syphilis spinale.

R. DE MusgravbClay.

XVIIL Remarques sur un cas de lésion traumatique des nerfs pneamogastrique, hypoglosse et sympathique; par William Hirsch.

(The New-York Médical Journal^ 11 décembre 1897.)

Les lésions Iraumatiques sont intéressantes à étudier au point de vue physiologique, parce qu'elles représentent des expériences involontaires, non préparées, et exécutées sur l'homme sain et que par là elles échappent à plusieurs objections dont restent passibles les faits expérimentaux. Aussi l'auteur a-t-il jugé intéressant de publier l'observation suivante que nous résumons : homme de quarante- neuf ans; pas de syphilis, pas d'alcoolisme : en nettoyant un revolver il reçut à peu près au centre de la voûte palatine, une balle qui, d'après son affirmation sortit au côté droit du nez, près de l'orbite. Il perdit connaissance et demeura sept «cmaines à l'hôpital. Depuis cette époque, il a la parole un peu embarrassée, il dit que « sa langue est lourde ». Quand il mange des fragments d'aliments restent sous le côté gauche de sa langue, et il est obligé de les enlever avec les doigts. Sa voix disparut au

BBYUB DB PATHOLOaiB NBRVEUSB. 251

moment de Taccident pour ne revenir qu'après plusieurs semaines, en restant rauque et dure. Il ne voyait pas aussi bien de l'œil gauche que de l'œil droit. Depuis l'accident il a eu des vomissements très fréquents, qui n'ont disparu que récemment. La salivation a été très abondante et n'est redevenue normale que depuis peu. Il n'a jamais ressenti de douleur ni présenté de symptômes subjectifs. Actuellement les deux cicatrices sont visibles. La pupille gauche est d'un tiers plus petite que la droite. La fente palpébrale est p!us petite à gauche qu'à droite ; il est évident qu'il n'y a pas de ptosis par parésie du releveur de la paupière supérieure, puisque le malade remue parfaitement la paupière en regardant en haut. A l'ophlbalmoscope, état normal et semblable des deux côtés. Les deux pupilles réagissent à la lumière et à Taccommodalion, la gauche peut-être un peu plus lentement. Les deux moitiés de la face sont symétriques à tous les points de vue (nutrition, coloration, sensibilité et motilité). Les deux moitiés de la langue sont très inégales, la gauche étant beaucoup plus étroite. Dans la bouche, la langue exécute sans difficulté tous les mouvements : hors de la bouche, ses mouvements de droite à gauche s arrêtent à la ligne médiane. Les muscles de la moitié gauche du pharynx sont en état de parésie. Au laryngoscope, paralysie complète de la corde vocale gauche. Les battements du cœur sont rapides (108) mais cet organe est sain comme le sont d'ailleurs tous les autres organes internes. Pas de sucre ni d'albumine.

La réunion de ces symptômes indiquait nettement une [lésion du pneumogastrique, de l'hypoglosse et de la portion cervicale du sympathique. La question qui se posait alors était la suivante : comment une balle entrée par la voûte palatine et sortie par la racine du nez a-t-elle lésé ces trois nerfs? L'idée d'une fracture de la base du crâne était en désaccord avec les symptômes ; il fallait donc admettre que les nerfs avaient été directement lésés par la halle, et alors le siège le plus probable était le' point où le pneumogastrique et l'hypoglosse sont étroitement en rapport avec le ganglion cervical supérieur du sympathique. Sur un cliché Hœntgen, on aperçut très nettement la balle au niveau de l'apophyse épineuse de la quatrième vertèbre cervicale ; la palpation révéla en ce point une légère tuméfaction, et une incision simple permit d'extraire sans difficulté le projectile enchâssé dans le sterno-cléïdo-masloïdien.

Ce mémoire se termine par d'intéressantes remarques sur les divers symptômes auxquels peuvent donner lieu les lésions des nerfs dont il s'agit : ces symptômes sont exposés et discutés avec soin. Enfin il faut savoir gré à l'auteur d'avoir donné une bonne bibliographie du sujet.

R. DE MUSGRAVE ClAY.

3Sâ RBVUE DB PATUOLOGIB NBRVBUSB<

XIX. Néoplasmes cérébraux : analyse clinique de seize cas personnels {quinze tumeurs et un abcès) avec TobserTatien de cinq de ces cas; par William C. Krauss. (The New York Médical Journal^ 30 juillet 1898.)

L*auteur s*est proposé dans ce travail non de développer des considérations générales, mais surtout de signaler les symptômes précoces des néoplasmes cérébraux. Les seize cas qu'il a observés se décomposent ainsi :

i^ Gliome du lobe frontal droit. Mort. Autopsie ;

2^ Sarcome multiple du cerveau. Opération. Mort. Autopsie ;

3" Dégénérescence calcaire du corps pituitaire. Mort. Autopsie;

4° Tuberculose de la protubérance. Mort. Autopsie;

5^ Gliome du centre ovale, des aires motrices droites. Mort. Autopsie ;

6^ Gliome des aires motrices gauches. Opération. Mort ;

7<^ Tumeur sous-corticale des circonvolutions centrales droites. Opération. Pas d'amélioration ;

8<> Tumeur des aires motrices droites. Mopt. Pas d'autopsie;

9^ Tumeur des aires motrices gauches. Mort. Pas d'autopsie;

10^ Gomme à la base du cerveau, llfort. Pas d'autopsie ;

il<> Tumeur dans les aires motrices droites. Mort. Pas d'autopsie ;

i'iP Gomme dans les aires motrices gauches. Amélioration;

13^ Abcès dans la circonvolution temporale gauche. Mort. Autopsie;

14" Nodules tuberculeux dans les lobes droit et gauche du cervelet. Mort. Autopsie;

15" Kyste du lobe droit du cervelet. Mort. Autopsie ;

16° Abcès du lobe gauche du cervelet. Mort. Autopsie.

Nous résumons d'après M. Krauss l'analyse de ces cas : le diagnostic de tumeur cérébrale a été fait dans douze sur treize des cas qui concernent le cerveau ; dans le treizième cas il a été considéré comme probable. Dans tous les cas cérébelleux le diagnostic a élc fait, et confirmé. Au point de vue clinique, nous croyons que les symptômes se sont montrés graduellement, prenant souvent la forme de la neurasthénie ou de l'hystérie.

Chez tous les malades il existait de la céphalalgie, qui était dans quelques cas localisée à l'occiput, surtout quand la tumeur intéressait soit la base, soit les lobes occipitaux ou temporaux, soit le cervelet.

La névrite optique existait dans dix sur douze des cas cérébraux, elle n'a pas été recherchée dans un cas, elle manquait dans le cas d'abcès. L'examen ophthalmoscopique n'a pas été fait dans les cas cérébelleux. — Dans quatre cas l'atrophie du nerf optique était complète et la cécité absolue. Dans neuf cas la névrite a été

précoce, et dans ud cas tardive. Elle a été généralement trouvée plus intense du côté correspondant à la lésion.

La nausée et les vomissements existaient dans onze cas, et étaient douteux dans deux. On les a trouvés deux fois sur les trois cas cérébelleux. L*hébétude mentale, Tapathie, la dépression intellectuelle existaient dans dix cas, et manquaient dans deux. Le vertige qui passe pour un des quatre s}mptômes cardinaux était présent dans six cas et absent dans sept.

Les réflexes tendineux ont été trouvés exagérés sept fois, et normaux ou légèrement augmentés six fois. Pas une seule fois on ne les a trouvés abolis. Dans tous les cas, les pupilles réagissaient à la lumière et à Taccommodalion et étaient plus ou moins dilatées.

Trois malades avaient des syncopes.

La paralysie, sous une forme ou sous une autre, a été notée dix fois et n*a manqué que trois fois (hémiplégie dans cinq cas, diplégie dans deux, monoplégie dans trois). On a constaté deux fois Taphasie, une fois Thémianopsie, une fois le strabisme convergent, une fois du ptosis et du strabisme.

D'après Tétude de ces cas Tauteur disposerait de la manière suivante les symptômes classiques des tumeurs cérébrales dans Tordre de leur importance : l*' Céphalalgie ; 2*^ Névrite optique; 3^ Apathie mentale ; 4^^ Nausées et vomissements. EnQn à titre de symptôme spécial et localisateur, il faut ajouter à ce groupe sous le numéro 5 la paralysie.

Quant aux symptômes précoces, ce sont ceux que Ton rencontre dans la neurasthénie : la céphalalgie, Tinaptitude au travail intellectuel, les troubles de la digestion, Tirritabilité nerveuse et le malaise générale. — Mais le signe décisif sera toujours l'étrangleemt nde la papille, ou la névrite optique, que Ton rencontre si rarement dans les autres états morbides que l'oi^ peut presque faire de cette lésion le symptôme pathognomonique des tumeurs cérébrales. — Ce travail se termine par la relation détaillée de cinq observations qui correspondent aux numéros, 2, 3, 6, 7 et 43 du tableau placé en tête de cet article*. H. de Musgrave-Clay.

XX. La crampe des liseurs : étude analogique; par Edward W. Wright. (The New York Médical Journal, 11 septembre 1897.)

La dénomination de a névrose professionnelle » est commode pour désigner un groupe de maladies dans lesquelles certains symptômes sont provoqués par la fréquente et nécessaire répétition des mêmes actes musculaires.

Par une analogie de symptômes et de mécanisme avec la crampe

* Voir dans les Comptes rendus du service de Bicêtre de 1880 à 1900 un certain nombre d'observations de tumeurs cérébrales.

25i REVUE DE PATHOLOOIB KEHYBUSS.

des écrivains, l'auteur a été conduit à nommer crampe des liseurs une affection qui se caractérise par un spasme ou une crampe des fibres musculaires de Tiris, des muscles ciliaires et des muscles extrinsèques de Tœil. Les phénomènes qui dominent dans cet état particulier sont : le spasme ou crampe; Pincoordination du groupe musculaire malade ; et des troubles vaso-moteurs et sensoriels.

L'analogie est complète entre la crampe des écrivains et la crampe des liseurs, et si facile à suivre que nous ne suivons pas Tauteur dans les développements qu il lui donne.

La tension constante et prolongée de tous les muscles de Toeil, aidée par la faiblesse d'un ou de deux couples musculaires, par le surmenage nerveux, par Tépuisement du tissu cortical, telles sont les conditions les plus capables de provoquer le spasme ou la crampe du groupe des muscles oculaires.

R. DK MuSGRAVK-CLA.y.

XXI. Concussion de la molle épinière {Railway Spine) ; par db Forbst- ViLLARD et William G. Spiller. [The New York Médical Journal^ 6 mars 1897.)

Ce cas est plus intéressant au point de vue anatomo-palhologîque qu'au point de vue clinique. Par suite d'un choc d'une extrême violence, la colonne vertébrale était fracturée au niveau de la onzième dorsale. Les membres inférieurs étaient complètement paralysés et on n'y remarquait pas de mouvements involontaires. La sensibilité était complètement abolie au-dessous du ligament de Poupart, sauf à la partie antérieure et externe des cuisses où se distribuent les nerfs cutanés externes, nerfs qui émanent de la 2*^ et de la 3^ racine lombaire. La lésion de la moelle siégeait surtout aux premier, deuxième et troisième segments lombaires. Il est démontré qu'il faut couper au moins trois racines spinales pour détruire la sensibilité d'une surface quelconque du corps : c'est ce qui explique pourquoi, malgré le siège de la lésion spinale, la sensibilité était conservée dans la zone innervée par le nerf cutanée externe. — Le malade ne pouvait ni uriner ni aller à la selle. On constata que la onzième dorsale était soulevée el la douzième déprimée ; à l'aide de quelques manœuvres on put réduire la saillie, mais la dépression subsista. La mort fut principalement due à l'épuisement.

A l'autopsie, on trouva une grande quantité de sang dans les tissus musculaire et connectif au niveau de la lésion : les lames de la douzième dorsale présentaient un trait de fracture irrégulier ; il y avait une hémorragie dans le canal vertébral, mais elle était extérieure à la dure-mère : il est probable que le sang s'était répandu dans le canal vertébral au moment où on enlevait la partie postérieure des vertèbres. Il n'y avait aucun signe de dépla-

RBVUB DE PATHOLOGIE NBEVEUSB. !2S5

cernent des corps vertébraux. La dure-mère était intacte et ne reuT fermait pas de sang. La moelle, même au niveau de la fracture était parfaitement ferme, avait la forme normale et ne présentait extérieurement aucun signe ni de ramolissement ni de lésion due à une compression. Les corps vertébraux n*ayant pas élé enlevés, on ne peut pas déterminer s'ils ont été ou non fracturés, mais leur examen in situ ne révélait aucun signe de fracture.

L'accident était survenu un lundi : le malade a survécu jusqu'au samedi suivant.

Le reste de ce mémoire est consacré à la relation et à la discussion de cas analogues publiés par divers auteurs. ^ R. DE Mdsgrave-Clay.

XXn. Snr la céphalalgie chronique paroxystique, vulgairement appelée migraine, hémicrânie ou céphalalgie nauséeuse; par Guslavus Eliot. {The New York MedicalJoumal, 2 octobre 1897.)

Ce travail a pour objet de rappeler les caractères distinctifs d*une forme particulière de céphalalgie qui parait avoir droit à une place distincte dans le cadre des maladies nerveuses. Beaucoup de gens souffrent d'un mal de tête qui reparaît à des intervalles irréguliers, qui affecte surtout une portion ou la totalité de Tun des côtés de la tète, dont la durée va de quelques heures à deux ou trois jours, et qu'il est impossible d'attribuer à une cause définie : c'est là ce que l'on appelle communément migraine hémicrânie, céphalalgie nauséeuse, mal de tête bilieux, mal de tête nerveux, névralgie de la tête : pour ne pas s'embarrasser des idées préconçues qu'impliquent ces dénominations et en tenant compte des exacerbations irrégulières de la maladie et de sa longue durée on pourrait la désigner sous le nom de céphalalgie chronique paroxystique.

L'étiologie est obscure, peut-être parce qu'elle est multiple ; il y a quelquefois chez un malade de l'hérédité nerveuse; une nutrition défectueuse, une altération générale de la santé, Tanémie sont des causes prédisposantes. Les angoisses mentales, Texcita^ lion, la perle du sommeil, le surmenage sont peut-êlre les causes déterminantes les plus communes. Les troubles digestifs, surtout la constipation, précipitent le retour des crises; la menstruation, les maladies de l'appareil génital chez la femme sont encore des causes déterminantes. Il faut citer encore le surmenage oculaire surtout s'il existe des anomalies de la défraction. Les femmes sont plus souvent atteintes que les hommes ; les enfants et les adultes y sont également exposés, mais chez la femme les paroxysmes apparaissent souvent avec la puberté et diminuent de fréquence et d'intensité après la ménopause.

On a beaucoup disserté sur la pathogénie de cette affection sans

256 RBVUB DB PATH0L06IB NBRVBUSB.

l'éclairer : on Ta considérée comme un trouble vaso-moteur, comme une affection névralgique, comme le résultat d*un excès d'acide urique dans le sang, enfln, et c'est peut-être la théorie la plus généralement adoptée, comme la conséquence d'une défectuosité oculaire : cette manière de voir, qui contient d'ailleurs peut-être une part de vérité (si on l'applique à la céphalalgie ordinaire plutôt qu'à la céphalalgie paroxystique^ trouve surtout du crédit chez les oculistes.

L'auteur insiste ensuite sur les caractères qui permettent d'établir le diagnostic de celte forme spéciale du mal de tête et entre dans quelques détails sur le traitement qui doit être palliatif pour calmer la douleur et préventif pour empêcher le retour des paroxysmes. Le pronostic est assez peu satisfaisant.

R. DE MUSGRAVE GlAT.

XXill.Uii cas de 83rphilis spinale précoce avec paralysie dcBrown Séquard; par Henry Barton Jagobs. (The New-York MedicaUcurnal, 27 avril 4898.)

Il s'agit d'un homme de quarante ans chez lequel la syphilis ne datait que d'un an, et qui présentait le tableau incomplet d'une paral3'sie croisée du mouvement du côlé droit avec douleurs et sensations, thermiques à gauche, limitées à la région située audessous de l'ombilic en avant et de la première lombaire en arrière la sensibilité au toucher et la sensibilité dite musculaire étant demeurées peu ou point modifiées. — Celle paralysie est celle à laquelle Brown Séquard qui, le premier, l'a bien décrite a attaché son nom et qu'il considérait comme ne pouvant se rattacher qu*à une lésion unilatérale de la moelle. Le type pur de cette paralysie est très rare dans la syphilis spinale, mais sa forme incomplète, comme dans le cas actuel, y est assez commune. L'auteur rappelle ici an point de vtie du plus ou moins de précocité des symptômes tertiaires, les travaux et les statistiques de Fournier et résume assez longuement l'opinion de divers auteurs tant sur la syphilis que sur les paralysies d'origine médullaire, puis revenant au cas qu'il a observé, il recherche quel était le siège de la lésion et le précise ainsi : les modifications de l'analgésie et l'anesthésie thermiques observées à gauche jusqu'au niveau de l'ombilic en avant et jusqu'à la première lombaire en arrière, permettent de situer la lésion dans des limites assez étroites, d'autant ptns qu'il est admis que les nerfs sensitifs passent du côté opposé immédiatement après leur entrée dans la moelle, en sorte qu'ici les fibres qui pénétraient au-dessus du niveau de la première lombaire n'étaient nullement troublées dans leurs fonctions de transmission. — Le niveau inférieur de la lésion est moins facile à préciser, d'après les symptômes elle devait descendre assez bas pour com-

RBVUB DE PATHOLOOIB NBRTBUSB. 257

prendre les noyaux situés dans le renflement lombaire, ou du moins les voies qui aboutissent h ces noyaux, et en même temps lestrftctus an moyen desquels Taction d'inhibition supérieure s'exerce sut les centres ré dexes inférieurs, c'est-à-dire le tractus latéral; en outre, comme Ta établi Brown Séquard, la lésion devait être unilatérale et située du côté de la moelle correspondant à la paralysie motrice.

La nature de la lésion demeure naturellement impossible à détei*»miner.

Ce mémoire se termtne par quelques considérations sur la transmission du mouvement et de la sensibilité dans la moelle.

R. DE Musgrave-Clay.

XXIV. Les encéphalopathies consécutiTes à Tinfluenza; par Alfred Gordon. (The New-York Médical Journal. 26 février 1898.)

On sait que le système nerveux est très impressionné par Tin* flueoza, et les cas de lésions nerveuses consécutives à cette maladie sont peut-être plus nombreuses qu'on ne pense. — L'auteur résume l'historique de la question et fait ensuite remarquer que les névropathogènes de riniluenza peuvent porter sur le système nerveux central, périphérique ou sympathique et qu'ils peuvent être d'intensité très variable. Il n'est pas toujours facile de diafçnostiquer l'origine grippale d'une encéphalopathie : un bon signe sera tiré du pouls qui augmente de fréquence dans l'influenza alors qn'il se ralentit plutôt dans les encéphalopathies d'autre origine. A défaut de ce signe, il faut avoir recours à la bactérioscopie : lexameo du sang montrera, parmi les corpuscules sanguins, des diplolMtcilles, très mobiles, et dont le nombre est proportionnel k la gra^ vite de la maladie : cultivés ils prendront l'aspect de baccilles vrais, puis plus tard celui de streptobacillcs ; inoculés à des lapins, ils donneront l'influenza. H faut probablement admettre, pour expliquer les accidents nerveux, un empoisonnement rapide ou prolongé de l'organisme par les toxines du micro-organisme ; il faut tenir compte aussi des effets produits par les modifications de l'urine, qui n'est presque jamais normale. — L'auteur relate à la fin de son travail deux cas d'enccphalopathie grippale à terminaison favorable. R. de Musgrave-Clay.

XXV. Le diagnostic précoce de tabès ; par Philip Meirowitz. (The New- York Médical Journal, 12 février 1898.)

Les symptômes les plus communs delà période initiale, i;ont les douleurs et l'abolition du réflexe du genou. Les douleurs du tabès, au début, sont quelquefois sourdes, et sont facilement prises pour des douleurs rhumatismales. 11 y a un autre symptôme qui est

Archives, 2 série, t. XI. 17

assez souvent précoce, c'est Tanalgésie, sans perte de la sensation tactile; elle débute dd préférence paries extrémités inférieures. Les paresthésies s'observent souvent aussi au début de la maladie, ainsi que la diminution ou la perte de la puissance génitale. La vessie fournit aussi des symptômes précoces (miclion paresseuse ou incontinence). L'atrophie du nerf optique ne se rencontre à la vérité que chez un dixième environ des malades, mais quand elle existe, elle est ordinairement un symptôme de début, et il semble que son apparition coïncide avec un arrêt ou un relard des grands symptômes d'incoordination. La diplopie, la paralysie des cordes vocales ont aussi été observées à la période initiale. On remarque aussi des altérations articulaires et osseuses, ayant vraisemblablement pour origine des troubles trophiques : ces altérations s'accompagnent ordinairement de peu ou point de douleur. Les troubles viscéraux et particulièrement les crises gastriques se rencontrent fréquemment dans la période pré-ataxique. La coïncidence de Tan des symptômes qui viennent d'être indiqués avec Tabolition du réflexe rolulien permet de porter avec une grande probabilité le diagnostic de tabès. U. de MlsgrAve-Clay.

XXVL Un cas d'acromégalie avec diabète ; par T.-L. Chadbocrke. (Tke New-York Médical Journal, 2 avril 1898.)

L*opinion suivant laquelle la coexistence du diabète et de l'acromégalie ne serait pas une simple coïncidence parait gagner du terrain. Hansemann pense qu'il est au moins probable qu'il existe une relation entre ces deux maladies, Brooks et Uhthoff ont rapporté des faits où elles existaient simultanément, et c'est pour augmenter le nombre des faits connus que l'auteur publie celte observation dont tout l'intérêt, en efl'et, réside dans cette coïncidence. R. DR Musgravb-Clay.

XXVIL Un cas de crétinisme consécntif A une attaque de thyroldite aignè; par Edmund Shjelds. (77ie New-York MedicalJournalj 1*' octobre 1898.)

Ce court travail est accompagné d'une planche qui montre l'état d'un enfant qui s'était bien porté pendant les dix premiers mois de sa vie, et que ne frappait aucune hérédité anormale. A ce moment, il fut atteint d'une thyroïdite aiguë qui dura une semaine, et s'accompagna de fièvre, de gonflement du corps thyroïde, et de signes de compression delà trachée. L'aspect intérieur de la gorge était normal. 11 n'y eut pas d'abcès. Le gonflement et la fièvre disparurent, laissant le corps thyroïde atrophié. Immédiatement le développement de l'enfant s'arrêta, et l'enfant prit l'aspect particulier aux crétins. Actuellement cette fillette a sept ans ; sa taille est de

REVUE DB PATHOLOGIB NBRVBUSB. 239

33 pouces, et elle pèse 33 livres (la livre anglaise est de 450 gr. environ). L'arrêt du développement intellectuel est très marqué. 11 y a quelques mois, l'emploi de Textrait de corps thyroïde a donné une amélioration bien accusée. R. ds Musgrayb-Clw.

XX VIII. Névrite périphérique avec névrite optique, consécutive au lavage d'un estomac dilaté, par J.-G. Cleubsha. {The New-York Médical Journal 25 juin 1898.)

Le titre de cette observation la résume ; Tauteur ajoute seulement que ni la syphilis, ni le saturnisme, ni Talcoolisme ne pouvant être mis en cause chez le sujet dont il s'agit, il faut admettre que la polynévrite reconnaissait pour cause Fabsorption des toxines. 11 rappelle les recherches de Herschell, de Bouchard et d'Allbutt sur les effets de cet ordre qui peuvent être attribués à Tautointoxicaliou. R. de Musgrave-Glay.

XXIX. Ghorée chez une femme enceinte; par J.-W. Geddes et Aidons Clincu. {The Journal of Mental Science^ octobre 1898.)

Jeune femme de vingt-six ans, enceinte de six ou sept moi::, mal traitée et insuffisamment nourrie : pas d'antécédents nerveux personnels. Ghorée depuis un mois ; actuellement mouvements intenses, rendant la marche impossible, amenant des sueurs profuses. L'état mental s'aggrave en même temps que la chorée. Le soir de l'admission à l'asile, agitation, avec alternatives de coma. Légère congestion pulmonaire. Souffle mitral systolique. Le lendemain, accouchement prématuré d'un enfant mort. AiTaiblissement progressif et rapide. L'auteur donne les résultats de l'autopsie, et les fait suivre de quelques remarques que nous reproduisons ici parce qu*eliep mettent en valeur les points intéressants de l'observation tant anatomopalhologique que clinique.

11 y avait une congestion intense des méninges qui a abouti à des hémorragies graves; cette congestion diminuait dans les deux directions à mesure que l'on s'éloignait de l'arachnoïde. Le fait que les ganglions de la base ne paraissaient pas congestionnés, du moins à l'œil nu, est intéressant si l'on se souvient que beaucoup d'auteurs les considèrent comme le siège de la maladie. La pigmentation jaunâtre des couches optiques pour qu'on lui attribue ici un rôle. Au microscope, on a constaté une dégénérescence avancée des cellules et des gaines de myéline des cylindraxes, qui, elle aussi, diminuait d'intensité à mesure qu'on s'éloignait des méninges. 11 est probable toutefois que les lésions constatées étaient le résultat plutôt que la cause des symptômes. Elles ont en tout cas une grande analogie avec celles que l'on observe chez les animaux que Ton fait mourir en les privant de sommeil. Il en

est une toutefois qui était fort iuattendue, c'est répaississement considérable de quelques-uns des vaisseaux sanguins, épaississe* ment non limité à une seule tunique, mais portant sur les tuniques moyenne et externe : Taspect rappelait celui des altérations de dégénérescence survenant dans des vaisseaux préalablement malades. Ces vaisseaux, à calibre rétréci, ont-ils provoqué des modifications dans les centres d'inhibition et de régulation, et ont-ils par là favorisé l'éclosion de la chorée, ou bien n'ont-ils eu aucune influence? Les rapports du rhumatisme et de la chorée sont classiques.

Ici, il n'y avait pas de rhumatisme, mais il y avait un souffle systoliquc : on n'a toutefois constaté aucune lésion valvulaire récente. Ëufîn il faut noter qu'il existait de la dégénérescence graisseuse aiguë autour des vaisseaux sanguins du foie, ce qui fait immédiatement penser à une influence toxique, soit autochtone, soit venue du deliors. R. de Musorave-Glay.

m. L\ilit€ ment dans te traitement des aliénés; par le D' MKOxrKR (Thèse, Paris, 1900). — Mê.ne sujet; par le D' Casteras (Thèse de Lille, même année.)

Avec les rapports et débats du Congrès international de 1900, des comptes rendus de recherches cliniques sur ce sujet ne pouvaient manquer de venir préciser sur certains points douteux les données de la science.

Deux thèses fort intéressantes à ce point de vue ont été soute* nues l'une à la Faculté de Paris, par M. P. Meunier (Mesure de quelques modifications physiologiques produites chez les aliénés par ralitenicut thérapeutique), l'autre à Lille par M. de Casteras. La première abonde en documents cliniques positifs relatifs aux modifications du poids du sommeil, du pouls, de la température, de la pression sanguine, etc.

Le dépouillement de ces documents accumulés dans le service de M. Toulouse a été fait avec une rigueur méthodique louable. Ea raison du nombre des faits d'observations, les conclusions qui en découlent semblent désormais acquises.

En modiflant le rythme de la fonction circulatoire^ l'alitemeiit a une action régulatrice évidente sur le pouls et la température;

BIBLIOiïRAPHIB. HM

la perte de poids net au début va s*atténuant et cesse dans les alitements prolongés (2 mois). Si l'agitation est modifiée comme intensité, sa durée semble moins influencée, quand on compare les périodes alternatives de lever et de coucher sur un même malade ; Tatténuation diurne de l'agitation est en elTet le plus souvent compensée par une diminution du sommeil nocturne.

L'étude de M. de Casteras aboutit d'ailleurs à des constatations analogues bien que moins précises; en voici les conclusions : i^ L'alitement supprime la cellule et les moyens de contention, mais laisse subsister les narcotiques et les bains prolongés; 2° Il atténue les symptômes, mais n*aque peu d'influence sur le cours et la durée des psychoses; 3"^ Il donne aux asiles l'aspect réconfortant d'une salle d'hôpital, évite les collisions, facilite la surveillance des malades et leur examen, mais ce n'est qu'au prix de dépenses excessives; 4"^ L'alitement ne peut pas ôtre une méthode générale, ce n'est qu'une addition aux procédés thérapeutiques employés jusqu'ici; it devra être basé sur la parfaite connaissance des individualités.

Ce travail inspiré par M. Keraval est en même temps une revue complète de la question à travers la littérature médicale internationale et ne contient pas moins de 96 indications bibliographiques en toutes langues sur la question. [A Tasiie d'Armenlières l'alitement n'aurait d'ailleurs pas donné les résultats attendus en raison d'obstacles matéiiels locaux. D*' Mahie.

IV. Le crime et le suicide passionnels; par Louis Proal, président de chambre à la Cour d'appel de Riom, lauréat de l'Institut. 1 vol., 673 pages. — Bibliothèque de philosophie contemporaine, Félix Alcan, 1900.

L'ouvrage de M. Proal est une étude approfondie du orime passionnel, et n'est qu'une suite à ses observations nombreuses sur les diverses formes de la criminalité, entre autre la criminalité politique étudiée dans un ouvrage précédent.

a Ce n'est pas un recueil de crimes passionnels que je me propose de composer, c'est la psychologie de Tamoureux criminel, de la femme délaissée, de l'assassin par jalousie, du meurtrier pas honneur, du suicide par amour contrarié, que je veux écrire. Cette étude n'est que le résumé des observations que j*ai faites h l'audience ou dans mon cabinet de juge d'instruction et de procureur de la République, en interrogeant les accusés de crimes passionnels, en étudiant leur caractère, la cause de leurs égarements, en lisant les écrits que laissent les suicidés par amour ou que les assassins composent ponr leur défense ».

Le champ est immense, comme nous le montre le rapide exposé qu'en a fait l'auteur lui-même. 11 a mené à bonne fin cette lourde

2l3â BIBLIOGRAPHIB.

tâche, grâce à une érudition profonde lui permettant de puiser dans toutes les littératures des exemples psychologiques comparables aux faits qu'il présentait, par une netteté d'analyse lui permettant de faire ressortir et d'étaler les mobiles souvent obscurs de ces actes criminels, enfin par un nombre considérable d'observations prises avec la plus grande clarté.

La lecture de cet ouvrage est captivante et l'intérêt y va croissant. C'est non seulement un livre de Une analyse psychologique, mais aussi littéraire ; car pour étayer ses observations d'amoureux criminels il nous transporte dans toutes les littératures pour nous montrer le rôle puissant qu*y joue l'amour passionnel, envisagé il est vrai, de façon différente par les auteurs.

Dans les huit premiers chapitres, l'auteur étudie avec un grand sens critique le suicide passionnel, le double suicide passionnel, la haine en amour, la séduction et l'abandon, la jalousie, l'adultère de la femme, le pardon, la vengeance du mari, l'adultère du mari. A chaque page de ces différents chapitres, les remarques psychologiques abondent et sont prises sur le vif, avec pièces à l'appui.

Il passe ensuite, dans le chapitre ix, aux causes et àlafréquence des suicides et des crimes passionnels, Il met quatre grandes causes en avant : l'indulgence du jury, la précocité de la jeunesse pour le suicide et le crime passionnel, le développement du nervosisme, la protection insuffisante de la femme.

Il étudie, dans les trois chapitres suivants, la contagion du suicide passionnel par la littérature passionnelle, la contagion du crime passionnel par le roman passionnel, la contagion du crime passionnel par le théâtre passionnel.

Cette influence est en effet considérable par l'imitation qu'elle provoque chez ce genre de déséquilibrés dont la volonté est incapable de réfréner les étals passionnels qui peuvent les envahir, et qui ne peuvent juger sainement ce qu'il y a de juste ou de faux dans ce que les littérateurs leur présentent.

Il conclue en étudiant la responsabilité du crime passionnel et les moyens de diminuer la criminalité passionnelle.

L'ouvrage de M. Proal est, en résumé, très instructif et très intéressant à lire. On y trouvera étudié avec le plus grand soin les causes sociales et littéraires des suicides par amour et des crimes passionnels, avec de nombreux faits à l'appui, qui leur donne un intérêt tout particulier. Cependant, les médecins, et en particulier, les aliénistes, voudraient y trouver une étude plus approfondie du criminel par amour, du suicidé par passion ; en un mot, une observation biologique très complète de ces individus, observation qui ferait toucher du doigt facilement le degré de leur responsabilité.

Leur histoire biologique, leur état de dégénérescence mentale,

BIBLIOORAPHIB. ^263

permeltenL de trouver souvent combien ils sont à même d'avoir des obsessions et des impulsions à Thomicide ou au suicide, sous l'efTet des nombreuses causes que passe en revue Tauteur.

L*amour, ce mal universel, moteur puissant s'il y en a un, ne peut-il créer l'obsession et l'impulsion homicide ou suicide, chez un déséquilibré ?

Dans les nombreuses observations que nous avons lues dans cet ouvrage, nous avons retrouvé dans la plupart les stigmates psychiques propres aux dégénérés, aux déséquilibrés. Aussi, je crois que l'état de dégénérescence, créant l'impulsion au suicide ou à l'homicide, est plus répandu que ne le pense M. Proal, chez ce genre de criminels. L'auteur lui-même n'est pas loin de notre avis, quand il dit, dans le chapitre du suicide passionnel, en parlant de l'état psychologique des suicidés par amour : « Us ont un excès de sensibilité, un défaut de volonté, ce sont des émotifs, des neurasthéniques, des hystériques. >

Il se résume à la fin de son premier chapitre, en disant : « H faut une prédisposition physiologique pour déterminer le suicide dans les cas de chagrin d'amour. »

L'histoire biologique des individus qui commettent des crimes passionnels, prise par un médecin compétent, est donc d'une très grande utilité ; elle permettra le plus souvent au magistrat de se baser sur des faits précis pour juger de la responsabilité du criminel.

11 ne faut pas tomber cependant dans l'excès contraire et voir des irresponsables partout; M. Proal le fait très bien remarquer, l'instruction trouve souvent à la genèse des crimes passionnels un tout autre sentiment que l'amour : l'intérêt

Dans ses conclusions, l'auteur s'attache surtout aux considérations sociales de la question, dont l'intérêt et l'utilité sont immenses. Mais elle a aussi des considérations plus immédiates et non moins intéressantes. Gomme le dit M. Proal, il serait de toute utilité que l'on puisse multiplier les expertises, pour ce genre de criminels. Leur histoire biologique, établie par un médecin et jointe au dossier, rendrait le plus grand service aux magistrats, pour établir le degré de leur responsabilité.

M. Proal dit a que le magistrat doit connaître non seulement le Code, mais aussi la nature humaine, le cœur féminin, il doit être psychologue et aliéniste ».

Pour être aliéniste, il faudrait que le magistrat eût une éducation clinique spéciale, approfondie ; pour connaître les aliénés, il faut en voir beaucoup et vivre avec eux.

Le magistrat devrait se pénétrer surtout de la grande utilité des expertises médico-légales, qui sont un adjuvant précieux à sa t&che souvent si difficile.

Que faire de ces aliénés qui ne sont ni assez fous pour les asiles.

264 BIBUOORAPHIB. *

ni assez raisonnables pour élre déclarés responsables, se demande M . Proal ? Il propose , avec Topinion de quelques aliéuistes de créer des établissements intermédiaires entre Tasile et la prison. G. Cajuiier.

Y. Importance de renseignement et de Vétude de la psychiatrie pour le praticien et l'expert ; par le D' Vaslet de Fontaubert. (Th. Paris, 1899.)

Après un aperçu historique sur révolution de la psjchiatrie à travers les âges et un chapitre consacré à mettre en évidence la nécessité de connaissances professionnelles plus grandes en matière de psychiatrie, Tauteur montre que les maladies mentales qui longtemps furent pour le médecin praticien, — et même pour l'expert, — une terra incognita^ doivent être étudiées au même titre que la pratique des accoucliements, par exemple. Il y va de rinlérét non seulement des malades, mais de leur famille et aussi de la société. L'importance des études psychiatriques résulte de Taccroissement progressif des maladies mentales, de Tex tension que prennent aujourd'hui les questions d'assistance et de législation des aliénés, des projets de création d*asiles spéciaux pour les aliénés criminels et les alcooliques, des erreurs judiciaires qui, si fréquemment, ont pour conséquence la condamnation de sujets atteints de maladies mentales par les tribunaux civils ou militaires, etc. Enfin, le projet de réforme des expertises médico-légales nécessitera une réorganisation des conditions dans lesquelles est actuellement donné renseignement delà psychiatrie. L'auteur estime, — et nous partageons entièrement son avis, — que la réforme la plus urgente est celle de riiialruction du médecin-expert : un stage d'un an au moins dans un service d'aliénés serait imposé aux candidats au diplôme spécial; un examen clinique servirait à contrôler leur degré d'instruction.

Le D** de Fontaubert étudie ensuite ied principaux cas où les connaissances en psychiatrie du praticien ou de l'expert ont à s'exercer. Il passe en revue la plupart des affections mentales, insiste sur les simulateurs et les dissimulateurs, sur la folie lucide les psychoses de la vieillesse, les aliénés méconnus, etc.

L'organisation de l'enseignement des maladies mentales en France et à Tétranger est examiné en détail. On trouvera dans le •chapitre consacré à cette question des renseignements utiles : l'auteur donne, entre autres, la traduction d'un travail do D*^ Heerman qui, dès 1837, réclamait un stage d'un semestre dans une clinique psychiatrique. M. de Fontaubert propose d'utiliser pour le stage psychiatrique, à Paris, les services de l'infirmerie spéciale, de Sainte-Anne, de la Salpêtrière, de Bicétre et de Villejuif. Le stage serait obligatoire pour tous les étudiants.

• BIBLIOQRAPUIR :265

La thèse de M. de Fontaubert a trait à une question dont ne peuvent se désintéresser ceux qui ont souci de l'avenir de la psychiatx-ie française ; les réformes que Tauteur réclame auront à coup sur une influence favorabl» sur l'éducation des futures géné^ rations médicales et sur ramélioration du sort des aliénés.

Très consciencieusement documenté, ce travail sera consulté avec fruit. P. Sérieux.

VI. Jahresbericht ùbcr die Leistungen und Forlschritte auf dem Gebktc der Neurologie und Psychiatrie. (ïïerausgegeben von D' E. Flatau und Privat-Docent D' Jacobson. Redigiert von Professor D' Mkndel. — Berlin, S. Karger, éditeur.)

Ce Gompendium analytique se propose de résumer tous les travaux qui paraissent chaque année en Neurologie et en Psychiatrie ; travaux particulièrement nombreux, puisqu'ils dépassent le chiffre de 3 500 mémoires publiés dans 40 à 50 revues périodiques. Donner pour chaque mémoire une analyse courte quoique suffisamment complète ; grouper toutes ces analyses en des chapitres correspondant aux classiques divisions de nos traités de pathologie nerveuse ; faciliter les recherches bibliographiques sur toute une question : tels sont les principaux objectifs qae s'est proposés la Rédaction du « Jahresbericht fiir Neurologie und Psychiatrie », en s'assurant comme collaborateurs des savants déjà renommés par leurs publications antérieures. Le but nous a paru atteint et, mieux encore, d'excellente façon.

Le lectenr, dès les premières pages, retrouve, cela va de soi, les classifications auxquelles il est habitué de par sesétudes antérieures: Anatomie, Physiologie, Anatomie pathologique, Pathologie générale. Pathologie spéciale. £n tête de chaque maladie, se place une ooraenciature alphabétique par noms d'auteurs. Les résumés analytiques sont généralement présentés de façon concise, sans détails inutiles, avec les points spécialement mis en lumière, notamment, les observations et faits nouveaux sont donnés avec toute l'ampleur désirable ; les théories sont plus [larcimonieusement analysées. Puis, le rapporteur a souvent la Lonne idée de faire précéder son chapitre analytique proprement dit de quelques paf;es dans lesquelles il donne l'orientation générale de la question avec une note critique intéressante à souligner. Les tables, par matières et par noms d'auteurs, placées à la fin de l'ouvrage permettent de trouver aisément un mémoire sur lequel on peut ne posséder que quelques indications.

Sans doute, ce Gompendium n'est pas fait pour remplacer toutes

1 es revues analytiques qui paraissent dans les journaux spéciaux,

au fur et à mesure des publications; de même, il ne saurait se

dispenser de chercher dans tel mémoire toutes les idées direc-

366 BIBLIOGRAPHIB.

trices qui ont guidé Tauteur dans Tappréciatioa de ses faits personnels et dans leur parallèle avec ceux* de ses devanciers. Mais tel qu'il est, ce « Jahresbericht » constitue un ouvrage très utile à tous les travailleurs qui,*s'occopant de ces sciences spéciales, désirent avoir sous la main, toujours à bonne portée, un livre capable de leur montrer c?n quelques pages révolution générale, pour l'orientation nouvelle, les acquisitions plus ou moins définitives, telle partie de la Neurologie ou de la Psychiatrie.

Cl. Philippe.

VU. Société libre pour l'étude de la psychologie de Cenfant,

Il s'est fondé à Paris, il y a environ . un an, une Société libre pour rétude de la psychologie de l'enfant. Le titre nous indique assez quel est son but et son objet. Ouverte, sans distinction, à toutes les personnes qui s'intéressent à l'éducation, cette société vient de faire paraître son premier Bulletin.

Le nom du président, M. F. Buisson, est un sftr garant de succès ; sous un tel patronage, nul doute que la société ne vienne ajouter quelques chapitres intéressants à l'étude de l'enfant. La psychologie et la pédagogie vont concurremment y être mises à contribution; l'homme de science et l'homme d'éducation seront heureux de s'y rencontrer. « A se réunir ainsi, à confronter les résultats de leurs recherches, ils ne risquent pas de s'entraver l'un l'autre, ils sont sûrs de se rendre service, en se corrigeant quelquefois, en se complétant toujours. »

Malgré les efforts de M. Buisson qui reconnaît volontiers < qu'à la base d'un problème d'éducation, se cachent d'autres problèmes, de tempérament, d'hérédité, de développement physiologique, parfois et plus souvent qu'on ne pense, de pathologie nerveuse », nous croyons cependant qu'il y a dans la société une tendance à affecter de laisser complètement de côté tout ce qui touche à l'enfant anormal. Dans une des premières séances, il nous a été donné d'entendre de la bouche d'une personne autorisée, une parole d'autant plus regrettable qu'elle n'est pas conforme à la vérité. « On s'est assez occupé des anormaux >, a-t- il été répondu par un membre du bureau, à la proposition que nous faisions d'étudier non seulement le développement normal de l'enfant, mais encore les arrêts, les anomalies que ce développement peut présenter. Gomme si l'on pouvait avoir la prétention de faire des recherches psychologiques complètes, en laissant de côté la psychopathologie.

Ceux qui formulent une telle opinion, ignorent le puissant concours qu'apportent la clinique et l'anatomo-palhologie, à l'anatomie et à la physiologie normales. Et, par une contradiction inévitable du reste, la société a com-

mencé par indiquer comme premier terrain d'investigation et d'étude, un sujet qui ne serait pas déplacé dans un traité de psychopathologie : la colère chez les enfants. Et, dans le questionnaire élaboré pour fournir des documents sur ce point, nous lisons : « Quel est le développement de l'enfant (observé au point de vue de la colère) comparé à celui d'enfants du même âge ? — Quel est son état de santé? — Quelles ont été ses maladies? — Déterminer quelle a été l'influence de l'hérédité, du milieu, d'un accident sur ses accès de colère ?

Savez-vous sur quelle catégorie d'enfants porte la seconde enquête proposée ? Sur les enfants indisciplinés et rebelles. Et il est entendu qu'on ne s'occupe que des enfants normaux !

Nous nous permettrons aussi d'élever un doute sur la sincérité des documents obtenus par voie de questionnaire. Certes, l'instituteur pourra donner des renseignements sur ses élèves ; mais est-il à même de connaître à fond l'enfant, au point de vue instinctif et moral, lui qui ne l'étudié qu'à l'école, c'est-k-dire à l'endroit où l'enfant se montre le moins sous son vrai jour, puisqu'il se sent surveillé; et le père, la mère de famille ne nous induirontils pas, dans leurs réponses inconsciemment en erreur quand nous leur demanderons des détails sur les défauts de leur progéniture ?

L'essai toutefois peut être tenté, à la condition de ne pas attacher une valeur rigoureusement scientiflque à des documents ainsi obtenus. La Société, du reste, en agissant ainsi n'innove rien ; ainsi qu'elle le reconnaît, elle se borne, à suivre l'exemple qui lui est donné par les sociétés américaines de Child-Study. Nous suivrons avec intérêt ses études et leurs résultats.

 signaler dans le premier Bulletin de la Société un intéressant article de M. J. Boilel, sur les graphiques employés comme moyen d'émulalion individuelle.

J. BOYBR.

VIII. Contribution à VéCude des délires transitoires séniles; par L. MiCHAUD. (Thèse de Lyon, 1900.)

Les périodes délirantes qui se montrent parfois sous forme de confusion mentale ou de mélancolie anxieuse avec hallucinations de la vue, idées de ruine, de persécution etc., chez les vieillards athéromateux, sont souvent consécutifs à un état infectieux (grippe) quelconque. Ces délires guérissent le plus souvent après la maladie qui les a causés, ne laissent derrière eux que Tétat mental antérieur parfois un peu aggravé. Aussi doit-on les traiter par les moyens anti-infectieux et anti-toxique et doit-on ajourner les internements et précautions légales en raison de la bénignité du pronostic de durée. F. B.

!t68 VARIA.

IX. Un cas de léthargie des nègres; par S. Makenzie el W. Mon (LondreS) Adlard and son, 1900, in-S"^ extrait des Transuciions of Paiholgical Socie(y.)

Gomme suite au mémoire précédent, les auteurs rapportent un nouveau cas survenu à Londres chez un nègre de vingt-deux ans venant du Congo. Les symptômes furent les mêmes que ci-dessus. Comme pour les deux cas précédents on trouva la filaire perstans dans le sang avec des larves de (ilaria diurna. Même léthargie, même adénite, même fonte musculaire progressive malgré une forte alimentation et de bonnes digestions, même perte «iradaelle de rintelligence, gâtisme, spasmes, attaques épilepliformes et haute température à la fin. Entré le 6 octobre, le patient meurt le 3 décembre. A Vaufopsie : les recherches ne permettent pas de retrouver la filaire dans les ganglions lymphatiques ni dans le canal thoracique ; mais le sang des sinus de la dure-mère et celai du cœur contiennent une quantité de filaires perstans vivantes. Les muscles du dos présentent des cysticerques de ténia solium. Dans le cerveau un seul cysticerque et les mêmes lésions de méninge-encéphalite que dans les deux cas précédents. Même conclusion. F. BoissiEa.

Les aliénés en liberté.

Depuis trois semaines, la veuve Dumontier, de Droisy, âgée de soixante-quinze ans, était atteinte du délire de la pvrsécuUon et parlait de se suicider, disant qu'il valait mieux en tinir tout de suite. .Malgré la surveillance dont l'entouraient son gendre et ses petits-enfants, la pauvre femme a réussi à quitter sa chambre pendant la nuit de jeudi à vendredi et est allée se jeter dans le puits communal, à trois cents mètres de son domicile. Ce n'est que le lendemain matin, à neuf heures, que Ton a découvert son cadavre. (Rappel de T Eure, 19janv.)

— Un cultivateur du Val-David (Eure). Prosper Moulin, a été trouvé pendu dans un petit bois qui longe la ligne de Doissetà Evreux. Moulin ne jouissait pas de toute sa raison. [Le Rappel de l'Eure du îi janvier 1901.)

Ces deux fails montrent que dans le département de l'Eure l'assistance des aliénés est très défectueuse, alors qu'elle pourrait se faire d'une façon satisfaisante. Il existe, en effet, un asile départemental situé à Navarre près d'Evreux. Mais, au lieu d'assister les aliénés du département qui entraîneraient des dépenses pour celui-ci, Tadministration préfectorale et le Conseil général de l'Eure préfèrent prendre en grand nombre les aliénés du département de la Seine qui leur rapportent. C'est donc au préjudice des aliénés des départements que le département de la Seine place ses malades dans les asiles de la province. Cette situation déplorable n'aura un terme que quand le Conseil Général de la Seine aura des asiles en nombre suffisant pour assister tous ses malades.

Suicide. — La dame Honoré, née Joséphine Pivet, cultivatrice à Dam pierre, caaton d'Aunay-sur-Odon, s'est noyée dans une mare voisine de son habitation. La pauvre femme, qui avait cinquante^ sept ans, avail le cerveau faible. (Bonhomme Normand, 31 janvier i90i.)

Un emprunt insolite. — A coups de canne. — Sous ce titre Le Petit Sou du 3 décembre rapporte le fait suivant :

Vers huit heures, ce malin, une femme âgée d'environ quarante-cinq ans se présentait chez M. D. . ., négociant en vins rue de la Tour-d'Auvergne et lui demandait une somme de cinquante francs dont elle avait absolument besoin. M. D. . ., qui prétend ne pas connaître cette femme, les lui refusa.

Entrant aussitôt dans une violente colère, elle saisit une canne qui se trouvait dans rentrée de l'appartement de M. D. . . , et lui en porta plusieurs coups violents sur la tète et sur la figure lui mettant le visage en sang.

Aux cris de M. D. . ., des voisins accoururent et non sans peine parvinrent à mailriser cette méirère qui a été conduite au commissariat de la rue Rochechouart. C'est une nommée Marie Duvernois qui depuis quelque temps ne jouit plus de ses facultés mentales. Elle a été envoyée à l'inlirmerie du Dépôt.

— M. Pierre Pornot, lieutenant de douanes à Cancale, vient de se suicider en se fracassant la tète avec une balle de revolver d'ordonnance. Le désespéré était âgé de trente<six ans et était en proie depuis quelque temps à une profonde mélancolie. (De Saint- Malo au Petit Parisien, 27 septembre.)

Un fou assassin. — Notre correspondant de iMarseille nous télégraphie qu'un crime a été commis ce matin dao? le quartier d'Endoume, provoquant la plus vive émotion parmi les habitants.

Un vérificateur d'octroi, le nommé Caponi, demeurant rue de la Colline, 28, sous Tempire d'un accès de folie, s'est levé subitement de son lit vers une heure du matin et, s^armant d'un poignard, il en a frappé sa femme, profondément endormie. Cette malheureuse est morte sur le coup ; l'arme lui avait percé le cœur. Le meurtrier a été arrêté ce matin, à six heures, à grand'peine. On a dû le garrotter pour le transporter à l'asile des aliénés. {Le Temps, du 6 novembre 1900.)

Arrestation d'une folle. — Des gardiens de la paix étaient requis ce matin, par un marchand de vins du Faubourg Montmartre, pour faire sortir de son établissement une folle qui venait de s'y réfugier. A la vue des agents, la folle se précipita dans les water-closets de l'établissement, essayant de descendre dans la fosse, pour aller chercher du secours pour défendre les Boers attaqués parles Anglais ; on put à grand'peine s'emparer de la malheureuse qui, interrogée par M. Archer, a déclaré se nommer la marquise de B... ; en réalité, on se trouve en présence d'une érotomane dangereuse, qui a été dirigée sur l'infirmerie du dépôt. {La France, du 6 décembre 1900.)

Assistance dks idiots et des arriérés.

Viol. — Une pauvre idiote, Marie Gosse, seize ans, domestique à Hamars, canton d'Evrecy, a été violée par le nommé L..., à Saint- Martin-de-Sallen. Du moins, c'est lui qu'elle accuse d'élre l'auteur de cet attentat. {Bonhomme Normand, 31 janvier 1901.)

— 11 s'est passé dernièrement, dans le canton de Saint-André, un fait grave d'attentat aux mœurs. L'auteur de l'attentat est marié et jouit d'une certaine considération ; la victime est peu intelligente et appartient à une famille pauvre. {Rappel de VEure, 49 janv.)

— A Lyon (Rhône), une demoiselle Aline Vincent, qui a le cerveau faible, a été assaillie par deux rôdeurs qui l'ont violée, frappée et laissée pour morte. {Le Bonhomme Normand, du 28 décembre 1900 au l^' janvier 1901.)

Nous continuons à signaler les faits de cette catégorie car ils montrent d'une façon évidente la nécessité de Vassistancc et du traitement médico-pédagogique des enfants idiots ou arriérés. G*est à nos collègues des asiles d'aliénés de faire auprès des Conseils généraux et de l'administration la propagande la plus active pour la création d'asiles-écoles pour ces malheureux.

FAITS DIVERS

Thésbs de Lausanne : Goguelda Skonikoff, Ophlalmopléjie extérieure, double , congénitale ; — Vera Salomon, Recherches expérimentales sur la rage ; — de Martines, Recherches sur les troubles du goût et de l'odorat dans les paralysies générales progressives ; — Nadiejda Stiena, Des fonctions de lathyroide.

Alcoolisme infantile. — Le tribunal correctionnel de Lannion (G6tes-du-Nord) a condamné à treize mois de prison une femme Boussougan, domiciliée à Goatréven, qui après avoir fait absorber de Talcool à son enfant Tavait laissé dehors durant la nuit. Le lendemain il avait été trouvé mort. (Bonhomme Normand, 31 janvier 1901.)

Ivrognerie de l'enfance. — Ces jours derniers, la femme Jouy, journalière, rue du Pont-Percé, à Verneuii, revenait d'Evreux où elle était allée purger une dette envers l'Etat. Pour fêter son retour elle avait acheté deux litres d'eau-de-vie, et elle y fit si largement honneur que le soir on la trouvait afTalce ivre-morte devant sa porte. Quelques instants après, Tenfant de cette malheureuse, une petite fille de cinq ans, ayant soif et croyant trouver du cidre dans une bouteille restée sur la table, et qui contenait de Teau-de-vie, la vida et ne tarda pas à ressentir les effets de Talcool car elle vint tomber près de sa mère. Des voisins charitables portèrent Tenfant chez un pharmacien qui lui donna un cordial et après Tavoir couchée veillèrent sur elle. (Le Rappel de VEure, du 10 octobre 1900).

Suicides d'adolescents. — On écrit de Gherves qu'un jeune homme de seize ans environ, nommé G..., fils d'un charpentier demeurant à Orlut, s'est pendu à l'aide de sa ceiniure. (L'Indicateur de Cognac, 9 décembre.)

— Dans la Greuse, à Ghavannes, Elise Boucret, quatorze ans, disparue depuis huit jours, a été retrouvée pendue dans une maison non habitée. Dans sa poche se trouvait un papier sur lequel était écrite cette phrase : « Le plaisir de mourir sans peur vaut bien la peine de vivre sans plaisir. Peusons-y bien. » (L'Indicateur de Cognac, 3 janvier 1901.)

Nouveau journal. — Nous venons de recevoir le premier numéro de la Revue de Philosophie paraissant tous les deux mois sous la direction de M. E. Peillaube. Un an pour la France : 12 francs; pour l'Union postale : 15 francs. Éditeurs: Garré et xNaud, 3, rue Racine, Paris.

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE

Asile public d'aliénés de Maréville. — Rapport du médecin en chef de la division des hommes à M. le PréOet de Meurthe-et-Moselle. — In-8* de 21 pages. — Nancy, 1900. — Imprimerie Berger-Levrault et G*«.

CoLiir. — Les asiles d'aliénés à portes ouvertes. — In-8"» de 6 pages.

— (Extrait des Annales médico-psychologiques). Paris, 1900

Cous. — Les aliénés criminels. (Communication faite à la séance de la Société générale des prisons du 17 novembre 1897.) — In-8»de 12 pages.

— Chez l'auteur : Maison centrale de Gaillon.

Colin. — Du système de l'Open-Door et des grands services d'aliénés.

— ln-8« de 18 pages. — Extrait des Annales médico^paycfiologigues. — Paris, 1900.

D*Amato (V.}. — La cure pratica délie malattie venerce sifilitiche e délia pelle. — In-18 cartonné de 271 pnges. — Roma, 1901. — Tipograûa Forenee.

DéRiCQ (L.). — Asile départemental d'aliénés de l'Otme. — Extrait du compte moral et administratif pour Tannée 1895 suivi de l'introduction au rapport médical. — In-8" de 17 pages. — Alençon, 1896. — Imprimerie Guy.

DoNAT J.) und Hugo Lukacs. — Die elektrische Erregbarkeit der Xerven und Musklen unier curare. — ïn-8» de 10 pages. — Wirkung» (Extrait du Zeilschrift fUr Klin. tnedicin).

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Le rédacteur-gérant : Bourneville.

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0bé9fté,

Oo/tre.Myxœdème

Infantilisme,

Crétlntsme.

THYROIDINE^

"PastiUasdofiéesàZOceDt^

PILULES

doséesàSeeot

A.FLOURENS

PHARMACIEN 62. Ritt lotra-Oaffls. BOROEâUX

LABORATOmE AUTORISÉ par Décret Ministériel

àprèa avis favorable de r Académie de médecine (Rapport de M. Mocard).

Aménorrhée.

Ménopause,

, Chlorose.— Troubles ^

Post- Ovarloiomtques.

:OVAIRINE^

PILULES

dosées à 10 ceat.

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