X. La folie SySTÉMATlSÉB
XI. Les névroses générales : A. Les psychoses épilepliques, — B. Les psychoses hystériques. — C. La névrose traumaiique.
XII. Les états psychopathiques (Folie des dégénérés) : A. La dépression constitulionnelle. — B. La folie obsédante. — C. La folie impuleive, — D. L'inversion sexuelle,
Xill. Les arrêts de développement psychique: A. L'imbécilliié, — B. L'idiotie,
LBS CLINIQUES PSYCHIATRIQUES. Hl
résoudre, dont Tun est la condition préliminaire de l'autre. Elles doivent d'abord offrir au maître un champ d'observation aussi favorable que possible à son travail; pour cela il faut un choix de malades qui embrasse le domaine tout entier de la science, et Torgaiiisation de tous les moyens d'études nécessaires. C'est ainsi que le clinicien sera mis à même de remplir sa seconde tâche, celle d'instruire les élèves et de les introduire dans sa science spéciale.
a Les cliniques psychiatriques, ajoute le professeur Wernicke, sont en première ligne des instituts pour faire progresser le travail scientifique, ainsi que le pensait Griesinger, que nous avons déjà célébré comme le fondateur de la psychiatrie moderne... C'est rÉtat qui doit prendre à tâche de fournir les moyens pour transformer de plus en plus les cliniques psychiatriques en cliniques des maladies nerveuses... Sans un choix de malades qui embrasse le domaine tout entier de ces maladies, sans les moyens d'enseignement qui rendent possible Texamen exact et soigneux des malades, et sans les recherches nécroscopiques, les cliniques psychiatriques restent incomplètes et insuffisamment outillées pour être de vrais instituts scientifiques.
c< La seconde tâche des cliniques psychiatriques est de servir dMnstitution d'enseignement ayant pour but dé donner aux médecins les connaissances des maladies mentales nécessaires aux besoins de leur pratique. Or, la psychiatrie ne peut pas être enseignée avec succès sans qu'on y joigne l'étude approfondie des maladies cérébrales organiques, y compris la paralysie générale. C'est là une vérité qui ne fait aucun doute chez les spécialistes compétents. »
V Dans un second mémoire exclusivement consacré aux asiles urbains et aux cliniques psychiatriques, Wernicke montre que Breslau a pleinement réalisé l'idéal de Griesinger, et possède une clinique des maladies mentales et nerveuses offrant pour l'enseignement un choix de cas récents et aigus qu'on ne pourrait souhaiter meilleur. En outre, cette clinique rend à la ville les services les plus avantageux.
« Quels services, dit M, Wernicke, la ville demande-t-elle à un asile clinique? Un établissement semblable doit être une station centrale rapprochée pour tous les malades qui ont besom d'une assistance publique urgente. On peut ranger ces cas sous diverses catégories. En premier lieu, un grand nombre d'aliénés agités et dangereux, et surtout de délirants et de névropathes qui rentrent guéris dans leurs familles après un séjour plus ou moins prolongé à la clinique. Ensuite les incurables non dangereux'qui sont transférés à l'asile provincial, de même que les malades curables chroniques et les aliénés périodiques. »
« L'asile clinique est essentiellement une station transitoire. Daus celui de Breslau, le séjour moyen d'un malade a été de
^28 BNSBieNEMBNT.
70 jours en 1888-1889. Un temps d'observation de trois à quatre mois est plus que suffisant pour classer les malades dans les catégories où ils doivent entrer. La durée moyenne du séjour des malades dans la clinique est surtout augmentée parce qu'on y garde les paralytiques généraux jusqu'à leur mort. Mais il y a là un intérêt évident pour la ville. A Breslau, le tiers environ de la population de Tasile clinique est formé par les paralytiques généraux. Que de soins et de surveillance sont nécessaires pour ces malheureux ! L'asile clinique réunit ainsi les tàcbes les plus difliciles qu'un asile d'aliénés doit remplir. 11 nécessite de nombreux infirmiers et uu service médical bien organisé. » (Wernicke.) • Hitzig avait déjà fait remarquer que la clinique psychiatrique n'a nullement la prétention de faire concurrence à la clinique médicale, en admettant, comme cette dernière, les maladies nerveuses. Le professeur 0. Binswan|:;er, de léna, développa cette pensée dans un discours fait le 20 novembre 1891, à l'occasion de sa nomination comme professeur ordinaire de cette université.
« Plus les connaissances psychiatriques seront répandues parmi les médecins, dit-il, plus se perdra Vodium de l'asile spécifique et tomberont les barrières artificielles qui séparent actuellement l'asile d'aliénés des autres hôpitaux. Le mouvement plus rapide et plus libre des malades, qui est particulier à la clinique psychiatrique, a écarté déjà pour elle ces difficultés. Aujourd'hui on enseigne partout dans ces cliniques la pathologie cérébrale tout entière. La clinique médicale et la clinique psychiatrique contribuent ainsi toutes deux parallèlement à cet enseignement et ce n'est pas de trop dans un domaine aussi vaste, aussi obscur et aussi difficile. Cette émulation est utile à la science et aux étudiants. Dans les névroses fonctionnelles (épilepsie, hystérie, hypocondrie, etc.), on insiste tantôt sur les symptômes psychiques, tantôt sur les troiïblés somatiques (moteurs, sensibles, vaso-moteurs). La distinction des psychoses et des névroses est tout artificielle. Les deux cliniques, médicale et psychiatrique, doivent donc travailler ensemble à résoudre scientifiquement ces graves questions, dans rintérél des études et de la science, qui est aussi l'intérêt des malades. Il en est de même pour les maladies de la moelle épinière et du système nerveux en général. La clinique psychiatrique doit nécessairement comprendre dans son enseignement la pathologie nerveuse tout entière, non pas comme rivalité inutile de la clinique médicale, mais comme terrain d'observation indispensable à l'étude des psychoses. Dans les universités où la clinique psychiatrique a atteint son complet développement, un service spécial des maladies nerveuses est toujours annexé à la division psychiatrique proprement dite. C'est ce qui existe aussi à léna depuis quelques années. »
« Tandis que Wernicke et Binswanger, ajoute M. Ladame, oat
LES CLINIQUES PSYCHIATRIQUES. 229
envisagé les cliniques psychiatriques surtout au point de vue des progrès de la science et de renseignement universitaire, comme nons venons de le voir, le professeur Rieger, à Wiirzburg, met spécialement en relief les avantages qu'elles offrent potir le développement et le perfectionnement de la Ihérapeutiqae des maladies mentales. Nous ne relèverons ici que l'organisation nouvelle qu*il a créée en supprimant la division spéciale pour les agités (Tobabtheilung), comme elle existe encore dans tous les asiles.
« Cet essai sans précédent, dit Rieger, pouvait paraître un peu téméraire, mais j'osai le tenter après que l'expérience de la clinique provisoire m'eût appris qu'on pouvait se passer de cellules d*isolement... et que les malades dangereux et agités sont beaucoup mieux et beaucoup plus facilement soignés lorsqu'on n'a point de cellules pour les y enfermer. »
Les documents et les considérations qui précèdent montrent — fait sur lequel on n'avait fruère jusqu'ici attiré l'attention en France — que TAllemagne possède à l'heure qu'il est une organisation de l'enseignement psychiatrique que la plupart des pays doivent lui envier. Le programme tracé par Griesinger il y a une quarantaine d'années — esquissé avant lui par Esquirol, ainsi que nous l'avons montré — ce programme a été réalisé dans tous les centres universitaires allemands ou de langue allemande.
On peut dès maintenant apprécier les résultats fournis par uae organisation aussi bien comprise de renseignement psychiatrique. C'est à ces cliniques qu'il faut, en grande partie, attribuer l'essor extraordinaire qu'a pris en Allemagne Tétude des maladies mentales ' et les réformes capitales apportées aux modes d'assistance des aliénés. Au point de vue scientillque, l'action des cliniques des maladies mentales est incontestable : vingt foyers scientifiques
* Il existe, en Allemagne, onze revues spécialement consacrées aux maladies mentales et nerveuses.
1» VAllgemeine Zeitschrift far Psychiatrie, fondée en 1844, paraissant sept fois par an (Berlin). — 2*» Der Irrenfreund, fondé en 1859, mensuel (Heilbronn). — 3« Les Archiv fur Psychiatrie, fondées en 1868 (Berlin). — 4» Le Neurologischer Centralbtatt, fondé en 4882 (Leipzig). — 5» Le Cent ralblatt fur Nervenheilkunde und Psychiatrie, fondé en 1890, mensuel (Coblence). — 6» La MonatschHft fur Psychiati*ie und Neurologie, fondée en 1897, mensuel (Berlin). — 7» Le lahreshericht tiber die Leistungen.., ouf detn Gebiele dei^ Neurologie und psychiatrie, fondé en 1898 (Berlin). — 8« Zeitschrift fUr Psychologie und Physiologie der Sinnes organe, fondé en 1890, paraissant tous les deux mois (Hambourg et Leipzig). — 9" Psychiatrische Wochenschrift, fondé en 1899, lu-bdomadaire (Halle). — W Die Zeitschrift far Hypnotismus, Psychothérapie, dirigé par Forel et Vogl (Leipzig). — llo Die Schriften der Gesellschaft fur psychologische Forschung (Leipzig).
Le nombre des Sociétés de psychiatrie est de onze.
â30 BNSEIONBMBNT;
rivalisent d'activilé. Au point de vue de l'éducation professionnelle des futurs aliénistes, des médecins experts (médecins fonctionnaires) et des médecins praticiens, le rôle des cliniques n'est pas moins important. Leur personnel est considérable ; les cours des professeurs ordinaires et extraordinaires, des privat-docenten sont nombreux. Chaque clinique est une pépinière de médecins compétents et assure, entre autres, le recrutement des médecins des asiles d'aliénés et des médecins-experts.
Au point de vue de l'assistance des aliénés, les cliniques psychiatriques agissent aussi d'une façon très favorable. Elles montrent comment il convient d'atteindre le but que doit se proposer un établissement d'aliénés moderne : elles constituent autant de petits asiles modèles .
L'assistance des aliénés a été en effet métamorphosée par la création des hôpitaux urbains réclamés par Esquirol et Grîesinger. La physionomie habituelle, autrefois si pénible, de l'asile d'aliénés, a été transformée. Par le nombre très restreint des malades de chaque pavillon, par la suppression des quartiers cellulaires et des moyens de contention mécanique, par le traitement en liberté, par l'alitement de près de la moitié des malades, la « renfermerie » où pendant trop longtemps on s'était contenté de parquer pêlemêle curables et incurables, la « garderie » d'aliénés a disparu pour faire place à un véritable hôpital destiné au traitement des maladies du système nerveux central. Les mesures disciplinaires ont été remplacées par des procédés thérapeutiques appropriés ; les gardiens sont devenus des gardes- malades. Plus de quartiers d'agités où les patients s'excitent mutuellement et où tout examen est rendu impossible ; plus de quartiers cellulaires où les aliénés curables, isolés entre quatre murs, rapidement se dégradent ; mais des salles d'hôpital où les malades aigus qui, on ne saurait trop le répéter, ont besoin de soins aussi minutieux, aussi cons» ciencieux, aussi assidus que ceux qu'on donne à un typhique, sont soignés au lit et soumis à une surveillance attentive et à un examen quotidien.
Si les cliniques psychiatriques donnent des résultats féconds au point de vue du progrès de l'étude des maladies mentales, de renseignement professionnel des médecins praticiens et des experts, si elles réalisent dans les meilleures conditions l'hospitalisation des sujets atteints d'afTection du cerveau, ces établissements ne sont pas moins utiles en permettant le traitement rapide des psychoses aiguës et en facilitant la disparition des préjugés ayant trait à la prétendue incurabilité des maladies mentales. C'est en effet dans ces établissements qu'on a obtenu les chiffres moyens de guérison les plus élevés, à savoir de 55 à 61 p. 100 '. Le public
* Le professeur Meschede fait remarquer avec raison que le public a de
LBS CLINIQUES PSYCHIATRIQUES. 231
— et aussi les médecins — en voyant enlrer les malades à la clinique psychiatrique avec un minimum de formalités, en les voyant, dans une forte proportion, sortir guéris ou améliorés, prennent rhabitude de considérer l'établissement d'aliénés, non point comme un asile d'incurables, mais comme un hôpital pour le traitement des maladies du cerveauK
Si, après cette longue enquête sur l'organisation de l'enseignement de la psychiatrie en Allemagne, nous examinons les condi^ tiens dans lesquelles est donné ce même enseignement en France, il nous faut avouer que, sauf à Paris, tout est à créer. Aucune de nos Universités provinciales ne possède de Clinique psychiatrique autonome, ni quelque établissement qu'on puisse comparer aux belles Cliniques de Halle, de Wurzhourg, etc. Que les admirables résultats de la décentralisai ion scientiOque telle qu'elle est pratiquée dans les divers pays d'Europe ouvrent les yeux de ceux dont dépend l'avenir de nos jeunes Universités! Qu'ils cessent de considérer l'enseignement des maladies mentales comme une clinique accessoire, d'importance secondaire; qu'ils ne se contentent plus
la répugnance à placer les sujets atteints de maladies mentales dans les asiles ordinaires, encombrés d'incurables. Il en résulte que les aliénés ne sont internés que plus ou moins longtemps après le début de la maladie. Les familles hésiteraient beaucoup moins à placer leurs malades dans un hôpital de traitement pour les maladies mentales, dans une clinique psychiatrique, dans un établissement où l'on obtient une pro« portion de guérisons de 50 p. 100.
* Voici quelques renseignements statistiques sur les aliénés et les établissements qui leur sont destinés, en Allemagne, à la date du 1*' janvier 1898. (On peut comparer ces chiffres à ceux que nous avons donnés pour Tannée 1890. Archives de Neurologie^ n» 105.)
Population de TKmpire allemand : 52.279.901 habitants.
Asiles publics : 142 avec 539 médecins (y compris les médecins assistante) et 55.877 malades (30.358 hommes et 25.519 femmes).
Établissements privés : 120 avec 182 médecins et 18.210 malades (11.483 hommes et 6.727 femmes).
Soit en tout 262 établissements consacrés aux aliénés, avec 741 médecins et 74.087 malades (41.841 hommes et 32.248 femmes).
Il y a donc pour 100.000 habitants. 154 malades placés dans des établissements d'aliénés (publics ou privés). Le nombre proportionnel des médecins est de 1 pour 105 malades.
Les asiles de buveurs et les établissements « ouverts » ne sont pas compris dans les chiffres qui précèdent.
Pour les aliénés criminels, il existe des quartiers spéciaux annexés aux établissements pénitentiaires à Bruchsal, Waldheim, Berlin-Moabit et Breslau.
11 y a 13 sociétés de patronage pour les malades guéris : la plus ancienne est celle de Wiesbaden (18'29); la plus récente, celle de Eichberg 188&}.
â32 BN8BI0NBMBNT.
d'installations rudimentaires, imparfaites alors qu'en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Autriche, en Russie, existent des établissements cliniques modèles. Des villes u^niversitaires aussi considérables que Lille, Nancy, TouIousp, Bordeaux, ne peuvent moins faire pour renseignement des maladies mentales que telle ville de <2 000 habitants, capitale d'une minuscule principauté allemande, qui vient de dépenser plus d'un million pour une clinique psychiatrique de cent lits.
. Nous avons dit plus haut les services multiples que rendent les cliniques de psychiatrie : il est superflu d'insister sur les préjudices irréparables que la prolongation de l'état de choses actuel entraînerait, non seulement pour les malades et pour l'instruction professionnelle du corps médical, mais encore pour les Universités elles-mêmes et pour la Société, si intéressée, nous le répétons, à une bonne organisation de l'enseignement de la médecine mentale. Si des mesures n'étaient prises en vue de mettre fin aux errements actuels, les progrès de la psychiatrie, de l'assistance dès aliénés, ceux aussi de toutes les sciences qui ont pour but l'étude de l'esprit humain, ces progrès seraient gravement compromis en France. Ne serait-ce pas méconnaître les traditions d'un pays qui a été l'initiateur dans l'enseignement des maladies mentales, ne serait-ce pas porter atteinte au développement de sa culture scientifique et préparer la décadence d'études qui ont jeté sur la médecine française, au cours du x^x» siècle, un si vif éclat?
Fermement convaincus du danger que présentent les lacunes en question et de la nécessité d'y porter remède sans retard, noQS émettrons les vœux suivants :
i^ Fondation, dans chaque ville universitaire, d'une clinique psychiatrique autonome, de 60 à 100 lits. Cette clinique située dans la ville même (hôpital urbain), ou à proximité immédiate, servirait de bureau d'admission pour les malades placés d'office ou volontairement. — Annexions à la clinique psychiatrique d'une section spéciale de neuropatbologie, d'un service de consultations externes, de laboratoires divers, de chambres pour peDâionoaires payants, etc.
2^ Personnel médical nombreux : un médecin (y compris chefs de clinique, internes, externes ou stagiaires) pour dix malades.
30 Réorganisation du recrutement du corps enseignant eu s'inspirant des institutions qui ont assuré la prospérité des universités allemandes, suisses, russes, autrichiennes, etc. Création d'un corps de u Maîtres de Conférences » analogue à celui des Privat- Docanten. Remplacement, dans une large mesure, des concours par la concurrence,
40 Organisation de cours cliniques payants d'une dorée de trois semaines environ, analogues aux « Cours de vacances » des Universités étrangères, pour l'enseignement pratique de la psychia-
LES CLINIQUES PSYCHIATRIQUES. !233
trie, de la neuropathologie, de la médecine légale des aliénés, etc.
5^ Organisation du stage psychiatrique. Exiger un stage d'un an pour les candidats au diplôme de médecin-expert (dont on a proposé la création), aux emplois de mêdeciu des établissements pénitentiaires, de médecin des établissements privés consacrés aux aliénés. Stage de quelques semaines pour les médecins de l'armée et de la marine, et, peut-être, pour tous les étudiants sans exception.
6^ Création d'un concours spécial pour les places de médecin des asiles d'aliénés situés à proximité des villt's universitaires.
7^ Réforme de l'organisation du service médical dans les asiles d'aliénés situés à proximité des villes universitaires sur les bases suivantes : un médecin chef de service pour 250 malades avec les collaborateurs suivants : 1° un assistant, docteur en médecine, ancien interne des asiles, nommé sur la présentation du chef de service ; 2*^ un interne nommé au concours pour deux ans ; 3^ un stagiaire (docteur ou étudiant).
Terminons en empruntant notre conclusion au D'Pozzi qui dans son travail sur V Enseignement de la gynécologie en Allemagne s'exprime ainsi : « Quand notre pays sera doté de pareils moyens de travail, il reprendra vite, dans celte branche de la science comme dans les autres, la première place qu'il n'a paru perdre momentanément que par suite d'une absence totale d'organisation '. »
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« Les conclusions, ou au moins quelques-unes, prêtent à des ol^ec* lions diverses que nous ferons peut-être un jour. Suivant notre habitude, nous avons laissé à M. Sérieux toute liberté pour exposer ses idées. (La Rédaction.)
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REVUE DE THÉRAPEUTIQUE
I. Le traitement de rulcère yariquenz par Félongation et la dissociation fascicnlaire des nerfs ; par les D*^ de Buck et van DÉR LiNDEN. [Journ. de Neurologie, 1900, n« il.)
Ce travail contient la relation de deux cas d*ulcères variqueux traités Tun par le procédé d'élongation du nerf scialique de Chipault, Tautre par la dissociation fasciculaire de P. Delbet.
RBVUB DB THÉRAPBUTtQUB. 235
Dans le premier cas il s'agissait d*un large ulcère atoniqoe siégeant aa-dessus de la malléole externe gauche chez un ouvrier de cinquante-quatre ans. Cet ulcère datait de 1891. Le 8 décembre 1899 OD fît Télongation du sciatique poplité externe sans touchera Tulcère.Dès les premiersjours qui suivirent Topération, le fond de celuici commença à se couvrir de granulations et six semaines après la cicatrisation était complète.
Dans le second cas Tulcère siégeait au milieu de la jambe gauche et datait de quatre années. Il avait une étendue de 10 centimètres carrés et n'avait aucune tendance à la cicatrisation. Trois mois après la dissociation fasciculaire du sciatique poplité externe et du saphène interne suivie d'un curettage de Fulcération le malade était complètement guéri. G. D.
II. Note sur remploi du sulfate de doboisine ; par J. H. Skrbn. {The Journal of Mental Science, juillet 1897.)
Le sulfate de duboisine est un sédatif et un hypnotique puissant : l'auteur le donne par la bouche ou par la voie hypodermique à des doses qui varient de un centième à un trentedeuxième de grain (le grain anglais vaut 6 centigrammes) ; la voie hypodermique doit être préférée. L'action d'une injection hypodermique isolée se traduit par une légère aggravation de l'excitation et un peu de congestion de la face, qui apparaissent au bout de quinze à vingt minutes. Le cœur bat plus vite, la langue s'épaissit, et si la dose est forte, le langage devient inarticulé. La bouche est sèche, la démarche ataxique, le malade parait ivre ; bientôt survient une sensation de calme, suivie d*un sommeil de deux ou trois heures ; au réveil, l'excitation ne reparait pas ; il subsiste de la sécheresse de la gorge, un léger trouble de la vue, quelquefois, et un peu de mal de tête. Si on donne le médicament par la bouche, il y a diminution de l'appétit, avec tendance à la syncope et aux vomissements.
L'emploi continu du médicament a des inconvénients (faiblesse du pouls, tendance à la syncope, ataxie de la démarche, perte de poids, quelquefois hallucinations de la vue et de l'ouïe).
Dans la manie aiguë les résultats sont peu satisfaisants ; dans la manie avec délire, la duboisine est utile à la condition d'être employée seulement dans les périodes d'excitation ; dans la manie chronique, résultats satisfaisants ; dans la paralysie générale, bons résultats contre l'extrême excitation ; dans l'épilepsie, peu ou pas d'utilité ;dans la mélancolie, résultats aussi fâcheux que possible; dans la démence, bons résultats en cas d'agitation.
Les dangers sont presque nuls si le médicament est employé avec prudence : il faut surtout surveiller le cœur. Quand il y a intolé* rance, le médicament augmente l'agitation.
S36 RBVUB DE THBRAPKUTIQUË.
Les indications et contre-indications se résument de la façon snivanle : les cas d'agitation due aux hallucinations et au délire donnent de très bons résultats ; le médicament est employé utilement comme sédatif dans toutes les formes de folie chronique avec agitation, et dans quelques cas peu fréquents d'épilepsie. Il ne doit être employé que chez des sujets somatiquement sains, jamais chez les malades débilités. Il ne convient pas à la manie aiguë et se montre nettement nuisible dans la mélancolie.
La duboisine est préférable à 1 hyoscine et à Phyoscyamine, l'état de calme qu'elle provoque étant plus prolon^-é et la prostration moins profonde qu'avec K*s deux derniers médicament?.
R. DE Muscrave-Clay.
in. L'âge dans ses rapports avec le traitement de la mélancolie ; notes thérapeutiques, par J.>K. G ACQUET et John â. Cônes. [The Journal of Metital Sden';ey juillet 1897.)
Ce travail est basé sur 43 observations (21 hommes el 23 femmes), les auteurs ^ont amenés k conclure que dans la mélancolie, les malades de cinquante ans bénéficient d'une façon remarquable de remploi de Topium sous ses diverses formes ; en revanche, les malades de trente ans et au*dessous voient leur état s'aggraver sous rinfluence de ce médicament, dont l'action est incertaine entre trente et cinquante ans. il convient, dans les cas où Topium est indiqué, de pousser les doses jusqu'aux limites de la tolérance physiologique et d'en continuer l'emploi pendant un temps suflisamment long. Lorsque l'opium est conlre-indiqué ou lorsqu'il échoue, c'est le sulfonal, prescrit aussi à hautes doses, qui vient en seconde ligne pour donner les mêmes résultats.
R. DE Musgravb-Clay.
lY. Le lavage de l'estomac chez les aliénés qui refusent de manger; par H. Hahold Greenwood. {The Journal of Mental Science^ janvier 1898.)
Il est au moins vraisemblable que dans un assez grand nombre de cas le refus obstiné qu'opposent les aliénés à toute tentative d'alimenlatii)n a sa source dans une altération de l'estomac, avec phénomènes douloureux ; la gastrite notamment e<i extrêmement fréquente chez eux. L'auteur rapporte deux cas dans lesquels des aliénés, notablement soulagés par le lavage de l'estomac, ont recommencé promptement après les premiers lavages à accepter sans difficulté leur nourriture. Dans les deux cas, le liquide du lavage était épais et de couleur anormale et contenait du sang altéré et du mucus. Une solution faiblement antiseptique serait peut-être utile dans les cas de ce genre. Il serait bon d'employer
RBVUB DE THBRAPBUTIQUB. 237
le lavage stomacal chez lous les aliénés qui refusent de manger ; dans la plupart des cas, où il y a une gastrite simple, on obtien* drait la guérison ; et dans les cas plus rares où il existe une aifeclion maligne de l'estomac, l'examen du liquide laveur éclairerait le diagnostic. R. dk Mdsgrave-Clay.