ABCÈS DU LOBE TEMPORAL DROIT DU CKRVEA.U
d'an pus jaune et bien lié contenu dans une poche unique, à petit diverticule postérieur, poche constituée par une membrane de 2 millimètres d'épaisseur à surface interne rouge et tomenteuse.
Cette poche est entourée de tissu cérébral ramolli; les lésions ne dépassent pas les limites du lobe temporal droit. Quant aux circonvolutions qui correspondent à Tabcès, leur consistance est suffisante, sauf à la partie antérieure de T^ et T^ dont le ramollissement déjà signalé intéresse loute la profondeur (fig. 10 et 11). Les ventricules latéraux sont remplis et distendus par le liquide encéphalo-rachidien.
En pratiquant les coupes de Pitres on remarque de l'œdème au niveau du plancher du ventricule mo\*en et des ventricules latéraux ainsi qu'à la partie postéro-externe du lobe frontal. Dans la région la plus reculée de 'F en un point correspondant extérieurement aux trois petits territoires ischémies déjà signalés, on tombe sur un deuxième petit abcès, indépendant, gros comme une noisette et rempli de pus crémeux bien lié et vert.
Les rochers et les voies auditives ne présentaient aucune particularité. Rien dans les cavité nasale, buccale, pharyngée. Le pus examiné par la méthode extemporanée révéla la présence de très rares diplocoques ne se décolorant pas par la méthode de Gram.
En possession de ces données nouvelles, nous pouvons maintenant reconstituer la physiologie pathologique de ce cas clinique :
Le lobe temporal droit, siège de Tabcès, se trouvant trop à l'étroit exerçait une compression progressive sur le pédoncule cérébral droit ce qui donnait l'explication de la parésie et de la paralysie à gauche. La compression du nerf auditif, à son entrée dans le conduit auditif interne, légilimait les bourdonnements d'oreilles. Enfin la compression avait porté à une époque sur Tophtalmique (migraine), et en dernier lieu elle exerça surtout son action sur le nerf maxillaire inférieur.
La compression avait donc eu lieu entièrement sur la face supérieure du rocher. Quant à la diminution de Tacuité auditive, elle a pour cause la destruction des fibres acoustiques qui se rendent dans le lobe temporal.
Sur la notion de Tétiologie de ces abcès, nous ne pouvons formuler aucune hypothèse. Le premier et le plus gros était fort ancien, comme lé prouve l'existence d'une membrane d'enkystement très épaisse ; bien que formées dès le douzième jour pour Abercrombie, ces membranes ne sont organisées, dans la plupart des cas, qu'au bout d'un mois et,
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d'ailleurs, les premiers symptômes accusés par notre malade dataient déjà de cinq mois, ce qui est évidemment un minimum, puisque pour tous les auteurs, une des principales caractéristiques de ces abcès enkystés est d*étre très longtemps tolérçs.
Dans quelles conditions s'esl-il formé ? On a récemment appelé de nouveau Taltention sur l'origine olique des abcès du cerveau et principalement des abcès du lobe temporal; depuis quelques années surtout, dans les congrès d'otologie, de nombreux cas analogues au nôtre ont été apportés, mais c'étaient là des observations dans lesquelles les lésions auriculaires avaient été constatées et où par suite le diagnostic n'avait souffert aucune difticulté.
Notre malade n'accusait pas d'otite dans ses antécédents et l'examen des voies auditives à l'autopsie fut négatif. Peutêtre néanmoins avait- il eu autrefois une lésion de Toreille interne ayant passé inaperçue. D'autre part, nous ne pouvons dircque.cet abcès était primitif car les auteurs n'admettent pas cette forme.
Il existe dans la science de très nombreux cas dans lesquels la porte d'entrée ne put être trouvée : celui de Brouardel et Josué dans lequel on trouva du pus aniicrobien, et surtout celui très intéressant observé par Lerebouliet, dans le service de Barth, où, à la suite de toute une série de circonstances, on porta le diagnostic d'urémie cérébrale; il y avait, d'ailleurs, albuminurie, puis celui de méningite tuberculeuse; à l'autopsie, on trouva un abcès du lobe temporal droit et une méningite suppurée de la base ; il y avait eu quelques phénomènes semblables à ceux que nous avons pu observer : déviation de la tête à droite, céphalée occipitale, raideur modérée de la nuque.
Peut-être faudrait-il chercher ailleurs l'origine de quelquesunes de ces suppurations et ne pas céder toujours à l'engouement actuel en accusant les oreilles. Toutes les maladies infectieuses peuvent se compliquer d'abcès des centres nerveux. Dogliotti a publié tout récemment un cas d'abcès du bulbe consécutif à un panaris ; on a signalé des abcès du cerveau après la grippe et Boppe en a rapporté un cas très intéressant.
La dernière maladie infectieuse de notre malade était justement une attaque de grippe, deux ans et demi avant les