ABCÈS DU LOBE TEMPORAL DROIT DU CERVEAU
L'étal soporeux persiste toute la nuit et le maladt; meurt le lendemain 3 novembre à 8 heures du malin. La température prise dix minutes avant la mort s'élevait à 40*3.
Revenons maintenant sur les dilTérenls signes présentés par noire malade.
Le 30 octobre, jour où tous les symptômes apparurent le plus nettement, nous observions comme phénomènes subjectifs :
1** Une céphalalgie tenace et rebelle localisée à la région OQcipitale; !2° des nausées; 3** de Voi raideur de la nuque; 4** Texistence du trouble vaso-moteur connu sous le nom de raie méningitique.
Ces quatre éléments permettaient de penser déjà que le processus était localisé en partie sur les méninges.
Mais nous étions possesseur d'un ensemble de renseignements tels qu'il nous était permis de ne voir surtout là qu'une manifestation aiguë ou subaiguë venant compliquer une situation déjà ancienne.
La céphalalgie datait de quatre mois, elle avait été parfois accompagnée de signes d'une valeur clinique considérable : migraine ophtalmique à droite, amnésie progressive, convulsions, insolation qui avait peut-être été un ictus et que, dans rincerlitude où nous sommes, nous laisserons de côté ; diminution de l'acuité auditive et bourdonnements d'oreille à droite. Ensemble nous amenant à penser que, sous celle méningite, il y avait une lésion destructive du cerveau, lésion siégeant à droite.
Et dans Texamen objectif, cette hypothèse se confirme par la constatation d'une flexion de la tête avec rotation à droite et du côté gauche du corps : parésie gauche déjà ancienne, abolition du réflexe patellaire et du réflexe cutané plantaire^ diminution du réflexe de Babinsky, hyperesthésie suivie d'anesthésie.
L'observation de quelques phénomènes concernant les nerfs crâniens autorise une approximation plus grande :
Migraine ophtalmique {trijumeau, branche ophtalmique) ; trismus (trijumeau, branche maxillaire inférieure); bourdonnements d'oreille {71er f acoustique).
Le diagnostic porté fut donc celui de lésion de la base et, dans l'espèce, coinpressioji ijitéressant le pédoncule cérébral
GLI^IQUB NERVEUSE.
droit (parésie et troubles de la sensibilité à gauche), le trijumeau et Vacoustique.
La nature de la lésion, vu Tâge du sujet et la présence d*une cicatrice suspecte de la langue fut considérée comme étant probablement d'origine syphilitique; Tadminislralion d'iodure de potassium et les frictions mercurielles qui répondaient à une double indication ne donnèrent aucun résultat.
Nous avons vu précédemment la rapidité de la marche des phénomènes : la parésie faisant place à la paralysie, les troubles pupillaires faisant leur apparition à droite, la température montant rapidement à 40**,3 au moment de la mort, comme pour légitimer l'idée d*une méningite.
Autopsie pratiquée le 4 novembre (24 heures après la mort),
Fig. 9.
donna les résultats suivants : poumons : congestion des bases ; au sommet du poumon droit, caverne de la grosseur d*une noisette remplie d*uu pus jaune crémeux dont Texamen bactériologique est demeuré négatif. Foie un peu gras.
Au niveau de la nuque, au point où pendant la vie on avait noté
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de Fempàtemeat rien d'anormal. Congestion intense des méninges rachidiennes et du bulbe, sans sclérose des artères. A l'ouverture
Fig. 10, ~ Coupe frontale.
du 4<> ventricule, liquide encéphalo-racbidien en quantité anormale. Au niveau de la moelle allongée, la dure-mère adbère .'plus que de coutume au canal rachidien. Cervelet normal, méninges crâniennes sans particularités, non adhérentes et non congestionnées. Léger œdème cérébral au niveau de la partie supérieure du lobe frontal gauche. En somme, à première vue et revêtu de ses méninges le cerveau parait n'être le siège d'aucune lésion. Après décortication, Tattention est attirée du côté du lobe tem-
298 CLINIQUE NBRVBUSB.
poral droit où Ton voit un point de ramollissement superficiel occupant la partie antérieure de T^ et de ï'. Au-dessus de ce point de
Fir. //. — Coupe horizontale.
ramollissement dans une région occupant la partie médiane de la moitié inférieure de T*, la partie moyenne de 'P et de ï' la substance cérébrale présente un aspect lardacé, elle est pàle^ ancniiéo, les circonvolutions y sont aplaties et élargie.». Enfin en arrière de -cette région et par conséquent dans toute la partie postérieure du lobe temporal, l'aspect est violacé et au niveau de 'P on observe trois petits territoires ischémies contigus et entourant chacuji la •dernière ramiOcalion d'une artérîole.
La région pâle, incisée, donne issue à environ 120 cenlimètres