DE Mu?gr.vve-Gl\y
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XJlIV. Contribution a rôtude de la mélancolie, avec un tableau montrant les résultats de Tezamen du sang dans cinquantesept cas ; par B. G. Loveland. {The New York Médical Journal^ 25 juin 1898.)
Le chiffre le plus élevé des globules rouges par millimètre cube est de 8 760000 ; le chiffre le plus has est de 4320000. Le taux le plus bas de rhémoglotine s'est rencontré dans un cas où la mélancolie était survenue au cours d'une néphrite chronique interstitielle, et par conséquent n'est pas imputable à la mélancolie. Le chiffre le plus bas des globules rouges a été observé dans un cas de mélancolie derne, très chronique avec état stalionnaire depuis deux ans et un état de quasi-guérison.
Le seul travail qui soit parvenu à la connaissance de Tauteur sur le même sujet est celui du D' Wbitmore Steelle, qui considère tous les mélancoliques comme présentant une diminution à la fois de rhémoglotine et des hématies, et fait cette remarque, que M. Loveland ne saurait admettre comme exacte « que ra4Tiéliora- « tion des symptômes mentaux coïncide toujours avec une amélio- « ration de la santé générale ».
Ce qui résulte de cette étude de cinquante-sept cas faite par Fauteur c'est que dans la période initiale, le sang bien loin d'être audessous du taux normal d'hémoglotine et d'hématies, est censtamment au-dessus ; mais il est vrai aussi que plus tard, quand surviennent la perle de l'appétit, les fréquents refus de s'alimenter, et l'affaiblissement des fonctions digestives qui accompagne inévitablement un pareil état mental, le sang devient plus pauvre en matière colorante, et plus tard encore, en éléments corpusculaires. R. DE Musgrave-Glay.
XXV. La corrélation des sciences dans les études de psychiatrie et de neurologie; par Ira van Giesen. (The Journal of Mental Sdence, octobre 1898.)
Pour donner un coup d'œil d'ensemble sur la corrélation utile des sciences dans les recherches de psychiatrie et de neurologie, l'auteur passe en revue les divers départements de recherches institué dans le centre scientifîque des recherches neurologiques de lEtat de New-York. L'indication de ces divers départements, à chacun desquels l'auteur donne un certain développement, suhlt à résumer l'économie générale du système préconisé par lui.
1^ Psychologie et psychopathologie ; 2^ Histologie (A) normale et (B) comparée du système nerveux; 3^ Biologie cellulaire; 4*^ Anatomie pathologique» bactériologie et chimie psychologique ; b<» (A) Pathologie expérimentale et (B) hématologie; 6« Anthropologie. R. M. C.
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XXVI. Faits cliniques : 1^ Hystérie post-épileptiqne. 2° Aberrations congénitales de l'épiblaste chez nn aliéné; par Grah.ui CaooKSHANK. (2Vtc Journal of Mental Science, octobre 1898.)
1® Homme de vingt-huîl ans, épileplique : après la période ordinaire de passivité stertoreuse, il prend la position en arc de cercle du clownisme hystérique, et ?e livre à des mouvements acrobatiques : puis il se met à rire, ramasse son chapeau et s'assied sur un banc. Tous ces derniers actes sont purement automatiques, et le malade ne reprend nettement connaissance que lelendemain. L'attaque convulsive était très nettement épileptique, mais les mouvements qui Tout suivie correspondent exactement à ceux que décrit Richer à propos de la grande hystérie .
2*' Homme d'un certain âge trouvé en état de vagabondage et admis à l'asile : heureux, gai. se conduisant bien; il a des droits au trône d'Angleterre, mais attend patiemment le moment où on les reconnaitra .Mais sa peau est plus intéressante que son délire : elle est parsemée de vérues, les unes sessiles, les autres pédiculées et de petites grosseurs nœvoïdes. Sur le bord postérieur de Taisselle gauche, il y a une mamelle parfaitement conformée, grosse comme un œuf de pigeon, et terminée par un mamelon de vierge. An niveau du sacrum, on trouve des poils rudes et abondants. Les coudes et les genoux portent des plaques de psoriasis invétéré. La voûte palatine est large et aplatie. La physionomie est celle d'un satyre gai et bon enfant. Quand on constate, comme dans le cas qui vient d'être rapporté, une corrélation entre l'aliénation mentale et des anomalies cutanées, on ne peut s'empêcher de se souvenir que le système nétveux central, aussi bien que ta peau et ses annexes, est d'origine épiblastique. Il y a donc un fondement anatomique à la doctrine clinique suivant laquelle les anomalies cutanées indiquent souvent l'existence de l'aliénation mentale.
R. DE M CSG RAVE- Gl\ Y.
XXVII. Analyse des causes de la folie chez mille malades; par J.-V. Blaciiford. (The Journal of Mental Science, juillet 1898.)
Le groupe des malades examinés se compose de 1014 sujets, (507 hommes et 507 femmes) : ces recherches ont eu surtout pour but de préciser l'influence de l'hérédité, et là ou elle fait défaut, de l'alcoolisme, des traumatismes, etc. Les 1014 malades ont été divisés en deux groupes, dont l'un composé de 230 malades, comprend les épilepliques, les paralytiques généraux et les formes congénitales et puerpérales. L'autre groupe, plus important, renferme 376 hommes et 408 femmes. Pour éviter toute confusion, les chiffres donnés seront toujours des pourcentages. Sur 784 cas ordinaires l'hérédité figure pour 30 p. 400. L'alcoolisme (hérédité
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exclue) Qgure pour 11p. 100. Les chifTres recueillis confirment les données étiologiques déjà indiquées, et montrent aussi que la période de 20 à 3o ans est celle ou l'apparition de la folie est surtout fréquente. Il semble que rhérédité directe porte également sur les deux sexes, que la transmission vienne soit du père soit de la mère.
Chez 64 hommes et 22 femmes, la maladie mentale a paru résulter directement d'excès alcooliques, soit 8,4 p. 100 du total des cas. Le traumatisme nejoue qu'un rôle éliologique iosigniOant. L'épiiepsie figure pour 7,7 p. 100 dans le total des cas, et Thérédité figure dans l'étiologie de Tépilepsie pour 21,5 p. 100. C'est de 10 à 15 ans que Tépilepsie idiopathique débute dans le plus grand nombre des cas. La paralysie générale figure dans l'ensemble pour 9 p. 100 environ, et dans son étiologie particulière on trouve l'hérédité dans 23 p. 100 des cas. IL de Musgrave-Glay.
XXVI IL L'hérédité dans ses rapports avec les maladies mentales par W.-F. Karouharson. (The Jour, ofMtninl Science ^\\x\\\^i{%^%,)
Les conclusions de ce mémoire sont formulées par l'auteur luimême dans les propositions qui suivent:
1^^ Les auteurs varient considérablement dans les appréciations qu'ils donnent de la fréquence de la prédisposition héréditaire dans les cas de folie. A l'asile de Cumberland et de Westmorland, on a trouvé des antécédents d'aliénation mentale dans la famille de 30,7 p. 100 des malades admis dans l'établissement ;
2^ La présence de la folie chez les parents, que ce soit en ligne directe ou en ligne collatérale doit être i^onsidérée comme une preuve suffisante de prédisposition héréditaire. Ce n'est pas la folie elle-même qui se transmet, c'est la tare héréditaire de l'organisation nerveuse, laquelle peut demeurer latente pendant une ou plusieurs générations, et, subséquemment, reparaître ;
3^^ La prédisposition hérédittiire à la folie atteint son maximum quand elle est reçue à la fois du père et de la mère;
4° L'influence maternelle a une activité très légèrement supérieure à l'influence paternelle dans la transmission de la tendance à la folie ;
5^ La folie transmise par le père est légèrement plus dangereuse pour les fils que pour les filles ; la folie transmise par la mère est beaucoup plus dangereuse pour les filles que pour les fils ;
6» Le sexe féminin est nettement plus exposé aux atteintes de la folie héréditaire que le sexe masculin ;
7^ En ce qui touche la fréquence de la prédisposition héréditaire, les formes de folie observées chez les malades admis à l'asile de Garlands peuvent être rangées dans l'ordre suivant, de fréquence décroissante : i^ imbccilité congénitale ; 2<> mélancolie ;
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3<> manie ; 4<> folie épileptiqae ; 5<^ démence ; 6<> paralysie générale;
8^ La tendance au suicide est très fréquente dans la folie héréditaire ;
9<* Le suicide et la,dipsomanie ont une tendance très accusée à se transmettre sans modification de forme d'une génération à une autre ;
10<> Dans la plupart des cas cependant la forme de la folie chez les descendants diffère notablement de la forme observée chez les ascendants, et différents membres d'une même famille ou d'une même génération peuvent présenter des variétés très différentes de maladies mentales ou d'autres troubles nerveux. Une forme de folie déterminé chez un malade par une tendance héréditaire peut avoir été précédée dans fhérédilé de famille non par raliénation mentale, mais par d'aulres formes de maladies nerveuses.
H^ La propension aux maladies mentales peut s'accentuer graduellement de génération en génération, aboutissant finalement à un état de démence ou d'amentia qui tend à amener l'extinction de la famille ; mais il se peut aussi que la tendance à la folie s'élimine progressivement dans la succession des générations.
12^ On peut quelquefois faire remonter aux excès alcooliques des ascendants l'origine des névroses héréditaires rencontrées dans une famille.
13<^ La prédisposition héréditaire à la folie dans une famille est souvent associée à la dialhèse tuberculeuse.
14<^ Les causes provocatrices des attaques de folie paraissent être en somme à peu près de même nature que le sujet présente ou non uue prédisposition héréditaire.
i5^ La folie héréditaire a une tendance particulière à se manifester aux époques critiques de la vie ; ainsi la folie puerpérale est proportionnellement beaucoup plus fréquente chez les femmes à prédisposition héréditaire que chez celles qui sont indemnes de toute prédisposition.
16* Les rechutes sont plus fréquentes dans les cas de folie héréditaire que dans ceux de folie non héréditaire.
17<> La folie héréditaire se manifeste à une époque de la vie un peu plus précoce que la folie non héréditaire.
i8® Les attaques de folie héréditaire peuvent survenir à n'importe quelle époque de la vie; même dans la folie sénile la proportion des cas héréditaires n'est que très légèrement inférieure à la proportion constatée pour tous les âges réunis.
19^ Toutefois, la folie héréditaire fait souvent son apparition vers la même époque de la vie dans plusieurs générations successives. Quand la tare va en s'accroissant, la folie tend à se manifester à un âge plus précoce dans chacune des générations qui se succèdent ; et, inversement quand la tare s'alténue, elle tend à se manifester à un âge plus tardif de génération en génération.
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âO« La proportiT>n des célibataires est considérableniient pias forte parmi les malades atteints de folie héréditaire qae parmi les indemnes de toute prédisposition.
21<> La proportion des guérisons dans les cas héréditaires de folie est considérablement plus forte que dans les cas non héréditaires.
22^ Le taux de la mortalité est moins élevé pour les cas héréditaires que pour les non héréditaires.
23^ La durée de la vie est un peu plus courte chez les malades atteints de folie héréditaire que chez les aliénés pris dans leur ensemble.
24<^ La proportion des décès par tuberculose est plus élevée dans les cas de folie héréditaire que dans les cas de folie non héréditaire.
25^ La durée de Tattaque de folie dans les cas héréditaires qui guérissent ne parait pas différer sensiblement de celle que Ton constate dans les cas non héréditaires. R. de Muscraye-Clat.
XXIX. L'alcoolisme et l'impulsion au suicide; par W.-G. Scluta5.
{Tke Journal of Mental Science, avril 1898.)
Les conclusions de ce travail sont les suivantes :
l"" 1/impulsion au suicide associée à Talcoolisme se manifeste rarement avant que l'intoxication ait atteint un certain degré de chronicité;
2*> Dans la très grande majorité des cas l'alcoolique chronique commet sa tentative de suicide en pleine ivresse, et dans plus de la moitié de ces cas-là, il y a une amnésie complète relativement à cette tentative;
3^ Chez l'alcoolique à idées de suicide, Tintoxication chronique se manifeste d'une part par un degré variable de démence, et de Tautre par des troubles fonctionnels généralisés; ces troubles portant sur des viscères qui fournissent la base organique de la personnalité déterminent un abaissement de la tonicité émotionnelle, d'où naît l'impulsion au suicide;
4^ Les organes génitaux, surtout chez la femme, ont à l'égard du poison alcoolique une susceptibilité particulière, et leurs troubles jouent un rôle très important dans la production des modifications émotionnelles qui précèdent et déterminent la tendance an suicide. R. de Mosgravb-Glay.
XXX. Démence précoce; par Jeo. Sprague. (The American Journal
ofinsanùy, oclober 1900.)
L'auteur conçoit la démence précoce à U façon de Krœpelin et range dans cette affection tous les cas d'afifaiblissement intellectuel primitif, de stupeur, d'hébéphrenie, la plupart des faite étiquetés
catatonie, mélancolie « attonita » et certains malades considérés autrefois comme atteints de manie, de mélancolie, de paranoïa, de folie circulaire. ^
Au point de vue étiologique, il fait jouer un rôle important à la débilité physique et intellectuelle, naturelle ou acquise, tout en constatant la fréquence de la maladie chez des individus autrefois très intelligents. Spra^'ue a constaté Thérédité dans 35 p. 100 des cas, mais considère cette proportion comme inférieure à la réalité.
Dans son service, la démence précoce, également fréquente dans les deux sexes, représente 12 p. 100 des admissions totales.
Le polymorphisme des symptômes est habituel, comme la brusquerie du début. Dans la forme la plus atténuée, le malade, devenu indolent et irritable, n'est pas interné et est considéré par Teotourage comme ayant simplement changé de caractère. Mais, en général, les déments précoces sont de nos malades les plus décourageants et les plus gravement atteints.
Le début est marqué par de la céphalée, d^frôxcentricflés, de la dépression, puis survient de la confusion, du négativisme, parfois de la stupeur avec ou sans calatonie ou bien encore un état maniaque ou mélancolique. Mais tous ces aspects peuvent se succéder et « le changement panoramique des .symptômes est pan'fois si rapide qu'en six semaines on peut voir se suivre toutes ces formes cliniques ».
Les hallucinations de la vue et de Touïe sont fréquentes et par elles Fauteur explique les attitudes bizarres si particulièrement fréquentes chez les déments précoces. Il signale également la stéréotypie. L'excitation sexuelle n'a été constatée que dans 3 p. 100 des cas.
Le diagnostic se fera avec la manie où n'existe ni confusion, ni stéréotypie ; avec la mélancolie où la dépression est réelle, motivée, constante, tandis que la dépression du dément précoce est superficielle, sans motif et intermittente. 11 faut songer que la catatonie s'observe chez les épileptiquea et les paralytiques généraux. Dans la confusion aiguë, l'état psychique morbide est ininterrompu, les terreurs sont continuelles, et la résistance aveugle.
Sprague a observé des rémissions fréquentes, parfois de longue dorée, il constate une guérison incomplète sur 112 cas.
Gomme traitement, l'opothérapie thyroïdienne est conseillée.
L'auteur pense que l'examen microscopique de l'écorce, fait avec la technique moderne, donnera des résultats. D"" Roger Mignot.