‹ Archives de neurologieChapitre 41 sur 67 · F. BOISSIER · texte numérisé non relu

F. BOISSIER

XII. Léthargie d'Afrique ou maladie du sommeil; par P. Manson et W. MoTT. (Londres, Adlard and son 1900, in-S*^ extrait des Transactions ofPathol. Society,)

Bien que la littérature médicale d'Europe ait été depuis 1803 saisie de celte question, la pathologie et surtout Tétiologie de la maladie du sommeil sont encore mal connues et la nature en reste mystérieuse malgré la constante découverte d'un ver dans le sang des malades. L'ali'ection reste endémique dans l'Ouest africain oà elle ravage çà et là certaines bourgades, épargnant des villages voisins, sans qu'on sache pourquoi et abandonnant complètement les premiers pour envahir les seconds, sans qu'aucun cas authentique ait jamais été observé chez un Européen. Le cours delà maladie présente trois périodes : l** initiale avec langueur progressive, tristesse inertie, somnolence, accidents légers; 2<* période d'état, sommeil continu avec réveils faciles à provoquer mais très courts^ le malade se rendort même en mangeant, réponses laborieuses mais exactes, réactions lentes, bave, éruption papulaire avec démangeaison violente, adénite douloureuse, réflexes normaux, affaiblissement graduel de l'intelligence; 3° période terminale, profonde léthargie, malade confiné au lit, bave, perle de l'intelligence, escarres, tremblement et spasmes musculaires, parésie, attaques épileptii'ormes, amaigrissement extrême malgré la conservation de l'appétit, quelquefois accès maniaques, hyperthermie parfois suivie d'hypothermie et mort par maladie intermittente ou dans le marasme. La filaria nocturna ne parait pas avoir de rapport avec le mal; au contraire la présence de la filaria perstans est constante dans le sang, et la maladie semble avoir la même répartition géographique que ce ver. On retrouve pourtant hors de l'Afrique la filaria perslans dans la Guyane anglaise où la présence de cas de léthargie n'est pas scientifiquement confirmée. 11 n'y a là qu'une présomption. En tout cas la filaria perstans ne parait pas être la cause absolue et unique, peut-être faut-il admettre des causes additionnelles; peut-être sont-ce les formes larvaires

du ver et non les individus adultes qui déterminent les accidents. Cependant Tezamen du liquide des papules n'a permis de contrôler que la présence du ver adulte et jamais d*un individu embryonnaire.

Des deux cas qui illustrent ce mémoire Tun est celui d'un nègre de 29 ans, fort intelligent et malade depuis un an au moment de son arrivée en Angleterre. Il entre à Thôpital le 12 septembre en pleine léthargie. Â Tétat de veille il répond avec peine mais avec justesse, il titube en marchant. Sensibilité et réflexes normaux, affaiblissement musculaire rapidement progressif, gingivite extrême, paresse intellectuelle; dans les selles présence d^œufs de trictiocéphales, d'ascarides lombricoïdes et d'ankylostomes; dans le sang filiaires perstans. Pression artérielle très basse, température irrégulièrement normale et plutôt basse. Bientôt parésie, obtusion, tremblement, gâtisme partiel, (lèvre et mort en février. A Vautopsie : très petit abcès du poumon contenant une fiiiairc embryonnaire ; rien à noter aux autres viscères, une filaire dans le tissu périaortique, pas de lésion macroscospique des centres nerveux sauf Thyperhémie et l'épaississement de la pie-mère et de Tarachnoïde.

Le second cas concerne un nègre de 1 1 ans entré le 24 septembre et malade depuis quatre mois. Mêmes symptômes, mais plus intenses. Léthargie profonde, obtusion au réveil, affaiblissement et dénutrition rapide malgré un bon appétit. Bientôt g&tisme complet, douleurs, contractures, tremblement, escarres, enfin attaques épilepliformes très fréquentes. ÂlaOn, fièvre suivie d hypothermie, inconscience absolue, mort le 2 avril. AVautopsiCf dure-mère adhérente, liquide cérébro-spinal trouble contenant des filaires à Tétat larvaire vivantes.

A la coupe des centres nerveux, dans les deux cas, hémorragies punctiformes, leptoméningite et encephalomyélite diffuses. L'arachnoïde et la pie-mère sont infiltrées de leucocytes mononucléaires, ni Texamen microscopique ni les ensemencements ne révèlent de microorganismes. A la coupe des centres nerveux, la lésion caractéristique est Ténorme invasion de la gaine des petits vaisseaux par les leucocytes mononucléaires, Tatrophie des fibres tangentielies, la chromotalyne légère de certaines cellules. En somme, comme Régis et Gaide l'avaient établi sur un simple examen clinique, ces deux autopsies prouvent que la maladie du sommeil est une méningo-encéphalo-myélite. Celle-ci serait due à un poison d'origine micro-parasitaire affectant le système ganglionnaire et lymphatique et les centres nerveux. Ce qui frappe quand on regarde les nombreuses figures de ce travail c'est la ressemblance presque identique des lésions représentées avec celles de la paralysie générale. D'ailleurs certains auteurs après avoir épuisé la Uste des infections, intoxications et parasites ont voulu

Abcbives, 2« série, t. XI. 23

3S4 BIfiLIOGRAPHIR.

voir dans cette affection infiamnïatoire des centres hervenx uo accident tardif de nature syphilitique et même une forme de para* lysie générale. M. Mott fait observer qu*ict les lésions des vaisseaux avec leurs gaines gorgées de noyaux sont beaucoup plus intenses que dans la paralysie générale, au lieu que Tatrophie et la raréfaction des cellules nerveases est au contraire beaucoup moins accusée, si bien que cette dernière altération est en disproportion avec la première, comme si la lésion vasculaire était primitive. Ne pourrait-on en conclure que dans la paralysie générale où Taspecl est inverse, la fonte cellulaire est la lésion principale et autonome?

F. BoisstBK.

Xllî. Hf^mintropkie du cerveau et sea résultats sur le cervelet, le luîbe et la moelle; par W. Morr et F. Trkdgolo. (Londres, Uffc Millan, and C 1900, in-S*^, extrait du Brain.)

Il s'agit de trois cas d'atrophie partielle d'un hémisphère cérébral, dans lesquels les lésions diffèrent de siège et de nature mais peuvent comme dans tous les autres cas de ce genre, se gronper en deux classes : 1^ classe corticale^ lésions limitées à Técorce ou à la substance blanche sous-jaeente; 2^ tmsaley lésions Mleigoant les ganglions de la base.

Les altérations secondaires intéressant les parties inférieures de Taxe cérébrospinal sont différentes dans Tune et davs l'autre classe.

i^ Homme, attaques épileptiformes depuis Tenfanoe, hémiplégie droite avec exagération dès réflexes, démence progressive, mort à trente ans. Lésion primitive des ganglions de la base i gauche (couche optique), atrophie de Thémisphère gauche englobant les ganglions de la base, consécutivement : atrophie de la pyramide et de la bandelette à gauche dans la prolubéranoe et dans le bulbe; sclérose du faisceau pyramidal directe gauche et du croisé à droite dans la moelle; atrophie du cordon antérolatéral gauche; atrophie de la moHié droite du cervelet et du pédoncule cérébel* leux supérieur droit; raréfaction des cellules des cornes anté* rieures affectant les groupes latéral et postèro-ex terne.

2^ Homme, hémiplégie droite avec attaques épileptiformes et réflexes exagérés (de naissance), pas de démence, mort à trente* trois ans. Atrophie des circonvolutions centrales de Thémisphère gauche. Intégrité des ganglions de la base. En conséquence : atrophie du faisceau descendant correspondant dans la protabé«rance et le bulbe, intégrité de la bandelette et du cervelet. Raré« iaction des cellules de la corne antérieure.

3^ Femme, hémiplégie droite (de naissance), attaques épileptiformes depuis Tàge de douze ans, démence progressive, morte â vingt-deux ans. Atrophie des circonvolutions à la partie inférieure

BIBLIO&RAPHIB 35S

de la région molrice gauche et da faisceau efférent correspondant dans la protubéraace^ le bulbe et la moelle. lutégrité des ganglions de la base, de la bandelette et du cervelet.

L'atrophie de Técorce seule entraine donc la sclérose des faisceaux eCTérenls correspondants à travers la protubérance, le bulbe et la moelle. Quand ia lésion intéresse les ganglions de la base, il y a atrophie de la moitié opposée du cervelet et de son pédoncule supérieur ainsi que de la bandelette longitudinale dans la protubérance et de la couche interolivaire dans le bulbe du même côté, en sus de la sclérose du faisceau efférent. A cette dernière correspond la raréfaction numérique des cellules de la corne antérieure dans les régions cervicale et lombaire, et des fibres constituant le réseau de cette même corne. A remarquer Tintée grité constante de la colonne de Clarkc dont les cellules d'après cela ne formeraient pas une connexion inter-neurooique entre les faisceaux efférents supérieurs et inférieurs. EiiHn tandis que les (ibfes de projection sont atrophiées, celles d'association sont indemnes. F. Boissisr.

XIV. Manuel du pralieien, — Aide 'mémoire de Neurologie; pM le Professeur P. Lefhet. J.-li. Baiilère, éditeur, 1900.

Ce manuel, utile à Tétudiant Test plus encore au lit du malade pour le praticien qui sait, mais a besoin de se remémorer les lignes essentielles de ce qu'il a vu déjà à l'hôpital au milieu de ia variété des cas courants.

Les grandes lignes capitales sont esquissées surtout au point de vue symptomatique et diagnostique.

Après l'étude des maladies des centres nerveux, cerveau et moelle étudiées en première ligne, l'auteur passe aux grands syndromes communs à diverses affections pour terminer par l3s aiïections des enveloppes nerveuses des nerfs périphériques et des névroses et dystrophies. Mémento fort utile aux praticiens et non sans intérêt pour le spécialiste. A. Marie.

XY. La colonie d aliénés de Lierneux ; par le D' DéPBBON. Ed. MQit, Liège.

Cet exposé contient un historique de la création de la deuxième colonie belge, par dédoublement de la colonie-mère de Gheel (on sait que le dédoublement fut rendu nécessaire par la dualité des langues wallonne et flamande).

Depuis 1885, Lierneux a reçu 1 385 malades; à l'heure actuelle, il y a 429 malades, 246 hommes et 183 femmes. Ainsi que je l'aji répété bien des fois avant d'obtenir gain de cause, on sait que la question des sexes est ici résolue depuis longtemps, en faveur da

mélange dans une même colonie (sans inconvénient aucnn d'ailleurs) et du plus grand nombre de malades hommes; alors que la création d'une colonie d'hommes, réclamée par moi dès 1893, n'a été obtenue qu'en 4900 par transformation de la colonie que j'avais ciéée à Ainay en 4898. En matière d'assistance familiale, les difOcultés capitales résident dans les idées préconçues et les préjugés courants en haut lieu.

Le budget annuel de Lierneux n'a atteint que 250.000 francs dont 150.000 pour journées de nourriciers. La proportion des sorties y est de 10 p. 100 dont moilié par guérison, et les décès atteignent 4 p. 100, pas d'accident sérieux (deux évasions en 1900). Pas de restreint hors de Tinfirmerie, et au dedans l'isolement en cellule est rarement employé.

J'ai eu occasion récemment de revoir cette institution et d'y constater les efforts louables faits par M. Déperon pour l'amélioration constante des placements. A signaler dans son règlement deux mesures originales : la haute paye au nourricier qui a un pensionnaire malade à domicile, du jour où il le signale; cela assure contre la négligence et garantit de l'avis immédiat au médecin en cas d'indisposition ; de plus, au cas de décès, le remplacement tarde de sorte que le nourricier a tout intérêt à conserver son malade par des soins dili^'ents. Ce sont là des mesures qu'il serait bon d'adopter pour l'assistance familiale de l'enfance, comme pour l'assistance familiale des aliénés de la Seine. Quant à Tàge des malades, je relèverai sans commentaire celui des malades entrés en 4900.

Hommes. Femmes.

Au-dessous de 16 ans . . 3 0

De 16 à 20 2 2

De 21 j^ 30 8 2

De 31 à 50 19 10

Au delà 16 7

Totaux "48 21

230 malades travaillent (soit 50 p. 400 de la population) dont 4 photographe et 4 coiffeur. A Dun, j'avais une dame professeur de piano distinguée, qui avait pas mal d'élèves, et j'ai envoyé à Ainay, un professeur qui a donné des leçons.

Toutes les formes du délire sont représentées à Lierneux comme à Dun. Procurer, dit M. I^ejeune au Sénat belge, à tous les aliéné.", dont l'état mental n'exige pas impérieusement la séquestration, le bienfait du régime familial, n'enfermer dans un asile que ceux dont la folie est dangereuse et ceux pour qui la séquestration est une occasion de guérison ne plus faire de l'asile qu'un hôpital affecté au traitement des aliénés curables, ou un régime sûr pour les aliénés incurables^ dont les penchants morbides ne

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comportent pas le régime familial, (el est l'idéal qui apparaît dans les appréciations unanimes dont le régime familial est aujourd'hui Tobjet de la part des médecins aliénistes.

Et dans le rapport sur la situation des aliénés en Belgique présenté aux chambres en 1895, par M. Bergerem, ministre de la justice, on lit le passage suivant : « 11 est permis d'affirmer quoique les statistiques réitérées faites par le gouvernement n'aient fourni que des données inexactes ou incomplètes, que les asiles fermes contiennent de très nombreux malades dont le placement est marqué dans les colonies où ils bénéticient largement de la vie libre, tandis que Tinternement dans un asile constitue pour eux un supplice aussi douloureux qu'inutile. En atténuant les restrictions trop étroites posées par les règlements, on parviendrait probablement à soumettre au régime familial, dont reloge n'est plus à faire, tous les aliénés pour lesquels ne se justifient pas des mesures de séquestration proprement dite.

Pour les cas chroniques, pour les malades inoffetisifset curables, les convalescents, les demi-fous, la séquestration ne se justifie pas. Ils ne sont pas dangereux et ils peuvent recevoir, en colonie les soins généraux qu'ils réclament ; ils n'y trouveront peut-être pas toutes les conditions de confort et d'alimentation qu'oiTrent nos asiles d'aliénés, mais ils jouiront de la liberté substituée à. femprisonnement, de l'influence bienTaisante de l'air des champs, du travail et des distractions, enfui des relations de sympathie s'établiront forcément entre les habitants et les malades.

il y a plus, les asiles fermés sont loin de constituer un milieu favorable au point de vue de fentretien et de la réparation des fonctions cérébrales, les stimulants habituels de fintelligence y font défaut, la famille, l'image réduite de la société, et la société elle-même où l'homme à l'état normal recueille les impressions qui éveillent le travail de l'esprit, n'existent pas pour l'aliéné enfermé.

Les gémissements et les plaintes des uns, les cris, les chants et éclats de rire des autres, les idées délirantes de toute espèce que des cerveaux tourmentés ne demandent souvent qu'à communiquer, tout cela est fait pour troubler et pour affaiblir les facultés.

La situation est également fâcheuse au point de vue de la sensibilité affective et morale. Beaucoup sont susceptibles d'affection et de sympathie; ils veulent en recevoir et en donner.

A qui voulez-vous qu'ils s'attachent dans les asiles fermés? Au médecin qui passe une ou deux fois par jour, qui leur témoigne de l'intérêt, mais qui est dans l'impossibilité de s'occuper d'eux individuellement, au personnel servant? mais les infirmiers ont des centaines de malades à soigner; souvent ils ne font qu'aller et venir et la population de fasile se renouvelle sans cesse elle-même.

358 MÊCROLOGIB.

A leur compagnon d'inforlune? mais Taliéné, qui ne comprend pas sa propre siluation, apprécie parfaitement celle des malheureux qui Tenlourent. Leur état est à ses yeux en état d'infériorité, il refuse de se lier avec eux, les aliénés sociables avec les personnes sensées s'éloignent des autres aliénés.

Il est rare d'en rencontrer qui nouent des relations d'amitié. Il est rare pour le même motif et c'est le côté favorable d'une situation qui ne l'est pas en généra), de voir les complots se tramer et recevoir seulement un commencement d'exécution.

Enfin, Taliéné renfermé n'a pas, en général, l'occasion de déployer son activité volontaire.il lui est impossible, au contraire, de se mouvoir comme il le voudrait, de se livrer à un travail régulier. Encore un stimulant soustrait au cerveau, encore une cause d'alTaiblissement des facultés intellectuelles et morales ».

Toutes ces considérations se recommandent à l'attention des médecins aliénisteset autres pour la désignation des aliénés aptes au régime familial. D'' A. Marie.

XVI. Archives de médecine expérimentale et d^anatomie pathologique, fondées par J.-M. Gh argot, publiées par MM. Grancher, Jopfroy, Lépinf. Secrétaires de la rédaction, Ch. Achard et R. Wurtz, Paris, Masson et O^, éditeurs.

Le volume de 1900 de cette très intéressante publication ne renferme cette année que peu d'articles relatifs aux maladies nerveuses. En voici les titres : De l'inhibition dans les maladies mentales, par Libertini; Contribution à l'étude de la s^yrengomyélieetdes autres affections cavitaires de la moelle, par Philippe et Oberthûr; Cas de lèpre observés au Choa (Abyssinie), par Wurlz et Leredde.

NÉCROLOGIE

Le Dr ViBET, directeur honoraire de l'asiie départemental d'aliénés de Prémontré, est mort à la fin de février. A ses obsèques qui ont eu lieu le 28 février, son successear, M. le D' PiUevre, a rappelé les traits principaux de la vie de ?on prédécesseur, isaac Vjret est né à Rouen le 5 novembre 1823, il y fit ses études classiques et ses premières études médicales. Il fut successivement interne de l'asile de Saint-Yon, à Charenton et à Rlois. Aussitôt après sa réception au doctorat (16 avril 1858), il fat notamé méde-

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cin-adjoint à Tasile de Quaire-Mares et uq an plus tard directeurmédecin de l'asile de Saint-Lizier (Ariège), d'où il passa avec Ja même qualité à l'asile d'Auch et en janvier 1868 à l'asile de Prémontré dont il fut l'organisateur, a C'est lui qui, méthodiquement, patiemment, avec des ressources modestes, a jeté les bases de ce grand établissement. La création du domaine agricole, l'aménagement de la ferme, l'installation des pensionnats, la construction de la colonisation de Lieubain, noiamment, furent son œuvre. »

« Parallèlement à ces travaux d'ordre administratif, il s'appliquait, médecin fortement documenté, au traitement des aliénés et son activité lui permit toujours de ne sacriOer aucune de ces deux lâches qui, quoiqu'on en ait dit, ne sont pas antagonistes et se complètent au contraire fort heureusement pour le bien des malades ». M. le D^ YiRET était membre fondateur de la Société médicopsychologique,

— Nous apprenons la mort de M* Basse, interne de l'asile d'aliénés de Prémontré. Il était né à Rouen, en 1841. Après avoir passé plusieurs années comme interne à l'asile d'aliénées de Saint- Yon, il fut nommé interne à Prémontré, en 1874, fonctions qu'il a conservées jusqu'à sa mort; c'était assurément le plus ancien interne de tous les asiles. Il avait été nommé maire de Prémontré, ce qui lui a permis de rendre des services administratifs à son asile.

La clinique de Tubiingen.

Une notice du Professeur Siemerting fournit les renseignements suivants concernant la Clinique psychiatrique de Tiiblngen ^ Le terrain dont dispose la Clinique a une supçrûcie de i hectare 30 ares, dont 26 ares pour le terrain d'assiette des bâtiments. La Clinique possède en outre un terrain de près de 3 hectares qui est loué. L'ensemble du domaine a coûté 100 000 francs.

* Die psychialnscke Klinik in Tilbingen von prof. Siemerling; Akade mischen Revue cet. 4895.

Voir P. Sérieux. Les Cliniques psyehialnques des Universités aile* mandes, (Arch. de Neurologie, 1900, ii« 30, p. 476.)

La Clinique est placée dans une i^itualion admirable, sur iin<^ hauteur d'où la vbe est fort belle et très étendue, et à proxiintic des autres établissements universitaires : les cliniques de médecine et de gynécologie sont à 4 minutes de distance; riustitut d'anatomie pathologique et la clinique chirurgicale sont à quelques pas.

On n'a pas adopté le système des pavillons séparés : toutes les parties de la Clinique sont reliées entre elles dans un même bâtiment composé d'une partie centrale, de deux ailes latérales auxquelles sont annexées deux ailes postérieures. Seule une construction spéciale sert de salle des machines (gaz, dynamo, veotilalion). La partie médiane et les ailes latérales ont un rez-de-chaussée et deux étages. Les ailes postérieures n'ont qu'un seul étage.

L Le l'eZ'de- chaussée (ou sous-sol) des divers bâtiments est occupé par les logements du personnel, les services généraux, la cuisine, les appareils à gaz, à eau chaude, quelques chambres de malades, 4 salles de réunion et dortoirs de 5 et 4 lits, 4 cellules.

Le premier étage est plus spécialement réservé aux locaux destinés aux malades et.à l'enseignement :

H. Luparlie centrale du corps de bâtiment, situé en façade, est surélevée d'un étage, elle comprend les locaux destinés à renseignement et à l'administration. La salle des cours possède 70 places; elle est munie d'un appareil de Hirschmann pour les courants constants et induits, qui sert ausri de table pour le professeui ; — d*un appareil à projections qui peut donner un grossiésemenl de i 800 projeté à 3 mètres sur la muraille. Le diamètre du cercle lumineux projeté est de 2 mètres pour les grossissements faibles : l'éclairage est produit par une lampe de 6o volts. — Deux vastes salles sont en communication avec les salles de cours : l'une sert de musée, d'où l'on peut amener sur des tables roulantes les préparations destinées à être montrées aux élèves ; devant les aix fenêtres de la salle sont disposés une série de microscopes pour les démonstrations. La deuxième salle sert de chambre d*éIectrothérapie.

Au deuxième étage, les bureaux de la Direction, à côté d'une grande salle de travail; une salle des fêtes, la biblluthèque médicale, une petite salle de travail, un laboratoire de photographie. — A l'étage supérieur : logements des médecins (3 assistants, 2 stagiaires), salle de garde, chambre pour collections.

in. Les locaux réservés aux malades ont été aménagés en vue du traitement par le lit et de la surveillance continue. Au l**" étage, chaque division comprend trois salles de surveillance de 12, 9 et 5 lits séparées par une salle de réunion, vaste et agréable, et deux chambres d'isolement. Ces salles de surveillance ressemblent — à parties barreaux des fenêtres -«- â des salles d'hôpital. Elles servent aussi

de section d*ad miss ion. Les plus petites sont destinées aux malades ayant besoin d'une surveillance spéciale (agités, paralytiques afTaibiis, malades à idées de suicide); la plus grande est réservée aux sujets tranquilles. Les chambres (Visolement, placées à proximité immédiate des salles de surveillance servent à isoler passagèrement, dans le jour ou la nuit, des malades agités et non dangereux pour eux-mêmes. Une chambre spéciale, chambre d'examen, est munie de tous les appareils nécessaires pour Texamen clinique. Il y a encore un dortoir de 6 lits, une chambre d'infirmier et enlln, dans une aile postérieure, une section pour malades agités comprenant un dortoir de 5 lits, 4 chambres d^isolement et une chambre d'inllrmier. Les cellules ont une double porte* la porte interne étant munie d'un judas; les vitres sont remplacées par des carreaux- dalles de 1 centimètre d'épaisseur. Les fenêtres sont de modèles divers, à titre d'essai.

Au deuxième étage, 6 chambres à 1 et 2 lits pour pensionnaires, une grande salle de réunion occupe la partie médiane. Les ailes comportent les mêmes locaux pour des malades tranquilles ou convalescents.

Chaque aile possède, à cbaque étage, sa salle de bains, son office, sesclosets. — Les baignoires sont en cuivre ou émaillées. — Il existe un bain électrique. Les fenêtres ont été munies de grilles (sauf dans la section des agités) et de jalousies. — Les murs sont cimentés et peints à Thuile. - Distribution d'eau froide et d'eau chtTude dans tous les locaux. — ChaufTage à Tair chaud et à la vapeur à basse pression. — Eclairage au gaz (Bec Auer).

A la Clinique de Tûbingen les conditions d'admission sont les suivantes: l"" Admission gratuite pour les malades munis d*nn certificat d'indigence délivré par les autorités de leur lieu de résidence ; — 2^ les malades qui ne peuvent présenter le certificat d'indigence payent un prix de pension de 1 fr. 25 par jour. Ceux qui veulent une chambre à part ont à payer un prix de pension quotidien de 5 francs à 6 fr. 2o. Tous les malades doivent présenter un certificat médical. Paul Sériiùux.

Congrès des aliknistes et neurologistes.

Le prochain Congrès des aliénistes et neurologistes de France et des pays de langue française aura lieu au mois d'août, à Limoges, sous la présidence de M. Gilbert Ballet.

Les questions qui feront Tobjet de rapports sont les suivantes: 1<^ Neurologie: Physiologie pathologique et palhogénie du tonus musculaire, des modifications des rr/lexes et de la contracture dans Ls lésions du fiévr^ixe. — Rapporteur, M. Crocq (de Bruxelles); 2<* Pathologie mentale : Du délire aigu au point de vue clinique, anotomo-pathologiquc et bactériologique. -^ Rapporteur, M. Car-

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rier (de Lyon); 3° Administration : Le personnel secondaire dans L s fisiles d'aliénés, — Rapporteur, M. Tagukt (de la Maison Blanche). — Les rapports seront distribués aux adhérents du Congrès, le 1^" juillet, au plus tard.

Les aliénés en liberté.

La folle de la rue Franklin. — La paisihle rue Franklin, à Passy, a été mise en émoi, hier matin, par un drame de la folie qui mérite d'être conté.

M™« Mill, une riche rentière d'origine anglaise, occupe au numéro 13 de cette rue un très coquet appartement situé au deuxième étage. Depuis quelque temps, pour une cause non définie, son esprit vagabondait. Tantôt elle parlait de mettre le feu à son appartement, tantôt elle menaçait ses voisins de les tuer. Elle se croyait, d'autres fois, poursuivie par des ennemis invisibles, et cet état (l'était pas sans inspirer à ses voisins une certaine inquiétude. Ils avaient averti le commissaire de police du quartier, mais ce magistrat ne pouvait remédier à cet élat de choses que s'il y avait cornmencement d'exécution, et M™° Mill ne s'était bornée jusqu'à ce jour qu'à de vaines menaces.

Hier matin, ses voisins furent révolutionnés subitement par des cris stridents provenant de Tappartement de la riche Anglaise. Ils s'inquiétèrent et voulurent pénétrer chez elle. Toutes les portes étaient fermées à double tour et les meubles avaient été poussés derrière. M""^ Mill. de la fenêtre de sa chambre, jetait à pleines mains dans la rue, de l'or, des billets de banque, des valeurs; une somme de 137<!00 francs fut ainsi jetée sur la chaussée.

Des gardiens de la paix s'occupèrent de réunir les valeurs ainsi lancées au vent et d'empêcher que quelques parcelles ne disparussent dans la poche des curieux rassemblés, pendant que Ton allait prévenir M. Kacot, commissaire de police du quartier.

A son arrivée, ce magistrat trouva la rue Franklin envahie par une foule considérable de curieux suivant avec anxiété les moindres mouvements de la folle. M. Bacot, accompagné de M. Flory juge d'instruction, qui se trouvait présent au moment où ces incidents se déroulaient, essaya mais en vain de pénétrer dans le logement de M™« Mill. Le commissaire de police dut alors recourir à l'intervention des sapeurs-pompiers de la caserne des Uéservcirs, qui, à l'aide d'échelles et après une vive résistance, réussirent à s'emparer de la malheureuse aliénée, qui a été transportée à Tinfirmerie spéciale du dépôt. (Le Radinai, 1*"' novembre 1900)

Kruger surexcite les imaginations. — L'arrivée à Paris du président Kruger, et la manifestation dont elle a été Tobjet a surexcité les cerveaux et nous avons à signaler plusieurs cas de folie. C'est

d*abord un individu de mise correcte qui se présentait chez M. Boutineau, commissaire de police et lui apprenait sous le sceau du secret que l'archevêque de Paris lui avait remis une note du pape Léon Xlll, l'informant que le président Kruger allait mourir dans les vingt-quatre heures, après avoir fumé un cigare empoisonné.

Il ajoutait que ce cigare provenait d'une boite, envoyée par M. Chamberlain pour être remise au président de la République du Transvaal. M. fioutineau, commissaire de police, a remercié ce malheureux de son avertissement et il a fait prévenir aussitôt sa famille. Il se nomme le comte Emmanuel de B. L... et est âgé de trente-deux ans.

— Un autre s'est rendu au commissariat de M. Brunet et a averti ce magistrat, avec un grand sérieux, qu'une troupe de personnes armées de revolvers suivaient partout le président Kruger pour rasaasslner. Ce malheureux, nommé Louis Leroy, employé de commerce, demeurant 12, rue des Charbonniers, a été envoyé à riniîrmerie du Dépôt. {La France du 26 novembre 1900.)

— On a trouvé, errant dans la gare de Saint-Laud, à Angers, une dame âgée, atteinte d'un accès de folie qu'on a dû diriger sur Tasiie d'aliénés de Saint-Gemmes-sur-Loire. On ifrnore son identité. Elle était en possession d'un sac contenant 300 000 francs de titres au porteur, et près de 200 billets de i.OOO francs. Depuis trois jours la malheureuse avait élu domicile dans les salles d*attentc de la gare avec sa fortune, (Le Bonhomme Normand, 30 novembre 1900.)

— Au numéro 24 de la me Belle -Hache, à Sèvres, habite M"^ Marie Le Deist, âgée de trente-cinq ans, qui, depuis quelque temps, présentait des signes d'aliénation mentale. Celle-ci, profitant de l'absence de son mari, a entassé son mobilier dans sa chambre et y a mis le feu. Aux cris de ses trois enfants, effrayés par les flammes, les voisins accoururent et purent éteindre à temps l'incendie qui s'était déclaré. La malheureuse folle a été envoyée à l'infirmerie spéciale de Versailles. {Journal de Seinc-ei-Oise, 1<^' décembre 1900.)

Les crimes d'un fou. — Un drame épouvantable s'est déroulé vendredi dans la petite ville du Chàtclet-en-Berry (Cher). Vers deux heures de l'après-midi, alors que chacun était à ses occupations habituelles, un noinmé Augustin Girault, plâtrier, pris soudain de folie sanguinaire, a répandu la terreur dans le pays, en tentant d'assassiner plusieurs personnes. Le malheureux, armé d'un couperet, s'est d'abord précipité sur son beau-père, M. De veaux, âgé de soixante-quatre ans, et lui a porté six coups de son arme sur la tête. Il s'est ensuite jeté sur sa lemme, âgée de vingt-six ans, et Ta frappée avec la même brutalité. La malheureuse a été liltéra-

lement lardée. Croyanl avoir tué ses deux viclimes, Girault les a jetées dans un jardin silué derrière sa maison.

Deveaux et sa fllle, qui n'étaient heureusement que blessée, appelèrent du secours, mais ne furent point entendus. Mors, les deux blessés se traînèrent jusque chez un voisin, M. Gorbrnelt, où ils arrivèrent défaillants. M™^ Corbinelt s'empressa d'aller chercher du secours. On accourut de toutes parls^ et tandis que les uns prodiguaient des soins aux deux victimes, d'autres se mirent à la recherche du meurtrier.

Pendant ce temps, Girault avait pris son enfant, un bébé de quinze mois, et était ailé le porter chez une voisine. — Ayez bien soin de mon çnfant, dit-il à cette personne. Je viens de tuer mon beau-père et ma femme; et maintenant je vais en fmir avec la vie.

Sa voisine, M™*^ Chaymou. s'empressa de déposer l'eiifant en lieu silr. Elle se mit ensuite à la poursuite du meurtrier pour l'empêcher de mettre à exéculipti son funeste projet. Girault s'était enfermé dans sa chambre. Quelques instants après, la fenêtre de la chambre du fou meurtrier était en feu. Girault incendiait sa maison.

Un jeune homme, M. Paul Fomentreau, garçon coiffeur, allait jeter un seau d'eau dans la pièce en feu, lorsque Girault, apparaissant à la fenêtre, lui asséna sur la tête deux violents coups de son terrible couperet. Les gendarmes qui avaient été prévenus, arrivèrent bientôt et pénétrèrent dans la maison du fou. Ils réussirent, non sans peine, à s'emparer du meutrier, qui les menaçait de son arme. 11 a été conduit à la prison de Saint-Amand et mis à la disposition de la justice qui, vraisemblablement, va le faire interner à l'asile d'aliénés de Beauregard, à Bourges. (Le Petit Sou^ du 3 décembre 1900.)

Une folle dangereuse. — M. Raulin, propriétaire de l'hôtel du Grand-Central, 6, rue Amelot, prenait, il y a deux mois à son service, une jeune femme, Maria Régnier, âgée de trente ans. Il y a quelques jours, elle était prise de la folie de la persécution, folie douce, qui ne faisait prévoir en aucune façon la scène violente qui s'est déroulée hier matin.

Vers huit heures, cette malheureuse s*armait d'un long couteau de cuisine et parcourait les escaliers et les couloirs de l'hôtel, pous< sant des cris sauvages et portant dans chaque porte de violents coups de couteau. Vainement, le directeur de Thôtel et les locataires tentèrent de la calmer, et cette malheureuse, Hnalement exaspérée, se réfugia dans sa chambre, un étroit boyau, dans lequel elle se barricada.

M. Guicheteau, commissaire de police fut mandé en toute hâte. Sa présence ne fit qu'irriter la pauvre folle, qui, s*emparant de

tous les objets à portée de sa main, les lança sur le commissaire qui fui blessé à la main par un lourd cbenêl de fer. M. Guicheteau, doué d'une force peu commune réussit à maîtriser la pauvre femme qui a été transportée à Tinfirmerie du Dépôt. (Le Petit Sou du 3 décembre 1900.)

Drame de la folie, — M. Sléfani, vieil étudiant très connu au quartier Latin^ où il était très estimé de ses amis, donnait depuis quelque temps des signes d'aliénation mentale et déjà, il y a un an environ, à la suite d'une de ces crises, où il se précipita par une fenêtre d'un logement qu'il occupait au quartier, on dut l'interner dans -une maison de santé. Il en sortit au bout de quelques mois et se remit au travail comme par le passé.

Lorsque bier, dans la soirée, à la suite d'une crise plus violente que celles qu'il avait eues, le malheureux étudiant, ouvrant la porte de son logement, se rendit sur le palier du dernier étage de la maison qu'il habite, puis, ouvrant une fenêtre qui donnait sur les toits, il grimpa sur ces derniers et se mit à gesticuler en poussant des cris effrayants. Les agents, que la foule avait été requérir, montèrent à leur tour dans l'immeuble et essayèrent de calmer ce pauvre halluciné, mais en vain. Un instant, ils crurent le tenir, mais d'un bond le pauvre fou sauta sur le toit de la maison voisine et fit un plongeon dans l'espace. Malgré la chute terrible qu'il venait de faire, ce malheureux, qui s'était fracturé le crâne, respirait encore. Transporté à l'hôpital de la Pitié, il expirait un quart d'heure après, sans avoir repris connaissance. (Le Soleil, du 19 décembre 1900.)

L'alcoolishe.

Rue du Mout-Cenis, Eugène Berger, vingt-quatre ans, rentrant ivre chez ses parents, se mit à briser le mobilier, puis se jeta sur sa sœur Marie, dix-huit ans, qu'il voulait frapper avec un couteau. On ne suit ce qui se passa alors, mais peu après un médecin était appelé et trouvait le jeune homme agonisant. Il avait plusieurs blessures dans le dos. On fait une enquête.

— Boulevard Bessières, Louis Robert, trente-huit ans, ciseleur, alcoolique invétéré, étant gris, chercha querelle à son fils aîné, dix-neuf ans, et le frappa. La mère intervenant, l'alcoolique la roua de coups. Alors le fils, prenant un revolver, tira sur son père et le tua. Il s'est constitué prisonnier. (Le Bonhomme Norman l du 7 an 13 mars 1901.)

FAITS DIVERS

Aliénés ingcrables. — On mande de Gahors qa'ao des pensionnatres de ]*asile d'aliénés de Leyme, nommé Aristide Lapergae, âgé de vingt-sept ans, paralysé des membres inférieurs, passait ses journées dans un fauteuil de Tinflrmerie. Un autre aliéné, considéré comme inoflensif, dans un accès de folie furieuse, saisit un de ses sahols et en frappa violemmr^nt le paralytique an visa?e ; puis, arrachant la barre d*appui du fauteuil sur lequel le malheureux était assis, il lui en asséna sur la tète deux coups furieux. Laper- ^ue a été littéralement assommé. 11 n*a pas fallu moins de trois personnes pour maîtriser le fou furieux. {Le r<?mp5, 30 janvier 4901.)

Ce fait est très important, il démontre d*une façon péremptoire la nécessité de placer dans les asiles les déments de toute catégorie qu'on voudrait reléguer d'une façon absolue dans les hospices qui ne doivent pas conserver des aliénés.

Pyrouanibchbz une fillette. — La gendarmerie de YiC'le-€omte vient de mettre en état d'arrestation et de transférer au parquet ée Clermont Mélanie Prun, douze ans, qui avoue avoir mis le feu, à plusieurs reprises, dans la commune d'Isserleaux, canton de Yic-le-Cointe. Mélanie Prun est une enfant de rAssistance publique qui était placée au hameau de Ga^ne, chez M. Fontbastier ; son père est au bagne et sa mère est dans une maison centrale. (Vindicatcur de Cognac, 31 janvier 1901.) Et on nie Ihérédité !

Suicide d'un enfant. — Le navrant suicide d*un enfant de treize ans vient de plonger dans le désespoir une des plus honorables familles d'Alger. Jeudi matin, vers sept heures, M"* Descombes, femme d'un officier d'administration de Tintendance, allait réveiller son fils, élève au lycée d'Alger, et lui disait de se lever. — 0 Dans quelques minutes répondit c&Iinement Tenfant. »

Un peu plus tard, M"^^ Descombes entendait une détonation. Affolée, elle se précipita dans la chambre avec son mari et vit soo fils épouvantabiement blessé au côté droit : a Papa, je viens de me suicider, dit simplement Tenfant. » Un revolver d'ordonnance se trouvait, en effet, sur le lit. Le docteur Véron, médecin-major à rhôpital, fut aussitôt prévenu et des soins furent donnés au pauvre petit, mais on désespère de le sauver.

La veille au soir une remontrance avait élé faite à Tenfant, qui avait élé même menacé de passer devant le conseil de discipline du lycée. C'est au gros chagrin qu'il éprouva de ces reproches

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qu'on attribue sa fatale détermination. Il monta dans la chambre de sa mère, ouvrit Tarmoire à glace, y déroba un revolver et alla le cacher sous son oreiller. Toute la nuit il a dû penser à Tacte qu'il allait accomplir. [Indicateur de Cognac, 10 février 1901.) D*où la nécessité de Thistoire familiale de tous les enfants.

SnicrDS d'adolesgbnt. — Rue de la Goulte-d'Or, Georges André, quatorze ans, apprenti bijoutier, avait reçu sans s'en apercevoir pour une pièce de deux francs une pièce de dix centimes étamée. Sa mère l'accusa de supercherie. Désespéré, il monta à sa chambre et se tua d'un coup de revolver (Bonhomme Normemdy 27 février.)

Sodomie ET assassinat par un adolescent. — A Aulaire (Mayenne), on a trouvé dans un sac le cadavre du jeune Delaunay, quatre ans. Le pauvre petit avait la bouche pleine de terre et avait été ignoblement sou Ûlé. Un jeune homme de seize aus, qui travaillait dans une ferme voisine, le nommé Duplessis, auteur de ce crime atroce, a été arrêté {Le Bonhomme Normand du 21 février 1901.)

Alcooushe de l'bnfance* — Farce moî'telle. — Deux jeunes gens de vingt ans, habitant Montagny, près Louhans, par stupide amusement, firent boire de l'alcool à un enfant de cinq ans. Ils voulaient provoquer l'ivresse complète chez ce bambin. Ayant absorbé de fortes doses d'alcool, Tenfant tomba ivre-mort; il succomba après des convulsions épottvantabks, (Le Journal, 1°' mars 1901.^

Revue philosophique de mars 1901. — Sommaire : D' Grasset. Le vertige. Élude physiopathologique de la fonction d'orientation et d'équilibre. — Ch. Dnnan. Les principes de la morale. — R.-P. Sertillanges. La morale ancienne et la morale moderne. — Evellin et Z... Sur rinfîni nouveau. — Analyses et comptes rendus. — Revue des périodiques étrangers. — Livres nouveaux. — Abonnement du !«•• janvier : un an, Pans, 30 francs; départements et étranger, 33 francs. — La livraison : 3 francs. — Félix Alcan, éditeur, 108, boulevard Saint-Germain, Paris.

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE

Mahé (E.). — La loi de iS38 sur les aliénés et ses lacunes. — In-8» de 12 pages. — Paris, 1900. — L'Assistance publique, 14, rue des Carmes.

Pontier. — Les olives du bulbe chez Vhomme et les mammifères. — Iii-8» de 78 pages, avec 7 planches hors lexie — Lille, 1900. — Librairie Masson et C'«.

368 BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUB.

RiTTi (A.). — Eloge au D'. E. Billod lu à la séance publique annuelle de la Société médico-psychologique du 30 avril 1900. — Brochure in-8' de 37 pages. — Paris, 1900. — Librairie Masson et O*.

Roux (J.). — Diagnostic et traitement des maladies nerveuses. Préface du professeur J. Teisàior. — In-16 cartonné de 550 pages, avec 65 Ogures.

— Prix : 7 fr. 50. — Paris, 1901. — Librairie J.-O. Baillière et fils.

SouKHANOFF (S.) et Gbier, — Contribution à Vétude de Vanatomie pathologique et de Vhistopathologie de la paralysie générale. — in-8* de 16 pages avec 2 planches hors texte. — Paris, 1900. — Extrait de la Nouvelle Iconographie.

Stkrn (W.). — Veber Psychologie der indinduellen differenzen [idem zîi einer « Differenliellen psychologie •. — Jn-18 de viii-146 pages, avec 3 fiffui-es. — Prix : 6 fr. — Leipzig, 1900. — Verlag J.-A. Barth.

Tenth biennal Report of the state Asylum for Idiotie and Imbécile Youth at Winfield. — In-8» de 10 pages. — ïopeka, 1900. — W. J. Morgan.

Thb case of Florence E. Maybrick. — Report of the Maybinck mémorial commuter. — ln-8» dé 26 pages. — New-York, 1901). — C. Bull. New-York Acadeiny of Medicine.

Thirty-Sixlh aîinual Report of the trustées of the Boston City hospilal including the report of the superintendent (t'ebruary 1899 to january 1900). — ln-8« de 212 pages, avec 9 planches et 2 plans hors texte. — Boston, 1900. — Municipal printing oflice.

ïosoLi (G.). — Délia clinoterapia nelle malattie menlali. — Brochure in-8* de 31 pages. — Ferrara, 1900. — Tipografia deil' Eridano.

Vaslet de Fohtaubert. — Importance de l'enseignement et de Vétude de la psychiatrie pour le praticien et pour Vexpert. — ln-8« de 176 pages.

— Paris, 1899. — Imprimerie Jouve et Boyer.

ViNAi B Vietti (G.). — Vazione délie correnti ad alla frequenza sul ricambio organico. — Brochure in-8« de 17 pages, avec 2 planches hors texte. — Nocera inferiore, 1899. — Tipografia del Manicomio.

VoGT (G.). — Étude sur la myénilisation des hémisphères cérébraux.

— Volume in-8* de 72 pages, avec 30 figures. — Paris, 1900. -- Librairie G. Steinheii.

Nous appelons vivement Vatlention de nos lecteurs sur r annonce des livres qui accompagnent le Sommaire.

Par suite d'un accident dans le tirage des Planches I, Il et ///, elles ne pouiTont être jointes qu'au numéro de mai.

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