IX. Le logement des aliénés ; par H. Raynbr. {The Journal of
Mental Science, juillet 1897.)
L'auleur désigne par là Tensemble des moyens adoptés pour le placement des aliénés, asiles, colonies, /tomes, etc., et après un examen rapide, mais substantiel du sujet, il résume son opinion dans les conclusions suivantes :
Les défauts de l'organisation anglaise en ce qui touche les aliénés sont grands et sérieux : 1° les défectuosités dans le traitement des premières périodes de la maladie sont absolues et complètes; 2'^ la façon de traiter les malades améliorés ou occupés est très défectueuse ; 3^ la catégorie des infirmes, la catégorie du u workhouse » est groupée en masses trop considérables et trop séparée de ses parents ou amis ; 4° là où les aliénés sont réunis en grandes masses, la responsabilité du traitement n'est ni clairement ni suffisamment déléguée ; 5^ le personnel médical est en nombre insuffisant.
La question de la dimension des asiles reste à étudier. En somme, l'opinion de l'auteur est qu'il faut dans les asiles d'aliénés beaucoup moins de bâtiments et beaucoup plus de médecins, et, comme il le dit en terminant, moins de briques et plus de cei^eaux^
n. DE MUSGRAVE GlAT.
X. Les bâtiments des asiles d'aliénés pendant un siècle; par Jos. G. UoGERS. M. D, {The American Journal oflmanity, 1900, p. 1-19.)
Résumé des modifications apportées à la distribution et à Tamé-
ASILES d'aliénés. 837
nagement des quartiers, pour rendre plus agréable et plus favorable à la guérisoD, le séjour des asiles. Simon.
XI. Etnde sur les statistiques d'une année- (30 septembre 1898, 30 septembre 1809) à Hudson River State Hospital; par Chas- U. PiLGuiN. M. D. (The Amei'ican Journal of Insanity, 1900, p. 47-55.)
Sur 522 admissions : mélaucolie, 41,5 p. 100; manie, 32,5 p. 100; démence, 20 p. 100; paralysie générale, 6 p. 100. — Renvoyés guéris, 12,6 p. 100; améliorés, 3,4 p. 100; décès, 11,4 p. 100; sans espoir de guérison, 44 p. 100. — Eliologie : causes morales, 20 p. 100; alcooliques, 14 p. 100; hérédité, 34 p. 100.
L^auteur attribue Taccroissement dans le nombre des admissions à ce fait qu'on entre plus volontiers et plus tôt à Tasile. — Il constate que la proportion des guérisons s'est élevée de 9 p. 100. Dans 90 p. 100 des guérisons, le malade était entré à Tasile moins d'un an après le début de la maladie; dans 81 p. 100, la guérison a eu lieu moins d'un an après l'entrée à l'asile.
Les admissions sont de 20 p. 100 plus nombreuses en mai, juin et juillet que dans les autres mois; 65 p. 100 des guérisons se placent dans les 6 mois du printemps et de l'été.
D'après les statistiques des onze dernières années, la vie se prolonge pendant en moyenne 12 ans après le début de la folie, un peu plus longtemps chez les femmes que chez les hommes. La paralysie générale fait exactement 4 fois plus de victimes chez les hommes.
Il serait assez fréquent dans les cas où l'organisme n'est pas très altéré, qu'un retour à la raison précède de quelques heures la mort.
Simon.
XII. Sur ropportnnité d'affecter les tuberculeux à des quartiers séparés dans les asiles de l'Etat ; par Arthur-H. Uarrington. M. D. [The American Journal of Insanily, 1900, p. 56-64.)
Une statistique sur la mortalité par la tuberculose dans 67 asiles et pendant les cinq dernières années donne les résultats suivants : Etats de la Nouvelle Angleterre, 11,9 p. 100; Etats dp centre, 13,5 p. 100; Etats de l'ouest, 15,2 p. 100; Etats du sud, 20 p. 100. Les chilTres sont très variables d'un asile à l'autre, de 5 p. 100 et au-dessous, à 60 et 65 p. 100. La moyenne est 14,8 p. 100.
Un certain nombre de malades ont contracté la tuberculose après leur entrée à l'asile. Le seul moyen efficace de combattre la contagion est l'isolement des tuberculeux. 11 a fait baisser considérablement le pour cent de la mortalité dans 2 asiles (Lancashire (Angleterre et Illinois). Simon.
Archives, 2« série, t. XL 22
338 A6ILK8 d'aLIBNBS.
XIII. L'Ëtat de New-Tork et la pathologie de raliénation mentale; par P. M. WizB. M. D. (The Ameincan Journal of Insanity, 1900, p. 81-95.)
Discussion d'intérêt local sur Torganisation d'an Institut central, pour Tétude de Tétiologie et la pathologie des maladies nwntales. A noter le souci d'encourager et de faciliter les recherches scientifiques. Simon.
XIV. ReTision des lois relatives anx aliénés dans l'état de Tirginie ;
par William-Francis Drvwry. M. D. [The American Journal of InsanUy, 1900, p. 625 à 629.)
Article d'intérêt local : court exposé de la loi ancienne, puis de la loi nouvelle ; il reste cependant des desiderata, entre autres que les aliénés, attendant d'être reçus à l'hôpital, ne soient pas maintenus en prison. Simon.
XV. La place de l'étude de la psychopathologie dans la section pathologique des asiles d'aliénés de l'Etat de Michigan; par
Théo. Klingmann. {The American Journal of Insanity^ 19O0, p. 681-708.)
L'article a surtout pour but d'indiquer comment doit être prise une observation complète^ (de tous les appareils — les désordres du système nerveux n'étant pas isolés, mais liés pai- exemple à des phénomènes d'anto-intoxicalion) d'aliénés, et de façon à rendre facilement comparables entre elles de telles observations. De là le plan général élaboré par la section pathologique des asiles de l'Etat de Michigan, exposé avec exemple et ligure à l'appui. Simo.^.
XVI. Le sjrtème colonial pour le traitement des aliénés ; par le D** Hermann Ostraisdu. {The Ameiican Journal of Insanity, 1900, p. 443-455.)
Après un mot sar la tendance actuelle qui est plutôt au dispersement, — un mqt du système employé en Ecosse où les incurables tranquilles sont placés dans des familles privées (23 p. 100 des aliénés étant ainsi soignés) rappelant comme objection rinflaence pernicieuse que peut avoir le contact d'un fou spécialement av«c on individu jeune l'auteur, résume oe qui a été essayé comme système colonial, en particulier par le D' Talmer, et fort de son expérience personnelle, le déclare économique, agréable pour les malades 4 qui il fournit l'illusion du cbez soi, rationnel, et demande seulement que le nombre des habitants de cbaque cottage soit limité à 20, et qu'ils ne soient pas trop éloignés del'inslitotîon mère. SmoK«
* Voir à ce propos les Comptes rendus de Bicêtre.
ASILES d'alibnés. 339
XVII. Ce qae des aliénés chroniques peuvent acconiplir sons une direction conTenable; parle W J.-T.-VV. Uowe. (The American Journal of InsanUy^ 1900, p. 507.)
L'auteur fait le récit du transfert d'un certain nombre de fous chroniques de New York à Gentral-Islip Long-Island, où un millier diacres leur avaient été réservés : des bâtiments confortables, un site agréable les attendaient; Tauteurexprime la satisfaction qu'ils éprouvèrent et décrit en détail les différents travaux auxquels on les lit se livrer chacun selon leurs moyens. Les résultats obtenus ramenèrent à conclure qu'on devrait multiplier de telles colonies.
Simon.
XVIII. La gardé des aliénés dans des habitations agricoles ; par G.-AlderBLUMER.(7'Ae American Journal o/*/;isant7y, juillet 1899, p. 31 à 40.)
Ap^ès Quelques mots sur la mode en psychiatrie, cette remarque qoe les médeeins qui s'occupent dés Asiles sont en face non seulement du problème du bieti-étre individuel d*un malade mais du bien-être de la masse; après avoir indiqué le éontraste entre le soft des fotis a«itréfb?s et aujourd'hui, et indiqué lèè modifications des idées, non sculetftêiit des médecins, mais du public, Blumer arrive au vi^ai nvijét de cet article : la supériorité de fermes et jardins sm les hôpitaux ^ù les fous sofit tenus enfermés.
Il f^tit tâcher de conserver pour les fous la vie de famille; fâii-e quelque dhose d'intermédiaire etïtre l'asile fermé et la liberté de la tfe domestiqué, pouf tous ceux qni peuvent en profiter. En Ecosse, on envoie, dit-il, en pensit)n dans des familles 33 p. 100 des malades. El son eiipéfience personnelle à New-Yoi*k lu! monffe le sncoès des oôlonies de fermes: après des difflcullés péèuniftires, H oMfetat pourtant de louer pour trois ans une ferme; des constructions furent faites pour 23 Atalades ; bientôt on avait u^e colonie de 23 malades vivant de M vie de famille; des travaux divers attachent (o^t le Aoonde à la ferme; le succès physique et mental dépasse toute attente; c'était la vie qu'ils avalent vécue chez eu<; OB agrandit une première fois, puis une seconde; on fondé des quartiers de femmes toujours dans le même esprit; les travaux domestiques des hommes pouvaient trouver avantage en effet à être faits par des femmes, mais celles-ci sont choisies ayant passé le retour d'âge pour éviter des accidents sexuels; résultats économiques avantageux. Il y a moins d'accidents là que dans les asiles.
Certainement, il y a des fermiers qui accepteraient de recevoir des malades pour une rétribution moindre que ce qu'ils coûtent ordinairement dans les hôpitaux. d'Etat. Réellement, on peut se demander si l'Etat a raison d'enfermer des malades qui ailleurs seraient mieux à tous l«s point» de vne et à meilleur marché. SmOiV.
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
Séance du 7 févner 1901. — PateiDENCE db M. Raymond.
Glyomatose cérébrale,
M. Gilbert-Ballet présente trois cerveaux atteints de gliome. Dans le premier la lésion était circonscrite et sise au niveau de la troisième circonvolution frontale gauctie. Les symptômes avaient été ceux d'une tumeur cérébrale ; mais il n'y avait pas eu trace d'aphasie, grâce, sans doute, à révolution lente du gliome et de l'adaptation du cerveau aux conditions nouvelles déterminées par la tumeur. Dans le second cerveau, une f;liomatose diffuse serait vraisemblablement liée au point de vue pathogénique à un traumatisme crânien. Enfin le troisième cerveau présente un énorme gliome occupant presque la totalité de l'hémisphère gauche. Dans ces trois cas les symptômes ont été ceux des tumeurs cérébrales en général, mais pas le moindre signe de localisation n'a permis de reconnaître le siège de la lésion. Dans le troisième cas, une piqûre de tuberculine a déterminé de la fièvre mais sans influencer en rien les symptômes encéphaliques. Il y avait donc tuberculose, mais celle-ci n'avait aucun rapport avec l'afTection cérébrale. L'autopsie a en efîet montré des lésions de bacillose pulmonaire. L'absence de réactions cérébrales locales serait due à la lenteur du processus gliomateux.
M. Babinski. — Ne semble«t-il pas que ce troisième malade aurait pu tirer grand avantage d'une opération chirurgicale?
M. Ballet ne le croit pas et cite des faits analogues pour lesquels la trépanation n'a été d'aucune utilité.
Stase papillaire guérie par la trépanation,
M. Babinski présente une femme qui, en tombant de bicyclette s'est violemment heurté l'occiput. A partir du mois suivant survinrent des céphalées tenaces d'intensité croissante qui devinrent intolérables, en même temps : amblyopie progressive par névrite
SOCIÉTBâ SAVANTES. 341
Optique œdémateuse double et hémorragies rétiniennes. La céphalée disparaissait pourquelques jours après chaque période menstruelle, ainsi que les vomissements quotidiens qui raccompagnaient. Une large cranieclomie pratiquée sur le côté gauche fit disparaître complètement les maux de tête et les vomissements, et quinze jours après Tétranglement papillaire avait aussi disparu sous rinfluence de la compression.
L'action calmante exercée dans ces cas par le flux menstruel est comparable à celle qu'exerce la saignée dans Turémie, dont Taspect svmptomatique, dans sa forme cérébrale a des analogies avec le tableau symptomatique des néoplasmes crâniens. La théorie de rœdème cérébral actuellement peu en faveur, ne contiendrait-elle pas une part de vérité? Il serait intéressant de chercher à vérifler cette idée en pratiquant la ponction rachidienne che? des malades atteints d'urémie à forme cérébrale.
Hémyasynergie avec hémitremblement d'origine cérébello'pr'otubà'antielle,
M. Babinsk[ présente un homme de cinquante-quatre ans, chez qui se sont développés progressivement les troubles que Ton constate aujourd'hui. Il est atteint d'une paralysie faciale droite complète avec DR, d'une paralysie du moteur oculaire externe droit, de nystagmus, de kératite neuro-paralytique, ainsi que d'une abolition de l'ouïe du même côté. La réunion de ces symptômes est caractéristique d'une lésion siégeant dans la région bulbo-protubérantielle du côté droit. Mais, de quelle nature est cette lésion? Il est difficile de se prononcer catégoriquement sur sa nature, mais il est très vraisemblable qu'elle résulte d'un trouble de la circulation. Aucun signe ne plaide en faveur d'un néoplasme.
Ce qui fait l'intérêt de ce cas, ce sont les troubles de motilité qu'on observe dans les membres et qui siègent à droite, comme à la face. Or, on sait que l'hémiplégie protubérantielle est alterne, lorsque la paralysie faciale a les caractères de la paralysie périphérique.
Est-ce donc là un fait en opposition avec les faits établis par Millard et Gubler? Il n'y a là qu'une apparence, car, en réalité, on n'a pas affaire ici à une véritable paralysie des membres, liée, comme la paralysie alterne, à une altération du système pyramidal ; on ne trouve, en effet, dans le côté droit, ni d'afTaiblissement bien net, ni de contracture, ni d'exagération des réflexes tendineux, ni d'épilepsie spinale, ni de modifications dans les réflexes cutanés, et il y a lieu d'admettre que le système pyramidal est intact. La motilité dans le côté droit n'en est pas moins touchée, mais d'une manière toute autre que dans l'hémiplégie. Le membre supérieur est atteint d'un tremblement à peu près nul
342 SOOfBTBS SAYANTES.
au repos «t apparaissant à l'oecastoa des mouvements. C'est un tremblement intentionnel analogue à oelui.de la sclérose en plaques.
Les mouvements élémentaires des divers serments du membre inférieur droit soit bien accomplis, mais les autres, plus complexes, sont imparfaitement exécutés : pendant la marche, ce membre, légèrement en rotation en dekors, s'écarte de la ligne médiane; la cuisse se fléchit sur le bassin et le pied se soulève plus du côté malade que du côté sain, tandis que la jambe se fléchit sur la cuisse, bien moins à droite qu'à gauche; le pied droit vient ensuite s'appliquer sur le sol avec une certaine brusquerie. H s'agit là d'un phénomène qui n'est ni de la paralysie ni de l'incoordination, mais qui consiste en uue perturbation dans la faculté d'association des mouvements élémentaires dans les actes complexes, perturbation déjà décrile par l'auteur sous le nom d'asynergie. Cette hémiasynergie dans la partie inférieure du corps et l'héniitrembleme^t daqis la partie supérieure doiveut être so«kala dépendance d'une lésion des libres dU: pédon/>ule cérébelleux inférieur qui, dans la protubérance, occupe le voisinage des 5°, C^, 7*^ et S*^ paires crâniennes. On peut donc conclure qu'il s*agit ici d'un syndrome pouvant être désigné sous le nom de « hémiasynergie avec hémitremblement d'origine cérébello-protubérantielle. »
Polynévrile bîennorragique.
MM. Raymond et Cbstan présenfenb deux malades atteinte de polynévrite bîennorragique. Dans le premier cas il s'agit d'une polynévrite ascendante généralisée avec diplégie faciale et troubles bulbaires; le malade a guéri en trois mois, mais la diplégie faciale persiste avec signes de réaction. de dégénérescence. Chez le second malade, la polynévrite réalise le tableau du pseudo-tabes. Ces deux polynévrites sont survenues au cours d'une blennorragie à Texclusion de toute autre cause toxique ou infectieuse.
La moelle dans le mal de Pott.
MM. Thomas et Hausbr ont trouvé, dans un cas de mal de^ F^t, en dehors de toute compression osseuse, une destruction presque totale de la moelle au niveau de la région dorso-lombaire avec dégénérescence hyaline en masse. Au-dessus et au-dessous se sont développées des cavités pathologiques à paroi névroglique, dont l'une peut être suivie jusqu'à la quatrième dorsale. Il semble que ces cavités sont l'aboutissant d'un processus inflammatoire qui a amené d'abord la prolifération, ensuite la dégénérescence du tissu névroj^lique^ En outre, les coupes fines permettent de constater l'existence de très fines fibres nerveuses de régénération ; ainsi-
S0C1BTB8 SAYAMTBS.. 343
s'expliquerait rintégrité relative de la seasîbiUté dans des régions recevant des conducteurs nerveux qui pénètrent dans la moeâle» au-dessous des lésions.
Hérédo-ataxie cérébelleuse^
Bl. SwiTALSKi présente des coupes provenant de la moelle d'un sujet atteint d'hérédo-atasie cérébelleuse, on y voit une dégénérescence de la partie interne des cordons de Goll et des faisceaux cérébelleux avec agénésie accentuée de l'écorce du cervelet, du noyau de Goll et des Obres du pédoncule cérébelleux.
Aphasie sensorielle.
M, ToucHK présente deux cerveaux atteints, Tan d'une lésion du lobe temporal ayant entraîné de la surdité verbale avec jargonupbasie ; l'autre d'une lésion profonde du pli courbe ayant coupé les radiations optiques et provoqué la cécité psychique.
TraUemeni de la maladie de Bas£dow par le salicylate de soude.
M. Babinsxi a traité plusieurs malades atteints de goitre exophtalmique par le salicylate de soude et il a obtenu, par cette méthode des résultats satisfaisants. Il cite à l'appui l'histoire de trois malades chez lesquels les effets de cette cure ont été très encourageants.
M. Foulard présente une malade atteinte d'une paralysie d'abaissement des globes oculaires. — M. Pécharman présente la cage thoracique rf'wn syringomyélique, — M. Babinski établit le rapport qui existe entre le verlige voltaïque et les lésions auriculaires que celui-ci peut révéler. F. B.
Séance du 1 mars. — Présidence dk M. ILlyuond.
M. Raymosid souhaite la bienvenue à M<^® Déjerine qui vient siéger pour la première fois à la Société.
Opkialmoplégie totale et paraplégie ascendante,
M. Oddo envoie une observation dans laquelle il insiste sur la rareté de Tassociation de ces deux symptômes dans la méningite tuberculeuse. L'ophtalmoplégîe était totale à droite et partielle à gauche. La paraplégie flasque présentait, chose exceptionnelle, une marche ascendante très nette, rapide, avec abolition des réflexes rotuliens et signe de Babinski. Du côté de l'encéphale les lésions étaient purement basilaires et surtout méningées, Tinté-
grtté des noyaux était complète. Du côté de la moelle au contraire les lésions intra-médullaires étaient très accentuées.
Un cas (Tacromégalie avec autopsie.
M. Ferrand présente les pièces d'une acromégalique merle à Bicétre dans le service de M. Pierre-Marie. La malade était devenue acroméiralique à la suite d'une chute. Elle est morte diabétique et albuminurique. On a trouvé Tautopsie une tumeur kystique du corps pituitaire poussant un prolongement qui englobait le ganglion de Gasser. Histologiquement la tumeur a les caractères d'uQ adénome. Le thymus manquait. Les amygdales sont volumineuses et le corps thyroïde est hypertrophié.
M. Mbige. — On note souvent des traumatismes dans les antécédents des acromégaliques. Ce fait ne manque pas dans le cas de M. Ferrand.
Faut-il accorder une part importante à ces accidents dans Tétiologie de Facromégalie ?
M. Marie n'a aucune idée nette de Tinfluence de ces traumatismes, surtout pour le cas actuel dont le sujet syphilitique était en outre atteint d'attaques épileptiformes et présentait un complexas pathologique difficile à débrouiller. Il faudrait faire des statistiques.
Injections intra-arachnoïdiennes de cocaïne dans les affections douloureuses.
M. AcHARD a ainsi traité trois sciatiques,dont une causée par un mal de Pott, une sciatique ancienne avec amyotrophie marquée et une sciatique de six mois sans complications. Dans tous les cas il a obtenu comme pour les interventions chirurgicales une analgésie rapide disparaissant au bout d'une heure; mais en outre, il a o))tenu la disparition complète des points douloureux classiques, survenant plus tardivement et durant plusieurs jours.
11 a obtenu encore un soulagement réel dans un cas de crises gastriques tabétiques et dans un cas de zona crurtil aigu. 1^ douleurs seules ont été calmées temporairement, mais la marche de la maladie n'a pas été modifiée; enfin dans un cas de coliques de plomb l'échec a été complet malgré une dose de trois centigrammes qui a même provoqué des phénomènes d'intoxication. Il ne faut jamais dépasser un centigramme. Ce moj'en a donc l'avantage d'être un bon calmant contre la douleur sans être comme la piqûre hypodermique à la portée du malade.
Athétose double choréïfoiTne.
M. LoNDB présente une malade dont un cousin germain a été atteint de la même affection. La démarche est spastique, le visage
grimaçant, la parole explosive. Il y a hypertrophie de certains groupes musculaires. L« diagnostic est difficile à établir entre cet état et la chorée chronique de l'adulte. L'intégrité absolue de Tintelligence permet cependant de spéciQer Tathétose double.
M. DéjERiNE a vu à Angers un malade identique absolument impotent du fait des mouvements choreîformes et athétosiques, mais ilont l'intelligence remarquable lui a permis d'établir le diagnostic.
Trois cas de généralisation cancéreuse swr le système neigeux périphérique.
M. Obkrthûr rapporte trois cas avec autopsie dont deux avec examen histologique, de généralisation cancéreuse aux nerfi périphériques.
Dans le premier cas il s'agit d'une paralysie radiculaire du plexus bachial avec myosis et rétrécissement de la fente palpébraie du côté droit, consécutive à une généralisation d'un cancer de l'utérus ; les troncs nerveux sont comprimés et en partie dégénérés, le tissu nerveux lui-même n'est pas envahi par les productions épithéliales, la moelle ne présente que des altérations minimes.
Le second cas a trait à une femme présentant tous les signes d'une tuberculose pulmonaire avancée accompagnée d'une polynévrite très douloureuse avec paraplégie totale. A l'autopsie, cancer primitif du poumon gauche et carcinose généralisée à tous les organes, principalement aux muscles des membres sous forme de nodules de très petites dimensions; atrophie musculaire, destruction des branches terminales des nerfs intra-musculaires et intra-derraiques.
Le troisième cas est un cancer de Testomac avec généralisaiion aux poumons et embolie cancéreuse dans la région du rocher qui crée une paralysie faciale périphérique par compression du nerf dans l'aqueduc de Fallope. L'auteur insiste sur l'importance du cancer du poumon pour créer ces généralisations cancéreuses périphériques et sur ce fait qu'à côté des névrites toxiquespar cachexie cancéreuse, il y a lieu de penser aux localisations neuro-musculaires du cancer.
M. Souques a observé aussi chez un homme au cours d'un cancer de l'estomac une paralysie faciale due à un noyau cancéreux comprimant le nerf dans l'aqueduc de Fallope.
Syndrome de Weber.
MM. Marie et Frrrand montrent le cerveau d'un malade ayant présenté une hémiplégie alterne très nette. On voit sur la pièce une destruction complète de l'un des pédoncules cérébraux par un foyer de ramollissement exactement limité à ce pédoncule.
346 SOGIBTBS SAYANTBS.
NouveUe méthode de coloration de la névroglie^
H. Angladc expose son procédé qui consiste à fixer dans an mélange de trois parties de liquide chromo-osmio-acétique de Fol et une partie de sublimé à 5 p. 100; à inclure dans la parafâDe, et à colorer par le bleu Victoria en faisant ensuite agir la iiquear iodo-iodurée. Sur Tobserration qu'on n*obtient pas ainsi de double coloration, Tauteur montre que une fois la coloration bleue de la névroglie obtenue il lave à Talcool absolu et traite à Téryscosine et obtient ainsi en sus du bleu de la névroglie la coloration rouge du reste de la préparation.
Paralysie associée des muscles droits supérieurs.
MM. NoGuÂs et Ci rode envoient Tobsertation et les photographies d'une malade atteinte de paralysie hystérique des muscles droits supérieurs. Il lui est impossible de regarder en haut sans lever la tôte. Il n'existe aucune modification du fond d« l'œil et aucun signe de lésion nucléaire.
Cas frusiê de sclérose en plaques ou paraiysit généraU.
MM. BaissAUD et Monod. — Il s'agit d'un malade pour lequel malgré des signes incontestables de paralysie générale le diagnostic a pu être hésitant en raison de l'absence momentanée de quelques-uns de ces signes (signes pupillaires), les lymphocytes observés dans le liquide de la ponction lombaire ont pu confirmer le diagnostic d'ailleurs fort probable de paralysie générale.
M. JoFPaoT à propos de ce malade insiste sur la contingence de la plupart des signes de la paralysie générale sauf pour l'afTaiblissement intellectuel qui est capital et absolument nécessaire, mais qui se rencontre aussi au cours de méningites chroniques toxiques et autres. F. Boiasica.
SOCIÉTÉ D'HYPNOLOGIE ET DE PSYCHOLOGIE
Séance du {^janvier 1901.
Stiga*ales de dégénérescence mentale et psychothérapie.
M. Paul Farez expose les améliorations qu*il a obtenues, grâce à la psychothérapie, chez une femme de cinquante*sept ans qui,
socirrà» aivANTit. 347
peHéculée-peTsécutriee, préMBlail ua oas de (olîe à cUux arec sligmatea de dégéaéresc«ace menlale, lels que fxhobies, olusesaiaas, impulftioBS, dte. Baaa ces oas, la cellule nerveuse, fuliia 9a moins tarée, est ce qu'elle est et aucun moyen thérApeulique- Q*e9t eap^^ ble d'amener une restitutio ad iniegrum.
Qejifii\(Xd^i\t„ la psychothérapie» &ous toutes ses formes^ permet de rasu^urec le malade^ de lui rendre le calme, de lui fairci p^eadre patience, de loi. p^cui^r quelque aUègement et quelque répit. Sans doute, W3 amélioration» sont fragiles et un rien provoque une rechute ; de toute manière, il faut que Ton revienne à la chajfge souvent et longtemps. Néanmoins, quoique la suj^'gestion ne donne guère ici des résultats tcè^ durabjles, sQn acti,oa est suffisamment appréciable pour qu'on la recommande, à la condition, bien entendu, qu'on nait pa^ Tiiaprudence de lui dei»ander plus qu'elle ne peut donner»
Le suicide chez quelques animaux.
M. Caustur reprend la question très controversée du suiotde ch,e^ les scorpions; il relaU les nombreuses ei^périences qu'il a faj.tes à ce sujet tout i:écemment et rapprocbe ce suicide de celui de^qo^lqu^es autres anin^au;i : cheyal, cÛen,, serpent à sonnette, etc.
Paracef^ et le Jluide magnétique.
M. Félix Rbonault montre que le fluide magnétique ne date pas de Biesmer et qu'il en est fait mention dans Paracelse.
M. Garnault..— Toutes les idées de Paracelse dérivent de l'antiquité. Certaines cérémonies du culte cbez les Egyptiens comportent des aUoncbements analogues aux passes mesmérienn^s.
VotA sur un ca^ de psychopalhie sexuelle^
M. BÉRiLLON expose le cas d'un inverti qui pratiquait les rapports homosexuels et qui, fut oameoé à Testât noraialj par la suggestion hypnotique.
Séance du mardi 19 février IQOl. — Présipencb db WL Jules Voisin.
TrqiibU^ psychique» en rapport avec le vagiini^me.
M. Aragon. — Le vagini^me dépeudi presque toujo^irs d^un état psychique ctrla psychothérapie en est le traitement de* choix. L'intervention chirurgicale, outre qu'elle nécessite parfois des délabrements assez considérables, échoue souvent; quant à la cocaïne, elle n'est pas à recommander, car elle provoque Timpuissance chez le mari.
M. Félix Regnault. — Cette influence du psychique sur la fonction génitale se retrouve au moyen âge dans les pratiques des noueurs d'aiguillettes et dans les prétendus talismans qui préservent de leurs atteintes,
M. BÉRiLLON. — Dans certains milieux, on entretient dans l'esprit des jeunes filles une véritable terreur, à l'égard de la douleur des premiers rapprochements. On suggère ainsi une phobie et souvent le vaginisme ne reconnaît point d'autre cause. Quant aux noueurs d'aiguillettes, ils opèrent encore de nos jours dans certaines campagnes.
Perversion de Vinsiinct de conservation chez les animaux,
M. Lépinay rapporte plusieurs observations de chiens et de chevaux qui se sont laissés mourir de chagrin ; il traite à nouveau la question du suicide chez les animaux.
Les exercices des derviches Rousây expliqués par Vkypnotisme.
MM. HiKMET (de Constantinople) et Félix Regnault. — Ces derviches par des manœuvres de balancement ou de tournoiement se mcltent d'abord dans un état hypnotique spécial avec anesthésie complète. Alors ils commencent leurs exercices. Ils se mettent sur la télé un plateau métallique chautie au rouge et ils le conservent pendant cinq ou dix minutes sans que l'épiderme porte aucune trace de brûlure. D'autres fois, ils s'enfoncent une grande pique en fer derrière la trachée, en avant de la colonne vertébrale, et, ainsi transpercés, ils se promènent en se dandinant. Quand cette pique est retirée, on ne constate pas la moindre hémorragie. Le premier phénomène s'explique par les principes de la caléfaclion (hyperhidrose abondante), le second par la vaso-constriction que Ton sait pouvoir devenir très intense pendant Tétat hypnotique.
Mesmer et le fluide magnétique.
M. Paul Farez. — C'est tout à fait à tort que les partisans de Mesmer pn'tendaient qu'il était le premier inventeur de sa doctrine. 11 n'a fait que plagier et rééditer, presque mot à mot, la théorie du fluide universel, telle qu'elle est exposée dans les œuvres des médecins et des philosophes de la fin du xvi® et du commencement du xyu^ siècle, en particulier Paraceise, Van Helmont, Goclenius, Burgravius, Wirdig, Kircher, Santanelli et surtout Maxwell.
X. Efisai de réduction de la mélancolie en une psychose d'involution présénile ; par le D' J. Capgras. (Th. Paris, juillet 1900.)
I/auleur, adoptant les idées exposées par le professeur Kraepelin» dans sa dernière classification de 1899, propose une conception nouvelle de la mélancolie.
En un historique rapide, il montre que le remarquable tableau clinique de la lypémanie, tracé par Esquirol, beaucoup trop compréhensif, puisqu'il renfermait tous les troubles psychiques, tous les délires partiels accompagnés de dépression, est peu à peu dissocié. Baillarger établit une première démarcation en réservant le nom de mélancolie aux seuls faits caractérisés par une lésion générale de Tentendement. De cette dernière entité morbide, ainsi définie, on détacha, grâce aux travaux de Delasiauve, la confusion mentale. Baillarger montra encore que nombreux étaient les cas de mélancolie appartenant à la période initiale de la paralysie générale ou à une phase de la folie circulaire. Lasègue décrivit ensuite le délire de persécution. Enfin Magnan, avec la dégénérescence mentale, Krœpelin avec la démence précoce^ ont encore restreint le domaine de la mélancolie.
Mais, si les frontières de cette psychose se sont resserrées, celleci n'a point changé d'aspect ; elle reste toujours constituée par un syndrome que l'on rencontre dans de nombreuses affections psychiques. Ce syndrome, chez VaduUe, ne peut acquérir rang d'entité morbide, car l'observation montre qu'il se résout dans les principales maladies suivantes :
1® Dans la folie périodique, l'état dépressif n'a en lui-même qu'une valeur secondaire par rapport à l'évolution de la maladie. Or, un accès de mélancolie survenant chez un jeune sujet doit toujours faire soupçonner la folie intermittente, d'autant plus que les accès consécutifs peuvent rester frustes, inaperçus, on ne se reproduire qu'à intervalles très éloignés ;
2** Les rapports de la neurasthénie et de la mélancolie ont été déjà signalés ; entre la névrose et la psychose (en particulier la mélancolie avec conscience) il n'y a qu'une simple différence de degré, sinon similitude complète;
3<> A la grande classe des dégénérés se rattachent de nombreux états mélancoliques d'aspect et de durée tout à fait spéciaux.
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grâce à leur terrain d'évolution. Dans cette catégorie rentrent la plupart des mélancolies hypocondriaques;
4° La confusion mentale, la psychose hallucinataire aiguë ^ le délire à base d'interprétations s'accompagnent de réactions •anxieuses qui n'ont de la mélancolie que Vapparence ; Taslhénie psycho-motrice s'accorde mal avec une telle richesse d'haliucina- •nations ou d'interprétations ;
5<* La démence précoce se caractérise par de Tapathie, de Tindiiïérence, des périodes d'excitation, de la tendance aux impulsions, kIu négativisme plutôt que par la dépression. De vrais états mélancoliques se montrent cependant comme stade de rafTaiblissement intellectuel progressif.
De cette étude critique, le D" Capgras Tjonnltlt que la mélancolie -chez l'adulte est bien un syndrome, sans atitobomie, «e retrouvant dans les multiples expressions de la folie 4 II expose alors une conception nouvelle dont l'intérêt est de donner à un état psy- <^hopathique une base organique et do tratis former la mélancolie en une psychose liée à une phase de révolution physiologique de l'individu. La prédominance relative dds suicides chez les ^étiiles, prouvée par les statistiques, la fréquenoe extrême des étais dépressifs à cette époque de la vie sont dus, non point seulement à la mentalité spéciale du vieillard, mais plutôt à sa déchéance physi- <(ue. L'étude des mélancolies organiques —^celles dés paralytiques généraux ou des alcooliques chroniques ■—- rend cette opinion évidente. Et l'on peut trouver, suKout che2 les art^rio-scléreux, des cas de transition qui font mieux comprendre la pathogénie des faits où la lésion mentale semble seule en cause. Ce trouble morbide, uniquement psychique en apparence, n'est que le reflet des processus d'involuiion sénile. C'est au moment où la cénesthésie est profondément troublée par la diminution des échangeas <3bimiques et par la disparition de certaines fonctions (ménopause) <ine se montre la dépression, simple réaction cérébrale provoquée par cet amoindrissement chez les prédisposés.
L'exactitude de cette hypothèse est affirmée par l'eiisten^e chez ces mélancoliques de aigries physiques dont les plus iftiportAnts sont les troubles pupillaires et l'hypotension artérielle; signés trouvés par l'auteur chez tous les malades examinés. S'appnyàilt sur quinze observations originales, le D' Capgras donne la descH|fttion sommaire de la mélancolie ainsi comprise, et insiste particulièrement sur rimportance d'un examen somatique Approfondi. 11 la divise en mélancolie simple, mélancolie délirante et mélancolie sénile, — cette dernière, correspondant au Wahnsinn dépressif àe Krcepelin, débute à un âge plus avancé et chez des affaiblis.
Le diagnostic de cette mélancolie présénile est souvent délicaL Il faut songer surtout aux cas de mélancolie apparaissant de bonne heure, manifestatloù d'onc sénilité (>rématufée; et d'autre
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part il importe de ne pas se laisser tromper par les cas de folie iatermittente oa de démence précoce à début tardif; les états dépressifs delà démence paralytique ou de la démence sénile sont en général pins faciles à distinguer. Enfin, si la pathogénie donnée est réelle, on est en droit d'espérer de bons résultats de Tapothérapie et l'ovarine est indiquée.
Le remarquable travail de M. le D"* Gapgras est, ainsi que le montre l'analyse qui précède, d'un haut intérêt pour le clinicien désireux de s'orienter au milieu des psychoses de natures si diverses que l'on a confondues sous le nom de mélancolie. Il faut le féliciter et deTexcelient exposé qu'il a donné de la conception de Krœpelin et de la contribution personnelle qu'il a apportée à rhistoire des états dépressifs. P. Sérieux.
XI. Contribution à l^étude de la peur et des phobies; par F. Ducoet. (Thèse de Lyon, 1899.)
Sans observations et sobre de bibliographie, cette disseriation émane de l'étude réfléchie de cent soixante cas de phobies; elle cherche à en déterminer le mécanisme, Tétiologie et la nature ; elle part de Tinstinct de conservation dont la manifestation émotive générale et normale est la peur.
Cette dernière constitue seule la base émotive de la phobie ; comme toute émotion, la peur comporte deux phénomènes : l'un psychique cortical initial, modifiable par la volonté ; l'autre consécutify somatique, réflexe, centrifuge involontaire. M. Dugnet répudie la théorie inverse comme trop matérialiste, mais il ne semble pas avoir eu connaissance des opinions de Lange et de Jules Soury. C'est ce phénomène secondaire se traduisant par les angoisses et des effets vaso-moteurs qui joue le rôle important dans la production de la phobie. Celle-ci est fonction de deux facteurs : 1^ émotivité ; 2^ faculté de contrôle agissant suivant un rapport inverse, le premier exagéré, le second diminué ; c'est une émotion pervertie, pathologique en quelque sorte, hallucinatoire par opposition à la peur naturelle, émotion normale. Ici se place une bonne réfutation de la théorie de la a loi de stabilité » de M. Duprat, pour qui une émotion si légère et naturelle qu'elle soit est toujours tant soit peu pathologique, théorie en effet purement artificielle. En tout cas, en égard à un objet quelconque, les phobies et les philies sont les unes le côté négatif, les autres le côté positif de l'émotion. Pour l'étiologie, les observations pas plus que la littérature ne permettent de décider le sexe le plus frappé; mais sur les 160 cas examinés, il y avait à l'origine : l'hérédité, 40 fois ; la névropathie, 25 fois; Tinfection, 29 fois; des intoxications ou excès, 11 fois; des altérations du sang, 16 fois; enfin une première émotion ou aucun fait saUiant, 40 fois. Enfin, il faut distin-
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guer des phobies des cas d'émolivité pathologique (hypocondriaques, superstitieux, convalescents, affaiblis en générai] qui n*ont ni la systématisation, ni la durée, ni Tangoisse subite, ni Tirrésistibilité des cas de phob)e. Celle-ci ne doit-être enfin ni du délire émotif de Morel, ni la folie avec conscience de Pritli, ni un syndrome de dégénérescence (Magnan), encore moins de l'épilepsie larvée (Westphall) pas plus qu'un symptôme de neurasthénie (Beard). Elle serait une entité morbide, manifestation de a névrose d'angoisse » de Frend et de i.annols et Fournier. Le champ de la théorie n'est pas clos autour des phobies, on peut encore écrire.