LB TRAITEMENT PAR LB RBPOS AU LIT
blent un peu trop négligés jusqu'à présent dans les publications sur ce sujet. Quelques indications à cet égard seraient cependant utiles aussi pour entraîner les hésitants :
On peut donner comme certain, par exemple, que le rôle du service chirurgical dans les asiles d'aliénés est d'autant moins étendu que Ton généralise plus le traitement par repos au lit; métrorrhagies, plaies, fractures sont beaucoup plus rares qu'autrefois dans nos services, mais il est surtout un accident, jadis assez commun, que nous ne voyons plus que tout à fait exceptionnellement : la hernie. Nous avions à chaque instant h réduire des hernies crurales (service de femmes) résultant de l'agitation, de cris, etc. ; chaque année quelques opérations sanglantes étaient nécessaires ; la hernie réductible est aujourd'hui extrêmement rare et la hernie étranglée absolument exceptionnelle.
Je terminerai cette note par un mot au sujet de l'alitement en dortoir : si je l'ai vu donner de bons résultats, je l'ai vu certainement nuisible à quelques maniaques (surtout maniaques hystériques) dont l'agitation était en quelque sorte constamment renforcée par le voisinage d'autres agitées ; chez ces malades repos au lit, hypnotiques pendant le jour, hypnotiques pour la nuit, hydrothérapie ne donnaient absolument aucun résultat, mais l'isolement, en chambre ordinaire^ avec une ou deux gardes-malades, était immédiatement suivi d'une accalmie telle que la suppression des hypnotiques était bientôt possible, parfois un ou deux jours après seulement.
Je ne parle pas évidemment de l'isolement cellulaire dont je n'ai jamais été partisan; j'ai, du reste, fait disparaître toutes les cellules de mon service dès 1890, c'est-à-dire presque dès mon arrivée à Maréville.
Drame de Valcoolisme. — Le nommé Odin, couvreur, cinquante ans, à Villemaur (Aube), alcoolique invétéré, se rua sur le sieur Mernot, son beau-père, et lui plongea son couteau dans le ventre. L*état de ce dernier est désespéré. Après son crime, Odin s'enferma chez lui et frappa le maire, puis il mordit cruellement le garde-champêtre .
REVUE D'ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES
XUII. Note sur la mémoire des poissons ; par W.-G. Mac Intosh. [The Journal of Mental ScierUie, avril 1898.)
L'auteur rapporte un certain nombre de faits propres à démontrer que les poissons ne sont pas dépourvus de mémoire. Ils ne possèdent pas, il est vrai, de substance corticale, mais c'est probablement une question de degré ; et d'ailleurs est-il démontré que chez l'homme le siège de la mémoire soit dans les couches corticales? Il y a bien des faits qui semblent démontrer le contraire.
XLIV. Sur la manière de recneillir et de relever les données descriptives et anthropologiques fournies par Tétude de l'oreille chez les névropathes, les aliénés et les criminels; une méthode nouvelle; par John-Ii. Lord. {The Journal of Mental Science, eLirû 1898.)
Ce travail intéressant est accompagné de flguresqui en facilitent l'intelligence et d'un tableau où figurent les différentes données à recueillir suivant le procédé de l'auteur. R. M. -G.
XLV. Étude anatomique de 131 aliénés criminels admis à l'asile de West Riding, de 1884 a 1896 inclus ; par Frédéric-P. HsARDEa. {The Journal of Mental Science, janvier 1898.)
Ce travail est bien en effet une analyse, très soigneuse et très détaillée, échappant par cela même à une analyse de seconde main, et ne donnant lieu à aucune conclusion. R. M.-G.
XLYI. Sur la perte unilatérale externe du réflexe pnpillaire de la lumière {iridoplégie réflexe) ; sa pathologie, sa signification clinique; par William M. Leszynsky. {The New-York Médical Journal, 30 juillet et 6 août 1898.)
Les conclusions de ce travail, qui reposent sur dix-huit observations, sont les suivantes :
1^ L'iridoplégie réflexe unilatérale est un état qui peut se ren-
RKVUB d'anatomib bt db phtsiologib patholooiqubs. 391
contrer dans le tabès et dans la démence paralytique, et qui peut rester limitée à un seul côté pendant un temps indéfini avant que l'autre pupille soit atteinte de la même manière.
2<> Elle se rencontre aussi dans la syphilis cérébrale et peut être limitée d'une façon permanente à un seul des deux yeux.
3^ Ou Tobserve souvent à Tétat de conséquence éloignée d'une maladie de la troisième paire ou de son noyau, et elle peut être la seule preuve clinique appréciable d'une paralysie pré-existante de la troisième paire.
4° Elle indique toujours une dégénérescence nerveuse centrale, intéressant soit le noyau du moteur oculaire, soit ses rameaux afférents.
5^ Elle est généralement d'origine syphilitique.
6^ La lésion qui produit Tiridoplégie réflexe unilatérale a son siège dans la portion centrifuge du mécanisme réflexe.
L'exactitude de cette manière de voir est confirmée par les arguments suivants :
a. Cette iridoplégie accompagne, ou suit, une paralysie du moteur oculaire.
6. A l'appui de l'opinion de l'auteur on trouve le cas de Siemerling dans lequel on constata une dégénérescence du noyau sphincterien et des nerfs moteurs oculaires.
c. Les recherches nécroscopiques montrent que, dans les cas d'iridoplégie réflexe bilatérale, les fibres de Meynert ne sont pas intéressées. R. de Musgravb Glay.
XLYIL ParesthéBie de larégion fémorale; par John G. Shaw. {Thê New York Médical Journal, 13 février 4897.)
L'anesthésie de la région externe de la cuisse peut être soit un symptôme isolé, soit le symptôme prédominant d'un groupe séméiologique : le plus souventelle se présente à l'état de symptôme isolé; mais dans un cas comme dans l'autre elle est loin d*être commune : Tauteur a pu en observer trois cas dont il publie le compte rendu en le faisant suivre de quelques remarques.
XLVIIL Analgésie, anesthésie thermique et atazie conBécutiYes à des foyers de ramollissement dans la moelle allongée et le cer- ▼elet provenant d'ime ocdasion de l'artère cérébelleaBe postérieure inférienre gauche; étude sur le trajet des faisceaux sensoriels et coordinateurs dans la moelle allongée ; par Henry HoN. [Tke New-York MedicalJournal, 17 avril 1897.)
Gette observation et les remarques qui la suivent sont trop détaillées pour qu'il soit possible de les analyser utilement ici,
392 RBVUB d'anatomib bt db physiologie pathologiques.
surtout eu l'absence des figures qui les accompagnent. Le titre du travail d'ailleurs résume les faits d'une manière suffisante pour que les chercheurs puissent avec profit se reporter au mémoire intégral. R. M. C.
XLIX. Des troubles moteurs à éYolntion aigaé, à forme d'atazie cérébelleuBe, chez les ivrognes; par W. M. Bechtbrew. (Obozrénié psichiatrii, V, 1900.)
L'ataxie aiguë des auteurs, observée chez Talcoolique chronique a tout Tair d'une ataxie cérébelleuse. Elle survient, d'ordinaire à la suite d'une débauche supplémentaire. Le malade, en se réveillant du coma qui suit une ivresse intense, ou d'un sommeil normal, ne peut absolument pas marcher, ou bien il ne peut se tenir sur les jambes, parce qu'elles se jettent de côté et d'autre, comme s'il était encore ivre. 11 éprouve aussi du vertige, de la pesanteur de tête, parfois des nausées, même des vomissements. Avec le temps tout s'atténue, sauf le désordre des mouvements. Le malade oscille d'un côté à l'autre, même au repos, les yeux ouverts ou fermés, S'il marche, il heurle dans tous les sens, et, parfois, il est contraint de s'accrocher à quoi que ce soit pour ne pas tomber. Les mouvements séparés des membres n'ont rien d'ataxique, sauf le tremblement des doigts d'origine alcoolique. 11 existe du nystagmus pendant la vision de côté, parfois une petite inégalité pupillaire. Intégrité de la parole ou léger embarras de la langue un peu tremblée, pas de paralysie des membres, pas de troubles de la sensibilité, rien aux réflexes cutanés quelquefois cependant un peu diminués. Réflexes du genou légèrement exagérés, Confusion mentale, état vertigineux, plus ou moins vague, lourdeur de tête, sans bruit aigu dans les oreilles, et parfois, douleur locale, par la percussion, à la région de l'occiput. Deux observations ont révélé des accès épileptoïdes ou épileptiqnes d'origine alcoolique. La marche de ce complexus a été aiguë; début soudain diminution graduelle, et disparition presque absolue : guérison au moyen de bains, de Kl, de strychnine, en quelques semaines, deux à trois mois. Pas d'autopsies. L'intensité des désordres de l'équilibre, jointe au nystagmus et & l'absence de paralysies et de bruits dans les oreilles, indique une affection du cervelet (douleur occipitale à la percussion) : il doit s'agir d'un processus aigu du lobe moyen de cet organe. P. Keraval.
L. Parésie partielle des mnscles droits de l'abdomen chez nn hystérique; par L. VV. Blouhënau. (Obozrénié psichiatrii, III, 1898.)
Deux figures. L'état de l'excitabilité électrique et de l'excitabilité réflexe force à exclure ici toute aflection cérébro-spinale ou
RBYUB d'anatomub bt db phtsiologib pathologiqubs. 393
périphérique. La parésie porte sur les deux tiers supérieurs des muscles seulement. Une chute sur le ventre ne pourrait-elle, en pareil cas, impliquer le diagnostic d*hystéro-traumatisme, ou les lésions contuses suffiraient-elles à déterminer de Tamyosthénie? Solution impossible. P. Kerayal.
LI. Altérations pathologiques du cenreau dans le délire aigu; par
M. N. JouKowsKY. (Obozrénié psichiatriiy III, 1898.)
Trois observations. Hyperémie des méninges troubles, par places, hyperémie de la substance blanche et grise, adhérence, en certains points, de Técorce avec la pie-mère, accumulation de liquide dans les ventricules cérébraux. Réseau vasculaire de la pie-mère et de Técorce dévelopé exagérément, vaisseaux gorgés de sang, diapédèse et en même temps rexis des globules blancs et rouges constituant des épanchements de sang dans Técorce et la substance blanche. Espaces périvasculaires et péricellulaires dilatés, et gorgés de leucocytes. Dégénérescence graisseuse des parois des vaisseaux. Masses de leucocytes dans le tissu du cerveau. Dégénérescence des cellules corticales, depuis la simple atrophie, jusqu'à la nécrose de coagulation, mais avec prédominance de la dégénérescence stéatopigmentaire, et insinuation de leucocytes dans le protoplasma. Dans les fibres, gonflement du manchon de myéline, et désintégration. En un mot, méningo-encéphalite diffuse aiguë. C'est ce qu'ont généralement trouvé les auteurs. Il est probable qu'elle est d*origine infectieuse, toutes les autres causes ne jouant qu'un rôle secondaire, prédisposant. Les éléments nerveux ne prennent pas une part active à l'inflammation, ils subissent la dégénérescence secondairement, par suite du trouble de la nutrition, de l'augmentation de la pression, des modifications de la température. Outre les altérations parenchymateuses des auteurs, il faut attacher un grand prix, à la déchéance des fibres nerveuses, et à la leucocytose des cellules. P. Keraval.
LU. Troubles de l'équilibre consécutifs à une tumeur de la région du troisième ventricule ; par N.-A. Wyroubow. (Obozrénié psichiatriiy III, 1898.)
Les troubles de l'équilibre dépendaient, en l'espèce, de la lésion du troisième ventricule ; les attaques épileptoïdes provenaient des nodus de nouvelle formation, qui irritaient la protubérance et le bulbe. Cette dernière hypothèse est la plus probable, car une paralysie du facial gauche se développa par degrés dans les jours qui suivirent la première attaque convulsive. Cette paralysie s'explique par la compression du tronc du facial, à l'endroit où il sort à la surface du cerveau. Influence de l'oblitération de l'artère basilaire sur la mort. P. Kbraval.
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LUI. De la question des centres corticaux du gros intestin ; par V.-P. Ossipow. {Obozrénié psichatrii, III, 1898.)
Expériences sur des chiens : figures. L'excitation de rextrémité interne de la circonvolulion sigmoïde, immédiatement en avant du sillon crucial, et de la même circonvolution, immédiatement en avant de lextrémité interne du sillon crucial, provoque la contraction du gros intestin,' hiais il convient de déterminer plus exactement encore l'étendue et la constance de ces foyers.
P. Keraval.
LIV. Des altérations du cenreau dans la sclérose atrophiqne; par M.-N. Joukowsky. [Obozrénié psichatrii, III, 1898.)
Observation : autopsie, étude microscopique, figures. La comparaison de cette observation avec les recherche des auteurs décèle une différence unique, mais radicale, à savoir : le point de départ du processus pathologique. La pie-mère est le siège d'une altération vasculaire, et delà prolifération du tissu conjonclif, bien plus vives que dans Técorce. Ces lésions sont à leur tour bien plus prononcées dans la couche superficielle de l'écorce que dans ses parties profondes et que dans la substance blanche. Des altérations des vaisseaux procède le développement du tissu conjonctif, et l'atrophie de la substance cérébrale, selon l'étendue du processus pathologique.
Les altérations des vaisseaux en occupent les parois : les noyaux sont augmentés de nombre, la tunique interne et la tunique adventice sont épaissies, la lumière est rétrécie, parfois jusqu'à la complète oblitération. Tout autour des vaisseaux se développe le tissu conjonctif.
Un tel processus doit émaner, comme semblent le montrer les faits, d'un agent d'irritation opérant sur la paroi vasculaire, le plus souvent de l'alcoolisme et de la syphilis.
On a invoqué l'alcoolisme des parents, mais cet alcoolisme ne peut guère provoquer que l'invalidité du cerveau, l'affaiblissement de ses fonctions, non une lésion interstitielle chronique des tissus. La présence de l'irritant alcoolique lui-même est nécessaire pour cela, et encore ; c'est plutôt l'agent syphilitique qui engendre ce processus histologique de l'artérite. En ce cas. il est fort possible que les altérations soient dues à la syphilis héréditaire. C'est à rechercher. P. Keraval.
LV. Double syndrome de Weber, suivi d'autopsie ; par Souquks. (Nouv. Iconogr, de la Salpétriére, n<> 2, 1900.)
Double paralysie alterne supérieure, plus accentuée à gauche.
RBYUB d'aNATOMIB BT DB PHTSIOLOOIB PATHOLOOIQUBS. 39S
causée comme on pouvait s'y attendre, par des lésions bilatérales dans la région pédonculaire. A droite, deux foyers de ramollissement ; à gauche un foyer de sclérose : le tout causé par une endartérite nodulaire des cérébrales postérieures avec oblitération complète à droite, incomplète à gauche. R. G.
LVI. Contribution cliniqfue et anatomo-pathologiqne à Tétude de Tacromégalie ; par Bonaudi. {Il Morgani, 1899, sept.)
L*auteur présente quatre observations d'acroraégalie, dont une avec autopsie. Il rappelle à ce propos une observation, également avec autopsie, qu'il a publiée en 1893 dans VArchivi italiano di Clinica medica. Dans ces deux cas, la lésion principale révélée par l'examen nécroscopique était Tartério-sclérose des viscères. Pas d'hypertrophie de d'hypophyse qui était, au contraire atrophiée dans les deux cas, en voie de dégénérescence calcaire dans le second. L'artério-sclérose ne pouvait s'expliquer ni par l'âge, ni par la syphilis, la goutte ou l'intoxication (alcoolique, saturnine ou nicotinique).
 noter dans le second cas une sclérose dilTuse de la moelle portant surtout sur les cordons antéro-latéraux, mais intéressant aussi les cordons postérieurs (faisceaux de Goll et de Burdach), ainsi que l'atrophie du corps thyroïde. Cliniquement il s'agissait de cas types d'acromégalie présentant tout le cortège symptomatique, à part l'hémianopsie. Dans les trois observations non suivies d'autopsie l'examen clinique avait révélé des signes d'artériosclérose. Louis Delmas.
LVil. Sur la fonction de la glande thyroïde ; ;par G. Baldi {Ibid.)
Des recherches expérimentales qu'il a entreprises au laboratoire de physiologie de l'Univerté de Bologne l'auteur tire les conclusions suivantes : La thyroïde est un organe à fonction générale, au moins chez les mammifères, les reptiles, les amphibiens ; la suppression amène inévitablement la tétanie ou la cachexie strumiprive; les jeunes animaux en subissent plus de dommage que les adultes. Il ne semble pas qu'on puisse compter sur une action de suppléance efficace des glandules parathyroïdiennes, de la rate ou de l'hypophyse.
Le suc thyroïdien ou l'injection de thyroïde atténuent, retardent ou empêchent la tétanie et la cachexie strumiprive. Sous son influence l'excrétion de l'azote augmente; peut-être aussi celle du phosphore et du chlore. Les troubles graves, nerveux ou digestifs, indiquent plutôt un trouble fonctionnel qu'une véritable altération anatoroique sérieuse peu susceptible de réparation quand elle a duré quelque temps.
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Le myzœdème opératoire ou spontané, Tarrét de développement par absence ou atrophie de la thyroïde, guérissent entièrement par l'action prolongée du suc thyroïde. Il est permis de supposer que les phénomènes de thyroïdisme dépendent plus souvent de préparations impures ou d*un commencement de putréfaction de la glande, que de l'action directe du suc.
La théorie de Notkine, production par la glande d*un ferment neutralisant la thyréoprotéine, n'est pas admissible. La maladie de Basedow parait être toujours sous la dépendance de lésions primitivement nerveuses; la glande ne présente aucune lésion, on bien des lésions analogues à celles des goitres non exophtalmiques. LathyrodinedeKnol,lathyroïdine deHowitz etVermehren.riodothyrine de Baumann, la substance albuminoïde de Hutchinson ne constituent pas les seuls produits de la glande. La thyroïde de nombreux animaux contient de Tiode qui, peut-être, exerce une action spéciale sur la fonction de la glande. L. D.
LVIIL Troubles trophiqnes et troubles de la sensibilité chez les hémiplégiques; par Ghatin. (Revue de médecine, octobre 1900).
Les troubles trophiques doivent-ils faire supposer Texistence de centres trophiques ?
Depuis les plus récents travaux on tendrait plutôt à rejeter cette idée et à attribuer les troubles trophiques à un défaut d'équilibre réflexe sensitivo-moteur. Des troubles moteurs seuls peuvent s* accompagner de dystrophie, mais cette dystrophie est toujours plus considérable quand la sensibilité est en même temps* compromise, réquilibre réflexe étant lui-même plus lésé. Les affections médullaires portant sur le point de conjugaison de deux neurones, sensitif et moteur, comme la syringomyélie, présentent des troubles trophiques plus accentués ; la paralysie infantile qui ne porte que sur les cellules motrices ne produit que Tatrophie. Les mêmes remarques s'adressent aux affections cérébrales, mais ici les troubles trophiques devront être moins accentués d'une façon générale, si Tare réflexe médullaire reste intact.
L'auteur apporte 19 observations d'hémiplégiques. 11 présentant des troubles trophiques avaient en même temps des troubles notables de la sensibilité. La sensibilité était au contraire très peu atteinte chez les huit autres qui ne présentaient pas de troubles trophiques. M. Hamel.
LIX. Sur l'inhibition ; par S. J. Mbltzbr. (Tke New York Médical Journal, 13 et 27 mai 1899.)
L'auteur a lui-même résumé cette étude dans des conclusions que nous reproduisons ici :
RBVOB D'ANATOBflB BT DB PHT8I0L0QIB PATHOLOGIQUES. 397
<t En présence de Tubiguïté de Tinhibilion, et en raison des multiples documents que nous avons rassemblés sur sa véritable complicité dans les manifestations de la vie, nous sommes, à ce qu'il me semble, autorisés à poser les conclusions fondamentales suivantes :
« 1^ Llnhibition s'étend à tout le domaine de Tirritabilité dont elle fait partie intégrante. Chacun des tissus irritables du corps vivant répond à une stimulation soit par une activité spécifique, soit par une inhibition de cette activité ; le résultat effectif d'une stimulation n*est jamais que la résultante de ces deux facteurs contraires, avec peut-être, dans la plupart des cas, une tendance à céder davantage à l'un ou à l'autre des facteurs, suivant les circonstances extérieures ; ni l'impulsion d'activité, ni l'impulsion d'inhition ne sont effacées ; elles suivent souvent leur cours d'une manière qu'il nous est impossible de percevoir.
«2" Aucun des phénomènes réels de la vie n'est la manifestation pure de l'un de ces facteurs : tous sont au contraire des résultant tes de deux forces antagonistes : le repos absolu n'existe en aucune portion d'un être vivant, et il n'y a pas d'action sans mélange d'inhibition. L'état de la vie dans chacune des parties du corps est subordonnée aux rapports généraux qui existent entre les forces antagonistes dans le corps tout entier et aui rapports spéciaux qui existent entre ces mêmes forces en un point spécial. Toutes les loi^ biologiques actuellement admises, si elles ont été formulées avec l'idée préconçue qu'elles dérivaient de l'étude de la façon dont se comporte l'activité pure, devront être revisées.
c 3<> Dans les organes périphériques aussi bien que dans les organes centraux, l'activité et l'inhibition sont évidemment séparément accessibles par l'intermédiaire de fibres nerveuses spéciales, dont le gouvernement du corps fait un usage assez judicieux pour éveiller le degré voulu d'inhibition en un point dont l'antagoniste est appelé à l'activité ».
« Jecrois que dans mon estimation de l'étendue et de l'importance de l'inhibition, je suis d'accord, au moins dans une lar^'e mesure, avec deux physiologistes éminents, Gaskell en Angleterre, et Biedermann en Allemagne.
ff Je suis convaincu qne la conception dualiste des phénomènes de la vie est destinée à faire une profonde impression sur la médecine et la thérapeutique ; et je suis aussi profondément pénétré de ce fait que la découverte et l'étude de l'inhibition constituent Tune des plus grandes œuvres biologiques du siècle qui va finir ».
A Nous devons ajouter que le mémoire de M. Mellzer se termine par une excellente bibliographie du sujet, qui ne comporte pas moins de 136 numéros. R. de Musgrave-Glay.
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LX. Relation de l'autopsie d'un cas d'acromégalie avec une reTae critique des théories anatomo-pathologiques ayant conrs ; par Louis J. MiTCHELL ct E. R. Le Gount. {The New York Médical Journal, avril 1899.)
Les auteurs terminent leur résumé de ranatomie pathologique de Tacromégalie en donnant comme les plus généralement acceptées les propositions suivantes, qui ont trait à la pathogéoie de cette affection :
i° Les cas d'acromégalie associée à une tumeur vraie du corps pituitaire ne sont certainement pas aussi nombreux qu'on Ta supposé jusqu'à présent; 2*^ L'état pathologique du corps pituitaire est moins constant que ne le sont Taugmentation de volume du cœur de la glande thyroïde et de la selle turcique ; 3*^ L'acromégalie ne dépend pas, ou tout an moins ne dépend pas exclusivement de Tabolition de Tune quelconque des fonctions du corps pituitaire ; 4<^ Les rapports qui existent entre la glande thyroïde et le corps pituitaire ont été amplement démontrés ; 5* Il se peut fort bien que la prolifération des éléments histologiques du corps pituitaire soit déterminée dans certains cas par une augmentation primitive du volume de la selle turcique, et dans d'autres cas par un œdèoM ou une hémorragie exvacuo ; 6^ Il n'y a aucune raison pour que l'augmentation de volume de la selle turcique ne se rencontre pas dans Tacromégalie d'une manière aussi constante que les altérations des autres os ; il n'y a aucune raison non plus pour qu'elle ne soit pas déterminée par une cause ou par des causes similaires. » R. OB Musgrave-Cl\t.
XXX. Hémiatrophie de la langue; par Harold N. Moybr. [The New-
York Médical Journal, 7 août 1897.)
Observation curieuse d'hémiatrophie de la langue, survenue chez un homme de vingt cinq ans consécutivement à une plaie par arme à feu. R. M. G.
XXXI. La maladie de Henoch, on pnrpnra nerveux; par Francis-A. Thompson. {The New-York Médical Journal, 26 novembre 1898.)
L'auteur donne de cette maladie peu commune une description
RBVUS DB PATHOLOQIB NBaVBUSK.
sommaire et relate une observation intéressante, mais qui est malheureusement assez peu complète. R. de Musgravb Glat.
XXKII. ObBerration de microcéphalie ; par L. W. Bloumbnau. (Obozrénié psichiatrii, III, 1898.)
Diminution de poids et de toutes les dimensions du cerveau, avec excès de développement relatif du cervelet, qui est à découvert, par suite de Tarrêt de développement des régions occipitales des hémisphères cérébraux. Raccourcissement du corps calleux, surtout en arrière. Quelques anomalies de forme et de répartition des circonvolutions et des sillons des hémisphères, principalement dans les régions centrales. Absence de cloison transparente, et complète adhérence, en cet endroit, des parois des hémisphères, comme chez les mammifères. L'épaisseur de Técorce grise est de quatre millimètres, elle est du double à la parties moyenne des circonvolutions centrales. En cette région, Técorce esl riche en cellules, parmi lesquelles les cellules pyramidales, mais en général les cellules sont petites. A la région cervicale de la moelle, abondance des cellules dans les cornes antérieures, notamment en leurs portions externes, et dans la corne latérale. Le cerveau du nouveau-né devant peser 300 gr. celui de cette fillette de sept ans et quatre mois pesait, frais, 352 gr. 5. P. Kerayal.
XXXIII. Contribution au diagnostic des paralysies hystériques ; par M.-N. Fedorow. (Obozrénié psichiatrii, III, 1898.)
Trois observations, dont voici les conclusions.
A. 1® Les hémiplégies hystériques, dans la plupart des cas, s'accompagnent d'aneslhésie du côté du corps frappé ; 2^ La déviation de la face qui s'observe parfois, dépend d'un spasme des muscles du visage, et non d'une paralysie faciale ; 3^ Le bras reprend ses fonctions plus tôt que la jambe ; 4^ Les paralysies des muscles des yeux sont douteuses et se rapportent plutôt à quelque affection concomitante. La blépharoptose hystérique est un spasme de l'orbiculaire.
B. 1® Les paraplégies hystériques^ celles en particulier des jambes, s'accompagnent en grande partie d'anesthésie ; 2<^ Les fonctions vésicales et rectales y sont normales ; 3<^ La réaction électrique des extrémités paralysées est d'habitude diminuée, mais jamais on ne voit de réaction dégénérative ; 4<> On ne voit pas non plus d'atrophie dégénérative : il y a seulement une maigreur généralisée des membres frappés.
C. Dans beaucoup de cas, l'hémiplégie et la paraplégie hystériques s'évanouissent facilement après la suggestion hypnotique.
P. Kbbaval.
400 RBVUB DB PATHOLOOIB NBRVBUSB.
XXXIV. Epilepsie convulsive causée par la trépanation; par L. Mar CHAND. (Revue de Psychiatrie^ décembre 1809, n° 12.)
11 s'agil d'une femme frappée à 26 ans d*un ictus apoplectiforme suivi de contracture, puis de paralysie flasque. Croyant à une tumeur le médecin traitant fit pratiquer la trépanation. On ne trouva rien, mais à partir du lendemain de l'opération la malade eut des crises épileptiformes du type jacksonnien qui persistent toujours *. F. B.
XXXV. Ânéyrysme de Tartère vertébrale gauche ; par Ladamb et VoN MoNAKOW. {Nouv, Icoiiogr, de la SalpétrièrCy n® 1, 1900.)
Observation d'un cas rare dans la littérature médicale, comprenant une description clinique complète et une autopsie avec examen microscopique des organes lésés.
L'anévrysme développé lentement chez un ancien syphilitique a produit des troubles qui ont pu être suivis pendant plusieurs années : au début, vestiges avec angoisse cardiaque, démarche titubante, agraphie sans troubles notables des facultés intellectuelles.
Deux ans plus tard, apoplexie et chute sur le côté gauche, délire sans hallucinations, hémianalgésie à droite avec conservation de la sensibilité tactile, puis affaiblissement des membres inférieurs.
Deux ans et demi après l'apparition des premiers sympt<^mes, deuxième attaque d'apoplexie, coma et mort.
A Tautopsie, anévrysme de la grosseur d'un œuf de pigeon, siégeant sur le trajet de la vertébrale gauche au niveau où elle se jette dans le tronc basilaire, destruction presque complète de rhémisphère cérébelleux gauche et du vermis, atrophie de la VI« paire a gauche, rien du côté des hémisphères cérébraux, com> pression totale du bulbe et de la protubérance avec atrophie des cellules et dégénérescence des fibres surtout dans l'olive gauche.
Ce cas de déficit cérébelleux, sans localisations motrices importantes est particulièrement intéressant; il s'ajoute aux observations rassemblées depuis quelques années, pour justifier l'opinion de Luciani sur la fonction cérébelleuse. R. Gbaron.
XXXVI. Neurofibromatose généralisée ; par Pierre Marie et Couvb- LAiRB. {Nouv. Inconogr, de la Salpêlrièrey n® 1, 1900.)
Tableau clinique et anatomo-pathologique complet de cette affection avec les caractères particuliers suivants : Au point de
* Voir : Robert (Paul). Thèse de Paris, 1904, De Vépilepsie consécutive à la trépanation.
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vue clinique, début tardif des symptômes ; au point de vue anatomo-patbologique, existence de lésions squelettiques et musculaires, et fibromes intestinaux et cutanés développés vraisemblablement en dehors des nerfs.
Les auteurs voient dans ce cas un nouvel argument contre lathéorie de Recklingausen (unité originelle et exclusivement nerveuse) et en faveur de cette conception, que la neurofibromatose serait en réalité une fibromatose sans systématisation nerveuse absolue, mais présentant comme caractère de se développer dans le tissu conjonctif entourant les éléments nobles, avec prédilection nerveuse. R. G
XXXVII. L'adéno-lipomatose symétrique à prédominance cenricale;
par Launois et Bensaube. {Nouv, Iconogr. de la Salpétrièrej n<» 1 et 3, 1900.)
Comme suite à une communication antérieure sur cette affection, non encore décrite en France, les auteurs ont réuni d'une part 5 observations inédites, d'autre part 80 observations publiées par les cliniciens sous des noms divers et qui présentent des caractères identiques permettant de les ranger dans le cadre de cette curieuse affection, dont le tableau clinique peut-être résumé comme suit : développement progressif de tumeurs symétriques, intéressant surtout les régions cervicales latérales, les régions sous-mentonnière et vertébrale, les parties supérieures et internes des membres, les régions pectorale, épigastrique, suspubienne, les mamelles; ce développement peut atteindre des proportions énormes sans causer d'autres accidents que ceux dus à la compression ; aucun trouble viscéral ; pas de modifications de Tétat général. Ces tumeurs, comme les adéno lymphocèles, (ce qui confirmerait l'hypothèse d'une origine vasculaire lymphatique), peuvent subir des variations subites de volume en plus ou en moins, mais ne disparaissent jamais complètement. R. G.