XLVIII. La crise nasale tabétiqne ; par H. Joluan. {Revue de
médecine, juillet 1900).
Syndrome déjà décrit dans une observation de M. Klippel. Dans le cas dont il s'agit ici, la crise d'éternuement survenait après un état prodomique de picotement de la face mais sans aura paresthésique. M. H.
XLIX. Sur les maladies de la moelle chez les nouveau-nés hérédo- Bjrphilitiques ; par De Petkrs. (Bévue de médecine, août 1900.)
Observation de plusieurs cas de paralysie médullaire chez, des nouveaux nés syphilitiques sans aucun trouble cérébral. Il y avait paralysie des membres supérieurs et quelquefois des inférieurs. Les troubles moteurs des membres supérieurs étaient variables, réalisant tantôt le type Déjerine-Klumpke ou Duchemin- Erb. Ils présentaient souvent, en outre, une' forme caractéristique, par suite d'une paralysie prédominante des muscles innervés par le radial, l'avant-bras étant en pronation et la paume de la main QU dehors (position en nageoire du phoque) (Flossenstellung).
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Le pronostic de l'affection fut plutôt favorable et a cédé facilement à un traitement mercuriel. M. H.
L. Paraplégie spasmodiqfue familiale et sclérose en plaques familiale ; par Cestan et Gdillain. {Revue de médecine^ octobre 1900.)
Deux obseryations dont la première se rapporte à un cas de paraplégie spasmodique chez un homme dont le père et la sœur avaient déjà présenté la même affection. Cette paraplégie s'est développée lentement à partir de l'âge de la puberté, Le second cas se rapporte à une famille de dix enfants dont plusieurs présentèrent des toux nerveqses et dont deux ont présenté à partir de Tadolescence l'ensemble syndromique de la sclérose en plaques. Dans les deux maladies observées, l'absence de syphilis hérédi-^ taire, le début au même âge, l'absence de troubles antérieurs, 'indépendance de toute influence extérieure permet de poser le diagnostic de maladie familiale. M. H.
U. Sur le diagnostic général de la syphilis du cerYeau et de la moelle; par B. Sachs. (The New York Médical Joumalf 27 mai 1899.)
Le cerveau et la moelle sont plus fréquemment atteints par la syphilis que les nerfs périphériques ; les capillaires jouent un rôle important dans la formation du néoplasme syphilitique, mais ce rôle n'est pas exclusif, et les vaisseaux plus volumineux du cerveau et de la moelle sont le siège d'altérations importantes que les beaux travaux de Heubner ont légitimement rattachées à l'action du virus spécifique, et qui se présentent sous la forme d'endartérite, avec occlusion ultérieure du vaisseau et ramollissement de la zone qu'il alimente. La syphilis dés centres nerveux est caractérisée surtout par la multiplicité des symptômes, et par une tendance aux rémissions et aux rechutes qui correspond parfaitement avec la tendance même des tissus à la prolifération et à la régression. 11 faut ajouter que le processus syphilitique n'est pas rapidement destructeur; de là une modification des symptômes : c'est ainsi que dans la syphilis plus que partout ailleurs on trouvera la parésie au lien de la paralysie, la rigidité légère au lieu des contractures, l'aneslhésie partielle et non générale, l'aphasie transitoire et incomplète plutôt que permanente ; ce sont là des signes qui ne sont pas sans valeur pour le diagnostic. On ne se trompera guère en suspectant la syphilis si l'on est en présence de lésions multiples, de symptômes incomplets et d'une tendance aux rémissions, aux rechutes et à la guérison.
Le symptôme qui, suivant l'auteur, a le plus de valeur diagnostique, celui qui est presque pathognomonique, est tiré de la façon
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dont se comportent les pupilles, alors même que tous les antres signes de la syphilis manquent : les particularités pupillaires importantes sont les suivantes : 1" Tinégalité des pupilles, dont Tune est dilatée et Tautre contractée: 2^ leur inégalité de réaction à la lumière, Tune répondant, l'autre ne répondant pas ; 3^ la complète immobilité des pupilles à la lumière et pendant Taccommodalion, signalée par Hutchinson, mais sur laquelle on n'a pas assez insisté; il faut se souvenir que la pupille d*ArgyU-Robertson, si caractéristique du tabès et de la paralysie générale ne Test pas de la syphilis; 4^ la forme de la pupille, qui s^écarte d'un façon bien accusée de la forme circulaire, et cela en l'absence de toute iritis antérieure; à la vérité cette irrégularité de forme se rencontre en dehors de la syphilis, mais elle est beaucoup plus commune chez les syphilitiques. — 11 faudra aussi rechercher la syphilis dans les cas où Ton observera des vertiges. — On n'oubliera pas non plus que la névrite optique double est un signe de réelle valeur. — L'auteur entre ensuite dans quelques explications sur le pseudo-tabes syphilitique, qui n'est pas, dit-il, un simple produit de l'imagination des cliniciens. Il discute enfm, pour l'admettre entièrement, l'origine fréquemment syphilitique de la sclérose des cordons postérieurs.
R. de MusGRAvs Clay.
LU. Quelques psycho-névroses intéressantes; par B. C. Lovkland. (The New York Médical Journal, ^ main 1899.)
Observation I. — Femme de cinquante-cinq ans, se plaint d'une sensibilité douloureuse des mains et des pieds. Réflexes normaux. Sensibilité normale. La malade, assise, prend son point d'appui sur les coudes et demeure les doigts des mains écartés; le moindre attouchement, même celui d'une légère feuille de papier, paraissent être une cause de douleur et d'angoisse. Cette malade a subi l'ablation des annexes, et cette opération n'a nullement modifié son état. L'auteur pense qu'il s'agit d'un acro-paresthésie, d'origine hystérique.
Observation IL— Jeune fille de seize ans. Hérédité nerveuse, sans gravité, du côté maternel. Hoquet quotidien et persistant, allant jusqu'à nécessiter l'isolement, tant il devient incommode pour les voisins. On crut d'abord que le hoquet était d'origine hystérique ; mais un examen plus attentif montra qu'il existait chez cette jeune iille une sorte de chorée du diaphragme et des muscles abdominaux, un véritable clonus abdominal qui existait à l'état de veille même en l'absence du hoquet, donnant lieu dans les crises les plus fortes à un véritable aboiement. Le traitement, surtout moral, donne des résultats très favorables.
• Observation III.— Veuve de cinquante-cinq ans, troubles nerveux depuis quatre ou cinq ans, a fait un usage excessif de stimulants
alcooliques pour combattre de préleodues crises cardiaques, qu*elle décrit comme étant de véritables arrêts du cœur, et qui paraissent avoir un caractère purement subjectif, car elles ne s'accompagnent d'aucune modification du pouls. Ces crises étaient précédées d'une sensation de suffocation et de l'émission d'un son aigu et aboyant. On amène la malade à ne plus avoir recours aussi fréquemment à son remède favori, l'alcool, et les accidents s'amendent rapidement.
Si l'on voulait interpréter les phénomènes nerveux observés dans ces trois cas, il faudrait faire toute la psychologie de la mentalité hystérique : on se bornera donc à remarquer que les phénomènes étaient ici purement subjectifs, et que pour remédier à des symptômes fort incommodes il a suffît de substituer à l'idée qu'on voulait éliminer une idée d'un caractère plus utile.
R. DE Musgrave-Clay.
LUI. Hémorragie méningée spinale en dehors de la dure-ipère, avec une observation; par S. D. Hopkins. (The New York Médical Journal, 26 août 1899.)
Le sujet dont il s'agit avait été en parfaite santé jusqu'en juin 1898 : il n'était ni alcoolique ni syphilitique : à cet époque, pendant qu'il déchargeait une charrette de charbon, il éprouva par tout le corps une a sensation singulière » qu'il ne peut définir que par ce mot. Arrivé chez lui, il ne put descendre de sa charrette, les membres inférieurs étant paralysés : ceci s'était passé en une vingtaine de minutes : on le descendit et il se plaignit de douleurs atroces dans le bas du dos, s'étendant à l'abdomen et le long des cuisses : la sensibilité du bas du tronc et des jambes était abolie ; le pouls était normal, la température aussi. En vingt-quatre heures, la motilité avait commencé à se rétablir dans la jambe gauche, et vers la fin du second jour elle était satisfaisante. Les réflexes avaient été abolis dès le début, il y avait de l'incontinence d'urine. Trois jours après, l'auteur voit le malade, et outre les symptômes déjà indiqués, il constate que la jambe droite est incapable du moindre mouvement, que la sensibilité existe sur toute la surface du corps; que le réflexe du genou manque à droite et est exagéré à gauche ; qu'il n'y a ni ataxie ni paralysie des bras ; que les muscles de la face sont normaux et normales aussi toutes les sensibilités spéciales. L'intelligence n'a pas été atteinte : il y a incontinence urinaire et fécale. Le lendemain matin surviennent des nausées, et le soir le malade meurt à la suite de convulsions généralisées.
On porta le diagnostic d'hémorragée méningée spinale, que l'autopsie vint confirmer. Le canal spinal, extérieurement à la dure-mère fut trouvé rempli par du sang fluide, avec quelques
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petits caillots qui occupaient la région lombaire. Leb membranes étaient légèrement congestionnées. La moelle était normale.
L'hémorragie méningée spinale extérieure à la dure-mère est rare chez Tadulte, sauf à la suite d*un traumatisme tel qu'un coup ou une chute ; elle est au contraire fréquente chez le nou* veau-né. Dans le cas actuel on ne trouvait aucun des facteurs étiologiques ordinaires de cette forme d'hémorragie, et Ton ne peut invoquer qu'un effort musculaire considérable, c'est-à-dire la plus rare des causes connues. Le siège le plus ordinaire des hémorrhagies de cette nature est la région cervicale, tandis qu'ici elle siégeait à la région lombaire.
La convulsion finale a probablement été le résultat de l'irritation intense provoquée dans les membranes ou dans la moelle ellemême, ou peut-être dans ces deux tissus par l'abondance du sang épanché: il est démontré que l'irritation des méninges spinales ou cérébrales provoque des mouvements convulsifs. La mort soudaine paraît due à une paralysie par compression des centres cardiaques et respiratoire. R. de Musgrave-Glay.
LIV. Importance da diagnostic précoce de l'ataxie locomotrice résultant de la pathologie récente; par William Broadous Pritchard. (The New York Médical Journal^ 22 juillet 1899.)
Les symptômes précoces de l'ataxie locomotrice appartiennent à la période préataxique de la maladie et sont d'une importance capitale pour l'utilité du traitement. La doctrine de l'ataxie telle qu'elle résulte des travaux de Duchenne de Boulogne et de Charcot ne parait pas pouvoir actuellement résister à la lumière des faits introduits dans la science par les recherches de Waldeyer, Ramon y Gajal, Van Gehuchten, Andriezen, Marie, Hodge, Sherrington, Leyden et d'autres auteurs encore et la théorie des neurones marque ici la fin de l'ancien régime. L'auteur entre en de longs détails sur cette théorie et ses applications à Tataxie, et il conclut qu'il est rationnel d'admettre par analogie que si la maladie peut être reconnue assez tôt, avant l'apparition du processus secondaire de sclérose, on pourra non seulement l'enrayer mais la guérir effectivement au moyen d'un traitement approprié : de là la nécessité d'étudier de très près les symptômes prodromiques ; ces symptômes se rapportent à la sensibilité générale, à la nutrition et aux troubles des diverses sensibilités spéciales. Si les théories nouvelles sont exactes, on doit constater parmi les symptômes les plus précoces les altérations de la sensibilité tactile, de la sensibilité à la douleur et du sens musculaire ; or la clinique est d'accord ici avec la théorie, et ces symptômes sont en effet parmi les premiers qui se manifestent ; l'auteur les passe en revue. Puis il passe aux symptômes oculaires et rappelle que MObius
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ensi^igne que toat sujet du sexe masculin qui présente brusquement du strabisme et du ptosis avec diplopie est un ataxique. La troisième paire est la plus communément atteinte. Les modi« fications pupiîlaires sont un bon signe précoce : le myosis est la règle. Plus significative encore est la pupille dite d*Argyll Robertson (iridoplégie réflexe se manifestant par un défaut de réaction à la lumière, ordinairement bilatérale, mais non toujours). La lenteur de la réaction pupillaire à la lumière cbez un syphilitique doit éveiller Tattention. L^anesthésie de la conjonctive palpébrale, innervée par la cinquième paire est un bon signe de début. Enfla, dans le tabès dit amaurotique, c'est ordinairement Tatrophie du nerf optique qui révèle le diagnostic.
Tous les cas d'impuissance génitale dus à l'absence d'érection ou à toute autre faiblesse motrice doivent faire soupçonner le tabès. Il peut y avoir aussi diminution des désirs vénériens. Quand rimpuissance existe, on trouve souvent une analgésie plus ou moins marquée du testicule et du scrotum (signe de Pitres). On sait que le signe de Westphal (abolition du réflexe du genou) est souvent un signe très précoce et toujours un-signe constant.
Beaucoup de troubles trophiques peuvent être aussi des signes très précoces, depuis la chute prématurée des cheveux jusqu'au mal perforant.
Enfin, parmi les phénomènes plus rares du tabès au début, il faut encore mentionner divers troubles viscéraux : gastralgie ou enterai gie paroxystiques, vomissements excessifs, dysurie, ténesme vésical, enfin tout ce que l'on décrit sous le nom de crises gastriques, intestinales, laryngées, vésicales . Des phénomènes de cet ordre survenant chez l'adulte, sans cause appréciable, sont parfois
indicateurs de l'ataxie à son début. R. du Mdsgrays-Glat.
LV. Les néYTOses fonctionnelles dans leurs relations avec les maladies des femmes; par H.-J. Boldt. {The New York Médical Journal, il février 1899.)
L'auteur laissera de côté dans ce travail les névroses vraies, d'origine gynécologique, telles que le vaginisme ou la coccygodynie, pour ne s'occuper que de celles que l'on peut légitimement qualifier de réflexes. Parmi ces formes particulières de névroses, celles qui se rattachent à la menstruation tiennent le premier rang, par exemple l'acne rosacea, l'eczéma, l'urticaire, qui sont de vraies névroses réflexes cutanées. La mélancolie et l'hypocondrie de la ménopause doivent également être citées. Et n'est-ce pas encore une névrose réflexe, dépendant de modifications des organes pelviens, cette anémie, cet état névropathique qui surviennent à la suite de l'accouchement chez des filles-mères préalablement robustes et saines. Il suffit de mentionner les névroses de la
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grossesse, et les psychoses de Tétat puerpéral et de la lactalion. On a contesté et nié que la non-satisfaction des désirs vénériens puisse figurer dans Tétiologie névropathique : une pareille négation est peut-être d*un moraliste, elle n*est pas d*un médecin.
La cardiaigie, la tachycardie temporaire, la céphalalgie et le malaise anémiques se rencontrent fréquemment dans l'endométrile, et Fauteur a pu les rattacher dans plusieurs cas à l'existence de désirs non satisfaits, et constater leur disparition après le mariage.
Les états névropathiques qui accompagnent la nymphomanie vraie sont bien connus : Tauteur connaît un cas où Tablation du clitoris hypertrophié a amené la guérison, mais souvent aussi il a vu l'opération échouer. — L^avortement est aussi une source de névroses réflexes. Les inflammations pelviennes donnent des résultats analogues : elles compriment les nerfs, modiflent la circulation; ces lésions ou ces modiflcations mécaniques étendent leur influence jusqu^aux ganglions voisins et le réflexe se propage an système nerveux central. Quelquefois aussi les névroses réflexes ont pour point de départ la mise à nu de quelques terminaisons nerveuses dans une érosion ou une ulcération. Les déplacements utérins donnent souvent naissance à des états névropathiques intenses.
Dans un autre travail l'auteur a déjà attiré Tattention sur les névroses cardiaques d'origine ovarienne ou utérine. Il faut signaler que certaines attaques d'hystérie sont précédées d'une sensation douloureuse dans le bassin et labdomen.
Les troubles nerveux, consistant dans de la dépression mentale, de rirritation spinale et de la migraine, qui accompagnent l'inflammation chronique des ovaires, méritent une attention spéciale : l'une des causes de ces inflammations ovariennes, et des névroses qui en dépendent, est assurément la pratique du coït interrompu, telle que l'emploient les couples qui ne veulent pas avoir d'enfants : l'action de ces fraudes est analogue à celle de la masturbation et n*est pas moins nuisible. — L'auteur termine son travail par des considérations étendues sur le traitement des névroses réflexes d'ordre gynécologique. R. de Musgrave-Clay.
LVl. Sur une tumeur célébrale polymorphe (gliôme akéolatre). contenant des tubercules et des bacilles de la tuberculose; par
Claribel Gojne. ( The New York Médical Journal, 11 mars, 18 mars, 25 mars 1899.)
Le développement donné à cette observation et aux considérations auxquelles elle donne lieu, les flgures qui l'accompagnent et qui sont nécessaires à la pleine intelligence du texte, rendent ce travail difficile à analyser; mais les conclusions par lesquelles Tau-
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leur termine son mémoire en donnent par elles-mêmes, car elles sont assez étendues, un résumé suf Asamment complet : c'est pourquoi nous les reproduisons ici à peu près textuellement :
La tumeur dont il s'agit présente l'aspect de plusieurs types histologiques, (carcinome» sarcome et gliome) . Les segments qui ressemblent au carcinome sont alvéolaires et tubulaires; ceux qui ressemblent au sarcome ont la structure du sarcome simple et de Tendothélium ; ceux qui se rapprochent du gliome présentent un mélange de cellules de tumeur et de fibres fortement rélractiles. En outre on rencontre dans la tumeur des zones de transition entre ces divers états qui montrent bien que ce sont là des états différents d'une même tumeur.
Si l'on se reporte aux différentes variétés de néoplasme qui tirent leur origine de la névroglie, on constate que, seules, les tumeurs que l'on considère comme carci nom ate uses tirent leur origine de la cellule épendymaire adulte. Il est probable dans ces conditions que la tumeur dont il s'agit actuellement n'est pas un carcinome au vrai sens du mot, mais une forme particulière de gliome, et comme elle tend à se présenter sous la forme alvéolaire, on pourrait la définir un « gliome alvéolaire n, ce mot ayant le double avantage d'indiquer la nature et l'origine du néoplasme, et de le distinguer nettement des formes secondaires et métastatiques du cancer.
La période initiale de la formation du néoplasme n'a pas pu être suivie, en raison des progrès trop avancés de la tumeur ; la transition périphérique du tissu anormal au tissu normal ne peut être décelée à cause de l'encapsulement de la tumeur, et malheureusement les tissus environnants n'ont pas été conservés : la tumeur en outre siège dans le cerveau, c'est-à-dire dans un organe où l'épithélium, au sens ordinaire de ce mot, fait normalement défaut, et par surcroît, elle occupe une région dépourvue de toute connexion même avec les cellules épendymaires normales : ceci toutefois n'exclurait pas la possibilité de tumeurs secondaires; mais celles-ci sont éliminées par les constatations nécroscopiques. Seule la possibilité d'une ectopie embryonnaire subsiste.
Il ne reste donc guère pour faire un diagnostic précis que les données histologiques, et elles sont ici complexes et plus propres à dérouter qu'à éclairer. En faveur du carcinome, il y a : 1® la structure alvéolaire et tubulaire de la tumeur; 2^ la ressemblance de la cellule, qui est cylindrique, cuboïdale et polyédrique, avec la cellule épithéliale ; 3<^ l'hyperchromatose des noyaux ; et 4<^ la forme anormale des noyaux. Contre Je carcinome, il y a : i^ le caractère circonscrit de la tumeur; 2^ son encapsulement ; Z^ certaines zones diffuses, d'aspect sarcomateux rencontrées dans diverses parties de la tumeur; i^ l'absence dans le reste du corps de toute tumeur pouvant être considérée soit comme primitive, soit comme consé-
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cutive à celle dont il s'agit; et ]*on pourrait ajouter : 5^ la rareté du carcinome cérébral, soit primitif, soit secondaire.
La séparation complète de la tumeur d'avec les ventricules peut passer pour un argument contre Tidée du carcinome, mais elle ne l'exclut pas absolument, cette séparation pouvant dater de Tétat embryonnaire.
En faveur du gliome alvéolaire, il y a : 1^ la présence des alvéoles et des tubes; 2^ Taspect épithélial des cellules; 3^ les fibrilles fortement rétractiles et rappelant Faspect de la névroglie, disséminées par places au milieu des cellules. Contre Tidée du gliome alvéolaire, il y a : l*' l'absence de la cellule épendymaire type, caractérisée par ses longs prolongements filamenteux ; 2^ le caractère circonscrit de la tumeur qui ne s'accorde pas avec la nature infiltrante du gliome; 3° enfin la complète séparation de la tumeur d'avec les ventricules ; mais ici encore on peut se demander s'il en était ainsi à rétat embryonnaire .
En faveur de l'endothéliome, il y a : 1° le caractère circonscrit de la tumeur; 3^rabsence de toute autre tumeur analogue dans le reste de l'organisme ; 3^ la disposition en cordons cellulaires des tissus qui entourent les vaisseaux ; et 4® par places la transition qui va des types les plus complexes à un tissu diffus ressemblant au tissu sarcomateux. Ce dernier point est plus spécial à Tendothéliôme qu'a toute autre tumeur; et la disposition histologique qui règne autour des vaisseaux est tout à fait caractéristique de la forme d'endothéliome désignée sous le nom d'angiosarcome périthélial ; enfin 5o il n'y a aucune donnée positive à opposer à ce diagnostic.
L'étude des différentes modalités de genèse des divers néoplasmes dont nous venons de parler va peut-être aider au diagnostic. Le carcinome est rare dans le cerveau, et il est admis que dans cet organe comme dans tous les autres, il prend son origine dans les éléments épithéliaux, adultes ou embryonnaires et ces éléments on le sait, dérivent de l'ectoderme. Les épithéliums du cerveau sont le revêtement épendymaire des ventricules et Tépithélium qui recouvre les plexus choroïdes. Le carcinome dit primitif du cerveau doit par conséquent se rencontrer à l'état de néoplasme se continuant avec l'un ou l'autre de ces tissus épithéliaux (saut le cas déjà indiqué d'ectopie embryonnaire).
Le gliome est représenté comme la forme la plus fréquente de tumeur cérébrale. Gomme le carcinome il dérive de cellules ayant leur origine dans les tissus ectodermiques, qui, pour le gliome, sont les éléments respectifs de la névroglie.
On voit par là que l'épendyme est considéré comme le point de départ de deux néoplasmes dissemblables, le gliome ordinaire et le carcinome. Voyons s'il est actuellement possible de distinguer ces deux types de tumeur.
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Le fait que des tumeurs ayant la structure morphologique du carcinome peuvent avoir leur origine dans Tépendyme est démontré par un cas de carcinome primilif du quatrième ventricule qu'a publié von Wunschheim, et dans lequel il y avait connexion directe entre Tépithélium de la tumeur d'une part, et, d'autre part l'épithélium épeudymaire et celui qui revêt le plexus choroïde ; cet auteur pense que le point d'origine de la tumeur était le point de transition entre Tépithélium du plexus et Tépithélium de Tépendyme. Le fait que le gliome peut aussi partir de Tépendyme est démontré par la présence de cavités à revêtement épithélial dans rintérieur de certains gliomes : Stroebe, Buchholz et Henneberg ont publié des faits de ce genre concernant le cerveau ; et les cas de déplacements épithéliaux du môme genre ne sont pas rares dans les cas déjà nombreux de syringo-myélie . Il est évident actuellement que le carcinome ordinaire et certaines formes de gliome ont été jusqu'ici confondus. Peut-être trouverait-on la solution de la difficulté, si Ton admettait que bien que le carcinome et le gliome dérivent tous deux de la même couche blastodermique chez V embryon à savoir, rectoderme, ils prennent leur origine dans ce tissu à des périodes différentes de son développement. Le carcinome correspondrait alors à la cellule ectodermique d'une période embryonnaire plus jeune, et le gliome à la cellule ectodermique d'une période plus avancée. Suivant cette théorie le terme carcinome s'appliquerait exclusivement aux néoplasmes dont les germes ont débuté à l'état d'inclusions ectodermiques chez l'embryon jeune, et l'origine analogue du gliome appartiendrait à une période plus avancée, et même à l'état adulte avec point de départ dans la cellule • épeudymaire des ventricules ou dans les plexus choroïdes. Et de là viendrait peut-être, pour le cerveau, la rareté du carcinome et la grande fréquence du gliome.
Quelle est donc la nature de la tumeur dont il s'agit dans ce travail? Là réponse est malaisée : cependant il semble plus que possible que la tumeur, primitive dans la substance cérébrale, ait pris naissance dans de l'épithélium épeudymaire adulte, qui était inclus dans les profondeurs du tissu cérébral, et que le néoplasme ait été entièrement séparé des ventricules à l'époque de l'autopsie. Quant aux rapports de la tuberculose avec la tumeur, la première avait pénétré partout dans le néoplasme, soit à l'état de tissu tuberculeux diffus, soit à l'état de nodules discrets. Les bacilles et les cellules géantes ont été constatés. En dehors de toute' autre cause reconnue, l'exsudat inflammatoire aigu doit être considéré comme de nature tuberculeuse. La tumeur est parfois sillonnée par des infiltrations diffuses de cellules tuberculeuses et de leucocytes polymorphonucléaires. On peut donc en raison de son état d'infiltration et son étendue limitée, considérer la tuberculose comme secondaire par rapport à la formation de la tumeur. Il est plus difficile
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de préciser le foyer primitif de i'infection tuberculeuse. La lésion bacillaire du tissu cérébral n'a été découverte que lors de rexamen histologique, et Ton ne peut par conséquent afflrmer qu*uii foyer primitif, qui n'a pas été recherché, n'existait pas en un point quelconque de l'organisme. Mais il est rationnel de supposer que la tumeur cérébrale s'est comportée comme un locus minons resUtentiœ offrant au développement de la tuberculose un terrain favorable. La littérature médicale est assez pauvre en faits de ce genre : L'auteur a cependant rencontré un cas de gliome compliqué de tuberculose. Peut-être s'apercevra-t-on à l'avenir que pour les tumeurs cérébrales, comme pour les néosplasmes des autres parties de l'organisme, cette association n'est pas rare.
R. DE Musgrave-Clay.
LVII. La Paralysie de Landry ; par W.-H. Haynes. {The New lork MedicalJoumal^^n mai 1899 )
La paralysie de Landry peut être considérée comme une maladie infectieuse du système nerveux, elle intéresse surtout les cornes grises antérieures, ou du moins les cellules ganglionnaires, mais la substance blanche et les nerfs moteurs efTérents sont aussi atteints. Dans quelques cas, elle s'accompagne de symptômes plus ou moins généraux, analogues à ceux que l'on observe dans les divers degrés de gravité de la poliomyélite antérieure, elle peut être ascendante ou descendante; sa durée varie de quelques jours à trois ou quatre mois; et l'état spécial qui la caractérise est une paralysie flasque de toutes les extrémités, avec perle des réflexes, peu d'altérations de la sensibilité, des réactions électriques normales, des sphincters intacts, une marche rapide et une terminaison invariablement funeste. L'auteur après ce tableau clinique se propose d'insister sur le diagnostic et le traitement. Le diagnostic est souvent malaisé, il est à faire «lifl'érentiellement avec la névrite multiple, la myélite transverse, la myélite diffuse, la myélite disséminée, la méningo-myélite, la poliomyélite antérieure et la polioencéphalite.
Voici les éléments de différenciation : dans la névrite multiple» il y a intoxication ou maladie infectieuse préalables, le début est brusque, mais la i marche est lente, la sensibilité générale est atteinte, les réactions électriques sont nulles, il y a de l'atrophie; enfin la terminaison est lente, mais favorable; — dans la myélite transverse, on trouve ou un traumatisme antérieur ou la syphilis, des phénomènes de compression localisés, la sensibilité est atteinte, les sphincters sont intéressés, il y a de l'atrophie et des modifications électriques; dans la myélite diffuse il y a un ensemble plus complet de symptômes généraux et spinaux, et dans la forme disséminée, les symptômes sont épars, comme les foyers; dans la
méningo-myélite, il y a de bonne heure des spasmes musculaires, de la douleur, de la lièvre, et d'autres symptômes généraux bien accusés, outre ceux de la méningite qui précède la paralysie, et les symptômes cérébraux dans la forme cérébro-spinale ; dans la forme ordinaire de poliomyélite antérieure, la paralysie est limitée à certains groupes musculaires, et dans la poiioencéphalite, Técorce et les centres crâniens sont intéressés, tandis que, en règle générale, la paralysie de Landry n'atteint que les nerfs spinaux moteurs efférents, les cornes grises antérieures de la moelle et le tissu médullaire : elle est constituée par une inflammation exsudative avec infiltration cellulaire des gaines périvasculaires, dégénérescence des cellules ganglionnaires et destruction des éléments de structure, avec ou sans dégénérescence des racines antérieures.
Le traitement est jusqu'ici resté sans aucune utilité : Fauteur conseillerait volontiers l'essai du sérum antistreptococcique de Marmorek, en s'inspirant des expériences du physiologiste finlandais Homen qui en infectant des animaux avec des bactéries streptococciques et leurs toxines, a provoqué chez eux des altérations du système nerveux très analogues à celles que Ton observe dans la paralysie de Landry. R. de Musgrave-Clay.
LYin. Un cas de porencéphalie ; par Samuel Edgehley. {The Jour, of Mental Science, juillet 1899.)
Ce cas est intéressant en raison de l'étendue des territoires cérébraux envahis et aussi à cause des effets consécutifs de la lésion cérébrale sur les autres parties de l'organisme. La malade était une femme de 43 ans, sur laquelle pesait une lourde hérédité mentale et qui présentait depuis sa petite enfance des signes d'insuflisance intellectuelle et d'hémiplégie ; depuis au moins 15 ans avant sa mort (on n'a pas de renseignements antérieurs) elle avait des crises épileptiformes, pas très fréquentes, mais intenses et généralisées. Beaucoup de données utiles étaient difficiles à recueillir chez elle en raison de la grande insufOsance mentale ; elle mourut de péritonite.
A l'autopsie, la dure- mère était épaissie, et quand elle fut enlevée, on trouva du côté gauche du cerveau un kyste volumineux rempli de liquide parfaitement clair : il commençait très en avant de la scissure de Sylvius pour finir à la circonvolution pariétale postérieure, et partait en haut de la partie supérieure de la seconde circonvolution frontale pour finir en bas à la scissure temporale inférieure : dans toute cette étendue les circonvolutions cérébrales manquaient complètement.
L'arachnoïde était opaque, et, sur un peu plus de la moitié antérieure de l'espace indiqué, en étroit contact avec la pie-mère. A la partie postérieure, les membranes étaient séparées par du
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liquide, formant ainsi un second petit kyste. La cavité était presque entièrement séparée du ventricule latéral gauche par une membrane translucide, d'environ 1/16 de pouce d'épaisseur, que Ton reconnut être formée de tubes nerveux atrophiés et de névroglie hypertrophiée, et qui était tapissée du côté ventriculaire par répendyme épaissi. A l'extrémité postérieure, le kyste communiquait avec le ventricule par un orifice de la grandeur d'une pièce de cinquante centimes.
Les ganglions de la base étaient atrophiés, surtout dans la couche optique. Le lobe cérébelleux du côté opposé à la lésion (c'est-à-dire le droit) avait subi une notable diminution de volume, probablement due à la dégénérescence des fibres croisées de communication qui vont de la base du cerveau au cervelet par les pédoncules supérieurs. L'examen des pédoncules, de la protubérance et de la moelle montra une diminution des faisceaux pyramidaux à gauche. — Ce travail est accompagné de deux planches. R. de Musgrave-Glay.
XXXL De la réticence médicale; par Charles Meroer. {The Journal of Mental Science, avril 1897.)
L'auteur traite ici du secret professionnel, et il conclut en proposant à l'adoption de l'Association médico-psychologique la formule suivante : « Tous les renseignements fournis au médecin par f un malade sain d'esprit en vue de lui faire mieux comprendre « sa maladie et de lui en rendre le traitement plus utile, sont (( sacrés et ne doivent jamais être révélés sans le consentement du (c malade. » Il ajoute trois observations : i^ la formule comprend les faits constatés à l'examen du malade ainsi que les communications verbales faites par ce dernier ; 2<> elle ne comprend que les faits confiés au médecin en sa qualité de médecin ; 3<^ elle exclut les faits que le médecin est légalement forcé de révéler pour obéir à la loi sur la notification des maladies infectieuses, le malade sachant par avance que le médecin est astreint à cette révélation. Il reste un point à préciser, c'est la façon dont l'observation du secret professionnel doit être pratiquée lorsque le malade n'est plus sain d'esprit : la question n'a été que peu ou point examinée jusqu'ici; M. Mercier propose la règle suivante : a Les renseigùements four-
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a nis au médecin par un aliéné peuvent être révélés dans le cas « où cette révélation est nécessaire dans l'intérêt du malade ou « dans l'intérêt de la sécurité publique, mais seulement dans ce « cas. » R. DE Musgravs-Clay.
XXX II. Contribution à la question des obsessions; par M. Schaikb* wiTscH. {Ohozrénié psichiairii, III, 1898.)
Observation tendant à prouver que l'obsession peut émaner d'une émotion morale, et que l'idée y joue un rôle relativement petit. Ce n'est pas étonnant, car normalement la vie affective l'emporte sur la vie intellectuelle. P. Kerayal.
XXXIII. Perversion de l'instinct sexuel; par S. Lass. {Obozrénié \p$ichiatrii, III, 1898.)
Eulenburg distingue trois degrés ,dans les anomalies psychocérébrales : 10 L'hermaphrodisme psycho-sexuel, le malade sent une attraction identique pour les personnes des deux sexes; 2<' il existe une attraction pour les personnes du même sexe, mais avec conscience de la morbidité de cet instinct; Z^ l'attraction homo« sexuelle, avec inconscience, s'accompagne d'idées délirantes. La présente observation ressortit à la seconde espèce. P. Kkraval.
XXXIV. Le coup de foudre ; par Féré. (Revue de médecine, juillet 1900.)
L'attraction sexuelle subite appelée coup de foudre se rencontre souvent chez des dégénérés, associée, à des états névropathiques. L'auteur apporte deux observations, l'une d'un épileptique sujet à des vertiges et à des fausses réminiscences et qui fut frappé d'un attrait sexuel subit, suivi peu après de crise consulsive. Cet état se . reproduisit plusieurs fois.
L'autre observation est celle d'un neurcCsthénique qui éprouvait à certaines époques des besoins confus irrésistibles. Un jour, il fut pris dans la rue d'un coup de foudre pour une personne qu'il ne connaissait pas, et suivi peu après de sensation de vertige avec état confus. En général, le coup de foudre semble surtout fréquent chez les dégénérés. M. H.
XXXV. Sadisme aux courses de taureaux ; par Féré. (Kevue de médecine, 1900.)
Observation d'une hystérique à hérédité névropathique, qui éprouvait un plaisir sexuel aux courses de taureaux, à la vue de l'animal poursuivi et en danger de mort. Cette perversion sexuelle
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se manifestait aassi à la vue d'autres sports violents, et était «ai* vie de rêves erotiques obsédan;ts.
' Existe-t-il beaucoup de cas semblables? l'auteur fait remarquer qu'il ne faudrait pas se hâter de tirer des conclusions générales de ce cas. Seulement il y a lieu de se demander si un sport violent, ^i le spectacle d'une souffrance qui ne sont pas par eux-mêmes une perversion, ne peuvent pas servir d'aliment aux perversions sexuelles de quelques prédisposés. La flagellation, par exemple qui était une coutume autrefois, a alimenté parfois des instincts sadiques. M. H.
XXXVI. Etude sur le délire; par William Hirsch. (The New York Médical Journal, 22 juillet 1899.)
L'auteur définit le délire « Un état psychique caractérisé par l'abolition de la conscience individuelle, par l'incohérence dans Tenchainement des conceptions, et par l'apparition de symptômes d'initiation sensorielle et motrice, » et, comme résultat de son étude, il conclut que le délire, tel qu'il vient d'être défini, est un état psychopathiquo indépendant, sans cependant constituer un morbus sui generis, mais qu'il se rencontre dans le cours d'un grand nombre d'afTeclions mentales. R. de Mdgraves-Clay.
XXXVlï. L'alcoolisme; par Charles J. Douglas. {The New York Médical Journal, 28 octobre 1899.)
Il est peu de maladies qui soient plus accessibles que l'alcoolisme à un traitement approprié, mais le premier acte de ce traitement doit consister à enlever le malade de son domicile et de son milieu. Mais il ne faut pas supprimer brusquement Talcool, ce qui a pour effet de faire énormément souffrir le malade, et souvent de provoquer une attaque de delirium tremens ; il faut le supprimer graduellement, en le remplaçant temporairement par un, médicament approprié comme l'hydrastis ou le capsicum.
On a coutume en parlant de l'alcoolisme d'énumérer toutes les altérations qu'il détermine dans l'estomac^ le foie, les reins : mieux vaudrait se souvenir que le malade est surtout atteint d'un trouble nerveux qui se manifeste par un besoin constant ou périodique d'alcool, et que en somme, l'alcoolisme est une maladie per se, et la première qu'il faut soigner chez un alcoolique. Il faut noter d'ailleurs en passant que la résistance du sujet à l'action de l'alcool est extrêmement variable et que tandis que les uns peuvent boire impunément des quantités d'alcool assez considérables, il en est d'autres qui acquièrent la maladie à bon compte. — Revenant au traitement l'auteur rappelle qu'un mélange de bromure et de chloral e^t un excellent hypnotique chez un alcoolique, et n*^
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besoin d*être donné qu'à faibles doses. Parmi les dérivés de la houille, c'est le trional qu'il faut préférer, mais à doses élevées. La suggestion est utile aussi. — Jamais, sauf le cas de complications anormales, l'auteur ne prescrit la morphine.
Mais le médicament précieux, inoffensif, donnant le sommeil en quelques minutes, même dans le délire le plus violent, c'est l'apomorphine, en restant au-dessous de la dose vomitive (en moyenne un trentième de grain, soit deux milligrammes en injection hypodermique) .
Au bout de quelques minutes le malade a une heure ou deux de sommeil. L'auteur croit être le premier à signaler cette application spéciale de l'apomorphine. Les symptômes aigus dissipés, reste à choisir la médication générale à diriger contre la maladie : ici, un autre médicament excellent sera le nitrate de strychnine, à la condition de l'employer à des doses beaucoup plus faibles que celles qui sont indiquées dans les livres. Portugaloff déclare que la strychnine est le médicament par excellence de l'alcoolisme, et rapporte d'ailleurs le mérite de cette découverte à ses véritables auteurs, Luton et Dujardin-Beaumetz. Je dis que par ce moyen, 0 n'empêche pas le malade de boire, il lui en ôte le désir. — La strychnine aussi doit être administrée par la voie hypodermique. Enfin, il est superflu d'ajouter que la médication adoptée devra être aidée par une hygiène physique et morale appropriée.
R. DE Musgrave-Glay.
XXXVIII. L'anesthésie chez les aliénés; par W. H. B. Stoddart. (The Journal of Mental Science, octobre 1899.)
L'auteur déclare qu'il aurait peut-être plus justement intitulé son travail « l'analgésie chez les aliénés » : tous les aliénistes connaissent cette analgésie; il s'est surtout attaché à en préciser la distribution , et il a employé deux procédés, la piqûre et le pincement, l'état mental de la plupart des malades observés nécessitant le recours à un moyen non pas seulement tactile, mais un peu douloureux. Il faut noter dès le début que dans tous les cas où l'on a pu comparer la sensibilité au toucher avec la sensibilité à la douleur, on a trouvé l'anesthésie toujours un peu plus étendue que l'analgésie. Il faut signaler aussi que l'anesthésie dont on s'occupe ici n'est pas celle qui se rattache à une grosse lésion du cerveau.
L'hémianesthésie relative est un état beaucoup plus commun qu'on ne pense chez les aliénés : l'auteur désigne par le mot a hémianesthésie relative » l'anesthésie qui est inégale sur deux points symétriques du corps : le côté anesthésié est presque toujours le côté gauche chez les droitiers, et le côté droit chez les gauchers. L'auteur n'a pas encore rassemblé assez de fait pour pou-
voir dire quels sont les autres symptômes qui accompagnent rhémianesthésie relative chez les aliénés.
Il arrive ensuite à une variété d'anesthésie qui. sans qu'il puisse s'expliquer ni pourquoi ni comment, parait avoir jusqu'ici échappé à l'attention des observateurs, et qui pourtant lui semble devoir un peu aider à comprendre la physiologie et la pathologie du système nerveux. Lorsque cette anesthésie atteint son maximum d'extension, toute la surface du corps du malade est insensible à l'exception de:i<> une surface d'environ 1 pouce 3/4 au-dessus de chaque repli sus-orbitaire ; 2^ une surface d'environ 2 pouces 1/2 sur 2 pouces au-dessus du milieu de chaque ligament de Poupart; 3^ deux bandes étroites au niveau des réglons dorsale et cervicale du rachis. Une anesthésie aussi étendue est rare; mais une forme commune, relativement du moins, est celle oil la sensibilité est conservée aux pieds, au bassin sur une surface qui rappelle un peu irrégulièrement la forme du caleçon de bain, sur de petits points plus ou moins symétriques du nez et peut-être encore sur une petite bande à la région dorsale. Si l'anesthésie est encore moins étendue, les surfaces sensibles sont plus vastes. Eniin l'auteur décrit les formes décroissantes, dans l'ordre de l'étendue, de cette anesthésie, et l'intelligence du texte est aidée par des figures. Quelquefois l'anesthésie arrive à n'occuper que la face dorsale des doigts.
La forme mentale où cette anesthésie se rencontre le plus souvent est la démence secondaire avancée : chez ces malades, elle varie d'un jour à l'autre et peut même manquer complètement le lendemain d'un jour où elle aura été constatée. On ne la rencontre pas dans la démence de la paralysie générale. Après la démence c'est dans la stupeur qu'on la rencontre le plus souvent. Il n'est guère possible de dire actuellement quels sont les symptômes qui accompagnent cette variété d'anesthésie. Sa symétrie toutefois, sa variabilité conduisent naturellement à penser qu'il s'agit d'un trouble fonctionnel et non organique. L'auteur examine et discute la question du mécaniçme de cette anesthésie.
R. DE Musgrave-Clay.
XXXIX. Une forme dégénérescente de folie syphilitique, avec types cliniques; par G.-A. Welsh. {The Journal of Mental Science^ avril 1899.)
L'auteur en a observé seize cas, dont six ont guéri : cette maladie est un état de dégénérescence du système nerveux qui enva» hit primitivement les cellules nerveuses, et qui, par ses manifestations cliniques rappelle de très près la paralysie générale, avec cette différence qu'elle est assez souvent curable, et que même dans les cas où elle ne l'est pas, on obtient assez souvent des rémissions sous l'influence du traitement anti-syphilitique. La première ques-
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tion qui se pose à l'occasion de cette maladie est relative au mode d'action du virus : les faits cliniques indiquent un processus de dégé* nérescence et indiquent l'existence d'une lésion irritative des cellules nerveuses (mentales et motrices). L'auteur estime que l'agent irritant est une toxine produite par la syphilis, et il donne ici au mot toxine son sens le plus large. La réalité de la production des toxines dans la syphilis est démontrée par les manifestations cliniques de la maladie, et d'une façon plus concluante encore par les lésions non nerveuses et précoces (lesquelles sont infectantes par la voie des sécrétions glandulaires) que par les lésions plus tardives et non infectieuses. Dans ses recherches récentes, Marinesco a démontré que les irritants exercent une affinité élective, qui se manifeste par le choix non seulement de certaines cellules, mais de différentes portions des éléments chromophiliques. L'auteur ne saurait actuellement donner d'opinion sur l'affinité élective du virus syphilitique sur tel ou tel point du tissu chromophilique : tout ce qu'il faut dire, c'est que les cellules mentales et les cellules motrices sont atteintes les unes et les autres. Il veut aussi établir que la maladie dont il s'agit est une manifestation de la période tertiaire, et une lésion de dégénérescence, très distincte des produits de formation ; il examine ici quelques points de la dégénérescence cellulaire et principalement ce qu'il appelle la spécialisation de la cellule, et il conclut que lorsqu'il y a spécialisation cellulaire, la fonction végétative de reproduction est remplacée par la fonction spéciale que les cellules assument, et s'il en est ainsi dans d'autres tissus, à plus forte raison peul-on dire que cela est vrai pour un tissu à spécialisation supérieure comme celui qui constitue le système nerveux. Deux autres points sont à considérer, l'arrêt du processus et la dégénérescence progressive. *Dans la dégénérescence syphilitique des cellules nerveuses, l'arrêt du processus est l'exception plutôt que la règle; cependant il y en a des cas authentiques, bien que la forme progressive soit au contraire la règle; cette difTérence entre divers cas a des causes multiples qui sont le pouvoir de résistance des cellules, l'intensité du virus, le fait que ce virus est ou n'est pas le seul agent nuisible, enfln l'état général du système nerveux ; mais dans tous les cas on se trouve en présence de l'équation personnelle et il est presque complètement impossible d'apprécier à l'avauceles chances de guérison d'un malade. Le pouvoir de résistance de la cellule peut être abaissé par bien des facteurs et principalement par une dégénérescence lente. L'intensité du virus joue naturellement un rôle; la syphilis dit l'auteur, est un créancier capricieux qui exige tout des uns et presque rien des autres. La syphilis n'est pas toujours le seul facteur en jeu; d'autres agents toxiques peuvent joindre leur influence à la sienne, et parmi eux le plus fréquent est naturellement l'alcool. Enfin il faut tenir compte de l'état général du sys-
RBVUE DE PATHOLOOIB MENTALE.
tème nerveux, et par là l'auteur entend la présence ou l'absence de lésions confirmées, telles que les altérations vasculaires des gros vaisseaux et les dégénérescences des faisceaux de la moelle ou des tractus optiques.
Si Ton étudie maintenant la pathologie de la maladie, on y observe deux périodes, Tune de dégénérescence lente, Fautre de modiOcation active; c'est tout ce que l'on peut dire pour le moment. Il faut ajouter cependant que la syphilis est une des maladies qui ont le plus de tendance à bénéficier de la force médicatrice de la nature. Les rapports de cette maladie avec l'hérédité paraissent indirects.
La symptomatologie est caractéristique, et la maladie se prête à la définition : c'est un trouble du système nerveux caractérisé par des symptômes mentaux avec phénomènes moteurs concomitants; cette concomitance est constante et nécessaire; sans elle la maladie n'existe pas. L'état mental est en état d'exaltation et d'agitation qu'on pourrait appeler manie syphilitique. La période prémonitoire est courte, d'intensité variable, quelquefois assez légère pour passer inaperçue.La période d'invasion a un début brusque, caractérisé par desidées délirantes de grandeur, auxquelles s'ajoutent quelquefois des idées de persécution. Les autres manifestations mentales sont l'insomnie, l'afTaiblissement mental, la variabilité alternante de l'état mental, et les rémissions : la troisième de ces manifestations prend ici un caractère tout à fait spécial et très capable de faciliter le diagnostic.
Les phénomènes moteurs sont représentés par une parésie motrice et une diminution de l'excitabilité réflexe : les états que Ton observe le plus souvent sont la parésie. locale ou générale; l'incoordination parétique, ordinairement, mais non toujours, limitée aux membres inférieurs; l'absence ou la diminution des réflexes du genou et des autres réflexes tendineux; les tremblements musculaires avec articulation imparfaite du langage ; enfin de véritables attaques congestlves. Les symptômes sensoriels sont remarquables par leur absence. Dans les cas curables, les pupilles restent égales et réagissent à la lumière et à l'accommodation ; leur inégalité et leur absence de réaction sont des signes de lésions profondes de dégénérescence. Le diagnostic différentiel est à faire avec : i® la paralysie générale; 2^ la manie alcoolique aiguë simple. Dans la plupart des cas, le diagnostic différentiel avec la paralysie générale reste pendant longtemps impossible.
Le pronostic est toujours sérieux, mais non certain. Le traitement est naturellement celui de la syphilis, et parmi les médicaments antisyphilitiques c'est à l'iodure de potassium qu'il faut donner la préférence. R. de Musgrave-Glat.
XL. GonsidôratiODS sur Tétat mental dans Taphasie ; par Goi^olly Norman. {The Journal of Mental Science^ avril 1899.)
Ce trayail débute par des considérations étendues sur la faculté du langage et sur Taphasie en général, et Fauteur rappelle et résume les travaux de Marie, de Brissaud, de Finkelberg, de Heilbronner, de Starr, de Pick, de Grashey, de WolflF, etc. Puis il constate quMl est évident que Taphasie, en prenant ce mot dans son sens générique, est intimement associée à des formes de troubles mentaux que nous rencontrons quotidiennement, et que comme on pouvait le prévoir, Tintelligence est très sérieusement compromise dans un grand nombre de cas. Socialement et légalement, on peut se demander quel est Tétat d*un malade atteint d*apbasie. A prioW, on incline à répondre qu'une lésion du cerveau, si petite qu*elle puisse être, ne saurait exister sans entraîner une diminution des facultés mentales, diminution qu'on doit s'attendre à trouver d'autant plus accentuée que la portion du cerveau intéressée est préposée à une fonction dont les rapports avec la pensée sont particulièrement étroits. Mais on s'attendra aussi à ce que des lésions en foyer, bien délimitées, soient moins nuisibles à l'ensemble de ripteliigence que certains états corticaux qui impliquent une perturbation générale des associations fonctionnelles du cerveau. En présence d'un cas d'aphasie ou d'un cas similaire, si l'on veut préciser rétat mental, il faut d'abord chercher dans quelles limites les fonctions nerveuses supérieures sont intactes et voir dans quelle mesure les facultés intellectuelles générales sont conservées. On se fera ainsi une opinion sur le siège probable de la lésion cérébrale, et l'on sera renseigné sur l'état des organes de l'expression ; ce renseignement est d'autant plus utile que le plus souvent dans le cas qui est examiné ici, il ne s'agit pas du traitement, mais de la capacité du malade au point de vue de la direction de ses afTaires ou de la disposition de ses biens. Cette capacité peut être entravée par l'abolition de la faculté d'expression, alors même que l'on accepterait l'hypothèse (inadmissible suivant l'auteur) suivant laquelle la faculté de penser pourrait survivre à l'abolition complète de la faculté d'expression.
Chaque cas doit donner lieu à une étude spéciale, car aucun critérium général ne*saurait être établi : deux précautions toutefois sont à prendre dans cette étude : ne pas examiner le malade trop tôt après l'apparition des symptômes, afin de ne pas être égaré par des phénomènes transitoires, et répéter l'examen à plusieurs reprises en ayant soin de ne pas trop prolonger les séances, car l'aphasique se fatigue vite. Mais le plus souvent on rencontre des complications ou plutôt des phénomènes concomitants qui augmentent les difficultés, l'hémiplégie droite, par exemple, qui peut empêcher le malade d'écrire.
La forme d'aphasie qui entrave le moins la faculté d'expression et qui permet le maximum de conservation de l'intégrité mentale est celle où la lésion est rigoureusement limitée à la circonvolution de Broca. Mais ici même survient une autre difflculté : le malade n'est pas toujours absolument muet ; il a conservé l'usage, mais non le sens, de certains mots, et particulièrement des mots oui et non qu*il emploie indistinctement à propos et hors de propos, et il devient à peu près impossible de pénétrer sa pensée ou sa volonté. Quelquefois, il est vrai, il peut se faire comprendre par signes ou en écrivant; mais dans la majorité tout au moins des cas, l'aphasie motrice s'accompagne d'une agraphie plus ou moins accusée et Ton se trouve en présence d'une double impossibilité d'expression. Cependant, s'il n'y a pas alexie, les communications peuvent rester possibles. On n'est pas d'accord sur la mesure dans laquelle l'amnésie verbale est associée à la lésion du centre de Broca exclusivement : mais cette association est à prévoir, et en fait, on la rencontre généralement, et alors il est impossible d'apprécier la capacité intellectuelle du sujet. La cécité des mots s'accompagne généralement d'à graphie ; mais il arrive assez souvent que le malade conserve la faculté de signer son nom : une pareille signature a tout juste la valeur delà croix des illettrés; la question est de savoir s'il se rend compte de l'usage qu'il en fait et de la signification qui lui est donnée. Il existe cependant des cas de cécité des mots avec conservation par le malade de la faculté d'écrire et même de lire à haute voix les mots écrits sous la dictée. Déjerine en a rapporté un exemple, mais sa malade ne comprenait pas les mots qu'elle voyait ou qu'elle écrivail.
Quand la surdité psychique est associée à la surdité des mots, ou quand la cécité des objets est associée à la cécité des mots, la déchéance mentale est plus avancée que quand les derniers de ces états se rencontrent isolément, et quand l'asymbolie est absolue, la démence est complète. R. db Musgrave-Glat.
XLL Un cas de « folie circnlaire » dans lequel la dorée de chaque phase ne dépassait pas un jour; par M. Mac-Lduch. ( Tfœ Journal of Mental Science, juillet 1899.)
. Ce cas, observé chez une femme de 45 ads, présente quelques particularités intéressantes ; d'abord la courte durée des phases qui ne dépassaient pas vingt-quatre heures est un fait rare ; ensuite on n'a pu découvrir chez cette malade aucune influence héréditaire, et Ton sait que l'hérédité se rencontre presque toujours à l'origine de la folie circulaire; on remarquera encore que la malade avait 35 ans au moment où les premiers troubles mentaux se sont manifestés alors qu'ils apparaissent généralement, dans cette forme de folie, vers le moment de la puberté, et en tout cas
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rarement après Tâge de trente ans ; enAn il n'existait aucun rapport appréciable entre Tépoque des règles et le retour des phases d'excitation ou de dépression. R. db Mdsgrave-Clay.
XLII. Un cas d'impulsion homicide délirante ; par D. F. Rambaut.
{The Journal of Mental Science, juillet 1899.)
Il s'agit d'un homme de 48 ans, fermier, intelligent, qui, il y a huit ans, et souvent depuis présenta de petites crises de dépression mentale, précédées de symptômes assez bizarres : sensation de poids, ou quelquefois de vide, à la région frontale, faiblesse générale, douleur rétrosternale, sueurs profuses, et, plus récemment, irrégularités cardiaques ; quelquefois, à l'occasion de ces crises, il était obsédé par l'idée que son bétail allait mourir; en 1897, il eut, toujours dans les mêmes circonstances, des hallucinations de l'ouïe, tout en reconnaissant parfaitement le caractère hallucinatoire de ses sensations ; vers le même moment, il tint des propos incohérents, en les sachant incohérents, mais sans pouvoir s'empêcher de les tenir. Un jour plus tard il se réveilla avec des battements de cœur, et une impulsion le poussait à frapper sa nièce préférée; le lendemain une impulsion non moins énergique le poussait à tuer sa sœur ; il y résista, prit la fuite pour aller chez son frère, qu^il quitta brusquement en lui recommandant de ne pas le suivre, parce qu'il avait peur de lui faire du mal ; il se rendit alors au bureau de police, où il expliqua son état, et où on lui conseilla de ne pas faire l'imbécile ; il alla alors chez un ami, y coucha sans dormir, et le lendemain son état s'était encore aggravé; les impulsions homicides devenaient encore plus fréquentes ; il fut mis à l'asile. Ses impulsions sont toujours très fréquentes, et il demande lui-même à être attaché, sauf à tenter des actes de violence contre ceux qui l'attachent.
Ce cas parait rentrer dans la description classique parEsquirol de la monomanie homicide pure, sans autre altération de Tintelligence ni des sentiments affectifs, avec conscience, horreur et souvenir de l'acte homicide tenté ou accompli.
R. DE Musgrave-Clay.
XLIII. Fréquence, causes, prophylaxie et traitement de la phtisie pulmonaire dans les asiles d'aliénés; par P. G. Grookshank. ( The Journal of Mental Science, octobre \ 899.)
Le premier chapitre de ce long travail est consacré à la phtisie considérée comme cause de mort dans les asiles : voici les principaux points de ce chapitre : le taux a officiel » de la mortalité par phtisie dans les asiles d'Angleterre et du Pays-de-Galles est quatre fois et demi plus élevé que le taux de la mortalité par
phtisie chez les hommes de 35 à 45 ans, c'est-à-dire pour la période décennale qui, dans la population générale, fournit le plus fort contingent de décès par phtisie. Ce taux « officiel » de la mortalité dans les asiles est d*un bon tiers inférieur au taux réel. Dans les asiles irlandais, la mortalité est de 50 p. 100 plus élevée que dans les asiles anglais, et bien que la tuberculose soit plus répandue en Ecosse qu'en Angleterre, elle est de 20 p. 100 moins élevée dans les asiles écossais que dans les asiles anglais. La mortalité par phtisie, pour la population en général, en Angleterre et dans le pays de Galles subit actuellement une diminution qui tend à s'accentuer, et qui de 1871 à 1880 a atteint le chiffre de 30 p. 100. Une diminution analogue s'est manifestée en Ecosse.
11 ne parait pas y avoir de raisons sérieuses de supposer que, depuis vingt ans, il y ait eu une diminution dans le taux de la mortalité phtisique des asiles ; mais il est probable qu'une diminution a eu lieu de 1870 à 1880. Le taux de la mortalité phtisique des asiles écoosais qui avait lui aussi diminué entre 1870 et 1880, n'a que trè3 légèrement fléchi durant les vingt dernières années (1,5 à 6,7 p. 400).
Actuellement ce taux de mortalité a, peut-être en Ecosse, et certainement en Angleterre, une tendance à s'élever. Il ne semble pas que la mortalité, d'ailleurs relativement faible des asiles de Londres, tende à s'abaisser davantage.
Le chapitre suivant traite des causes de l'excessive mortalité par phtisie chez les habitants des asiles : l'auteur étudie avec soin les divers aspects de la question, et constate que bien que beaucoup de sujets au moment de leur entrée à Tasile soient atteints de phtisie plus ou moins avancée, il n'en est pas moins vrai que, dans la plupart des cas qui se terminent par la mort, la tuberculose a été acquise à l'asile. En raison soit de tendances héréditaires, soit de particularités respiratoires, beaucoup d'aliénés offrent au bacille un terrain favorable. Mais, sauf dans un très pelit nombre de cas, la cause immédiate est la contagion qui résulte nécessairement de la pratique ordinaire et déplorable qui consiste à laisser les phtisiques en contact avec les autres malades au lieu de les isoler.
Le dernier chapitre traite de la prophylaxie et de la guérison de la phtisie chez les malades des asiles : il peut se résumer en deux phrases : séparation complète entre les tuberculeux et les non tuberculeux, voilà pour la prophylaxie; pour les tuberculeux, le traitement moderne est généralement adopté dans un sanatorium, voilà pour la thérapeutique. — Un appendice à ce mémoire contient des tableaux statistiques*
R. DB Musgravb-Glat.
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XLIV. Rapports de là Sjrphilis avec la Folie, ouverture de la discussion; par F.-W. MoTT. {The Journal of Mental Science^ octobre 1899.)
Quand on étudie les rapports de la syphilis avec les maladies mentales, il faut avant tout étudier les différents modes d'action du poison syphilitique. Or ce poison agit de deux manières : le premier mode d'action est bien connu et produit des lésions qui sont elles-même bien connues : la syphilis détermine un processus inflammatoire spécifique qui atteint à la fois, ou isolément, les membranes et les vaisseaux du système nerveux central. L'auteur passe en revue les diverses lésions produites par ce mécanisme et les symptômes auxquels elles donnent naissance; puis il passe à rétude du deuxième mode d'action de la syphilis, qui se manifeste dans les affections dites parasyphilitiques, à savoir, la paralysie générale et le tabès. Son opinion sur la pathogénie de ces affections parasyphilitiques, c'est que la syphilis, acquise ou héréditaire, abaisse l'énergie vitale spécifîque des cellules, en sorte que sous cette influence des. systèmes de neurones meurent prématurément. 11 développe longuement et ingénieusement cette manière de voir en ce qui touche la paralysie générale. Il insiste en terminant sur un point important qui est le suivant : Hitzig 9. démontré que dans l'infection syphilitique, il y a probablement plusieurs toxines : peut-être y en a-t-il une qui agit sur les tissus épiblastiques, et une autre qui a de l'afflnité pour les tissus mésoblastiques. Il y aurait là une analogie avec la diphtérie, où c'est souvent après les cas bénins que l'on voit apparaître la paralysie diphtéritique : de même pour certains cas de paralysie générale ou de tabès, dans lesquels le malade n'accuse qu'un chancre mou, forme bénigne, qui n'est peut-être que le résultat d'une immunité héréditaire, mais qui est parfaitement capable de donner lieu à des affections parasyphilitiques. Ënfln l'auteur cite la forme juvé- .nile de la paralysie générale comme l'argument le plus fort en faveur de la doctrine qui considère la syphilis comme le facteur étiologique le plus important de la paralysie générale.
R. DE Musgrave-Glay.
XLV. Folie et mariage; par G. E. Mould. {The Journal of Mental Science, octobre 1899).
L'auteur examine la question de savoir si le mariage doit être permis soit à un aliéné guéri, soit à un sujet portant le poids d'une lourde hérédité mentale; et il conclut que malgré la grande responsabilité morale qui en pareil cas résulte pour le médecin d'un conseil afflrmatif, il convient de ne pas se montrer invariablement rigoureux ; car, d'un mariage contracté dans de bonnes conditions,
428 BBYUB DE PATHOLOGIB MENTALE.
il peut résulter un avantage pour le malade (vie régulière, tranquillité d'esprit, etc.) et même pour la société (hérédité corrigée par le conjoint sain). M. Mould désire que Ton conçoive bien qu'il ne recommande pas ]e mariage indistinctement à tous les instables d'esprit : bien des points importants sont à considérer avant de prendre ou de conseiller une détermination : nature du trouble mental, antécédents dans les deux familles, et surtout degré de vitalité physique du principal intéressé. Il a voulu surtout combattre Taxiome qui dit : » Fou un jour^ célibataire toujours. >
R. DF. Musgrave-Glat.
XL VI. Sur les causes de raugmentation da nombre des snicides;
par William W. Ireland. (The Journal of Mental Science j juillet 1899.)
Malgré les efforts de quelques auteurs anglais pour démontrer le contraire, il est certain que la fréquence du suicide augmente en Angleterre comme d'ailleurs dans tous les autres pays, et M. Ireland le démontre par les meilleurs arguments qui sont les chififres: cette augmentation admise, il se propose d*en rechercher les causes.
On a soutenu que tout homme qui se suicide est fou, au moins temporairement : ainsi formulée, Topinion n*est pas soutenable, mais il est véritable que beaucoup de ceux qui s*ôtent volontairement la vie sont en état de trouble mental : d'ailleurs la plupart des causes qui poussent les hommes à se donner la mort sont les mêmes, que le sujet soit sain ou aliéné : il se tue parce que la vie lui est devenue insupportable, et il n'appartient à personne d'apprécier dans quelle mesure et de quelle manière elle peut devenir insupportable à tel ou tel individu : Goethe l'a dit justement, la question n'est pas de savoir si un homme est faible ou fort, mais s'il peut ou non supporter le degré de souffrance physique ou morale qu'il subit, Il devient évident par là que si on diminue chez un homme la force d'endurance, on augmentera sa sensibilité, et conséquemment, ses tendances au suicide, et c'est ce qui se passe actuellement sans qu'on puisse pour cela, comme on Ta fait, affirmer que la race dégénère.
11 est certain qu'un acte aussi commun que le suicide doit avoir des causes multiples, mais l'auteur estime que la cause la plus puissante doit éire une cause mentale et parini ces causes mentales, l'auteur signale les suivantes par lesquelles il conclut son travail : surmenage du système nerveux par la lutte pour l'existence, augmentation de la sensibilité et de l'irritabilité, et en même temps diminution de la force morale de résistance due principalement à l'affaiblissement du sentiment religieux.
R. DE Musgrave-Glay.
RBYUB DB PATHOLOaiB MBNTALB. 429
XLVII. Emphysôme du tissa aréolaire sons-cntané surenu dans on cas de manie aigad ; par Gonolly Norman. (The Journal of Men" tal Science, octobre 1899).
L*auteur rapporte avec détail l'observation de ce cas, et il la fait suivre de la relation d'un autre fait analogue, publié par Kellner dans le tome XXV des Archiv f. Psychiatrie. Le cas du D' Gonolly Normal est intéressant par Tabsence de toute cause vraisemblable à laquelle on puisse attribuer Temphysème, à moins que chez cette malade, extrêmement agitée et bruyante, on n'admette que les efforts qu'elle faisait dans ses vociférations aient amené l'emphysème par le mécanisme qui le provoque quelquefois à la suite des efforts chez les parturientes. Les signes ordinaires des fractures de côté ont naturellement été cherchés, mais inutilement, et l'examen radiographique a confirmé l'absence de toute fracture costale. Mais si l'emphysème a bien été déterminé par les efforts de vocifération, il est surprenant que l'effet soit si rare alors que la cause est si commune. R. de Mosgravb-Glay.
XL VIII. Sept cents cas de paralysie générale des aliénés : analyse de tons les cas observés à l'asile dn comté de Glamorgan de 1867 à 1896; par J. G. Smith. [The Journal of Mental Science, juillet 1899).
Ce travail est intéressant à cause du grand nombre de cas sur lesquels il est établi ; mais il est impossible à analyser puisqu'il est composé presque uniquement de chiffres et de tableaux : nous aurions pourtant été tenté de reproduire ici ces chiffres s'ils ne confirmaient sur presque tous les points les travaux antérieurs du même genre et particulièrement ceux de Mickle.
R. DE MUSGRAVB GlAT.
XLIX. Notes snr quatre cas de grandes opérations chez des aliénés; par J. H. Sproat. (The Journal of Mental Science. Juillet 1899).
Le premier cas consista d'abord en l'extration d'un tuyau de pipe en vulcanite qu'un malade s'était introduit dans l'urèthre; le cathétérisme ayant démontré en outre l'existence d'une pierre dans la vessie, la cystotomie suspubienne fut pratiquée.
Dans le second cas, il s'agit de l'ablation d'un fibrome utérin du volume d'une tête fœtale : l'opération fut pratiquée par les voies naturelles. Le troisième était un cas d'abcès sous-hépatique qui fut ouvert par Incision .
Dans le quatrième une laparotomie fut pratiquée pour extraire des aiguilles avalées par la malade et qui s'étaient logées dans les muscles abdominaux où elles avaient déterminé de l'inflammation
430 RBVUB DB PATHOLOGIB MBMTALB.
et de la suppuration, et dans l'estomac. Ces quatre cas se sont terminés par la guérison. R. de Musgrave Glay.
L. Les hallucinations olfactives chez les aliénés; par F. St-John BuLLEN. (The Journal of Mental 5cï>ncc juillet 1899.)
L'organe olfactif de Thomme nous apparaît dans un état nidimentaire lorsque nous le comparons à celui de différents animaux : Tauteur en étudie avec soin et compétence le développement dans la série animale, puis il examine quel en est le siège chez Thomme en donnant pour cela un résumé des travaux d'Elliot Smith : il signale ensuite les différences que Ton observe entre le cerveau de certains animaux puissamment doués au point de vue de Tolfaction et le cerveau de Thomme qui l'est très faiblement. L'homme servi par d'autres sens très aiguisés, exerce peu son odorat, et le perfectionnement par entraînement lui fait défaut. L'imperfection de la nomenclature des impressions olfactives montre le caractère mal défîni des odeurs et l'absence des points de comparaison, et Ton peut dire ici avec vérité que la pauvreté du symbolisme révèle la faiblesse et le vague de î'idéation. On remarquera que dans le rôve, les impressions ne sont que très rarement olfactives.
Les rapports de l'odorat et du goût sont étroits, et la très fréquente association des impressions olfactives et gustatives rend parfois très difficiles à isoler les hallucinations correspondantes. L'exclusion des illusions est souvent aussi chose malaisée. Chaque cas doit, à cet égard, être apprécié isolément, aucune règle n'étant valable pour tous, et l'on fera bien de se souvenir que les excitatations périphériques d'un sens n'excluent pas une hallucination indépendante.
Les hallucinations de l'odorat sont beaucoup moins communes que celles du toucher, de la vue et de l'ouïe, et il se peut qu'elles passent souvent inaperçue. L'auteur rappelle ici les recherches de Macario, de Brierre de Boismont, de Griesinger, de Savage, de Krafft-Ebing (sur les rapports de l'olfaction avec l'excitation sexuelle) de Goodall et Graig, de Schlager, etc., et il arrive à ses recherches personnelles. Il a examiné 95 malades chez lesquels des hallucinations de l'odorat étaient supposées exister; la réserve qu'implique le mot « supposées » s'applique évidemment aux iUasions, mais il croît avoir pris des précautions suffisantes pour que les illusions n'aient pu se glisser qu'en très petit nombre parmi les hallucinations. Les hallucinations de l'odorat se rencontrent presque toujours associées à celles d'un ou plusieurs autres sens (92 fois sur 95), le plus souvent à celles de l'ouïe, puis à celles du goût, puis à celles du toucher, enfin à celles de la vue. Elles sont presque toujours de nature désagréable (odeurs agréables dans quatre cas seulement, et encore dans deux de ces quatre cas, elles
BBVUB DB PATHOLOGIB MENTALB. 431
alternaient avec des odeurs désagréables). Presque toujours l'odeur est supposée venir des objets environnants, rarement du malade lui-même : la nature de Todeur varie rarement.
Gomme les autres hallucinations celle-ci est surtout fréquente et obsédante dans la soirée ou la nuit. La fréquence avec laquelle elle se renouvelle est variable. Elles sont d'un pronostic fâcheux k cause de la forme de maladie mentale qu'elles accompagnent le plus communément; elles sont la marque d'un trouble mental profond : sur les quatre-vingt-quinze cas observés sept seulement ont guéri ou sont considérés comme guérissables, Elles paraissent plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes (64 contre 31). Quatorze femmes avaient en même temps des hallucinations sexuelles, et en prenant les deux sexes, on trouve trente et un malades (sur 95) ayant des hallucinations sexuelles, chiffre qui parait donner raison à Kraift-Ebing. Néanmoins par des raisons qu'il indique et d'après les documents qu'il a recueillis, l'auteur n'incline aucunement vers l'opinion qu'il existe une connexion entre l'appareil génital et le sens de l'odorat : mais il reconnaît qu'une apparence d'association est suggérée parla concomitance des phénomènes de ces deux ordres dans les perturbations fondamentales ■de l'intelligence. Il donne ensuite, très sommairement, le détail de treize cas d'hallucinations olfactives qui lui ont été communiqués par le D' Urquhart.
En somme si l'on considère la situation très secondaire, tant au point de vue de le structure qu'au point de vue de la fonction, qu'occupe chez l'homme le sens, virtuellement si puissant, de l'odorat, on conçoit très bien qu'il ne soit que tardivement impli* que dans les processus de dissolution qui constituent l'aliénation mentale. R. de Musgrave-Clay.
LI. Courte note sur le Béribéri dans les asiles ; par Gonolly Norman. {The Journal of Mental Science, juillet 1899.)
L'auteur se propose d'attirer l'attention des médecins d'asiles sur la tendance actuelle du Béribéri à se manifester dans ces établissements. Jusqu'à il y a quelques années, sauf chez les pêcheurs de Terre-Neuve, l'apparition en Europe du Béribéri autrement que par importation directe était inconnue. Depuis cinq'ans, des épidémies de béribéri ont éclaté dans les asiles d'aliniés d'Irlande, d'Angleterre, du Nord de l'Amérique, de France, et probablement d'Allemagne.
A l'asile de Richmond que dirige l'auteur, à Dublin, la maladie a fait sa première apparation en 1894 ; la population était de 1503 personnes : il y a eu 174 cas de béribéri (127 hommes et 47 femmes): le nombre des décès a été de 25 (18 hommes et 7 femmes). Encore les chiffres ci-dessus sont-ils probablement au-dessous de la
432 RBVUB DR PATHOLOGIB MBNTALB.
vérité, car Tauteur a la certitude, que dans bien des cas légers ou môme dans quelques cas plus graves, ne soupçonnant pas la ma* ladie, il n'a pas fait le diagnostic. — Les épilepliques ont été particulièrement atteints. La maladie disparut en 1895 pour reparaître en 1896. (Population 1686. Cas de béribéri parmi les aliènes 107, dont 31 hommes et 76 femmes; et parmi le personnel de Tasile 7, en tout li4. Décès : 2 hommes et six femmes pas de décès dans le personnel). En 1897, pour une population moyenne de 1800 personnes, 246 cas dont 45 hommes, 193 femmes 2 infirmiers et 6 infirmières. Décès : 3 hommes et 8 femmes. En 1898, 12 cas, tous chez les femmes avec 4' décès.
La mort survient généralement par affaiblissement progressif, et est le plus souvent déterminée par une dégénérescence graisseuse du cœur qui est la conséquence ordinaire des formes aiguës.
La cause de Tapparition du béribéri n'a pu être découverte; Tauteur décrit ensuite d'après les auteurs qui les ont observées quelques autres épidémies d'asile, celles de Tasile du comté de Suffolk, celle de Tasile de Tuscaloosa (Alabama), celle de Tasile de Saint-Gemmes, très bien étudiée par Ghautemesse et Ramond dans les Annales de l'Institut Pasteur.
11 ne parait guère possible d'admettre que ces épidémies multi« pies de béribéri survenues ainsi dans divers asiles de pays différents soient uniquement le fait d'une coïncidence; il faudra donc désormais que l'attention des médecins d'asiles soit constamment éveillée sur l'apparition possible de la névrite périphérique infectineuse. Mais il ne faut pas oublier, d'un autre côté, que la cause du béribéri est inconnue, et que nous appelons béribéri la maladie quia éclaté dans nos asiles parce qu'elle en présente les symptômes cliniques et les lésions anatomo-pathologiques. Mais les symptômes varient suivant les pays et les épidémies, et pendant longtemps on a refusé d'admettre l'identité du Kakké du Japon et de la maladie brésilienne avec le béribéri de la Chine et de Geylan. il se peut que l'on découvre un jour que plusieurs maladies ont été confondues sous le nom de béribéri (c'est à une découverte semblable que beaucoup d'entre nous s'attendent en ce qui touche la paralysie générale); mais à l'heure actuelle nous avons plus d'avantage au point de vue scientifique à grouper les faits qui ont tout au moins des caractères communs qu'à les subdiviser à l'infini, alors môme que l'avenir devrait prouver la légitimité de cette subdivision.
R. DE Musgravb-Glay.
LU. Notes sur une épidémie de colite à l'asile du comté de Derby ;
par R. F. Lkgge. {The Journal of Mental Science^ juillet 1899.)
Cette épidémie a frappé 54 malades (26 hommes et 28 femmes) et 23 ont succombé. Le bacille rencontré chez ces malades, est celui
SOCIÉTÉS SAVANTBS. 433
Klein a isolé et décrit en 1895 sous le nom de Bacillus enteritidis sporogeneSj et Fauteur entre dans quelques détails sur ce microbe; malheureusement ce fait n*a pas sensiblement éclairé la question de Torigine de l'épidémie, ni de la colite en général, attendu que ce même bacille a été trouvé dans les selles de trois malades non atteints de colite, et dans celles de Tun des fonctionnaires de Tasile. En outre, parmi les échantillons envoyés à Tlnstitut Jenner pour y être cultivés, il en est un dont la culture a été déclarée « modérément virulente » et le bacille appartenait à un malade à forme grave, qui a succombé. Peut-être la virulence est-elle variable suivant le terrain; en tout cas il y a là de nouvelles recherches à poursuivre. R. de Musgrave-Glay.
SOaÉTÉ DE NEUROPATHOLOGIE ET DE PSYCHIATRIE DE MOSCOU
Séance du 21 janvier 1901.
L. MiNOR. — Contracture tardive dans le domaine des nerfs facial et hypoglosse.
La contracture faciale tardive organique est admise par tous les auteurs. Quant à la langue, les auteurs sont généralement muets à ce sujet, et il n^y a que Pasquier et Marie qui donnent une indication précise sur la possibilité d'une contracture de la langue. M. Minor relate le cas d'une femme âgée de trente-deux ans, ancienne syphilitique, frappée d'hémiplégie droite avec aphasie motrice et sensorielle, paralysie du facial et de Thypoglosse (langue déviée à droite), à la suite d'une fièvre puerpérale. Grâce au traitement mercuriel énergique, il y eut une amélioration considérable de Fétat général, de la parole et des mouvements de la jambe. Mais ultérieurement il se développa un état spasmodique des muscles du bras et de la jambe, et deux ans après le début de Thémiplégie 4a contracture apparut également dans la face et dans la langue. Depuis un an cette contracture est très prononcée : la bouche est tirée du côté droit, ce qui apparaît surtout lorsque la malade veut parier ou rire ; la langue, au contraire, est déviée à gauche lorsqu'elle est tirée hors de la bouche (elle n'est pas déviée au
Archives, 2* série, t. XI. 28
repos). L*auteur croit que, si Tod admet la contracture secondaire de la langue, celle-ci doit notamment être déviée du côté sain, grâce à la contracture du muscle génioglosse, et non du côté paralysé, comme pensent quelques auteurs.
La communication de M. Minor a donné lieu à une discussion très animée, à laquelle ont pris part MM. Mouratow, Komilow, Rossolimo, Serbsky, Weidenhamer, MouraviefT, Schatalowet Roth.
S. SouKHANOw. — Sur les psychoses cliez les jumeaux.
Les cas des psychoses chez les jumeaux ne sont pas nombreux; ils ont trait pour la plupart au sexe féminin (sœurs jumelles). Ce sont des cas de confusion maniaque, de manie, de mélancolie, de démence primitive, de folie circulaire, etc. Le début de la maladie coïncidait souvent chez les deux jumeaux, parfois la psychose apparaissait à des époques différentes et d*une façon indépendante, dans d*autres cas il s'agissait de la folie induite.
L*auteur relate le cas de deux frères jumeaux, &gés de trente-trois ans', admis à la clinique psychiatrique à la fin de Tannée 1899. Les deux frères présentaient surtout dans leur enfance une très grande ressemblance, vivaient et faisaient leurs études ensemble. C'étaient deux jeunes gens instruits et intelligents, mais qui présentaient déjà depuis longtemps quelques bizarreries de caractère. L'un des deux eut un court accès de folie il y a huit ans. Dans le cours des six dernières années on constatait chez lui un affaiblissement progressif des facultés mentales. L'autre présente depuis trois ans un état analogue de démence progressive avec plaintes à propos de souffrances physiques multiples. L'un est d'appacènce chétive et présente une épendidymite tuberculeuse, l'autre est d'une bonne nutrition générale, et son état mental est meilleur que chez le premier. En résumé, il s'agit dans ce cas d'une défnence précoce^ s'étant développée indépendamment chez deux frères jumeaux.
Discussion . — M. Tokarsky dit que les psychoses chez les jumeaux plaident en faveur de l'hérédité au même titre que les autres affections familiales. Des remarques ont été faites par MM. Mouravieff, Mouratow, Komilow, Rossolimo et Roth.
S. Nalbandow. — Sur les déviations de la colonne vertébrale dans la syringomyélie.
n s'agit d'une malade de la Clinique, paysanne âgée de quarante ans, qui présentait le tableau typique de la syringomyélie, à savoir : dissociation de la sensibilité en forme de veste, brûlures et panaris, paralysie atrophique des mains, exagération des réflexes rotuliens. Il existait en même temps une double arthropathie des épaules et une cypho-scoliose droite très prononcée; tous ces phénomènes, absolument indolores, se sont développés dans le cours des onze et douze dernières années. La malade est morte avec 4^s phénomènes bulbaires. A Vautoosie^ on trouva une cavité
SOCIBTis SAVANTES.
tout le long de la moelle cervicale et dorsale jusqu'aux onzième et douzième segments dorsaux. Arthrite déformante très prononcée des épaules. Les arcs yertébraux cèdent facilement aux coups du maillet, grâce à leur consistance molle. La colonne vertébrale fortement déviée présente une concavité cypho-scoliotique extrêmement prononcée, dont le sommet se trouve à la hauteur des corps des quatrième et sixième vertèbres dorsales. À partir de la deuxième vertèbre dorsale, du côté gauche, aux endroits qui correspondent à Tinsertion des tètes costales aux cartilages intervertébraux, on voit des masses osseuses compactes de formation récente et sous forme de stalactites. C'est donc bien d'une spondylite déformante qu'il s'agit ici (Ziégler), comme le prouve du reste l'examen microscopique. A l'examen chimique on trouve une augmentation des substances organiques, mais la quantité de graisse est diminuée. L*examen microscopique de toute une série de muscles latéraux de la colonne vertébrale (des deux côtés) montre l'existence d'une amyotrophie neurotique.
Le cas de M. Naibandow prouve bien la réalité de la déviation osseuse par lésions trophiques des vertèbres, ce qui jusqu'au dernier temps était encore contesté, et il est en désaccord avec la théorie de la déviation musculaire (de Rolh). La déviation a commencé à se développer chez cette malade dans le jeune âge (â trente ans), elle ne s'accompagnait pas de douleurs, elle s'est limitée aux parties supérieures et moyennes de la colonne vertébrale et elle a pris l'aspect d'une cypho-scoliose ; tous ces faits distinguent cette déviation de la spondylite déformante typique et font supposer que celle-ci [dépend très probablement de la lésion fondamentale (syringomyélie).
N... montre les préparations anatomiques, les radiographies et les dessins microscopiques.
Secrétaires des séances : G. Rossolimo. — A. Bernstejn.
Séance du 11 février 1901.
W. Weidenhammer et P. Broukhanskt. — Contribution à Vétude du délire aigu.
Observation L — Homme, âgé de trente-trois ans, hérédité psychopathique. Début brusque de la maladie par des phénomènes d'insomnie, d'excitation motrice, refus d'alimentation, hallucinations visuelles et auditives, confusion mentale.
La température oscille entre 37, 2<» et 39,5°. Le pouls est de 100 à 120; les réflexes patellaires sont absents. La réaction des pupilles est vive. Amaigrissement rapide. Etat général grave. Confusion mentale profonde. Mort le huitième jour de la maladie.
Observation IL — Paysan, âgé de trente-deux ans, arriéré de naissance. A la suite d'une grippe surviennent : tachycardie, pal-
436 iociRBS SATAims.
pitatioDS, cauchemars, coofasioo mentale et hallacioations, ensuite confasioQ mentale, excitation générale, refus d*alimen talion, insomnie. Etat fcrare. Température 36^-38^,1, P= 100-120 ; inégalité des papilles, avec réaction très vire à la lumière. Mort le sixième jour.
A l\\ltop5ii on constate dans les deox cas que les os du cr&ne et la dure-mère cérébrale sont intacts; la pie-mère est très hyperémiée, et légèrement œdémateuse, parsemée de quelques légères hémorra^^ies. L'écorce cérébrale est un peu œdémateuse, très hjperémiée. A Texamen microscopique, on trouTe une encéphalite aiguë hémorragique de Técorce, avec altérations inflam> matoires légères du côté de la pie-mère. Les lésions étaient strictement limitées à Técorce et n'intéressaient légèrement qae la couche limitrophe de la substance blanche.
Ces observations justifient Thypothèse émise antérieurement par MM. Weidenhammer et SémidalofT, à savoir que le délire aigu a pour base anatomique une méningo-encéphalite corticale aiguë ; c*est pourquoi il faut le considérer comme une forme d*encéphalite de Stnimpell (poliencéphalite aiguë hémorragique corticale}.
P. Prkobrajknsky. — Contribution à la question de la formation des cavités dans la moelle.
En se basant sur Tezamen anatomo-pathologique de quatorze cas (dont neuf de syringomyélie, trois d'hématomyélie et deux d'hydrocéphalie congénitale et d*anencéphalie) l'auteur arrive aux conclusions suivantes :
1^ Les cavités intramédullaires peuvent être d*origine très différente ;
2^ La forme la plus fréquente des cavités est celle que nous appelons la syringoinyélie gliomateuse ou gliose médullaire ;
3^ A la syringoinyélie gliomateuse (et à elle seule) correspond un tableau clinique bien caractéristique (la triade d'Hoffman). Les cavités dues à d'autres causes ne peuvent pas évoluer d'une façon latente et s'accompagnent d'autres symptômes. Pour cette raison la syringomyélie gliomateuse doit être mise à part et différenciée tant au point de vue clinique qu'auatomo-pathologique ;
4" La syringomyélie gliomateuse (ou a vraie »} est une maladie de dégénération provenant des suites d'anomalies de développement du canal central ;
5" Les altérations qui forment la base de cette affection peuvent être présentées de la façon suivante : le canal central subit une inflammation chronique de ses parois, en même temps qu uue dilatation de son volume, par suite de l'augmentation de la quantité du liquide cérébro-spinal. A ce degré d'évolution, la cavité conserve encore l'aspect du canal central. Plus tard, la quantité du liquide cérébro-spinal devient souvent énorme, mais les parois
800IBTB8 SAVANTES. 437
de ce canal conseryent encore dans divers endroits leur épithélium, preuve qu*il s^agit d*un canal central extrêmement dilaté. On pourrait appeler les altérations ci-dessus décrites a hydromyélie chronique progressive » ou épendymite avec hydromyélie chronique progressive, tandis qu'il vaudrait mieux réserver le nom de syringomyélie pour les cavités d'autres origines ;
6^ La syringomyélie vraie sans anomalies ni participation du canal central, mais avec désagrégation de la gliomatose et formation de cavités, n'existe pas ; c'est un mythe. Dans ces cas Tauteur n*a jamais vu de résorption de la gliomatose avec formation indépendante de cavités ; il ne peut donc pas adopter les vues de Weigert à ce sujet ;
1^ L'affirmation de quelques auteurs à savoir que le canal central est parfois tout à fait intact et ne prend pas part à la formation de la cavité, provient de ce que ces auteurs n'ont pas fait sans doute un nombre suffisant de coupes ou n'ont pas examiné un assez grand nombre de segments médullaires. L'auteur est convaincu que presque dans tous les oas de syringomyélie on trouve un revêtement épithélial sur une partie (ne fût-ce qu'infime) des parois : il s'agit seulement de poursuivre assez loin ses investigations dans ce sens ;
8<> L'hématomyélîe ne peut jamais donner lieu k la syringomyélie vraie; mais on observe consécutivement des cicatrices, des kystes, des ramollissements, des foyers de destruction, etc. ;
9^ De même la syringomyélie ne peut pas provenir d'une névrite ascendante ;
10^ L'influence du traumatisme sur l'origine de la syringomyélie vraie est plus que douteuse;
11^ La syringomyélie n'a rien de commun avec la lèpre. Ce sont deux aCTections absolument différentes ;
12<> La cause immédiate de la syringomyélie vraie reste inconnue : peut-être réside-t-elle dans la syphilis héréditaire; peut-être existe-t-il d'autres conditions favorisant la dégénérescence.
Discussion. — M. Minor fait remarquer que les conclusions de l'auteur n'apportent pas de contributions nouvelles à l'étude de la syringomyélie.
M. RossoLiMO attire Tattention sur le fait de la rareté de la syringomyélie dans les classes civilisées, tandis qu'au contraire le nombre de dégénérés et de vices de conformation y est très grand. La syringomyélie affecte surtout les basses classes des pays froids. Il doit y avoir, par conséquent, des conditions spéciales, en dehors d'anomalies de conformation, qui favorisent Téclosion de la syringomyélie«
M. MouRATOw fait remarquer que si l'on veut nier le ramollissement avec formation de cavités d'origine traumatique, on ne
438 SÔCIBTBS SAVANTES.
pourrait pas expliquer beaucoup de faits positifs, entre autre la formation des cristaux d^hématoïdine, etc.
M. le professeur Hoth indique nombre de travaux russes qae M. Préobrajensky a négligé de consulter. En 1878, dans son premier travail sur la syringomyélie, M. Roth a mis en évidence des cas de transition anatomique avec et sans formation de cavités. Quelle relation existe-t-il entre la cavité et la lésion de la racine médullaire du trijumeau ou d'autres régions du bulbe? Dans quelques cas tous les processus se résument dans une hyperplasie de la neuroglie, principalement dans la substance grise postérieure, sans trace de cavité ; il ne peut donc pas s*agir ici de Thydromyélie ; mais même là où la cavité se forme, le processus commence par une gliose. Il existe toutes les transitions possibles de la gliomatose ou gliose sans cavité à la syringomyélie très prononcée. D'autre part, Texistence d'une cavité à côté d'une hydromyélie peut ne se lévéler par aucun symptôme clinique, tandis que le tableau clinique de la syringomyélie gliomateuse répond à un substratum anatomique bien défini, à savoir une byperplasie de la neuroglie, avec ou sans formation de cavités.
S. PopoPF. — Les degrés initiaux de la névrite multiple.
L'auteur relate l'observation de quatre malades dont trois alcooliques et un saturnin entrés à l'hôpital pour l'impaludisme, apoplexie cérébrale, embolie de l'articulation sylvienne et paralysie traumatique du plexus brachial.
Bien que les malades ne présentassent pas de phénomènes de polynévrites, l'examen éledrique des muscles a montré des anomalies considérables allant jusqu'à la disparition complète de l'excitabilité galvanique, voire même la réaction de dégénérescence. Ainsi chez le malade affecté de névrite traumatique du bras droit et dont le bras gauche avait toutes les apparences de santé, on a constaté dans le nerf radial gauche, dans les extenseurs de la main et dans les petits muscles de la main une absence totale de Texcitabilité galvanique, ou une contraction paresseuse (A =r K). Mêmes constatations chez les autres malades.
L'auteur attire l'attention sur ces faits qui plaident en faveur d'un degré initial de névrite, et s'efforce de dégager l'importance de ces recherches électriques alors que les symptômes objectifs font encore défaut. Dans les névrites professionnelles (arsenicales, saturnines), ces recherches pourraient contribuer à prévenir le développement de la névrite grave, en soustrayant l'ouvrier da milieu du travail.
Discussion, — M. Kornilofp dit que des anomalies de l'excitabilité électrique s'observent même chez des personnes bien por* tantes.
M. le professeur Roth doute également de la valeur diagnos-
SOGIBTBS SAVANTES. 439
tique du symptôme indiqué par M. Popoff. Pour avoir l*occasion d'examiner électriquement les muscles de l'ouvrier, il faut que celui-ci soit attiré vers le médecin par des troubles quelconques. Ôr, dans les névrites alcooliques et arsenicales, il existe des troubles précoces de la sensibilité.
Secrétaires des séances : A. Bernstein. — W. Modravibpp.
SOCIÉTÉ D*HYPiNOLOGIE ET DE PSYCHOLOGIE
Séance du 16 avril 1901.
Léthargie ayant duré cinq mois,
M. LiioEARD (de Belléme). — Une institutrice, âgée de trentecinq ans, est en train de faire sa classe. Le tonnerre tombe sur son école. Aussitôt elle perd connaissance et reste en léthargie pendant cinq mois. Deux ans après, à la suite d'une discussion violente, elle retombe en léthargie pendant soixante jours.
Mutisme, bégaiement et tremblement général guéris par la suggestion hypnotique.
M. J. Voisin. — Ces trois phénomènes morbides sont survenus à la suite d'un deuil chez une hystéro-neurasthénique &gée de trente-six ans. Supprimés une première fois par suggestion hyp* notique, ils ont récidivé trois ou quatre fois à Toccasion de dis* eussions ou de contrariétés. Finalement la malade a été tout à fait guérie par la suggestion.
Hémichorée récidivante d'origine émotive,
M. Paul Farbz. — Une jeune ûlle de dix-sept ans, précipitam* ment amenée auprès de sa mère en danger de mort, éprouve une telle émotion qu'elle présente une hémichorée droite qui dure six mois. Deux ans après, survient la mort de sa mère. En revenant du cimetière, cette jeune fille est reprise de son hémichorée ; elle laisse tomber tous les objets qu'elle tient à la main et elle ne peut ni écrire, ni coudre, ni manger seule. Un rêve émotionnel qui revient chaque nuit lui cause des insomnies rebelles. Elle est en outre totalement anesthésique à droite. En une seule séance de suggestion hypnotique, les mouvements choréiques sont suppri* mes, le rêve obsédant inhibé, la sensibilité restaurée.
Action kypnogène de V électricité statique,
M. Bbrillon. — Il est parfois difficile d^endormir des obsédés. Yy suis parTenu plusieurs fois en utilisant l'action sédative de l'électricité statique. Des malades qu'aucun procédé n*a pu influencer finissent souvent par s'endormir, en dehors de toute suggestion, dès qu'ils sont installés sur le tabouret et soumis à la douche électrique.
La constatation exacte des troubles de sensibilité dans Vkystérie.
M. Paul JoiRB (de Lille). — Il convient d'explorer isolément la sensibilité du palais, du voile du palais, de la base de la langue et de toutes les régions de la bouche, à l'aide d'un instrument fin, pour y dépister des zones parfois assez restreintes d*anesthésie ou d'hyperesthésie.
XVI. Etude de physiologie sexuelle ; par Havelock Elus. (Ed. Davis Company, 1900.)
Ce travail du savant aliéniste anglais est d'une documentation très riche en faits et abonde en citations variées, tirées des auteurs anciens et modernes de toutes nationalités. Le sujet est traité d'une façon neuve et originale. Epris de la vérité avant tout, Ëllis émet des vues audacieuses «ur la pudeur, son évolution, ses origines, la physiologie animale comparée à celle de l'homme primitif, ancien et actuel lui servent de point de départ.
La pudeur civilisant l'amour est Faboutissement final avec toutes les conventions variables d'ailleurs à Uinflni suivant les milieux et les temps; par la coquetterie, les voiles aux intentions pudiques se tournent en toilettes stimulantes de l'instinct sexuel. . EUis considère que le sentiment de la pudeur repose sur le dégoût intermittent pour les rapprochements sexuels. Cette répulsion périodique provient du rythme physiologique dépendant lui* même de la périodicité sexuelle. Ce rythme, cette périodicité, sont variables suivant les espèces, phase d'évolution, crise saisonnière» ou menstruation plus ou moins à l'image des phases lunaires» a*est une alternative qu'on retrouve toujours chez les animaux comme chez l'homme, chez le mâle comme chez la femelle.
BIBLIOGRAPHIE, 44i
Ici se placent de très originales recherches sur le rythme sexuel m≤ Fauteur s'appuie pour rétablir sur les maladies périodiques y compris les afTections mentales, viscérales, etc., sur la périodicité des pollutions nocturnes, sur l'évolution de la croissance normale et les courbes des statistiques annuelles, relativement aux suicides, aux crimes, aux maladies des prisonniers, etc. Un cycle moyen de 33 jours avec exacerbation saisonnière semble résulter de la concordance de divers diagrammes.
La seconde partie de cette intéressante étude traite de Tautoérotisme, étude de manifestations spontanées de Tinstinct sexuel. L'auteur, sous ce mot d'auto-érotisme comprend toutes les transformations de l'activité sexuelle réprimée, tant au point de vue pathologique qu'à d'autres points de vue, puisqu'il comprend sous cette rubrique jusqu'aux manifestations psychiques d'art, de poésie et de mysticisme surtout.
Il étudie d'abord la masturbation comparée chez l'animal et les différentes races humaines, les phallies antiques, l'olibos jusqu'au rinotama asiatique et les rafanis grecques. On sait d'autre part la fréquence de l'introduction de corps étrangers vésicaux dans tous les pays, chez les deux sexes.
En Europe, la machine à coudre, la bicyclette et le railway remplacent l'action excito-génésique spéciale de l'équitation. Puis viennent les masturbations morales, la délectatio-moroso, les organismes plus ou moins nets par la lecture, par auditions musicales, ou par vues de tableaux, statues, paysages, etc.
La masturbation dans son acception la plus large est envisagée dans tous ses rapports avec l'étiologie des désordres mentaux et nerveux du génie, souvent, dans ses inconvénients exagérés parles religions et par certaines écoles mystiques, et par certaines écoles scientiOques; enûn chemin faisant l'hystérie, en tant que névrose sexuelle, est défendue par l'auteur qui considère les théories de Charcot comme devant être complétées par celle de Brewer et Prend. Un chapitre spécial particulièrement intéressant est flnalement consacré à l'élément sexuel inhérent au mysticisme.
D' Â. Marie.
XVIÏ. Conférence sur la supériorité intellectuelle et la névrose; par le D' Grasset, de Montpellier. (Coulet et (Ils, 3 avril 1900).
M. Grasset nous donne ici son opinion sur les théories émises au sujet des rapports du génie et d'un état morbide (folie-névrose). Il ne parle qu'en passant de la théorie de Lombroso voulant assimiler le génie à une crise épileptique.
Personne ne peut soutenir sérieusement cette assimilation sans démasquer, sans défîgurer le mot épilepsie et en faire un terme flou, synonyme de névropathe. Son but est de réfuter les idées de
442 BIBUOâRAPHIB.
Moreau de Tours pour qui la supériorité intellectuelle est la manifestation d*une névrose caractérisée par Texaltation morbide da système nerveux. M. Grasset ne peut admettre que la supériorité soit une maladie, une manifestation de la névrose. U y a, fait-il remarquer des signes morbides caractérisés par Texcès d'upe fonction, mais toute exagération de fonction n*esl pas morbide. S*il j a maladie, la fonction est sacrée. Or, la supériorité intellectuelle ne gênant pas le fooctionnement cérébral, mais au contraire le favorisant, n*est pas une maladie.
En somme, pour être juste, il faut dire que les supérieurs ont souvent de la névrose, sans dire que la supériorité est une manifestation de cette névrose. Pourquoi cette coïncidence évidente ? Les faits nombreux rapportés parle conférencier en sont la preuve. Chaque individu a un tempérament qui se manifeste dans sa vie physiologique et dans sa vie morbide. G^est précisément ce tempérament nerveux qui se retrouve à la fois chez les supérieurs et chez les névrosés,qui forme le lien entre la supériorité et lanévrose. Le cerveau, d*autre part, est composé de parties qui peuvent fonctionner isolément, on peut ainsi admettre qu'un même homme soit à la fois névrosé et supérieur a il est névrosé par une zone de son système nerveux et supérieur par une autre ».
« La supériorité et la névrose ne sont reliées chez le même individu que par la souche commune. Ce trait commun est un tempérament et non une maladie. »
M. Jonuart fait remarquer à M. Grasset que la fréquence des deux manifestations chez un même individu a besoin d'être expliquée.
Il se range pour cela à cette opinion émise par Réveillé-Parise : que la névrose est la conséquence de la supériorité. < La névrose, dit M. Grasset, est plutôt la rançon du génie... la névrose est plutôt la plaie, la complication de la supériorité. Ce n'est pas la cause c'est l'obstacle. » Tel est le résumé des conclusions de l'auteur; il a le grand mérite de ramener les faits à leurs véritables proportions et de les expliquer avec simplicité et partant avec clarté.
XYIII. Irritabilité dans la série animale; par le D' Dbnis Goortadb. (Scientia, n» 7. Carré et Naud, 1900.)
L'auteur s'est proposé dans ce travail non de faire une étude complète de l'irritabilité, mais de résumer l'état actuel des connaissances à ce sujet et aussi de déterminer avec soin quels sont les problèmes que Ton doit s'efforcer de résoudre dans l'avenir. Ceci explique l'absence de conclusions générales : mais cette monographie n'en présente pas moins d'intérêt, car la multiplicité, comme la diversité des questions qui sont abordées suffisent à satisfaire
l'esprit. Après nn premier chapitre, donnant Thistorique de la notion, vient une étude de la nature (mayhologie, structure histo* logique et composition chimique) de la matière rivante. Chaque corps ne peut manifester ses propriétés parmi lesquels l'irritabi* lité sans la présence de certaines conditions ; ceci amène Fauteur à passer en revue le rôle de l'eau, de Tozygène, des aliments, autant d'éléments destinés à fournir le milieu nécessaire au fonctionnement de la substance protoplasiéesique.
Etant donné ces considérations, l'étude de l'irritabilité et de ses manifestations peut être abordée. C'est l'objet de trois chapitres : irritabilité fonctionnelle, irritabilité nutritive, irritabilité nerveuse. En terminant l'auteur parle de la nature de l'irritabilité : il indique clairement comment il faut la concevoir. L'animal n'a pas des propriétés absolument séparées du minéral. L'un et l'autre sont formés des mêmes éléments, par conséquent les phénomènes intimes dont ils sont le siège sont de même ordre et la comparaison n'est pas un simple jeu de l'esprit. On a pris l'habitude sous l'influence des notions anciennes ou de croyances transmises de distinguer les phénomènes d'irritabilité (corps vivants) et les phénomènes d'affinité (matière non organisée). Tous ces actes sont identiques et signifient un seul et même fait : le fonctionnement de la nature des corps. P. B.
Réparation tardive.
Nous avons souvent reçu du Bon-Sauveur de Gaen des lettres qui parvenaient à nous faire remettre des malheureux se plaignant d'être retenus sans motif dans cet établissement. Peut-être que, dans le nombre, s*en est-il trouvé qui avaient leur c raison » pour protester. Malheureusement, une enquête n'est pas facile à faire dans une maison aussi bien gardée que le Bon-Sauveur. Le parquet, chargé de la surveillance de cet établissement, peut seul faire mettre en liberté les personnes qu'il considère comme ayant été enfernfées en vertu de certificats qu'on pourrait, dans certains cas qualifier de « complaisance ». C'est ainsi que, il y a quelques années, le parquet de Caen fit sortir du Bon-Sauveur une personne de notre ville. Cette afifaire fit beaucoup de bruit; nous en avons, alors, longuement parlé.
444 VARU.
En 1897, nous avons aussi mentionné dans \e Bonhomme normand qu'une demoiselle Moisson intentait une action en dommages-intérêts à l'un de ses neveux et au médecin signataire du certificat qui l'avaient fait interner au Bon<Sauveur. Devant le tribunal civil, le neveu de la demoiselle Moisson fut condamné à lui verser 500 francs de dommages-intérêts; mais le docteur fut mis hors de cause. Sur appel, la cour de Gaen vient de lui donner entière et complète satisfaction.
Voici les faits : La demoiselle Moisson, cinquante-neuf ans, avait -4 à 5 000 francs d'économies pendant qu'elle était domestique. Son neveu, le sieur Raoult, restaurateur à Gaen, rue de l'Oratoire, aujourd'hui en faillite, parvint à se faire remettre 4 000 francs sur cette somme, puis il prétendit que sa tante était atteinte de folie furieuse. Raoult appela un docteur qui arriva au moment où la demoiselle Moisson venait de tout briser dans la chambre qu*elle occupait chez son neveu. Sans plus d'examen, le médecin signa, séance tenante, un certificat déclarant que M^^^ Moisson était atteinte de a manie furieuse » et devait être de suite internée dans iin asile d'aliénés?... Heureusement pour la pauvre demoiselle que les médecins du Bon-Sauveur eurent des doutes et la mirent en observation. Au bout de huit jours, ils étaient fixés : la demoiselle Moisson fut rendue à la liberté. G*est' alors qu'elle intenta un procès à son neveu et au docteur. Plus .de trois ans se sont écoulés depuis, et justice vient seulement d'être rendue. Gela prouve qu'il est plus facile d'être arbitrairement interné dans un asile d'aliénés que d'en sortir et, surtout, d'obtenir réparation. La cour de Gaen a condamné le sieur Raoult à 5 000 francs de dommages-intérêts envers la demoiselle Moisson, sa tante, et le docteur à 2 000 francs. {Bonhomme Normand, du 21 au 27 février 1901.)
Les aliénas en liberté.
— La gendarmerie de Dives-sur-Mer a été appelée à constater le suicide de la femme Anne Le Gorre, ménagère à Gabourg. Gause : dérangement des facultés. {Le Bonhomme Normand, 13 juillet 1900.)
Le crime d'une alcoolique. — Dans un accès de folie alcoolique la veuve Desabeie, cultivatrice à Sausson (Seine-Inférieure), o tué, à l'aide d'un instrument contondant, sa belle-mère, âgée de quatrevingt-cinq ans, rentière au même lieu. La mort a été presque instantanée. La meurtrière avait la manie de la persécution. Son acte accompli, elle s'est suicidée en se noyant. [Le Temps, 14 juillet 1900.)
— M'"*^ Eucher qui était internée à l'asile des aliénés de Saint- Henri, à Marseille, ayant réussi à s*échapper de cet établissement.
se rendit au domicile de son mari où elle arriva pendant Tabsence de ce dernier. Son premier soin fut d'allumer un réchaud près du lit de son enfant, une flUette de quatre ans, qui se trouvait seule à la maison ; puis, la prenant dans ses bras, elle s^étendit sur un lit, attendant la mort. Lorsque M. Eucher rentra de son travail, il trouva les deux corps étroitement unis. L'enfant ne donnait plus signe de vie. La folle a été sauvée. {Le Bonhomme normandy 28 décembre 1900 au 3 janvier 1901.)
Voyantes non lucides, — La police de Lisieux a arrêté deux somnambules : Esther Dubus, trente-cinq ans, née à Gaen, domiciliée au Havre, et Pauline Lecoq, quarante ans, née à Yalenciennes (Nord). Elles avaient escroqué à une pauvre folle, à laquelle elles avaient promis guérison, une somme de 50 francs et arraché l'engagement formel d'un autre versement de 100 francs.
Un drame de la folie. — La femme Eugénie Rougier, âgée de trentre-quatre ans, demeurant rue des Envierges, 26, donnait depuis quelque temps des signes non équivoques d* aliénation mentale. Son mari, qui l'aimait beaucoup, n'avait pu se décider à la faire interner et la soignait chez lui. La nuit dernière, la folle, prise d'un accès, se leva de son ht et se précipita sur sa fillette, âgée de neuf ans, pour Vétrangler. Son mari se leva en toute h&te pour porter secours à l'enfant. Au moment où il mettait le pied à terre, sa femme saisit un bol de vitriol qu'elle avait préparé le soir et lui en jeta le contenu au visage. Rougier, qui restera probablement aveugle, a été transporté à l'hôpital Tenon et sa femme dirigée par les soins de M. Girard, commissaire de police de Belleville, sur l'infirmerie spéciale du Dépôt. {La France, 19 janvier 1901.)
Par la fenêtre. — Un ancien commerçant de Clermont-Ferrand, nommé Barthélémy P..., était depuis quelque temps atteint de la folie de la persécution. Il y a trois jours, M. P..., croyant sa vie menacée, quitta précipitamment sa ville natale et vint à Paris, sans billet, d'ailleurs. Pendant deux jours, il erra dans les rues, cherohant à se dérober à ses ennemis imaginaires qui, croyait-il, l'avaient suivi dans son voyage. Enfin, cette nuit, en proie à une terreur folle, épuisé, haletant, il se réfugia au poste de police de la rue Drouot. Ce matin, on le conduisit chez M. Archer, commissaire de police. Mais, en entrant dans les bureaux du commissariat, il fut pris d'une crise furieuse. S'échappant des mains de l'agent qui le tenait, il bondit vers la fenêtre, brisa deux carreaux de vitre et, par l'ouverture, fit mine de se précipiter dans la rue. Déjà le pauvre aliéné avait la moitié du corps qui penchait dans le vide, quand un inspecteur du commissariat, M. Etienne Falet, doué d'une poigne solide, le rattrapa et le remit sur ses jambes.
446 FAITS DIVERS
Il lui fallut ensuite soutenir une véritable lutte pour maîtriser le malheureux fou, qui a été conduit à l'infirmerie du Dépôt. {Le Temps du 20 janvier 4901.)
Pauvre fou. — Le sieur Joanne, épicier à Grandmesnil, canton de Saint-Pierre-sur-Dives, qui était atteint du délire de la persecutiouy s*est tiré dans la bouche un coup de feu qui Ta très grièvement blessé. {Le Bonhomme Normand, 7 février 1901).
Drame de la folie, — Nous avons raconté hier daus quelles circonstances un rentier espagnol, M. Aurélanio Yanès, atteint d*aliénattOD mentale, tua un agent d'assurances, M. Henri Bellencontre, et chercha ensuite à se donner la mort.
Le drame s*est déroulé dans la pension de famille de la « Villa de la Grille Dorée », route de Versailles, à Boulogne-sur-Seine, et non dans la maison de santé du docteor Sollier. M. Yanès avait séjourné pendant quelque temps dans cet établissement, puis i] avait été placé dans la pension de famille voisine où la scène tragique s'est en réalité accomplie. Les dépêches signalant Févénement ont confondu les deux maisons, de là Terreur de la plupart des journaux. {Le Matin, 8 février 1901).
Les faits de ce genre montrent la nécessité d'interner dans des maisons spéciales les personnes atteintes d'aliénation mentale. Malheureusement la loi du 30 juin 1838 n*est pas respectée et si la préfecture de police faisait une enquête sérieuse elle trouverait dans les couvents de Paris et des environs des personnes internées dont la place est dans les asiles d'aliénés. C'est là qu'on trouverait les fameuses séauestrations arbitraires dont parlent souvent les journaux politiques.
FAITS DIVERS
Clark Univbrsity, Worcestbr, Masts. — Dans le n® 89, le passage d'un article sur l'enseignement de cette université peut laisser supposer qu'elle est entièrement consacrée à la Psychologie qui, au contraire, constitue seulement une des branches de l'enseignement.
DÉPRAVATION PRÉGocB. — Le uommé Coustant Martin, quatorze aus et demi, vacher à Sommervieu, a été arrêté pour avoir commis des attentats contre nature sur un enfant de 6 ans. {Le Bonhomme A'brmand, du 28 février au 6 mars 1901.)
FAITS DIVERS. 447
Société d'Hypnologib bt de Psychologib. Prix Liébeault, — Un prix fondé par le D' Liébeault (de Nancy) sera décerné annuellement par la Société d'Hypnologie et de Psychologie à Tauteur de la meilleure thèse sur Fun des sujets sui?ants : Hypnologie, Psychothérapie, Pédagogie, Criminologie, Psychologie physiologique et pathologique. Le prix Liébeault est de la valeur de 200 francs.
Les thèses des Facultés des Lettres, des Sciences et de Droit sont admises à concourir au même titre que celles des Facultés de Médecine. Les thèses devront être adressées avant le 31 décembre de chaque année à M. le Secrétaire général de la Société d'Hypnologie et de Psychologie, 14, rue Taitbout, Paris.
Suicide d'enfant. — Le jeune Auguste Vrac, douze ans, domestique à Saint-Germain-le-Gaillard (Manche), s*est pendu. On ignore les causes de ce suicide. [Le Bonhomme Normand, du 2 au 27 mars 1901.)
Nécrologie. D' Singer, — Nous avons à enregistrer la mort prématurée d'un jeune médecin adjoint des asiles d'aliénés, le D' Désiré-François-Louis-Joseph Singer, décédé le 17 février 1901 à Berguette, dans sa famille ; il était dans sa trente-quatrième année.
École pratique des hautes études. — Laboratoire de psychologie expérimentale (Asile de Villejuif). — M. le D» Toulouse, directeur du laboratoire, médecin en chef de l'asile de Villejuif, a commencé, le mercredi 24 avril 1901, à 3 heures, son cours sur les méthodes de mesures dans Vexamen de psychologie et les continuera les mercredis à la même heure.
M. Vaschide, chef des travaux du laboratoire, exercera les élèves, les lundis et les samedis à 2 heures, aux manipulations de psychologie expérimentale. M. le D' Antheaume, ancien chef de clinique des maladies mentales à la Faculté de Médecine, fera, à Fissue du cours, des démonstrations cliniques.
Des conférences complémentaires, accompagnées de travaux pratiques, auront lieu sur les matières suivantes : Psychiatrie : MM. les D'* A. Marie et Pactet, médecins en chef de l'asile de Villejuif. — Anthropologie : M. le D^ Blin, médecin en chef de l'asile de Vaucluse. — Histologie du système nerveux : M. le D' Marchand, médecin adjoint des asiles. — Electro-diagnostic : M. le D' A. Vigouroux, médecin en chef de l'asile de Vaucluse. — Chimie physiologique : M. Requier, pharmacien en chef de l'asile de Villejuif. — Examen de la vision : M. le D' Carra. — Examen de Vaudition : M. le D*" Mahu.
Pour prendre part à ces travaux, s'adresser au Laboratoire.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Babes (V.). — Die lepra, — In-8« de xii-338 paffes, avec 66 figures et 10 planches hors texte. — Wien, 1901. — Librairie A. Hôlder.
Babes (V.). et Sion (V,). — Die pellagra. — In-8« de 87 pages, avec 9 figures et 2 planches hors texte. — Wien, 1901. — Librairie A. HOldkr.
Chipault (A.). — Travaux de neurologie chirurgicale (Cinquième année). — In-8» de 362 pages, avec 15 planches hore texte. — Prix : 15 francs. — Paris, 1901. — Libiairie Vigot frères.
Crocq (J.). — Un cas de polynévrite urémique. — In-8* de 10 pages, avec 6 ligures. — Bruxelles, 1901. — Joutmal de neurologie.
Crocq (J.). — Les lésions anatomo-pathologiques de la rage sont-elles spécifiques ? — In-8« de 30 pages, avec 5 figures. — Bruxelles, 1900. — Imprimerie Sevoreyns.
Crocq (J.)- — Un cas de mal perforant plantaire périphénque guéri
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Darel (Th). ^ La folie, ses causes, sa thérapeutique au point de vue psychique, avec une préface du D' E. Gyel. — In 8* de 196 pages. — Prix, 4 fr. — Paris, 1901. Librairie F. Alcan.
Deperon (L.). — La colonie d*aliénés de Lierneux. — In-8« de 64 pages.
D'Orhea (A.). — L'edonale come ipnotico ne(fli alienati, — In-8« de 13 pages, avec 6 tableaux. — Ferrara, 1901. — Tipographia deirEridano.
Garnier (P.) et CoLOLTAN (P.). — Traité de thérapeutique des maladies mentales et nerveuses (Hygiène et prophylaxie), — ln-8« de xvi-486 pages. — Prix : 7 fr. — Paris. 1901. — Librairie J.-B. Baillière et fils.
Gilles de la Tourette. — Le traitement pratique de Vépilepsie. — In-16 de 96 pages. — Prix : 1 fr. 50. — Paris. 1901. — Librairie J.-B. Baillière et (ils.
JoLLY (F.). — Neurologie und Psychiatrie, — In-8» de 9 pages. — Berlin, 1900. — Archiv fUr Psychiatrie.
Nous appelons vivement l'attention de nos lecteurs sur l'annonce des livres qui accompagne le Sommaire.
Le rédacteur-gérant : Bourneville.
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Archives de Nécrologie. T. XI. Pl. I.
Archives de Neurologie. T. XI. — Pl. II.
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