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ARIS

(Maiaonm réunies} 20, Rue des Fossés-St-Jacques, PARIS

Vol. XI. Février 1901. fjo 62.

Deux nouveaux cas de folie gémellaire ;

Par le D' A. CULLERRE, Médecin directeur de Tasile d'aliénés de la Roche-sur- Yon.

Je me propose de présenter ici deux cas de folie gémellaire que j'observe depuis de nombreuses années. Ils viendront se joindre au groupe déjà important d'observations analogues jusqu'ici publiées, et que M. Soukhanoff a eu l'heureuse idée de reproduire sous forme de résumé dans l'étude qu'il vient de faire paraître dans les Annales médico-psycho» - logiques (septembre-octobre 1900) *.

Mais d'abord, y a-t-il une folie gémellaire f En d'autres termes, les faits que l'on désigne sous ce nom comportentils un ensemble de particularités communes qui permettent

' Aux faits qu'a récoltés M. Soukhanoff dans la littérature médicale et qui sont au nombre de vingt-neuf, il convient d'en ajouter un dû au D' William W. Worcester et publié dans le numéro d'avril 1891 de American Journal of Insanity. Les Annales mêdico-psychologiques (année 1893, t. II, p. 487), résument ainsi cette observation : « Histoire succincte de deux jumeaux admis à l'asile de Little Rock, l'un en 1869, l'autre en 1881, morts tous deux de phtisie au bout de peu de mois, tous deux faibles d'esprit, issus d'une mère également débile, et d'un père bien constitué au moral et au physique. L'un d'eux fut atteint de mélancolie agitée; il était impulsif et destructeur; l'autre était plutôt dément «impie. »

Avec le fait personnel de H. Soukhanoff et les deux nouvelles observations que nous allons décrire, cela fait, sauf erreur ou omission, trente-trois cas de folie gémellaire connus jusqu'à ce jour.

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de les isoler et d'en former un groupe spécial dans l'immense domaine des psychopalhies ? Cela ne saurait faire doute si Ton met de côté quelques cas où il semble que chez l'un des jumeaux il se soit agi de folie communiquée. La folie chez les jumeaux malgré de notables divergences dans le tableau symptomatique qui ne permet pas, comme le montre bien M. SoukhanoiT, de ranger tous les cas dans une seule catégorie clinique, répond à ces trois caractères : 1® Simultanéité dans Féclosion et parallélisme au moins partiel des symptômes psychiques ; 2° Cours analogue de la maladie et terminaison identique ; 3^ Origine spontanée du mal évoluant sur un même fonds organique.

Ces conditions, qui excluent toutes les psychoses accidentelles, nous amènent à voir dans la folie gémellaire un rameau de la folie des dégénérés et c'est en effet ce que démontre l'observation. Dans un grand nombre de cas, c'est sur le terrain de la débilité mentale native et même de l'imbécillité que se développent les troubles intellectuels des jumeaux.

L'apparition prématurée de ces troubles intellectuels, leur polymorphisme, leur évolution fréquente dans le sens de la démence précoce sont autant de signes qui révèlent la tare dégénératrice. Et, k tout bien considérer, il n'en saurait ^uère être autrement. L'existence même de la gémellité n'est pas, loin de là, une circonstance négligeable. La gémellité parait être, en effet, au moins dans certains cas, un mode inférieur de la génération déterminé par les facteurs ordinaires de la dégénérescence, les infections et les intoxications.

Certains accoucheurs sont très affirmàtifs sur ce point. M. Bar est porté à admettre que la gémellité est une tare paternelle et maternelle, aussi bien chez les animaux que chez l'homme. Elle est fréquente dans la syphilis et on trouve chez les jumeaux qui succombent une forte proportion de foies syphilitiques. M. Keim, à son tour, insiste sur la fréquence de l'hérédo-luberculose dans Tétiologie de la gémellité ; il y trouve une preuve indirecte à l'appui de la théorie qui identifie la gémellité et la monstruosité K M. Porak déclare avoir aussi montré, ainsi d'ailleurs que Shatz l'avait déjà indiqué, que dans un certain nombre de cas, la gros-

' Société obstétricale dç Paris, juillet 1879.

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sesse gémellaire, en apparence normale, pouvait être rapprochée de la monstruosité double. Le professeur Fournier, comme M. Porak, croit qu'il faut rapprocher des monslriio^ sites un certain nombre de grossesses gémellaires. Il a été frappé, en effet, en faisant le relevé de ses observations, de la proportion élevée de naissances doubles qui surviennent chez les hérédo-syphilitiques. Hutchinson a fait la même constatation ^

. Hérédo-tuberculose, hérédo-syphilis, intoxication des patents au moment de la conception, ce sont là, comme je Tai moi-même indiqué dans une communication au dernier congrès international de médecine ^ les facteurs les plus éner^ giques des psychoses précoces ou constitutionnelles, groupe auquel appartient précisément la folie gémellaire, dans la majorité des cas.

Mais ce n'est pas tout : à ces facteurs déjà suffisants par eux-mêmes, il faut ajouter l'hérédité. Leur action est d'autant plus énergique qu'ils agissent sur un terrain contaminé par rhérédité psychopatique. Dans la plupart des cas de folie gémellaire où l'hérédité a été recherchée, on Ta trouvée, et parfois à un degré intensif.

Pour M. Marro ^, qui a publié des cas intéressants de folie gémellaire, elle est la manifestation la plus élevée et la plus évidente de l'hérédité ; elle 'en est le produit direct.

Ainsi donc, les jumeaux, qui, durait môme de leur naissance, sont déjà des tarés, voire des dégénérés, sont en outre souvent au point de vue psychiatrique, des héréditaires. C'est en effet ce que confirme, croyons-nous, la clinique. A parties cas de psychose gémellaire vraie, on rencontre souvent la folie chezrundesjumeauxseulement, soit que l'un d'euxait échappé par un hasard heureux, à la tare familiale, soit bien plutôt qu'elle se révèle chez lui sous une autre forme, soit encore que l'autre jumeau ait succombé prématurément à une maladie de l'enfance.

En dehors des deux couples de jumeaux dont je vais donner l'observation, je compte, ou j'ai compté parmi les malades de mon service, un certain nombre de jumeaux dont je résume ici l'observation.

' Académie de médecine, 23-30 octobre 1900.

* À CuUerre. Pronostic éloigné des psychoses de la puberté.

' Marro. La folie gémellaire, Annali di FreniahHa,iSidZ.

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. i^ G..., vingt-deux ans, admis pour un accès de manie aiguë avec confusion des idées qui guérit en quelques semaines. C'est le quatrième accès, le premier est survenu à dix-sept ans. Légers excès alcooliques, hémoplysies. Garçon petit, grêle, chélif, à stigmates de dégénérescence. 11 a une sœur jumelle jusqu'ici indemne. Père mort phtisique, mère névropathe et calculeuse.

2^ V..., trente et un ans, un frère jumeau mort à deux mois. Démence primitive d'origine alcoolique terminée au bout de deux ans par la plUisie pulmonaire compliquée de néphrite.

3^ B..., imbécile épileptique. Nombreux stigmates de dégénérescence, un frère jumeau mort en naissant; ce dernier était volumineux et très développé, tandis que B... est né chétif et très petit.

4° A... femme R..., trente-six ans, démence primitive avec idées confuses de persécution et de grandeur développée sans cause connue. Ou ne signale aucun antécédent héréditaire ; pas de folie chez ses parents ni chez ses nombreux frères et sœurs ; un frère cependant est d'humeur bizarre. Bonne santé habituelle, quatre enfants qu'elle a nourris. Elle est jumelle avec un frère mort à dix-huit mois du croup.

5^ B..., iille de quarante ans, atteinte depuis de nombreuses années de folie systématisée chronique à la période ambitieuse. Un frère jumeau jouit d'une réputation d'excentrique justifiée : « peut-être plus fou que sa sœur », dit l'enquête. Une sœur ainée aliénée, morte dans un asile. Le père, original, était atteinte de folie pj'ocessive.

ô*' P..., fille de vingt-quatre ans, atteinte de démence paralytique à la troisième période à laquelle elle succombe au bout d'un an. A exercé la prostitution et a eu très probablement la syphilis (condylomes à l'anus); sœur jumelle, peu recommandable au point de vue des mœurs, mais n'exerçant pas ouvertement la prostitution, est jusqu'ici indemne. Famille de dégénérés à stigmates.

7* B..., vingt-six ans, atteint pour la seconde fois de délire alcoolique subaigu ; dégénéré nain à stigmates multiples, fîls d'un père phtisique appartenant à une famille de phtisiques. Une sœur jumelle morte à cinq ans du croup. La mère a des enfants normaux d'un premier et d'un troisième mari. Elle n'a eu, de son second mari, que cette grossesse gémellaire.

Dégénérescence et hérédité^ telles sont les particularités étiologiques de ces six observations. Dégénérescence surtout chez G... etB... fils de phtisiques; V... et A... femme R... frappés de démence primitive; B... imbécile épileptique; F... paralytique générale précoce; hérédité accumulée chez B... sans tare dégénérât! va marquée ; aussi voit-on ici les

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formes psychologiques s'élever en dignité ; c'est le délire systématisé, Texcentricité d'esprit, la folie processive.

En faisant quelques recherches, on trouverait sans doute, dans la littérature médicale, de nombreux cas analogues. Dans le travail récent de M. Christian sur la démence précoce des jeunes gens, on trouve deux observations concernant des jumeaux : dans Tune, l'un des frères est atteint de démence prématurée alors que son frère jumeau conserve intactes ses facultés. 11 s'agit d'une famille à hérédité assez chargée. Dans l'autre, on voit deux jumeaux, fils d'un phtisique et d'une mère intelligente, êtres frappés, l'un de démence précoce et l'autre d'une affection cérébrale mortelle d'origine alcoolique ^ Je relève un troisième cas dans une communication faite par M"* Robinowitch à la société médico-psychologique : il s'agitd'un individu atteint d'épilepsieet dedégé* nérescence mentale avec syndromes épisodiques, obsessions et impulsions dont le frère jumeau est resté indemne. La mère était une déséquilibrée hystérique ; un frère est mort idiot*.

Ces divergences dans la façon dont se comportent les jumeaux au point de vue de la psycho-pathologie sont-elles vraiment extraordinaires et devons-nous nous en étonner ? Pour qu'il y ait folie gémellaire, il est entendu qu'il faut qu'il y ait simultanéité, ressemblance, concordance dans le début, la forme et l'évolution de la psychose ; mais c'est à la condition de ne pas trop l'entendre à la lettre, car, à bien observer les choses, ces signes n'existent jamais que d'une façon approximative et pour l'ensemble seulement. Un coup d'œil jeté sur les observations suffit pour s'en convaincre.

Quelques observateurs se sont plu à insister sur la similitude parfaite existant entre les jumeaux non seulement quant à l'aspect physique et aux particularités intellectuelles et morales, mais encore en ce qui concerne les phénomènes pathologiques eux-mêmes. « Dans toutes les observations de folie gémellaire que nous avons réunies, dit Bail, la ressemblance la plus étroite au point de vue physique et moral a toujours été signalée. »

Cette assertion qui flatte l'appétit du merveilleux qui som-

* J. Christian. De la démence précoce des jeunes gens, {Annales médico' psychologiques, mai 1900.)

* Séance du 29 mai 1899.

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merlle au fond de chacun de nous, est en somme inexacte et contraire à Tobservation. Il peut bien y avoir entre les ju-^ meaux, même au point de vue pathologique, certaines ressemblances, mais elles ne vont jamais, nous le répétons, jusqu'à ridentité. Chacun d'eux garde sa personnalité propre même dans la maladie. Les observations de monstres doubles, qui sont des jumeaux soumis autant que possible à des influences identiques pendant leur développement intra et extra-utérin, auraient dû mettre en garde contre cette conception quasi-mystique. On a constaté de réelles différences, en effet, tant au physique qu'au moral, entre les sujets doubles de ce genre tels que les frères Siamois, Millie-Christine, Ritta-Christina, etc. Or, si ces jumeaux-là diffèrent, combien peuvent, à plus forte raison, différer les jumeaux ordinaires dont rindividualité est façonnée par des influences qui peuvent varier du tout au tout. Bien plus, dès la vie intra-utérine, révolution des jumeaux est susceptible de diverger puisque, dans 30 p. 100 des cas, les enfants naissent avec une différence de poids qui peut atteindre un kilogramme. Après la^ naissance, les causes siisceptibles d'agir en sens contraire sur leur développement physique et psychique, maladies, influences morales, influences du milieu, sont bien autrement nombreuses. A tout prendre, ce n'est donc pas le manque de ressemblance entre les jumeaux qui devrait étonner, mais cette grande ressemblance elle-même que Ton constate le plus souvent entre eux.

Sans pousser plus loin le paradoxe, revenons à la clinique, qui indubitablement enseigne, à qui sait observer, Texistence de la folie gémellaire avec ses caractères de concordance, sinon d'identité. Les deux cas que nous allons maintenant présenter et qui ont été suivis pendant une longue suite d'années auront, à défaut d'autres qualités, le mérite de faire ressortir l'exactitude des considérations que nous venons de développer rapidement.

Observation L — Célesline et Prudence G.„, sœurs jumelles, ont été successivement admises à Tasiie de la Roche-sur-Yon. Elle» sont les premières nées d'un couple qui n'a eu ensuite qu'un flls venu au monde vingt mois après elles et qui est une tête faible, un débile excitable porté à la méchanceté et à la violence, surtout quand il a bu.

Le père est un alcoolique d'une santé précaire, fils unique dont

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le père est mort d'une pyrexie et la mère d^une afTeclion organique de Testomac.

La mère, d'apparence à peu près normale, se plaint cependant de troubles névropathiques. Son père, alcoolique, est mort des suites d*un accident : sa mère, vivante a dépassé quatre-vingts ans Une sceur de cette dernière est épileptique et aliénée. De ce couple sont nés dix enfants, trois morts en bas âge, deux morls à vingt et Tingt-cinq ans de phtisie pulmonaire. Les [autres seraient normaux.

La mère des jumelles G. . . qui nous fournit ces renseignements dit que sa grossesse s*est passée sans incidents. Nées le 9 octobre 1865, les deux enfants ont eu une première enfance normale. Elles ont marché un peu tard, vers vingt-deux mois, Célestine un peu avant Prudence. A part la rougeole, efles n'ont fait aucune maladie. Elles ont parlé assez tardivement, et n'avaient pas beaucoup d'intelligence. Célestine fut plus précoce et plus éveillée, elle se moquait constamment de la bêtise de sa sœur lorsqu'elles commencèrent à être grandes. Elles ont suivi l'école jusqu'à quinze ans et ont appris à lire et à écrire. Elles ont été réglées à peu près en même temps, entre quinze et seize an^. Elles étaient très fortes de santé.

Célestine apprit le métier de tailleuse et travaillait assez bien. Prudence fut placée comme domestique, mais quoique bonne travailleuse, elle ne pouvait rester en place à cause de son humeur et de son caractère .

Vers rage de dix-sept ans, on remarqua qu'elles « perdaient les idées ». Célestine, la première, commença à mal travailler, à gâcher l'ouvrage. Elle devint extrêmement irritable et portée à la violence. La nuit elle avait des cauchemars terribles ; parfois elle se plaignait de perdre la vue. Elle avait conscience de cet état de souffrance de son cerveau, car elle disait qu'elle finirait par « foleiller » et qu'elle ne pourrait prendre le dessus. Son père en lirait prétexte pour la battre étant ivre.

Prudence commença un peu plus lard à donner des signes de dérangement cérébral ; cela commença par des rêves terriliants, de Texcilation, des actes désordonnés, de l'hypocondrie.

a. Célestine G. . ., a été admise le 25 février 4885, âgée par con-) ^équent de près de vingt ans. Peu à peu les troubles mentaux de la dix-septième année avaient fait des progrès et elle était devenue si méchante que ses parents furent contraints de la placer à Tasile de leur propre initiative.

C'est une forte lille, assez grande, sa taille étant de 1 mètre 61, sans infirmité, sans signes marqués de dégénérescence à part une plagiocéphalie avec proéminence marquée de la bosse frontale gauche, tandis que, par compensation, la partie inférieure droite de la face est plus développée que celle du côté opposé.

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A son entrée, on constate une certaine excitation maniaque : elle se plaint de souffrir de douleurs dans la tête au niveau du ver» tex et de Toccipul ; il lui semble que quelque chose comme une boule lui traverse le corps ; elle a des sensations de froid dans la tête ; elle se plaint aussi de ne pas voir clair ou de voir très peu. Pas de signes d'hystérie. Irritable, difficile à interroger, impulsions à courir, à se livrer à des actes extravagants ou nuisibles ; idée fixe de tuer son père et sa mère contre qui elle manifeste une aversion profonde. La première impression est qu'on a affaire à une faible d'esprit avec prédominance d'idées obsédantes d'hypocondrie, excitation habituelle et impulsions irrésistibles à la vio> lence.

Pendant plusieurs années, en effet, cette fille qui est bien réglée et jouit d'une parfaite santé physique donne lieu aux notes suivantes :

1885. Crises d'agitation violente, elle se dispute avec les autres malades, leur lance les injures les plus grossières et finit par les frapper. Mobile, irritable ; entre pour un rien dauM des accès de fureur et menace de frapper avec le premier objet qui lui tombe sous la main. Un jour, elle poursuivit une malade un couteau à la main, prétendant qu'elle lui avait pris son pain. Vociférations, imprécations, blasphèmes, le tout par accès, comme une décharge. Parfois elle prétend qu'elle a été ensorcelée. Elle se sent en butte à l'hostilité de tous ceux qui l'entourent; on. l'accuse de fautes qu'elle n'a pas commises ; elle voudrait guérir, demande qu'on la désensorcelle, qu'on la débarrasse de son tourment (idées obsédantes). Imprécations conire sa mère, qui, en voulant la marier contre son ^oût, a été cause de son mal.

1886. Toujours soumise à des crises fréquentes d'excitation maniaque avec idées délirantes polymorphes; injures, menaces, grossièretés, actes de méchanceté.

4888. ii)xcitation maniaque persistante; toujours débraillée, échevelée, bataillant avec tout le monde. Le désordre des actes domine. Par moments elle est prise d'accès de désespoir, pleure, se lamente à grands cris, demande à s'en aller.'

Les années suivantes, on remarque que l'intelligence baisse ; elle est moins active, ne peut plus se livrer qu'à des actes très simples. Les traits s'empâtent, l'expression de la physionomie devient inerte et un peu bestiale, elle urine souvent involontairement au lit. Bref la démence s'installe progressivement.

£n ce moment (octobre 4900) on fait les constatations suivantes : depuis de nombreuses années, la malade est demi-gâteuse la nuit. Sa santé est bonne, ses règles sont régulières, elle s'occupe un peu au métiage, n'a plus aucune notion du cours du temps, ne manifeste aucun sentiment affectif; ne s'agite plus que de loin en loin, et par crises courtes et subites qui se traduisent surtout par

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