CONCLUSIONS
Les conclusions qui découlent de notre étude sont de deux sortes, suivant qu'elles visent la prophylaxie individuelle ou la prophylaxie générale. Elles ne diffèrent par rien d'essentiel de celles que notre collègue M. Laveran a formulées, dans le rapport qu'il a présenté à l'Académie, l'année dernière (1); aussi lui emprunterai-je la plupart des conclusions ci-dessous.
Prophylaxie individuelle. — 1"* Dans les quartiers ou maisons envahis par les Moustiques, il est indispensable de faire usage de moustiquaires pour se protéger pendant la nuit. Les moustiquaires seront installées et entretenues avec soin ; on ne doit pas les suspendre à un anneau ; il faut les fixer sur un cadre. La partie supérieure de la moustiquaire doit être en tulle comme le resie, afin de ne pas gêner la circulation de l'air.
Les mailles du tulle qui constitue la moustiquaire doivent être de dimensions convenables, pour empêcher le passage des Moustiques sans gêner la circulation de l'air.
Il est nécessaire que le bord inférieur de la moustiquaire tombe assez bas (sans toucher le sol), pour qu'il soit facile de le rentrer sous le matelas quand on s'est introduit sous la moustiquaire.
Il est indispensable de s'assurer souvent que la moustiquaire est en bon état et de tuer les Moustiques qui ont réussi à s'y introduire.
2" On a recommandé, pour se protéger contre les piqûres des Moustiques, des pommades ou des teintures variées. La plupart
(1) A. Lavbran, Projet d'instruction pour la prophylaxie du paludisme. Bull, de l'ÀccKi. ^e mi4.^ (3)^ XUII, p. 580-587. ^mai «900.
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de ces préparations sont d'une efficacité contestable ; on peut retirer néanmoins quelques avantages de lotions faites avec une macération de bois de QuoAsia amara.
3p II est utile également pour chasser les Moustiques de répandre dans les chambres, environ une heure avant le coucher, des vapeurs de formol, au moyen d'un brûleur à platine incandescent. Les personnes qui ne pourraient supporter Todeur de ces vapeurs auront avantage à brûler de la poudre de Hyrèthre ou à déterminer pendant le sommeil un courant d'air au moyen d'un ventilateur électrique.
d'^ Si les Moustiques qui envahissent une maison proviennent d'endroits qui échappent à Taction des habitants, les fenêtres orientées de ce côté pourront être doublées extérieurement d*un châssis fixe, sur lequel sera tendue une lame de toile métallique à mailles assez fines pour que les Moustiques ne puissent les traverser.
o^ Pour atténuer les effets de la piqûre, il est avantageux d'employer la teinture d'iode en badigeonnage. Beaucoup de substances ou de formules ont été proposées dans ce but ; aucune ne rend de meilleurs services que la simple teinture d'iode.
6" Ou veillera à ce que des réservoirs, des mares ou des fossés mal entretenus autour de la maison ne servent pas au développement des Moustiques. Tous les réservoirs naturels ou artificiels qui ne sont pas indispensables seront vidés ; on détruira les larves des Moustiques dans les autres, suivant les indications données ci-dessous.
Prophylaxie générale. — 7° Il importe avant tout de faire disparaître les eaux stagnantes, surtout celles qui sont à proximité des maisons ; de donner aux fossés, aux égouts et aux déversoirs de toute nature, une pente suffisante pour que leurs eaux s'écoulent ; de supprimer tous les réservoirs naturels ou artificiels qui contiennent des eaux stagnantes sans usage.
8° Toutes les fois que la chose est possible, il faut remplacer ^'eau stagnante par l'eau courante. Les bassins des jardins publics doivent être alimentés d'eau courante, même pendant la nuit. Le courant doit être assez fort pour empêcher le développement des Moustiques, qui viennent pondre de préférence dans les eaux dormantes ou à renouvellement très lent.
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9" En raison de la Iransmission possible de certaines maladies par les Moustiques (paludisme, filariose, fièvre jaune, lèpre), on surveillera d'une façon particulièrement rigoureus, les bassins, réservoirs, citernes, tonneaux d'arrosage, puisards, etc., qui peuvent exister dans les cours, jardins et autres dépendances des hôpitaux, ainsi que dans leur voisinage immédiat. On supprimera toutes les eaux stagnantes inutiles ; on donnera aux autres un courant assez fort et incessant ; on traitera, comme il est indiqué ci'dessous, toutes celles qui ne pourraient être ni supprimées ni rendues courantes.
10*" Lorsque des eaux stagnantes ne peuvent pas être supprimées, à cause de leur utilité ou parce que les mesures destinées à assurer leur écoulement seraient trop onéreuses, il y a lieu de prendre des mesures pour détruire les larves de Moustiques.
S'il s*agit de pièces d'eau d'une assez grande étendue, on peut assurer la destruction des larves de Moustiques en entretenant des Poissons dans ces pièces d'eau.
Pour détruire les larves de Moustiques dans les mares, dans les pièces d'eau ou réservoirs de peu d'étendue, on se servira avec avantage d'huile de pétrole. Pour que le pétrole s'étale bien, on aura soin de le verser sur une série de points, et non en totalité au même endroit ; on peut se servir, pour répandre le pétrole, d'un chiOon fixé à l'extrémité, d'une perche ; le chiffon imprégné de pétrole est promené à la surface de l'eau.
Le mélange d'huile de pétrole et de goudron donne des résultats plus satisfaisants encore que le pétrole pur; il tue les larves plus rapidement, et surtout il a une action plus durable, Tévaporation étant plus lente.
11 suffit d'employer 10 centimètres cubes du mélange de pétrole et de goudron par mètre carré de la pièce d'eau dans laquelle on veut détruire les larves de Moustiques; il n'y a pas lieu de se préoccuper du cube d'eau.
L'opération doit être faite au printemps et renouvelée tous les quinze jours jusqu'à l'apparition des grands froids.
C'est au printemps surtout qu*il faut s'occuper de détruire les larves, avant qu'elles aient eu le temps de se tranformer en Insectes parfaits.
llo Les citernes et les réservoirs qui contiennent de Teau desti-
née à la boisson doivent être couverts. Si, malgré cette précaution, l'eau de ces réservoirs se peuple de larves de Moustiques, on peut procéder à la destruction de celles-ci en se servant d'huile ordinaire au lieu d'huile de pétrole.
i2p L'Académie émet le vœu que les mesures de prophylaxie individuelle formulées ci-dessus soient portées à la connaissance du public par voie d'affiche, ou de toute autre manière.
13" Elle émet également le vœu que l'État, la Ville de Paris, l'Assistance publique et les autres Administrations, chacun en ce qui le concerne^ prennent les mesures nécessaires pour détruire les larves et nymphes de Moustiques dans les étangs, bassins, réservoirs, égouts, etc., où elles peuvent se développer.
— Les conclusions du présent rapport, mises aux voix, sont adoptées à l'unanimité.
Nécrologie. — Le D'" J. Guyot, chef des travaux de zoologie à TUniversite de Rennes, s*est tué accidentellement, le 31 juillet, en manipulant un revolver. Nous éprouvons un vif regret en annonçant le décès de ce jeune zoologiste, dont les Archives ont publié récemment une excellente étude sur les OBstridesde Testomac du Cheval (I).
— M. le D' Gustave Hambau, de Bordeaux, vice-président de TAssocia* 4ion de prévoyance et de secours mutuels de France, est /nort récemment.^ Il était le fils de Jean Hambau. le savant médecin de La Teste, qui découvrit la pellagre en France et fut un véritable précurseur de Pasteur. Il y a un peu plus d*un an, le D' G. Hameau assistait à l'inauguration du monument élevé à son père, cérémonie dont nous avons rendu compte (2).
La latte contre les maladies infectieases (III, 3.i9 ; IV, 3i0). — [Tuberculoge),-' La Préfecture de police a fait opposer le 5 août, sur tous les murs de Paris, de petites affiches ainsi conçues :