HISTORIQUE
Depuis les temps les plus reculés on connaît les Insectes diptères qui s'attaquent aux quadrupèdes domestiques. Les grecs désignaient sous le nom d'olar^oç et les latins sous celui d'Asilus un anima] qui causait un indicible effroi aux troupeaux de Bœufs;
Archives de Para»itolog\e, IV, n^ t^ 1901. \t
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mais les auteurs ne sont pas d'accord pour savoir s'il s'agissait bien réellement d'une Mouche de la famille des Œstrides. D'après Joly, il est probable que si les anciens ont connu les vrais Œstrides, à l'état parfait, ils les ont confondus avec les Taons et surtout avec le Tabanus bovinus L., dont la présence cause une grande terreur aux troupeaux de Bœufs.
Quant aux GEstrides à l'état de larves, il est certain qu'Anstote connaissait celle qui vit dans le gosier des Cerfs, puisqu'il la décrit dans son Histoire des animaux.
Les vétérinaires grecs Theomnestus, Absyrtus ont vu les larves qui se fixent à l'anus des Chevaux ; ils les prenaient pour des Vers rougeurs qu'ils désignaient sous le nom de Térédines (TepijSiveç) et vont même jusqu'à conseiller, pour les détruire, de les arracher de l'anus avec les doigts et de les tuer en les couvrant de cendres chaudes et de sel pulvérisé.
Pour avoir des faits positifs, il faut arriver à la fin du 17* siècle. Malpighi, le premier, en 1697, décrit une larve provenant de l'estomac d'un Ane. D'après Joly, elle appartiendrait à l'espèce Gastrophilus intestmalis (Degeer) Leach, tandis que pour Brauer, ce serait le Gastrophilus flavipes Oliv.
Gaspari émit cette opinion erronée que le Gastrophile hémorrholdal déposerait ses œufs dans le rectum du Cheval, au moment de la défécation, et que, de là, les jeunes larves remonteraient jusqu'à l'estomac pour revenir, par la même voie, au rectum, où elles finiraient d'acquérir leur maturité.
Yallisnieri, médecin de Padoue et neveu du célèbre Malpighi, eu dehors de ses autres travaux sur les GEstrides, ajouta quelques détails à l'histoire du Gastrophile du Cheval ; mais il contribua puissamment à propager Terreur dans laquelle était tombé son compatriote Gaspari.
Réaumur adopta la même erreur ; malgré cela, ses travaux étendus sur les larves de TCËstre du Bœuf, du Mouton, du Cerf et du Cheval sont demeurés classiques.
Ce fut Linné qui donna à la famille le nom générique de Œstrus, mais il attribua à l'Œstre du Cheval la larve de THypoderme du Bœuf; les caractères de son Œstrus bonis s'appliquent au Gastrophilus intestinalis (Degeer) Leach et non pas à VHypoderma bonis Degeer.
LASVBS DB 6A8TIIOPHII.es (OBSTRIDBS) ili
Fabricius commit la même faute et ne la corrigea que beaucoup plus tard, en 1805.
Le baron Degeer distingua, le premier, les deux espèces et fit de VŒstrus bovis de Linné, c'est-à-dire du Gastrophilus equi (Leach) Clark une description exacte sous le nom d*Œstrus intestinalis.
C'est seulement en 1797, avec Bracy Clark, célèbre vétérinaire anglais, que commence véritablement l'histoire naturelle des OEstrides. Cet auteur divisa les CËstrides en trois groupes basés sur les lieux où les larves séjournent et se développent : 1^ les GastricoleSy chylivores; 2« les CxUicoles, purivores; 3^ les Cavicoles lympbivores. Il s'occupa spécialement des Œstres des Chevaux, décrivit leurs mœurs, fit connaître les remarquables migrations de leurs larves et corrigea beaucoup d'erreurs anciennes.
Il faut ensuite arriver à l'année 1863 pour avoir, avec Numan, des détails intéressants sur les larves d'OEstrides qui séjournent dans l'estomac des Solipèdes. Il est le premier à signaler les mues chez les Gastrophiles en découvrant dans l'estomac d'un cheval, mélangées aux larves rouges de son Œstre hémorrhoïdal, de petites larves , rouges également , encore recouvertes de leur ancienne peau. Mais, n'en ayant pas fait une étude suffisamment approfondie, il ne put savoir à quelle espèce elles appartenaient.
Jusque-là on ne s'était guère occupé que de la partie descriptive des Œstrides : la première étude importante sur l'anatomie de ces animaux fut publiée, à peu près en même temps, par Schroeder van der Kolk et par Joly. Le premier s'occupa spécialement de la larve de Gastrophilus intestinalis qu'il appelle Gastrus equi; le second étendit, en outre, ses recherches aux larves de GcLStrophilus hsemorrhôidalis^ aux Insectes parfaits de ces deux formes, ainsi qu'aux Insectes parfaits et aux larves de plusieurs autres espèces d'Œstrides. Joly, le premier, décrivit ^et figura la jeune larve de Gastrophilus intestinalis au moment de son éclosion, mais d'une façon incomplète et en partie inexacte.
Deux autres auteurs, Meinert et Scheiber, ont également traité de l'anatomie du Gastrephile ordinaire du Cheval. C'est seulement dans le travail de ce dernier qu'il est question d'une note très courte de Wedl sur la nature des blessures provoquées par la larve de Gastrophilus intestinalis sur la muqueuse gastrique du Cheval.
Ht i. GUYOT
En 1863, Brauer publia son importante Monographie des Œstrides, dans laquelle il traite de toutes les espèces connues jusqu'alors, mais sans parler aucunement de leur structure anatomique. C'est le dernier ouvrage important, et aussi le plus complet, qui ait paru sur la question.
Depuis cette époque jusqu'à nos jours, malgré les travaux de Gayot, Semmer, BrowD, Laboulbène, Poujade), Joly, Enderlein, Prenant, etc., le cercle de nos connaissances s'est très peu élargi. Je mentionnerai seulement le travail de Perroncito au sujet d'uu traitement par le sulfure de carbone qui, paralt-il, serait efficace pour déloger les larves de Gastrophiles de Testomac du Cheval. Mais je n'ai trouvé aucun mémoire relatif aux premières phases du développement larvaire, ni aux lésions déterminées par les larves des OEstrides gastricoles. Dans la dernière édition de son Traité de Zoologie médicale et agricole, Railliet mentionne toutefois, d'après Boas, qu'il y aurait quatre stades dans le cours du développement de la larve de Gastrophilus intestinalis. N'ayant pu, malgré mes recherches, me procurer le travail de Boas, j*ignore de quelle importance il peut être ; mais si Ton songe que Railliet continue à décrire la larve au premier stade, d'après Joly, et qu'il considère toujours comme peu connues les autres phases, sauf la dernière, je suis tenté d'admettre que les choses en sont restées sensiblement au point où les avaient laissées Joly et Nupiau. C'est pourquoi je n'hésite pas à publier le résultat de mes travaux sur ces deux questions.