‹ Archives de parasitologie (volume 2)Chapitre 22 sur 104 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

Les larves que l'on rencontre dans l'estomac du Cheval font partie de la famille des CEstrides, de l'ordre des Diptères, famille des plus remarquables par son organisation et par ses mœurs. A l'état parfait, les Insectes qui la composent ont le port de la Mouche domestique et le corps velu, semblable à celui d'un Bour* don. La tête, assez volumineuse, hémisphérique, est pourvue d'une paire d'yeux à facettes et de trois ocelles placés entre ces derniers. Les antennes, très courtes, possèdeut trois articles, le dernier portant un style nu ou plumeux. La trompe, parfois bien développée, mais en général très petite, est accompagnée de palpes

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rudimentaires ou nuls. L'abdornen, mousse chez les mâles, est souveot prolongé en arrière par un oviscapte chez les femelles.

A cause de leur bouche très petite, ils ne paraissent vivre que le temps nécessaire à Taccouplement et à la ponte, sans preodre de nourriture.

Les femelles déposent leurs œufs sur le corps des Mammifères et donnent naissance à des larves qui sont des parasites nécessaires de ces animaux. Les larves se transforment en 'pupes ou nymphes qui, à leur tour, deviennent des Insectes parfaits.

Brauer divise les OEstrides en deux sous-familles : les Œstrinœ et les Cuterebriruf. Les Œstrinœ sont à leur tour divisés, d'après leur habitat, en trois sections : !<> les Gastricoles, qui vivent dans le tube digestif ; 2° les Cavicoles, qui se développent dans les cavités de la face ; S"" les Cuticoles, qui séjournent sous la peau.

C'est dans le groupe des Gastricoles que se place le genre Gastrophilus^ lequel comprend huit espèces dont trois seulement nous occuperont, parce que ce sont les seules que Ton rencontre en France : G, intestinalis. G, hœmorrhcïdalis et G. nasalis.

Afin de rendre la lecture de ce travail plus facile, je vais résumer brièvement leur histoire.

Gastrophilus intestinalis (Degeer) Leach.

Synonymie : Œstrus bovis Linné, 1761; Œstrus intestinalis Degeer, 1776 ; Œstrus equi Clark, 1797; Gastrophilus equi Leach, 1817 ; Gastrus equi Meigen, 1824; Œstrus gastricus major Schwab, 1840.

Alors que le genre Gastrophilus a été créé par Leach en 1817 seulement, Clark avait déjà institué l'espèce equi dès 1797 pour désigner l'espèce la plus commune des Gastrophiles du Cheval. Depuis lors presque tout le monde se sert de cette appellation. Cependant, si Ton parcourt l'historique de l'espèce, on trouve, d'après Brauer, qu'en 1776, c'est-à-dire longtemps avant Clark, Degeer l'avait déjà décrite sous le nom d'Œstrus intestinalis. Le mot intestinalis doit donc prévaloir sur celui de equi, puisqu'il est le premier en date et qu'il n'a été appliqué à aucune autre espèce du même genre.

Clark rejeta ce nom sous prétexte que la larve vit dans l'estomac et non dans les intestins. Brauer, tout en conservant l'expression

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de Clark, fait remarquer que Ton désigne sous le nom de tractus intestinalis tout le tube digestif et que l'on devrait, par conséquent, remplacer equi par intestinalis. On peut ajouter que le mot equi n'est pas plus exempt de critiques que l'autre puisqu'il y a plusieurs espèces de Gastrophiles qui s'attaquent au Cheval.

Pour ces raisons et afin de me conformer aux règles de la nomenclature établie il y a plusieurs années, je rétablirai le moiihtestinatis, qui est le premier en date, pour désigner l'espèce de Gastrophile la plus fréquente du Cheval.

L'Insecte parfait est une Mouche velue, couleur de rouille et tachetée de brun, dont les ailes transparentes, sans nervnre transversale terminale, présentent dans le milieu une bande transversale enfumée et deux points de même teinte à leur extrémité libre. Les trochanters des pattes postérieures portent un crochet courbe chez le mâle, un tubercule chez la femelle.

On la trouve dans toute l'Europe, en Afrique, en Asie et dans l'Amérique du Nord.

Dans le courant de Tété, principalement au moment des plus fortes chaleurs, la femelle voltige, en bourdonnant, autour des Chevaux, des Anes ou des Mulets et, sans se poser, colle ses œufs aux poils des régions accessibles à la langue. L'animal, en se léchant, introduit les larves dans sa bouche d'où elles sont ensuite emportées dans l'estomac avec les aliments. Arrivées là, elles se fixent de préférence à la muqueuse du sac gauche. Au bout d'une dizaine de mois, après avoir subi plusieurs mues, elles ont atteint leur complet développement ; elles prennent alors une teinte couleur chair, se détachent spontanément de la paroi stomacale et, sans s'arrêter dans l'intestin, sont expulsées avec les matières fécales. Elles se cachent ensuite dans ces matières ou s'enfoncent dans la terre ; elles deviennent raides, dures, immobiles et leur couleur passe au noir. Au bout de 4 à 6 jours la transformation de la larve en pupe est effectuée. C'est une pupe en barillet dans laquelle la nymphe reste enfermée pendant 30 ou 40 jours. Il en sort, au bout de ce temps, l'Insecte parfait qui nous a servi de point de départ.

Ces animaux ne sont nuisibles qu'à l'état de larves, et seulement durant leur séjour dans l'estomac. Les effets qu'elles produisent sur les Chevaux qui en sont atteints ont été interprétés de bien des manières par les auteurs. Les uns ont prétendu que les larves finis-

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sent par perforer les tuniques de l'estomac et amener la mort ; d'autres, avec Bracy-Clark, affirment au contraire que> loin de nuire, elles ont une influence favorable sur l'économie en servant de stimulants naturels des fonctions digestives. Des cas de mort survenue à la suite de perforations de l'estomac par les larves gastricoles ont été signalés d'une façon certaine par Numan ; mais uu examen attentif lui a démontré que Torgane perforé était toujours atteint d'une affection morbide, grâce à laquelle les larves pénétraient plus profondément dans ses parois. Étant donné que le nombre des cas rapportés par Numan et les auteurs les plus récents constituent une proportion extrêmement minime, eu égard à la quantité de Chevaux infestés de ces parasites, il est tout naturel de penser que, sans être absolument inoQensifs, ils ne produisent, en général, que des dégâts peu considérables. L'étude des lésions habituelles nous montrera qu'il en est ainsi.

Les symptômes qui annoncent la présence des larves sont, d'ailleurs, très obscurs ; ils sont même nuls ou tout-àfait inappréciables quand elles sont peu nombreuses.

Quant au traitement, il était réduit jusqu'à ces derniers temps aux moyens prophylactiques, consistant en des pansages fréquents et des soins de propreté ayant pour but d'empêcher les jeunes larvules, nouvellement écloses, de pénétrer dans l'estomac. C'est en vain, lorsqu'elles s'y étaient installées, qu'on avait tenté de les éliminer en s'adressant aux purgatifs et aux anthelminthiques les plus énergiques. Des expériences nombreuses instituées dans le but de faire périr les larves extraites de Testomac, en les plongeant dans des liquides toxiques variés ou daus des gaz irrespirables, ont montré combien est grande leur vitalité. Pour arriver à les tuer à l'intérieur même de l'hôte, il eût fallu se servir de produits que le Cheval n'aurait pu supporter sans danger.

Cependant, il y a quelques années, après avoir remarqué que les larves meurent très vite dans le sulfure de carbone, Perroncito a réussi, grâce à cette substance, à débarrasser les Chevaux de leurs dangereux commensaux. A la suite du traitement qui consiste à faire avaler au quadrupède le sulfure de carbone sous forme de capsules, les larves seraient rejetées, privées de vie, avec les excréments.

Gastrophilus HiEMORRHoïDAUS (Leach) Linné.

Synonymie : Œstru8 hœmorrhoidalis Linné, 1761 ; Gastrophilm hœmorrhaidalis Leach, 1817 ; Gastrus hasmorrhaidalis Meigen, 1824.

A l'état parfait, l'Insecte est très velu, à ailes transparentes et comme enfumées, mais sans taches.

Espèce observée dans toute l'Europe. Après le G. intestinaliê, c'est l'espèce la plus répandue en France.

Elle a une évolution à peu près identique à celle de l'espèce précédente. D'après Bracy-Clark, la femelle déposerait sur les lèvres et les poils des lèvres du Cheval de petits œufs noirs et pédicelles. A la maturité il en sort une larve qui gagne, en rampant, la cavité buccale d'où elle est ensuite entraînée dans l'estomac avec les aliments. Les larves, mélangées à celles du G. intestinalis^ sont d'une couleur rouge plus ou moins intense, plus prononcée à l'extrémité postérieure.

Avant de sortir du tube digestif, elles s'arrêtent quelque temps dans le rectum où elles prennent une teinte verte. Quelquefois elles restent cramponnées à la marge de l'anus, pendant plusieurs heures, avant de se laisser tomber à terre.

La transformation en pupe, la durée de la nymphose et l'éclosion de l'Insecte ailé sont identiques à ce que Ton observe chez le Gastrophile précédent.

Gastrophilus nasaus (L.) Schiner

Synonymie : Œstrus nanalis Linné, 1761 ; Œstrus vetei-inus Clark, 1797; Œstrus salutiferus Clark, 1815; Œstrus Clarkii Leach, 1817 ; Gastrus nasalis Meigen, 1824; Œstrus duodenalis Schwab, 1840; Gastrophilus ncLsalis Schiner, 1861.

Espèce ayant une teinte générale noire, recouverte de poils nombreux et fins. Les ailes, assez petites, sont transparentes et blanchâtres.

On la rencontre en Europe et dans l'Amérique du Nord.

On ne sait pas exactement où la femelle pond ses œufs. Numan croit que c'est sur les ailes du qcz et les lèvres du Cheval, tandis que pour Brauer la ponte aurait lieu dans la région de la gorge.

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Les larves s'observent à peu près exclusivement daos le duodénum du Cheval, entassées au voisinage du pylore. Lorsqu'elles sont mûres, elles ont une couleur blanc jaune cire et soot rejetées avec les excréments sans jamais se fixer à la marge de Tanus.

La nymphose n*offre rien de particulier.

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