‹ Archives de parasitologie (volume 2)Chapitre 35 sur 104 · SOUVENIRS MALGACHES^ — LES MOUSTIQUES · texte numérisé non relu

SOUVENIRS MALGACHES^ — LES MOUSTIQUES

Insectes se tiennent suspendus aux parois comme des minuscules Chauves-souris. Les terres noires les séduisent de préférence au sol rouge, aux sables blancs. Ce n'est pas seulement parce que ces terres argileuses sont souvent humides, cet attrait de la couleur noire se manifeste dans bien d'autres cas : ayez des chaussures et des chaussettes noires, vous aurez les pieds et les jambes bien plus criblés de piqûres que si vous portez des chaussettes et des souliers blancs. De même, les vêtements cachou foncé ou bruns protègent moins des Moustiques (comme d'ailleurs de la chaleur) que les vêtements blancs ou bleus. Ce goût du noir est si évident, que les Indigènes le connaissent et l'utilisent. Dans beaucoup de cases malgaches on voit, fixés au plafond ou aux solives qui soutiennent le toit, des morceaux d'étoffe noire placés là pour attirer et fixer les Moustiques qui ont pénétré dans la case.

J'ai remarqué souvent, à terre, que des deux Chiens du bord Tun, de couleur jaune clair, était très peu harcelé par les Moustiques, tandis que l'autre, de pelage absolument noir, était criblé de piqûres, et obligé de se coucher dans l'eau pour se protéger.

Le même fait se produit chez l'Homme. Les Indigènes subissent plus de piqûres que les Blancs. Ils en souffrent souvent beaucoup, et s'en plaignent parfois amèrement; cependant ils réagissent moins vivement aux piqûres que l'Européen. Mais lorsque dans une chambre, sous une moustiquaire, des Moustiques introduits peuvent choisir, ils n'hésitent jamais : c'est au dormeur noir qu'ils s'attaquent.

Les Moustiques sont sensibles aux odeurs. Celle du poisson séché les attire.

La musique agit sûrement sur eux. Si l'on joue d'un instrument à corde dans un appartement, tous les Moustiques qui s'y tenaient cachés entrent en danse : et si la fenêtre est ouverte on en voit pénétrer du dehors. Joue-t-on en plein air, avec ou sans lumière, on constate bientôt que le nombre de ces Insectes dévient rapidement tel qu'on ne peut plus tenir son instrument.

Bref, les Moustiques, infectieux ou non, sont un des plus grands, sinon le plus grand fléau des pays tropicaux. Que faire, pratiquement, pour se protéger contre ces milliards d'ennemis sans cesse renaissants, plus nombreux chaque jour? Dans les appartements, on préconise l'emploi de maints produits : j'en ai essayé un très

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grand nombre, poudres, fumées, vapeurs, vaporisations, parfums, rien n*est complètement satisfaisant; on détermine parfois une certaine somnolence de quelques heures chez les Moustiques, mais ils se réveillent bientôt un peu plus affamés qu avant. Le formol lui-même n*est pas pratique.

Une seule méthode est nécessaire et suffisante : empêcher les Moustiques de pénétrer dans les appartements. C'est relativement facile. Éviter de déposer dans la chambre tout ce qui peut introduire des larves ou des adultes; ne pas leur fournir l'eau ou la simple humidité nécessaires à leur développement ; éviter les coins sombres, donner de la lumière; enfin, et surtout, se barricader contre l'intrusion des Moustiques, en fermant ses portes et ses fenêtres, dès que disparaît le soleil; ou mieux, en armant ces dernières de cadres munis de toile métallique fine ou de gaze à moustiquaire laissant passer l'air et point les Insectes. La moustiquaire du lit devient ainsi superflue.

Au dehors, je ne veux parler que de la protection individuelle, il est bon de porter des vêtements amples, blancs de préférence.

Pour protéger le visage, ne pas hésiter à porter une voilette à mailles très serrées. Pour être efficace, ce voile, fixé sur le casque, doit également être serré autour du cou. Une barbe abondante est une bonne protection.

Mais quelque précaution qu'on prenne, on subit toujours un plus ou moins grand nombre de piqûres qui, si elles ne sont pas toutes septiques, sont, sans exception, désagréables et même dou-

loureuses.

Tout le monde ne réagit pas de même façon aux piqûres de Moustiques. En général, aussitôt que l'Insecte s'est retiré, on voit les téguments blanchir; puis, au bout d'une minute ou deux, prendre une coloration rose vif et, quelques instants après, se tuméfier, formant une sorte de petite pustule de consistance indurée et de coloration rouge. Il serait intéressant d'étudier si

les phénomènes de réaction locale sont identiques ou non, suivant que l'Insecte est infectieux ou non ; diflérencier la simple injection venimeuse, du chancre d'inoculation du paludisme.

La première sensation éprouvée est celle de brûlure; puis, à mesure que la pustule tend à s'affaisser davantage, viennent les démangeaisons, qui sont d'une telle violence, que certains sujets

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