‹ Archives de parasitologie (volume 2)Chapitre 34 sur 104 · P. R. JOLY · texte numérisé non relu

P. R. JOLY

Moustiques (il n'y a pas non plus de paludisme). A Madagascar, Majunga qui manque d'eau douce a très peu de Moustiques, surtout pendant la saison sèche; on s'y porte très bien. Nossy-Bé, au contraire, possède de l'eau douce en abondance, d'où cette luxuriante végétation qui fait de Hellville le point le plus charmant de la côte; mais les Moustiques s'y rencontrent à (oison et le paludisme est constant.

L'altitude, dit-on, préserve des Moustiques et du paludisme. Le fait n'est exact que lorsque la montagne est sèche et dénudée. Si elle contient des sources, si une haute végétation s'y dresse, les Moustiques sont, comme dans la plaine, innombrables, et le paludisme y règne. L'effet salutaire de l'altitude tient à d'autres causes.

Là où il y a de l'eau douce, il y a des Moustiques.

Ce n'est pas à dire que là seulement se rencontrent ces Insectes; ils vivent près des eaux saumâtres, mais d'autant moins nombreux que l'eau salée prédomine davantage.

Ainsi, à l'embouchure d'un fleuve, un poste, comme celui de Nossy Volava, par exemple, à l'embouchure du Sambaho, construit sur du sable apporté en pirogues au milieu d'un delta couvert de Palétuviers dont chaque marée baigne complètement les troncs, est relativement peu infesté de Moustiques; à mesure que Ton remonte le fleuve et que la marée se fait moins sentir, les Moustiques deviennent plus nombreux, et des postes d'apparence plus agréables et hygiéniques sont intenables.

Cependant, on trouve partout et en toute saison, plus ou moins, des Moustiques. Ils aiment l'ombre, avons-nous dit, ce qui est clair . leur déplaît. Dans l'obscurité des bois on trouve toujours des Moustiques aux aguets. Les sombres Manguiers leur plaisent particulièrement, surtout au moment (décembre-janvier) où le sol est jonché de mangues mûres; de ces fruits à demi liquéfiés s'élèvent, quand on approche, des légions de Moustiques; les bananes, les oranges, les attirent également, mais dans de moindres proportions. On sait que les mâles se nourrissent en général du suc des fleurs ou des fruits. Il en est sans doute de môme de la plupart des femelles pressées par la faim; si Ton s'arrête sous Tarbre, ces voraces animaux quittent de suite leurs fruits pour s'attaquer à notre sang.

Dans les grottes obscures, dans les anfractuosités de roches, ces

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