‹ Archives de parasitologie (volume 2)Chapitre 39 sur 104 · EXAMEN HISTOLOGIQUE ET BACTÉRIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

EXAMEN HISTOLOGIQUE ET BACTÉRIOLOGIQUE

ExamiDée à l'œil nu et vue dans son ensemble, la petite niasse filamenteuse qui m'est remise par le D^ P. Lambry, quelques heures après sa récolte, apparaît formée par la réunion de brins flexueux, irréguliers dans leurs dimensions, enchevêtrés et d'une teinte générale brunâtre.

Isolés les uns des autres, ces brins, soupirs mais résistants, sont d'autant plus foncés en couleur qu'ils sont considérés plus près de leur extrémité libre. Presque cylindriques, quelques-uns sont courts et volumineux, d'autres plus longs ou plus minces. Les plus grands atteignent jusqu'à 16 millimètres de longueur sur 1 à 2 millimètres de diamètre.

Se laissant peu pénétrer par les liquides ordinairement usités en histologie, eau simple, eau physiologique, glycérine, etc., difficilement attaqués par les solutions, même concentrées, dé potasse ou de soude ou par l'acide acétique, peu commodes a dissocier, ils laissent immédiatement l'impression qu'ils sont constitués par une matière souple, élastique, mais cornée.

En s'armant d'un peu de patience et après leur avoir fait subir pendant une heure et plus, l'action d'une solution de potasse à 40 pour 100, on parvient cependant à les dissocier suffisamment pour pouvoir les étudier de plus près.

Examinés alors à un grossissement moyen, ils apparaissent individuellement formés par la réunion de deux, trois, quatre ou six filaments ténus, intimement unis sur la plus grande partie de leur longueur, d'une teinte un peu plus pâle que lorsqu'ils sont vus en masse et présentant une sorte de nervure médiane, d'axe central plus coloré, vers lequel viennent converger, obliquement, de dehors en dedans, et suivant les points considérés, de bas en haut ou réciproquement, les éléments qui les composent. Cette apparence d'axe central qu'ils semblent posséder n'est due, du reste, qu'à cette disposition oblique de leurs éléments constituants qui s'arc-boutent les uns contre les autres par l'une de leurs extrémités. Ainsi accumulés, imbriqués, comme les écailles d'un poisson, ou mieux encore comme les bractées d'une tête d'artichaut, ceux-ci donnent à l'ensemble des brins qu'ils forment par

ETUDE DE LA LANtiL'Ë NOIRE PILEUSE »60

leur réuuioii, un aspect rugueux, irrégulier, manifeste surluut sur les IwriJs qui paraissent hérissés.

A un grossissement plus fort, ces éléments constitutifs primoriliiiux se montrent être tout simplement des cellules épithéliales de tii langue, niorles et cornées. l'Iates, fusiformes, beaucoup plus longues <|ue lai'ges, à extrémités poinlues, dépourvues de noyau, minces et Iransparenles, parfois homogènes, translucides, mais le plus souvent remplies de petites granulations pigmentaires, elles s<mt, pour la plupart, franchement colorées, dans tout leur ensemble, eu brun clair. Cette coloration leur esl inhérenle. Elle ne disparail. en effet, ni sous l'action de l'eau, de la glycérine ou de lu polasse, ni sous celle de l'alcool ou de l'éther. Seuls, les acides minéraux dilués ou l'aciile acétique, la pâlissent légèrement sans toutefois l'enlever complètement.

Outre celle constitution intime, le même grossissement révèle.

Fl(!. I. — Celljlcs dû Saeckaroniyces t'ig. i- — Les mêmes ilrollis

linguae-piliisae isolées des papUles lamelle) «prés coloratloD par le Grj linguales hypertrophiées, après Irai- >^fi"'* tement par la putusao u 40 pour 100.

dans les [iréparations. la présence de granulations spéciales, di; celUile.s longues ou ovoides, réfringentes, inattaquables par l'acidtî acétique, la potasse, l'alcool ou léther et possédant des dimensions variant entre 3 et G u. rie il ia mètre (fijî. I). Kn quantité énorme, libres ou fixées aux productions pileuses les enveloppant, les pénétrant jusque dans leur épaisseur, elles apparaissent soit isolées, soit réunies par deux accolées l'une à l'autre, l'une étant alors ordinairement plus petite, soit enlln assemblées en petits paquets ou en

masses étendues. 11 n'existe, par contre, aucune trace de mycélium quel qu'il soit.

Étudiées avec un objectif à immersion homogène (1/12 Leitz), ces cellules typiques se montrent formées par une membrane d'enveloppe assez épaisse à double contour, entourant une masse protoplasmique hyaline dans laquelle existent, en nombre variable, de très petits corpuscules réfringents. Cet aspect, ces caractères, l'absence de tout mycélium me font immédiatement supposer qu'il s'agit, non de spores d'un champignon quelconque de la classe des Moisissures, mais d'une Levure d'un Saccharomyces, c'est-à-dire d'un végétal de la classe des Blastomycètes.

Après avoir ainsi déterminé la nature histologique du produit qui m'avait été confié, et constaté, parmi ses éléments anatomiques, la présence des spores (?) de Raynaud, dans le but de pousser plus loin mes investigations, je prépare avec ce produit un certain nombre de lamelles destinées à un examen bactériologique. Celles-ci fixées et séchées suivant les méthodes usuelles, sont ensuite colorées soit par la thionine phéniquée, soit par le Gram et Téosine.

Montées dans le baume de Canada et examinées à l'aide d'un fort grossissement (objectif 1/16 Leitz et oculaire 3), ces nouvelles préparations montrent quelques rares Bacilles et Microcoques divers mélangés à un semis abondant des éléments cellulaires précédents, très vigoureusement colorés, tant par la thionine que par le Gram (fig. 2).

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