LA PSEUDO-TUBERCULOSE BACTÉRIENNE DES COBAYES
BRUNO GALU-VALEBIO
ProfeHseur à la Faculté de médecine de Lausannf .
L'étude des pseudo-tuberculoses bactériennes de THomme et des animaux, inaugurée par Toussaint en 1881 (1), s'est enrichie ces dernières années d'une très grande quantité de travaux (|ui ont porté de nouvelles lumières dans l'intéressante question.
Dans un travail paru en 1897 (2), j'avais indiqué comme suit les résultats des recherches accomplies jusqu'alors sur les pseudo tuberculoses bactériennes :
Les 36 cas de pseudo-tuberculoses bactériennes décriles jusqu'à 1897, pouvaient se grouper par rapport à leur origine, de la façon suivante : Dix cas d'origine humaine ; six cas d'origine bovine ; quatre cas provenant des Cobayes ; trois cas des Lapins ; trois cas des Porcs ; deux cas des Moutons ; deux cas des Souris et des Rats; deux cas du Cheval; deux cas du Pigeon; un cas de la Poule ; un cas des Lièvres. Par rapport à l'agent pathogène qui les avait déterminées, on pouvait en faire huit groupes.
Après la publication de mon travail, d'autres travaux ont paru sur les pseudo-tuberculoses bactériennes, et avant de rendre compte de mes propres recherches, il est utile d'exposer en résumé ces travaux.
Bettencourt (3) a inoculé des Cobayes dans la cavité abdominale avec des végétations adénoïdes des amygdales de l'Homme. Un de
(1) Revue vétérinaire, iSSl, p. 484.
(2) B.Galli-Valbrio, Le neoformazioni nodulari nell' urganisnio delV Domn e degli animali domesticû Parma, in-8« de 162 p., 1897.— Dan^ ce travail, on trouvera une bibliographie à peu près complète des travaux sur les néoformations nodulaires.
(3) Àrchivios de medicina^ o<!l. 1897, et Centraibtatt fiir Hakleriol.^ XXIV, 1898, p. 84.
ETUDE SUR LES NEOFORMATIONS NODULAIRES 289
ces Cobayes succomba après douze jours, avec des nodules dans les poumons, la rate, le foie et le mésentère. Bettencourt isola un bacille qu'il considéra identique à Bacillus pseudo-tulferctdosis rodentium.
Courmont (1) inocula des Cobayes et des Lapins avec le produit d'une arthrite du coude de l'Homme, arthrite dans laquelle la synoviale présentait des tubercules à cellules géantes et épithélioïdes, mais sans Bacilles de Koch. Les Cobayes succombèrent avec des tubercules généralisés, tandis que les Lapins, à l'exception d'un seul, succombèrent avec une suppuration locale, mais sans tubercules. Courmont isola des lésions de ces animaux un Streptobacille capable de reproduire les mêmes altérations. C'était un Bacille de 1 fi, immobile, se colorant par toutes les couleurs d'aniline, mais non par leGram, souvent seulement aux deux extrémités. On pouvait le cultiver sur tous les milieux de culture : il ne liquéfiait pas la gélatine et ne faisait pas fermenter les sucres. Dans le bouillon peptonisé, il donnait des chaînettes, dans le bouillon glycérine, des formes en Coccus; dans les vieilles cultures, des formes de 3-4 \l et parfois une sorte de lonjç mycélium enchevêtré.
Vallée (2) trouva dans de petits tubercules du foie des Veaux, un petit Bacille isolé, en petits amas, à Diplobacille immobile, se colorant par toutes les couleurs d'aniline et même par le Gram. On pouvait le cultiver sur tous les milieux de culture. Il ne liquéfiait pas la gélatine, ne faisait pas fermenter les sucres, ne donnait point d'indol, ne coagulait pas le lait. Ce Bacille déterminait, par injection chez les Cobayes, une pseudo tuberculose du foie.
Lucet (3), chez des Lapins morts avec des tubercules dans les poumons, le foie, la rate^ les reins, les ganglions abdominaux, l'intestin grêle, le caecum, le côlon et surtout l'appendice, trouva un Bacille assez épais, à extrémités arrondies, polymorphe, de 3- 5-6 [1, isolé ou en chaînettes, ne se colorant pas par le Gram.
Facile à cultiver sur les ordinaires milieux de culture, donnait sur agar des colonies bombées gri-sàtres, ne liquéfiait pas la gélatine, donnait des cultures peu visibles sur pomme de terre, troublait le bouillon avec formation d'un voile en surface et d'un défuM
II) Àrchiveif de médecine expërinHntale, 1898, p. 48.
(2) Recueil de méd, vét, 1897, no 20, p. fô7.
(3) Archives de Para.<itologie, 1898, p. iOO, et 1899, p. 127.
290 B. GALLl-VALERIO
au fond, ne coagulait pas le lait et ne faisait pas fermenter le lactose.
Inoculé aux Cobayes et aux Lapins, déterminait des lésions de pseudo-tuberculose. Il était aussi pathof?ène pour les chiens et les moutons, mais il n*y déterminait pas de pseudo-tubercules.
Courmonl et Nicolas (1) ont donné à manger à des Cobayes, des tubercules de l'intestin d'une Vache. Les animaux sont morts avec rate et foie farcis de tubercules.
Dans ces tubercules on trouvait un streptobacille immobile, qui ne prenait pas le Gram, de la dimension de 0,8-2-3 ul. Dans les cultures on trouvait des formes de 15-20 [i. et dans les anciennes cultures il formait une espèce de mycélium.
Ce bacille troublait le bouillon sans formation de voile. Sur plaques de gélatine donnait des colonies blanches à centre opaque sans liquéfier. Sur agar il donnait une épaisse traînée blanche, ne cultivait |)as sur pomme de terre, ne faisait pas fermenter le lactose. Inoculé aux Cobayes ot aux l^apins, reproduisait une pseudotuberculose.
Sivori (2) a trouvé dans des nodules caséeux du Mouton un bacille identique à celui de Preisz-Guinard.
Sabrazès (3) a isolé des néoformations sous-cutanées du Pigeon, ressemblant à de volumineux tubercules caséeux, un petit bacille, qui fesait fermenter le glycose mais non le lactose, et qui, inoculé aux pigeons et aux cobayes déterminait une pseudo-tuberculose viscérale.
Cherry, Thomas et Bull (4) ont inoculé sous la peau des Cobayes, avec des glandes caséeuses du Mouton. Ces animaux sont morts après 25 jours avec de courts bacilles ovoïdes, immobiles, se colorant par le Gram dans la rate.
Ces Bacilles donnaient sur agar des colonies profondes en petits points et des colonies isolées à centre surélevé, en surface. Sur sérum de sang, ils donnaient un pigment jaune. Le bouillon était troublé. Dans la gélatine il n'y avait pas de développement.
Inoculés aux Moutons, ils les tuaient en 24 heures, avec œdème
lt) Archives de Parasitologte, 1898, p. 123.
(2) Becueii deméd. vét., i899, n'>âO, p. 657.
(3) Semaine médicale, 1899, p. 150.
(i) IntercoloniarJounial of Auêtralasia^ 1900, may 20.
ÉTUDE SUR LES NEOF0RMATIONS NODULAIRES 291
local et de petits tubercules sous la peau, dans les ganglions, tubercules formés par des leucocytes, à centre easéifié et contenant des baciles en petits amas.
Ils ont considéré ce bacille comme analogue à celui de Preisz, mais plus virulent.
Cipollina (1) a étudié la pseudo-tuberculose spontanée des Cobayes. Dans les pseudo-tubercules il a trouvé des bacilles courts, isolés, parfois comme des coques, très rares. Sur plaques d'agar, ils donnaient des colonies rondes, comme des gouttelettes de mucus, se fondant entre elles. Sur gélatine, ils donnaient de petites colonies non liquéfiantes, troublaient le bouillon avec sédiment, mais il n'y avait de pellicule sinon dans les cultures âgées. Sur pomme de terre, couche grise luisante.
Ce bacille ne coagulait pas le lait, ne donnait pas d'indol, ne faisait pas fermenter le glycose.
Dans les cultures il était mobile sur place, avait un aspect étranglé au centre et dans le bouillon donnait des chaînettes.
Klein (2) a provoqué chez les Cobayes et les Lapins, une pseudotuberculose par rinoculation d'eau souillée par des égouts. Il en a isolé un Bacille immobile qui ne donnait point d'indol, qui se colorait par le Gram, si on laissait agir le violet pendant une minute et le lugol pendant quatre minutes. Inoculé chez deux Singes, ce Bacille détermina la pseudo-tuberculose du foie et de la rate. Klein Ta considéré identique à B. pseudo-tubeixulosis rodentium.
A côté de ces différents cas de pseudo-tuberculose, on a décrit dans ces derniers temps un autre groupe de pseudo-tuberculoses bactériennes déterminées par des bacilles qui, au point de vue morphologique, au point de vue de leur résistance à la décoloration par les acides, au point de vue de l'aspect des cultures, se rapprochent beaucoup du B. tuberculosis.
Ce sont des Bacilles trouvés dans le beurre par Pétri, Rabinowitsch et d'autres; dans les fumiers et sur les graminées par Moeller, dans Teau par Klein, dans la tourbe par Siegen, bactéries qui entrent dans le genre Mycobacterium de Lehmann et Neumanu, et qui sont connues aussi sous le nom de Savrefestbacillen. Ils
(1) Ànnali d'igiene sperimentale, i900, p. t. »
(2) Centralblatt fur BakterioL, XXVI, 1899, n«> 9. p. 260.
i9t R. GALLI-VALEBIO
diflèrent surtout du B. tuberculosis, par le fait qu'on peut les cultiver sur tous les milieux de culture, à la température ordinaire. Inoculés aux Cobayes, ils déterminent des tubercules dans le péri toine, mésentère, séreuse de Tintestin, foie, rate, reins et poumons.
Les éludes sur ces bactéries sont encore trop peu avancées pour permettre de nous prononcer sur leur nature véritable* Elles se rapprochent, en tous cas, beaucoup du bacille de la tuberculose des Poissons et on peut avoir encore le doute qu'on se trouve en présence de Bacilles de Koch, habitués à la vie saprophytique.
Je passerai maintenant à exposer les résultats de mes recherches.
Au mois de juin de 1900, j'ai pratiqué l'autopsie d'un jeune Cobaye qui était mort après avoir témoigne, depuis quelques jours, des symptômes de maladie.
L'animal était amaigri. Au niveau de l'arcade orbitaire droite, il y avait une petite cicatrice récente en dessous de laquelle l'os présentait un petit foyer de nécrose avec du pus. Tous les organes (Je la cavité thoracique étaient normaux. A l'ouverture de la cavité abdominale, le foie a[)paraissait augmenté de volume et parsemé de tubercules jaunâtres, ronds, surélevés sur la surface de l'organe, de la dimension d'une t<^te d'épingle à un grain de chènevis. La rate était aussi tuméfiée et contenait de nombreux tubercules analogues. Dans les reins il y avait aussi quelques tubercules analogues.
Tous ces tubercules contenaient un matériel puriforme, jaunâtre, épais. Les ganglions mésentériques étaient tuméfiés et h contenu puriforme. Le cerveau et la moelle ne présentaient point de lésions.
A Texameu du matériel puriforme des tubercules, on t!rouvait au milieu de cellules rondes et de substance caséeuse, des Bacilles légèrement rétrécis au centre, à extrémités arrondies, de la dimension de 1,5-2-3 \l.
Par le bleu au thymol ou par la fuchsine phéniquée, ils se coloraient d'une façon uniforme ou,- le plus souvent, la partie centrale restait claire. Ils ne se coloraient pas par le Gram, même si Ton décolorait par l'alcool ordinaire. Parmi ces bacilles il y en avait de très courts analogues à des coques.
Ils étaient tous extra-cellulaires, disposés en petits amas, et dans certains points de la préparation, où les amas étaient disso-
^LDE SUH Lt» NÉOPOHUATIUNS NODULAIRK» jKt
ciés, OD voyait des chatuettes de 4-3-6 éléments. Us ne présentaient aucun mouvement.
Les mêmes bacilles se trouvaient dans le pus de l'arcade orbitaire droite et dans les ganglions mésentériques. La recherche des bacilles dans le sang et dans le système nerveux central fut tout» fait négative.
Des cultures fuites avec le sang, lu cerveau, la uioelle, te pus ite l'abcès orbitaire, relui des ^Qglions et des tubercules, seulement celles du sang, du cerveau et de la moelle restèreui .stériles. Toutes tes au Ires donnèrent un même Bacille dont les caractères sur les diflérenis milieux de culture l'Iaieut les suivants :
1" Agar. — Sur plaque d'agarà 37", ou ub-'iervail après ^4 heures des colonies blanchâtres, i-ondes, de la dimension d'une tète d'épingle. A un fail>k' grossissement, elle.s montraient comme un noyau jaunâtre central et apparaissaieni Tiuement i-ayées. Après 48 heures, elles devenaienl jtlus grandes, à centre surélevé, jaunâtres.
Sur agar incliné à 37°, on avait, après Jâ4 heures, une culture 1res abondante, blanche, à reflet légèrement jaunAtre, 'd surface bosselée el avec de nombreuses colonies rondes, k centre surélevé, disposées sur les bords (fig. 1).
Kn agar par piqûre it 37", on avait après M heures ~ ~ un pelit développement en strie blanchâtre le long ■te la piqûre et un point blanchâtre en télé d'épingle à la surface. Knsuite la culture s'étendait en surface et donnait une plaque blanc-grisâtre à centre surélevé, à bords festonnés.
Dans aucune de ces cultures il ne se forme de bulles de ga/.
2» Gélatine. — Sur plaques de gélatine à 20", il y avait après 24 h. de petites colonies rondes, de la dimension d'une pointe d'épingle, sans liquéfaction. .Après 48 heures, les colonies fie surface s'étalaient et se présentaient blanchâtres, irisées, à bords festonnés, à noyau central, analogues aux colonies du Coli-bacille. Pas de liquélaction.
En gélatine, par piqûre, cultures analogues à celles en agar par piqûre, mais moins développées. Pas de liquéfaction.
3" Bouilhn pepUmisé. — Dans le bouillon peptonisé à 37°, on remar-
B. GALLl-VAtERIO
quait, après 24 h., trouble du bouillon, point de voile en surface, petits flocons blanchâtres au fond.
4° Pomme de terre.— -Sur pomme de terre à 37" le développement était très lent. Seulement après 5-6 jours, on remarquait une légère couche jaunâtre à peine visible.
5<> Carotte cuite. — Pas de développement.
6'^ Lait,— Dans le lait à 37*, seulement après 8 jours, ou notait la formation d'un coagulum à petits flocons. Après 18 jours, la coagulation était complète.
V Indol et fermentations, — Les cultures de ce Bacille ne donuaiènt pas la réaction de Tindol et ne faisaient pas fermenter le lactose ni le glycose.
Caractères du Bajcille dans les cultures, — Dans la gélatine et dans
l'agar (fig. 2), le Bacille se présentait de la dimension de 1,5-2 a uniformément coloré ou h espace clair, légèrement
Fig. 2.
Fig. 3
Fig. 4.
rétréci au milieu, parfois en courtes chaînettes, immobiles. Dans les vieilles cultures, étaient très nombreuses les formes courtes, en coque.
Dans le bouillon peptonisé, il y avait des formes de 1-2-3 |jl analogues aux précédentes, mais disposées en chaînettes de 4-5-15-20 et plus éléments (tig. 3). Dans les vieilles cultures en bouillon, il
ÉTUDE SUR LES MÂOPURMATIONS .MODULAIRES iXG
n'y avait plus que des fllanienls de 40-lîU-SO fi. et plus, eocbevélrés ; à fausses ramifications (fig. 4).
Sur pomme de terre, il y avait les mêmes formes qu'en agar et gélatine, mais avec beaucoup de formes courtes en coque.
Dans le lail on trouvait des Bacilles à espace clair de 2 u..
Inoeulatima. — l^f inorulations sur les animaux ont été pniti
. Fit. -6.
quées, soit avec <lit matériel dt^s lubercules du Cobaye, soit avec les cultures.
Inoculation nter k matériel des lubercules. — Chez la Souris blanche, l'inoculation d'une anse de ce matériel sous la peau de la cuisse, déterminait la mort après 7 jours. A l'autopsie, on trouvait bépatisation pulmonaire, enflure très forte de la rate,
i^W^ R. GALU-VALKHM>
quelques tubercules blancs comme tète d'épingle dans le foie. Dans ces organes, et surtout nombreux dans la rate, on trouvait des Bacilles analogues à ceux du Cobaye, mais un peu plus trapus et souvent en petits amas comme des zooglées. Les cultures étaient identiques à celles du Cobaye.
Chez le Cobaye, Tinoculation sous-cutanée d'une anse du même matériel provoquait la mort après 21 jours. A Tautopsie on. trou vait : foyers d'hépatisation pulmonaire avec quelques tubercules comme grains de chènevis. Foie très volumineux^ parsemé de très petits tubercules comme des tètes d'épingle, avec de gros tubercules comme des petits pois. La rate présentait une dimension deô*^"™ sur 3 avec des tubercules jaunes, de la dimension de tètes d'épingle ou de petits pois. L'épiploon était parsemé de tubercules gros comme des [letits pois (fig. 5).
Dans tous ces tubercules, il y avait des Bacilles avec caractères morphologiques et des cultures identiques à ceux que j'ai indiqués.
Chez le Lapin, Tinoculatiou sous-cutanée d'une anse du même matériel, déterminait la mort après 7 jours, avec hépatisation de la partie antérieure des poumons qui sur la coupe se présentait parsemée de nodules blancs caséeux. Dans ces lésions on trouvait le Bacille décrit.
inoculations acfc les cultures. —.Chez la Souris noire, l'inoculaliou sous-cutanée d'un quart de seringue de culture, provoquait la mort après 3 jours, avec congestion pulmonaire, tuméfaction très forte de la rate. On trouvait des Bacilles, avec les caractères indiqués <lans la rate, les poumons, le sang du cceur.
In Surmulot, inoculé sous la peau avec une demi-seringue de culture, ne présenta aucun trouble morbide et, tué après un mois, ne présenta aucune lésion.
l'n Lapin, inoculé avec une seringue de culture sous la peau, ne (présenta pas non plus de troubles morbides. Tué après un mois, on trouva tuméfaction de la rate avec deux tubercules comme tète d'épingle, avec quelques Bacilles dégénérés, impossibles h cultiver.
Chez le Cobaye, l'inoculation sous-cutanée avec une demi -seringue de culture, déterminait la mort en 15 jours. A lautopsie, on trouvait les poumons hépatisés, parsemés de tubercules d'une tète d'épingle à un grain de chènevis. Le foie était très gros et parsemé de tubercules de la dimension d'une tète d'épingle jusqu'à celle d'un grain
KTUDE SUR LES NEOFORMATIONS NODULAIRES 297
de millet. La rate présentait une dimension de 3 x o^"^ et était aussi parsemée de tubercules. L'épiploon était couvert d'un semis de tubercules comme tètes d'épingle.
Dans ces léaions on trouvait le Bacille avec les caractères ordinaires. Dans les grands tubercules, on trouvait des cellules rondes, avec des Bacilles réduits en granulations.
Chez la Poule, Tinoculation d'une seringue de culture dans les pectoraux, ne provoquait pas de troubles.
Lésions histopatkologiques, — L'examen microscopique des tubercules, déterminés chez les animaux par le Bacille que j'ai isolé de la pseudo-tuberculose des Cobayes, montrait les faits suivants : les petits tubercules étaient formés par des amas de cellules rondes, les gros présentaient une partie périphérique formée par des cellules rondes, et une centrale caséifiée. Parmi les cellules on trouvait des amas de Bacilles, se colorant assez bien par le bleu au thymol laissé agir longtemps sur les coupes. Ces Bacilles, dans les points où ils se présentaient un peu espacés, semblaient disposés en chaînettes, entortillées sur elles-mêmes.
Le Bacille que j'ai isolé de ce cas de pseudo-tuberculose spontanée du Cobaye, présente les caractères du B. pseudo-tuberculosis rodentium. Il en diflère surtout par le fait de provoquer la coagulation du lait.
A remarquer le fait de la formation de filaments pseudoramifiés dans les vieilles cultures en bouillon, chose signalée aussi ces derniers temps par Skschivan (1) qui, par des cultures du B. pseudotuberculosis rodentium sur milieu de Hankin (agar -h 3-4 Vo de Na Cl), a noté la formation de filaments à divisions. Cet observateur a même noté que, si l'on ajoute le 5 °/o de Na Cl, ce Bacille donne des formes d'involution analogues à celles du B. pestis. Je relèverai aussi le fait intéressant, que j'ai rencontré le Bacille dans une lésion externe du Cobaye qui était mort de pseudo-tuberculose spontanée, chose qui laisse supposer que l'infection aurait eu lieu, dans ce cas, par une lésion de la peau.
Après l'exposé que je viens de faire de l'état actuel de nos connaissances sur les pseudo tuberculoses bactériennes, et après
(I) Centralblatt fur BakierioL, XXVIII, p. 298, 1900. Archiver de ParoêiUHogie, IV, n« 2, 1901. AJ.
â9R B, GALLI-VALERIO
Texposé (le mes recherches personnelles, voyons s'il est possible de grouper ces affections dans un tableau.
Et d'abord, essayons de rattacher les pseudo-tuberculoses décrites après mon travail de 1897 à quelques-unes des formes qu'on con naissait déjà alors.
Dans le groupe des pseudo-tuberculoses déterminées par B, pseudo-tuberculosis rodentium, entrent sans aucun doute celle décrite par Bettencourt, celle décrite par Cipollina, celle que je viens de décrire, celle déterminée par Klein. Pour moi y entre aussi celle provoquée par Courmont avec du matériel d'une arthrite de THomme et celle de Courmont et Nicolas. S'en rapprochent beaucoup celle de Vallée et celle de Lucet.
Les pseudo-tuberculoses de Sivori, de Cherry, Thomas et Bull, entrent dans le groupe des pseudo-tuberculoses déterminées par le B. pseudo-tuberculosis ovis.
La description incomplète que je possède de la pseudo-tuberculose décrite par Sabrazès, me laisse douter de son classement. .
Voici, pour le moment, le tableau des pseudo-tuberculoses bactériennes en relation avec les agents qui les déterminent :
it*r (;roupe : Sàurefestbacillen. — Origine : beurre, fumier. Graminées, tourbe, eaux.
2® Groupe : B. pseudo-tuberculosis rodentium. — Origine : Homme (Malassez et Vignal, Castro, Ghantemesse, Brigidi, Hayem, Grancher et Ledoux-Lebard, Mazza et Mensi, Bettencourt, Courmont).
— Cobaye (Eberlh, Charriu et Roger, Zagari, Galli Valerio, Cipollina, Vincenzi?). — Lapin (Eberth, Dor, Lucet, Nocard). — Liètyre (iMégnin et Mosny ?). — Rat blanc (Galli-Valerio ?). — Bovidés {Nocard et Masselin, Courmont, Liénaux ?, Parietti, Vallée ?, Courmont et Nicolas). — Ckeval (Pfeiffer). — Porc (Galli-Valerio?).
— Poule (Nocard). — Pigeon (Rivolta?, Mazzanti?, Sabrazès?).
Dans ce groupe, les origines ne sont pas du tout sûres. Nous savons aujourd'hui que B» pseudo-tuberculosis rodentium est un microbe très répandu dans la nature, que souvent on trouve la pseudo-tuberculose spontanée des Cobayes et dans bien des cas susdits, nous devons nous demander si le Bacille se trouvait bien dans l'organisme d'où le matériel d'inoculation provenait ou y était
ETUDE SUR LES NEOPORMATIONS MODULAIRES 299
surajouté ou même, si dans quelques cas, les Cobayes inoculés n'étaient pas des Cobayes qui présentaient la pseudo-tuberculose spontanée avant l'inoculation. J'ai marqué d'un point d'interrogation les cas sur lesquels on peut être douteux par rapport à leur classification dans ce premier groupe. La très grande variabilité de ce Bacille, les descriptions incomplètes que plusieurs observateurs en ont données, empêchent souvent un jugement sûr.
3<^ Groupe : B. pseudo-tubereulosis ovis. — Origine : Mouton (Preisz et Guinard, Sivori, Cherry, Thomas et Bull, Baumgarten ?).
4« Groupe : B, pseudo-tubereulosis murium, — Origine : Souns (Kutscher).
50 Groupe : B. pseudo-tubereulosis liquefaciens. — Origine : Homme (Du Cazal et Vaillard, Legrain).
6« Groupe : Doppelpunktbacillus. — Origine : Homme | Disse et Taguchi).
7® Groupe : B, pseudamorteux, — Origine : Cheval (Kutscher).
8« Groupe: Microcoques. — Origine : Homme (Manfredi). — Porc (Toussaint).
Un coup d'œil jeté sur ce tableau nous montre que, par rapport h leur origine, les pseudo-tuberculoses bactériennes, abstraction faite de celles déterminées par les Sàurefesibacillen, peuvent se grouper comme suit :
Origine de V Homme : 13 cas ; origine du Cobaye : 6 cas ; origine du Lapin : 4 cas ; origine du Wtre : 1 cas ; origine de la Souris : 1 cas ; origine du Bat blanc : 1 cas ; origine de Bovidés : 6 cas ; origine du Mouton : 4 cas ; origine du Cheval : 2 cas ; origine du Porc : 2 cas ; origine de la Poule : 1 cas ; origine du Pigeon : 3 cas.
Pour ce qui se rapporte à l'Homme, on peut affirmer que, sinon dans tous les cas cités, certainement dans plusieurs, on y a trouvé B. pseudo-tubereulosis rodentium, chose appuyée aussi par le résultat positif de l'inoculation de ce Bacille au Singe faite par Klein.
La présence du B. pseudo-tubereulosis liquefaciens chez l'Homme semble aussi certaine, comme celle du Microcoque du granulume progressif de Manfredi. Douteuse reste celle du Doppelpunktbacillus de Disse et Taguchi.
La très grande diffusion du B. pseudo-tubereulosis^ non seulement
;)0Û GALLI-YALERIO. — ETUDE SUR LES NEOFORMATIONS NODULAIRRS
dans des lésions des animaux, mais même dans le milieu extérieur, le rend le plus important à connaître au point de vue des infections pseudo-tuberculeuses bactériennes de l'Homme et des animaux domestiques. Il faudra, en outre, bien se souvenir de ce Bacille dans les recherches expérimentales sur les Cobayes, car dans certains cas on pourrait croire avoir provoqué des lésions nodulaires avec le matériel inoculé, tandis qu'on se trouve en présence d'un cas spontané de pseudo-tuberculose dû au Bacille en question.
OBSERVATIONS ON FJLAKIA VOF.V[JL[JS<"
nv
W. T. PROUT, M. B , Ch. M. Edin.
Colonial Surgeon, Sierra Leone.
I am indebted for the opportunity of describing the following spécimen lo D' Hood, District Surgeon, Sierra Leone. He observed a rounded tumour about the size of a pigeon's egg, on the buttock of a Frontier Policeroan, who had reported sick, complaining of vague rheumatîc pains. In appearance and conslstency it resembled a fatty tumour, but on excising ît, it was found to be a cyst, containing what seemed to be a mass of Filaria bathed in a semipurulent looking fluid. Unfortunately the incision which had been raade to ooen the tumour had eut across the Worm, but I was able to dissent ou^ with diffîculty a complète adult maie, and numerous fragment of an adult female packed with embryos.
Some time afterwards D^ Hood was fortunate enough to corne across anotber spécimen of the same kind, again in a frontier policeman. The cl'nical history of the case showed nothing remarkable. The Man complained of weakness, vague pains, an and inability to do his duty, which consisted of going on patrol in the district. A gleet was discovered, with swoUen inguinal glands, and the case was supposed to be of a syphilitic nature. On further examination a tumour was discovered in the gluteal région. This was excised, and the Man was sent down to Freetown, where he was admitted to Hospital and kept under observation for a considérable time. Du ring this period the clinical features were not marked. He still complained of vague aches and pains which gradually disappeared, and there were occasionally slight irregular rises of température. He was put on gênerai tonic treatment, and al the end of a couple of months expressed himself as fit to résume duty, and was discharged. I examined the blood on one or two
(i) This note was alrcady pablished In the British médical Journal^ I. p. 209, january 96, 1901. We give hère some new figures, establlshed afler author's original pencil sketches.