DANS D'AUTRES PAYS ÉTRANGERS
Nous avons décrit longuement les progrès considérables qui ont été nccoiiiplis depuis deux ans à Londres, à Liverpool et à Hambourg dans l'étude et l'enseignement de la médecine coloniale. Des créations similaires ont été réalisées d'une façon plus ou moins complète soit dans d'autres villes de la Grande-Bretagne, soit dans d'autres pays. Nous devons aussi les indiquer brièvement.
n'UN INSTITUT DE MÉDECINE COLONIALE V)9
1** Tandis que l'initiative privée instituait les deux Ecoles anglaises, la Société Royale de Londres, qui représente là-bas notre Académie des sciences, s'entendait avec le Ministère anglais àes colonies pour envoyer en Afrique une mission médicale ayant pour programme Tétude des maladies de la zone inlertropicale. Le D^ C.-W. Daniels, déjà bien connu par de belles études accomplies à la Guyane anglaise, fut placé à la tète de la mission, avec MM. J.- W.-W. Stephens, S.-R. Christophers et J.-L. Walker pour collaborateurs.
Tout d'abord, M. Daniels s'en alla aux Indes, où le major Ross était encore, pour étudier avec lui les métamorphoses du parasite du paludisme. Avec ses trois compagnons, il se rendit ensuite en Italie, où il étudia successivement dans le laboratoire du professeur Golgi, à Pavie, puis dans celui du professeur Celli, à Rome, la structure et l'évolution du même parasite. Puis la commission d'étude partit pour l'Afrique orientale. MM. Stephens, Christophers et Walker sont déjà revenus en Europe, mais le D^ Daniels compte rester encore deux ou trois années sur la rivière Chiré, dans la région du lac Nyassa et dans toute autre contrée africaine qu'il pourrait lui sembler utile d'explorer au point de vue médical. 11 dispose de sommes considérables : la Société Royale lui attribue une somme annuelle de 300 livres (7500 francs) et le Ministère des colonies une somme globale de 2100 livres (52 000 francs) pour toute la durée de son voyage. Il est d'ailleurs entendu que les deux institutions fourniront de nouvelles sommes, si celles-là sont insuiTisantes.
Que ne peut-on attendre de recherches poursuivies dans de pareilles conditions, par un homme qui a une longue pratique des tropiques et qui a prouvé déjà sa haute valeur scientifique par d'importantes découvertes ! C'est à lui, en elTet, qu'on doit la connaissance de la forme adulte de la Filaria peratans^ pour ne citer que cette observation. Le D' Daniels se propose tout spécialement d'élucider Tétiologie de la fièvre bilieuse hémoglobinurique, qui reste encore enveloppée d'obscurité. Il a déjà fait d'importantes observations sur une maladie causée parla piqûre des Tiques, déjà entrevue par Kirk et probablement analogue à la fièvre du Texas.
L'expédition Daniels a d'ailleurs publié déjà trois rapports très importauts, qui sont édités par les soins de la Société Royale.
2r L'Université d'Aberdeen a créé un enseignement de la médecine tropicale et Ta confié au D' Maconachie, ancien principal du Collège médical de Bombay. Les cours ont commencé le !«' mai 1899.
S"" L'Université d'Edimboui^ donne également un cours sur les maladies tropicales. Il consiste en 25 leçons avec démonstrations et exercices pratiques et se fait deux fois par an.
4"* L'Université de Liège a confié au professeur Firket une chaire des maladies des pays chauds
5*" L'Université nouvelle de Bruxelles, actuellement en voie de réorganisation, avait créé en 1898 une chaire d*hygiène coloniale dont le titulaire était M. le D^ Georges Treille, Inspecteur général honoraire du Service de santé des colonies françaises.
6*" L'Allemagne a déjà chargé le professeur Koch de nombreuses missions : en Egypte el aux Indes, pour étudier le choléra ; dans le sud de l'Afrique, pour étudier la peste bovine ; en Italie, pour y faire des recherches sur le paludisme. Les résultats de chacune de ces missions ont été considérables. Formés ù l'école d'un tel maître, les médecins des jeunes colonies allemandes, parmi lesquels il convient de citer en première ligne Plehn, Scheube et Ziemann, nous ont déjà donné de très importants travaux sur les maladies des tropiques. L'extension dos colonies allemandes, par l'acquisition récente des Carolines, élargit encore le champ de leurs investigations, au moment où l'Institut de Hambourg leur permet d'acquérir une instruction technique en ces questions capitales.
7** Le Dr J.-H. Kohlbrugge, privat-docent à l'Université d'Utrecht, a inauguré en Hollande l'enseignement des maladies des pays chauds, dans les premiers mois de l'année 1900.
8"" L'Italie a contribué dans une très large mesure aux récentes acquisitions de la science, en ce qui concerne les fièvres paludéennes. I^ Campagne romaine, les environs de Naples et beaucoup d'autres régions de l'Italie méridionale sont, comme on sait, littéralement ravagées par ce fléau. Aussi les moyens de le combattre ont-ils toujours été au premier rang des préoccupations des médecins et des savants.
En 1898, il s'est constitué à Rome une Société pour l'étude du paludisme : le premier rapport annuel, signé du professeur Celli, a été publié dans les derniers jours de cette même année; plusieurs autres rapports ont été imprimés depuis lors ; tous
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renferment des travaux d'une grande valeur et témoiguent d'ellorts considérables.
Avec Tappui pécuniaire et matériel du gouvernement et des Compagnies de chemins de fer, qui ont parfaitement compris l'exceptionnelle importance des recherches de cette nature et ont tout mis en œuvre pour en assurer le succès, M. le professeur Grassi, de TUniversité de Rome, a entrepris toute une série d'expériences, en vue d'élucider les nombreuses obscurités dont étaient encore entourées les mœurs des Moustiques et les relations de ces Insectes avec les lièvres intermittentes. D'ingénieuses expériences^ dans le détail desquelles il serait trop long d'entrer ici, ont porté sur plus de 100 individus, employés pour la plupart du chemin de fer de Naples à Pœstum ; elles ont duré plusieurs mois, sans cesser un seul instant d'être soumises au contrôle le plus rigoureux. Il en est résulté une démonstration nouvelle et, peut-on dire, absolument définitive de ce fait, que les Anophèles sont les seuls agents de la dissémination des parasites paludiques.
9** Les Etats-Unis ont institué à Johns Hopkins University^ à Baltimore, un enseignement de la médecine intertropicale, spécialement destiné à faire connaître les maladies de Cuba, de Porto- Rico et des Philippines.
10^ L'Etat libre du Congo a créé à Léopoldville un laboratoire de pathologie et de physiologie tropicales. Les D'» Van Campenhout et Reding ont quitté la Belgique, vers le milieu de 1899, pour se rendre au Congo, à l'effet d'organiser ce laboratoire, pour la création duquel M^^® la baronne de Hirsch a légué une somme de 50000 francs.
11"" L'Université de la Havane a créé une chaire de médecine tropicale en faveur de M. le D^ J. Guiteras, diplômé de l'Ecole de L.ondres.