J. BRAULT
notre première malade, de même que le Roseau qui a piqué notre deuxième observée, peuvent fort bien avoir été souillés par des produits venant d'animaux de cette espèce. D'ailleurs, en dehors des Equidés, il est peut-être dans la nature d'autres milieux capables d'entretenir le Botryocoque^ en admettant la spécificité de ce dernier.
Cette spécificité est loin d'être démontrée d'une façon péremptoire ; en efiet, si Rabe, de Jong, Poncet et Dor y croient fermement, Kitt, Hell et d'autres encore pensent qu'il s'agit purement et simplement d'une variété de Staphylocoque.
Je sais bien qu'en dehors des caractères diflérentiels des cultures, tous plus ou moins contestables, les partisans de la spécificité invoquent l'inoculation produisant un micro-fibrome chez le Cheval, mais si je ne m'abuse, l'expérience (du moins pour la botryomycose humaine) n*a été faite qu'une seule fois (Guinard), observation I de Poncet et Dor ; et encore cette expérience n'a pas été complète, puisque l'animal en se roulant sur sa litière a fait disparaître la tumeur produite qui n'a pu être analysée. D'autre part, les expériences avec les diverses espèces de Staphylocoques plus ou moins modifiées par les milieux de culture n'ont pas été poussées suffisamment loin sur les Equidés pour que l'on puisse dire que le Staphylocoque est toujours pyogène et jamais botryogène chez ces animaux.
Il est encore plusieurs points bien obscurs dans la botryomycose, malgré les nombreux travaux déjà parus sur la question.
Les corps mûriformes sont-ils des amas parasitaires ? ou sontils au contraire le produit d*une sorte de « pycnose » analogue à celle que les anatomo-pathologistes ont décrite sous le nom de boules colorables intracellulaires des tissus syphilitiques (1) ?
La tumeur elle-même, au point de vue histologique, doit-elle être QjDvisagée comme formée par du tissu de granulation avec production fibreuse, ou encore par une véritable fibro-adénose (Poncet et Dor) ?
Autant de points qui ne sont pas encore suffisamment élucidés.
A propos des deux cas que nous venons de relater, nous n'avons pas de remarque importante à faire au point de vue histologique.
(1) Poncet et Dor. Archives générales de méd.^ 1900, p. 282.
DEUX CAS DE BOTRYOMYCOSE OBSERVES A ALOER 507
Au sujet des cultures, nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer l'analogie du microorganisme rencontré avec le Staphylocoque. En outre, nous dirons que nous n*avons pas observé d'une façon nettement appréciable le signe donné par Kitt, Poncet et Dor, à savoir : la coloration jaune beaucoup plus accentuée des cultures poussées ou entretenues à la température de 18 à 20». — L'odeur de fraise des cultures sur pomme de terre, signalée par les mêmes auteurs, n'a pas été retrouvée dans ces deux cas. Enfin, la liquéfaction de la gélatine en forme de tulipe ne s'est produite d*une façon nette qu'une seule fois (observation I).