FÉLIX DUJARDIN
NOTICES BIOGRAPHIQUES. — F. DUJARDIN JSl
II a enfin publié une étude sur la cire et la façon dont elle est sécrétée sous forme de fibres parallèles par une surface d'aspect réticulé. Il a reconnu que cette substance est loin d'être particulière aux Abeilles et aux Hyménoptères voisins. Un Hémiptère, Darthesia, en a le corps couvert. Les longs fils blancs qui enveloppent le Puceron lanigère, ne sont que des fils de cire pure ; le Kermès de la vigne recouvre ses œufs d'une croûte de cire semblable è un duvet. Les ailes de la Notonecte et de divers autres Insectes, l'abdomen de la Libellule, sont enduits d'une cire qui a les mêmes réactions, les mêmes caractères optiques, point de fusion, de cristallisation, que la cire d'Abeille.
Je ne reviendrai pas sur les Promenades d'un naturaliste dont j'ai parlé plus haut; il ne me reste donc plus à signaler que les articles divers qu'il a publiés de 1845 à 1848 dans le Dictionnaire universel d'Histoire naturelle; les principaux ont pour sujets : les Infusoires, les Mollusques, les Méduses, les Oursins, les Polypes, etc.
Telle est l'œuvre de Dujardin. Elle se distingue par son extrême variété; par le nombre considérable de faits de première importance qui s'y trouvent décrits pour la première fois et qui sont restés dans la science, par la précision et la sincérité de tous ces travaux presqu'exempts d'erreurs et dont les moindres détails ont été observés avec la plus scrupuleuse exactitude. De tels hommes sont rares, et lorsque pour des causes diverses dans le recul de l'Histoire quelque partie de leur œuvre semble devoir s'eflacer^ dans un ingrat oubli, il est vraiment juste et digne, honnête et salutaire qu'une voix, même timide, s'élève pour empêcher la prescription de s'établir et pour rendre au savant trop modeste la part de justice à laquelle il a droit.
Par une délibération en date du 22 décembre 1900, le Conseil municipal de Rennes vient de donner le nom de Dujardin au quai qui longe la façade sud de la nouvelle Faculté des sciences.