‹ Archives de parasitologie (volume 3)Chapitre 41 sur 127 · P. R. JOLY · texte numérisé non relu

P. R. JOLY

Moustiques (il D'y a pas non plus de paludisme). A Madagascar, Majunga gui manque d'eau douce a très peu de Moustiques, surtoiK pendant la saison sèche; on s'y porte très bien. Nossy-Bé, au contraire, possède de l'eau douce en abondance, d'où cette luxuriante végétation qui fait de Hellville le point le plus charmant de la côte; mais les Moustiques s'y rencontrent à foison et le paludisme est constant.

L'altitude, dit-on, préserve des Moustiques et du paludisme. Le fait n'est exact que lorsque la montagne est sèche et dénudée. Si elle contient des sources, si une haute végétation s'y dresse, les Moustiques sont, comme dans la plaine, innombrables, et le paludisme y règne. L'eQet salutaire de l'altitude tient à d'autres causes.

Là où il y a de l'eau douce, il y a des Moustiques.

Ce n'est pas à dire que là seulement se rencontrent ces Insectes ; ils vivent près des eaux saumâtres, mais d'autant moins nombreux que l'eau salée prédomine davantage.

Ainsi, à l'embouchure d'un fleuve, un poste, comme celui de Nossy Vola va, par exemple, à l'embouchure du Sambaho, construit sur du sable apporté en pirogues au milieu d'un delta couvert de Palétuviers dont chaque marée baigne complètement les troncs, est relativement peu infesté de Moustiques; à mesure que Ton remonte le fleuve et que la marée se fait moins sentir, les Moustiques deviennent plus nombreux, et des postes d'apparence plus agréables et hygiéniques sont intenables.

Cependant, on trouve partout et en toute saison, plus ou moins, des Moustiques. Ils aiment l'ombre, avons-nous dit, ce qui est clair leur déplaît. Dans l'obscurité des bois on trouve toujours des Moustiques aux aguets. Les sombres Manguiers leur plaisent particulièrement, surtout au moment (décembre-janvier) où le sol est jonché de mangues mûres; de ces fruits à demi liquéfiés s'élèvent, quand on approche, des légions de Moustiques; les bananes, les oranges, les attirent également, mais dans de moindres proportions. On sait que les mâles se nourrissent en général du suc des fleurs ou des fruits. Il en est sans doute de même de la plupart des femelles pressées par la faim; si l'on s'arrête sous l'arbre, ces voraces animaux quittent de suite leurs fruits pour s'attaquer à notre sang.

Dans les grottes obscures, dans les anfractuosités de roches, ces

Insectes se tiennent suspendus aux parois comme des minuscules Chauves-souris. Les terres noires les séduisent de préférence au sol rouge, aux sables blancs. Ce n'est pas seulement parce que ces terres argileuses sont souvent humides, cet attrait delà couleur noire se manifeste dans bien d'autres cas : ayez des chaussures et des chaussettes noires, vous aurez les pieds et les jambes bien plus criblés de piqûres que si vous portez des chaussettes et des souliers blancs. De même, les vêtements cachou foncé ou bruns protègent moins des Moustiques (comme d'ailleurs de la chaleur) que les vêtements blancs ou bleus. Ce goût du noir est si évident, que les Indigènes le connaissent et l'utilisent. Dans beaucoup de cases malgaches on voit, fixés au plafond ou aux solives qui soutiennent le toit, des morceaux d'étoffe noire placés là pour attirer et fixer les Moustiques qui ont pénétré dans la case.

J'ai remarqué souvent, à terre, que des deux Chiens du bord l'un, de couleur jaune clair, était très peu harcelé par les Moustiques, tandis que l'autre, de pelage absolument noir, était criblé de piqûres, et obligé de se coucher dans l'eau pour se protéger.

Le même fait se produit chez l'Homme. Les Indigènes subissent plus de piqûres que les Blancs. Ils en souffrent souvent beaucoup, et s'en plaignent parfois amèrement; cependant ils réagissent moins vivement aux piqûres que l'Européen. Mais lorsque dans une chambre, sous une moustiquaire, des Moustiques introduits peuvent choisir, ils n'hésitent jamais : c*est au dormeur noir quUls s'attaquent!

Les Moustiques sont sensibles aux odeurs. Celle du poisson séché les attire.

La musique agit sûrement sur eux. Si l'on joue d'un instrument à corde dans un appartement, tous les Moustiques qui s'y tenaient cachés entrent en danse : et si la fenêtre est ouverte on en voit pénétrer du dehors. Joue-t-on en plein air, avec ou sans lumière, on constate bientôt que le nombre de ces Insectes dévient rapidement tel qu'on ne peut plus tenir son instrument.

Bref, les Moustiques, infectieux ou non, sont un des plus grands, sinon le plus grand fléau des pays tropicaux. Que faire, pratiquement, pour se protéger contre ces milliards d'ennemis sans cesse renaissants, plus nombreux chaque jour? Dans les appartements, on préconise l'emploi de maints produits : j'en ai essayé un très

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g^and nombre, poudres, fumées, vapeurs, vaporisations, parfums, rien n*est complètement satisfaisant; on détermine parfois une certaine somnolence de quelques heures chez les Moustiques, mais ils se réveillent bientôt un peu plus affamés qu'avant. Le formol lui-même n est pas pratique.

Une seule méthode est nécessaire et suffisante : empêcher les Moustiques de pénétrer dans les appartements. C'est relativement facile. Éviter de déposer dans la chambre tout ce qui peut introduire des larves ou des adultes; ne pas leur fournir Teau ou la simple humidité nécessaires à leur développement ; éviter les coins sombres, donner de la lumière; enfin, et surtout, se barricader contre l'intrusion des Moustiques, en fermant ses portes et ses fenêtres, dès que disparaît le soleil; ou mieux, en armant ces dernières de cadres munis de toile métallique fine ou de gaze à moustiquaire laissant passer Tair et point les Insectes. La moustiquaire du lit devient ainsi superflue.

Au dehors, je ne veux parler que de la protection individuelle, il est bon de porter des véfements amples, blancs de préférence.

Pour protéger le visage, ne pas hésiter à porter une voilette à mailles très serrées. Pour être efficace, ce voile, fixé sur le casque, doit également être serré autour du cou. Une barbe abondante est une bonne protection.

Mais quelque précaution qu'on prenne, on subit toujours un plus ou moins grand nombre de piqûres qui, si elles jie sont pas toutes septiques, sont, sans exception, désagréables et même douloureuses.

Tout le monde ne réagit pas de même façon aux piqûres de Moustiques. En général, aussitôt que l'Insecte s'est retiré, on voit les téguments blanchir; puis, au bout d'une minute ou deux, prendre une coloration rose vif et, quelques instants après, se tuméfier, formant une sorte de petite pustule de consistance indurée et de coloration rouge. Il serait intéressant d'étudier si les phénomènes de réaction locale sont identiques ou non, suivant que rinsecte est infectieux ou non; différencier la simple injection venimeuse, du chancre d'inoculation du paludisme.

La première sensation éprouvée est celle de brûlure; puis, à mesure que la pustule tend à s'affaisser davantage, viennent les démangeaisons, qui sont d'une telle violence, que certains sujets

impatients déterminent, par le grattage, des plaies parfois longfUes à guérir. Les nouveaux venus dans la colonie réagissent plus violemment que les gens dits acclimatés. Chez ces derniers, les piqûres n*engendrent le plus souvent que de légères douleurs, et les points où elles ont été faites ne présentent qu'une simple rougeur.

Qu'elles soient infectieuses ou non, il est bon d'agir contre ces infimes mais douloureuses plaies. J'ai employé les produits généralement préconisés en ce cas : les résultats ont été médiocres et incertains.

Voici la mixture qui m*a toujours réussi, employée sur moimême et sur tout le monde à bord.

Formol (solution 40 %)

Xylol

Acide acétique . .

Baume de Canada. .

Flssence parfumée. .

15 gr.

5gr.

0 Rp. ou ceniig.j acétone. . . 4 gr.

1 gr.

q. s. pour parlumer.

Aucune de ces substances prise isolément ne sulîit. Pour appliquer la mixture, agiter vivement, et toucher la piqûre avec le bouchon imbibé, ou un petit tampon, laisser sécher.

Le soulagement est immédiat et je n'ai jamais observé d'accidents par l'application de cette mixture même sur le visage.

CONTRIBUTION A L ÉTUDE ÉTIOLOGIQUE ET PATHOGÉNIQUE DE LA LANGUE NOIRE PILEUSE

ADBIBN liUCET,

Vétérinaire à Gourtenay (Loiret).

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