‹ Archives de parasitologie (volume 3)Chapitre 49 sur 127 · MS · texte numérisé non relu

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étant sans influence bien appréciable sur le développement de ce Saccharomyces, il en résulte une indication très nette, concernanl la facilité avec laquelle il s'accommode des milieux les plus variés.

Du reste, celte assertion se trouve encore confirmée par ce fait, qu'il est possible d'en obtenir des cultures encore relativement assez fournies, simplement dans de Teau distillée additionnée, à raison de 5 pour 100, de sucre candi, de glycose, de lévulose ou de maltose.

Dans les jus de fruits (pommes, poires, raisins), et dans les milieux artificiels ci-dessus, sa culture est apparente après un séjour de 8 à 10 heures à Tétuve à 37o. A cette époque, il forme déjà un léger voile superficiel blanchâtre, dont les limites s'étendent jusque sur les parois du vase servant de réceptacle; en même temps, le liquide nourricier est, dans tout son ensemble, louche, trouble. Au bout de 24, 36 ou 48 heures, ce voile a augmenté, alors que le milieu qui le supporte s'est éclairci. Dans les jours qui suivent, la culture continue son développement, toujours en surface : le voile qui la caractérise augmente d'épaisseur, de blanc, devient grisâtre, parfois légèrement roux (jus de fruits), se plisse et, s'étalant davantage sur les parois du ballon de culture, monte parfois à une hauteur très considérable, presque jusqu'au bouchon d'ouate; quant au substratum liquide, il reste limpide ou est à peine trouble.

Dans ce dernier cas, son aspect louche est souvent causé par l'agitation que provoque l'active fermentation du sucre à laquelle donne lieu la culture : fermentation caractérisée par la naissance de nombreuses et quelquefois volumineuses bulles gazeuses qui montent et viennent crever à la surface, en soulevant et disloquantquelque peu le voile qui la couvre. 11 s'agit là, simplement, d'une abondante production d'acide carbonique, conséquence de la combustion du sucre.

Au bout d'un temps plus ou moins long suivant diverses influences (température, richesse en sucre du milieu nourricier), la culture diminue d'activité : les bulles gazeuses qu'elle produit deviennent plus rares; le milieu se trouble de nouveau s'il s'était éclairci, ou d'une façon plus accusée dans le cas contraire, par suite de la descente progressive d'un certain nombre de cellules se détachant du voile superficiel; celui-ci, à son tour, se segmente

et ses fragments tombent et s'accumulent, avec les cellules précédentes, au fond du vase de culture où ils forment un abondant dépôt que surmonte une couche liquide, alcoolique qui, peu à peu, se débarrasse de tous les éléments qu'elle contient encore en suspension, s'éclaircit et retrouve sa limpidité première. Cette dislocation, cette chute du voile, a lieu lentement, progressivement, par bribes, ou sous l'action de la moindre agitation, en gros blocs et tout d'un coup.

La culture est alors terminée par suite de Tépuisenaent, de la disparition et de la transformation des matériaux nutritifs que le milieu renfermait et qu'elle a utilisés, ou tout au moins de la plus grande partie d'entre eux.

A cette époque et souvent bien avant même, la culture possède une odeur très nette d'alcool, de fruits fermentes, qui parfois, est assez prononcée pour qu'elle imprègne l'atmosphère de l'étuve et soit perceptible à l'ouverture de celle-ci.

L'alcool ainsi produit est de l'alcool ordinaire, ainsi que j'ai pu m'en convaincre par les réactions suivantes qui le caractérisent, à l'exclusion des aldéhydes, de l'acétone, des alcools supérieurs et de l'acide acétique.

En distillant par fractionnement 500 gr. de liquide de Raulin dans lequel a été effectuée, jusqu'à épuisement du milieu, une culture de Saccharomyces linguae-filosae, j'obtiens 50 cent, cubes d'une liqueur à reflets bleuâtres, irisés, à odeur chaude aromatique. — a). 5 cent, cubes de cette liqueur sont mélangés à une goutte d'acide chromique étendu d'eau, puis chauffés dans un tube à essais sur la flamme d'un bec de Bunsen; sous l'action de la chaleur, ce mélange, jaune orangé, vire au vert en même temps qu'il dégage une odeur très nette d'aldéhyde. — b], A 10 autres centimètres cubes, j'ajoute 2 grammes de carbonate de soude pur cristallisé et 0 gr. 1 d'iode pulvérisé, puis, je chauffe au bainmarie au voisinage de 60^, jusqu'à la disparition de l'iode; l'odeur safranée si caractéristique de l'iodoforme apparaît et par refroidissement, il se forme au fond du tube un léger dépôt jaune de paillettes chatoyantes que le microscope montre cristallisées sous forme de tables hexagonales régulières. — c). De l'iodoforme est encore obtenu, dans ces conditions, en remplaçant le carbonate de soude par de la potasse, et l'iode par un peu d'iodure de potassium

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ioduré en solution. — d), 5 cent, cubes, traités par la même quantité d'eau rhande, ne laissent aucun précipité et conservent leur limpidité. — e). Enfin, je n'obtiens pas trace de coloratioo rose, en versant quelques centimètres cubes de celle li(|ueur, dans une solution de fuchsine décolorée par le bisulfite de soude en solution acide.

Après avoir ainsi déterminé la nature de cet alcool, j'ai cherché à établir la quantité de sa production. Celle-ci, mesurée à Taide du compte-gouttes pipette gradué de Duclaux, varie entre 1 et 3 pour 100, suivant les milieux utilisés et surtout selon la nature du sucre qui entre dans leur composition, toutes choses autres étant égales d'ailleurs. Alors, en effet, que les milieux à la lévulose en donnent 5 pour 100 (exactement 4.83), cette production tombe à 4 pour 100 dans ceux qui sont glycosés et à 1 ou 2 pour 100, au plus, lorsqu'il s'agit de la saccharose ou de la maltose.

Pour fabriquer cette dose d'alcool et pour subvenir aussi à son alimentation et k son développement, le Saccharomyces consomme les neuf dixièmes du sucre mis à sa disposition, au moins en ce qui concerne la glycose. Des milieux renfermant l'^O gr. de ce sucre pour 1000, n'en contiennent plus effectivement, quand la culture est terminée, que 3 gr. 44 pour 1000.

Quant au poids de Levure développée dans un tel milieu, il équivaut à 11 gr. pour 1000 de liquide nourricier, en Levure sèche, c'est-à-dire après complète dessiccation à i'étuve à 40**, du filtre sur lequelelle a été recueillie. En Levure humide, ce poids atteint près de 100 gr.

Dans le but d'apprécier, au moins approximativement, l'influence des divers sucres sur le développement de ce Saccharomyces, je procède le 24 novembre à une série de cultures comparatives effectuées dans des conditions identiques de chaleur et d'aération dans une même quantité de liquide de Cohn auquel j'ajoute 3 p. Vo de glycose, de lévulose, de sucre candi, de maltose, de lactose ou (le mannite. L'ensemencement a lieu à huit heures du matin avec une quantité de Saccharomyces sensiblement égale et de même origine.

Dans le ballon glycose, la culture commence à être apparente vers une heure du soir. A six heures, elle forme une couche supei-ficielle déjà épaisse et plissée qui, le lendemain à midi, s'est

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étendue sur les parois et a envahi presque toute leur surface libre au-dessus du liquide nutritif.

Le ballon lévulose présente tout d'abord un léger relard, et ee n'est que vers six heures du soir, que la culture apparaît formant un très mince voile. Le 25, à midi, ce voile est aussi abondant, aussi plissé, aussi épais et aussi étendu au-dessus de la couche liquide que dans le ballon précédent. Dans tous deux, le milieu est trouble et il existe un léger dépôt.

Moins apparente encore à six heures du soir est la culture en milieu saccharose. Ici, le 25 à midi, le voile superficiel est mince, blanc, uni, sans plis et moins étalé sur les parois du ballon. Le liquide est limpide et sans dépôt.

Ce n'est que le lendemain matin de l'ensemencement, soit le 25 à neuf heures, que le développement de la Levure se manifeste dans le vase contenant de la maltose. Le milieu, limpide et sans dépôt, présente à sa surface une très mince pellicule grisâtre, perceptible seulement lorsqu'on incline le ballon, par la trace qu'elle laisse sur les parois auxquelles elle adhère.

Il n'existe aucun développement dans les deux ballons contenant de la lactose ou de la mannite.

Dans les jours qui suivent, chacun de ces milieux garde son avance et l'accroissement de la culture se poursuit, rapide et abon- ^lant pour les glycosé et lévulose, moins vite et moins accusé pour les saccharose et maltosé, pendant qu'il reste nul dans ceux qui contiennent de la lactose et de la mannite.

Dans tous les milieux, quels qu'ils soient, la réaction se modifie sous l'intluence du développement du Saccharamyces linguae pibsae. Ceux qui sont alcalins ou neutres, diminuent d'alcalinité ou deviennent acides, pendant que ceux qui sont acides voient leur acidité augmenter. C'est ainsi qu'un milieu saccharose alcalin, dont le titre est de 0 gr. 1387 de soude pour 1000, présente une acidité de 1 gr. 9720 pour 1000 évaluée en acide sulfurique, après le développement complet de la culture qu'il fournit.

HÉsiSTANCB A DIVERS AGENTS. — Le Soccluiromyces lingtAae-pilosae résiste assez bien à diverses causes de destruction; mais, cette résistance est surtout accusée à l'état sec.

Fne culture elTectuée dans du liquide de Raulin, conservée.

Archives de Parasitologie, IV, n^ 2, 1901. 19

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après son complet développement à 37<^, à la température du laboratoire et à la lumière, est encore susceptible de donner des cultures positives, par ensemencement abondant, au bout de cinq mois (6 avril — 14 septembre).

Une culture semblable gardée à Tétuve à 37», peut de même être rajeunie après trois mois (3 mai — 20 août).

Cependant, dans ces conditions à 37o, toute vitalité est éteinte après quatre mois er demi ou cinq mois, alors qu'une culture sur pomme de terre, complètement desséchée, donne un résultat positif.

Ainsi, le 9 septembre 190(), )*eusenience avec un résultat favo rable, du liquide de Cohn glycosé, avec une parcelle de Levure prélevée sur une vieille culture sur pomme de terre, desséchée el racornie par un séjour de cinq mois à Fétuve à 37<^; tandis que j'obtiens un résultat négatif avec une culture du même âge (12 avril) faite dans du liquide de Raulin et conservée à la même température.

J'ai déjà dit qu'il ne cultivait pas à 50^ : j'ajoute que laissé à cette température du 5 novembre au 7, soit 48 heures, en milieu liquide ou sur gélose, puis reporté à 37^ il ne pousse plus.

Chauffé en milieu liquide, dans de petites pipettes capillaires, il est enfin tué en 15 minutes à 70", alors qu'à l'état sec, sur des fils de soie, il ne meurt qu'après 25 à 30 minutes de séjour à 100 degrés.

Il m'a paru intéressant encore de rechercher l'action que possèdent, vis-à-vis de lui, certains agents chimiques usuels.

Le 16 novembre, à sept fiacons d'Erlenmeyer contenant chacun ^ gr. de liquide de Cohn glycosé à 5 pour 100, j'ajoute 2 gr. 50, soit 5 pour 100, de solution de Grani^ de salicylate de soude, d'acide borique, d'alun cristallisé, de teinture d'iode, d'acide picrique ou d'acide chromique. Chacun d'eux est ensuite et après stérilisation rapide, abondamment ensemencé avec une culture récente, puis porté à l'étuve à 38^

Or, seul, le flacon renfermant 5 pour 100 d'alun cristallisé fournit une culture positive. Aucun autre ne donne de résultat.

Pour compléter cette recherche et la parcelle de culture ensemencée ayant été, dans chacun de ces milieux, déposée avec précaution à la surface du liquide, afin qu'elle surnageât, le lendemain 17 novembre soit après 24 heures de contact à 38<> à l'aide d'un fort fil de platine en spatule, j'en prélève une petite quantité que je

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reporte dans un milieu neuf sans addition d'aucune substance étrangère.

Dans ces conditions, les solutions salicylées et boriquées appa raissent n'avoir modifié en rien la vitalité des éléments du Saccharomyces qui ont été en contact avec elles. Les nouvelles cultures ainsi faites, se développent rapidement et abondamment. Mais, il n'en est pas de même avec les autres. Cependant, pendant que la solution de Gram et Tacide chromique ne font qu'apporter un retard de 24 à 48 heures dans l'apparition des cultures, celles-ci sont supprimées et tout développement est annihilé en ce qui concerne les parcelles ayant séjourné dans les milieux à la teinture d'iode et à l'acide picrique.

En résumé, non seulement Taddition à raison de 5 pour 100 aux milieux de culture, de teinture d'iode et d'acide picrique entrave le développement du Saccharomyces lingtAas-pilosae, mais encore un séjour de 24 heures à 38<^ de cette Levure dans de tels milieux, suffit pour supprimer ses qualités végétatives. Ces faits ont leur importance au point de vue thérapeutique, les divers traitements utilisés jusqu'alors pour combattre la langue pileuse ayant presque toujours échoué.

Action pathogène.— L'action pathogène du Saccharomyces lingualpilosae est peu accusée. J'ai pu, en effet, l'inoculer, sans accidents consécutifs : à la Poule, dans le système veineux ; au Cobaye et au Lapin par voie sous-cutanée ou intra-péritonéale; à ce dernier, dans une des veines de l'oreille.

Cependant, il amène la mort de la Souris blanche en inoculation dans le péritoine et parfois même par simple injection sous-cutanée. Dans ce dernier mode d'infection, il provoque toujours, au point d'inoculation, la formation d'une petite collection d'abord séropurulente, puis franchement purulente. Celle-ci peut s'ouvrir par mortification de la peau et le sujet guérit, ou au contraire, persister en provoquant l'amaigrissement et un état cachectique quelquefois suivi de mort.

I. — Le 25 décembre 1899, j'inocule dans une des veines de l'aile gauche, un jeune Coq de l'année, avec deux centimètres cubes d'une culture récente en liquide de Raulin. Résultat négatif.

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