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SUR UN CAS DE FRAMBOBSIA OBSERVÉ EN ALGÉRIE

Cultures. — Le 5 avril, nous avions excisé aseptiquement plusieurs tumeurs, et recueilli du sang, qui nous servit à faire, le même jour, des ensemencements en strie sur trois tubes de gélose.

Le lendemain, les trois tubes (mis à Tétuve à 37"") avaient cultivé et la surface de la gélose était recouverte, au niveau des stries, d'une culture d'un blanc sale, épaisse, légèrement pulpeuse. Toutes Les colonies paraissaient appartenir à la même espèce par leurs divers caractères.

Elles étaient formées par des Microcoques un peu volumineux 1 a 5, groupés le plus souvent en amas, mais parfois aussi isolés, ou réunis en Diplocoques. Ils restaient colorés par le Gram.

Elles furent reportées immédiatement sur divers milieux: gélatine, gélose, bouillon de bœuf peptonisé, lait, pomme de terre.

Le bouillon fut troublé rapidement en douze heures; le liquide de culture restant trouble au repos.

Les cultures sur gélatine, en piqûre, abandonnées à la température du laboratoire, (4 20), se développèrent très lentement. Jusqu'au troisième jour, rien de perceptible dans le canal creusé dans la gélatine par le fil de platine. A partir de ce moment, quel- (jues colonies fines, punctif ormes, apparurent liquéfiant peu à peu la substance nutritive. Le vingtième jour seulement se produisit, à* la partie supérieure du milieu, une cupule de liquéfaction bien nette, de 2 millimètres, contenant un liquide louche, blanchâtre, avec au fond un dépôt blanc sale. Au quatrième mois de la culture, la liquéfaction n'avait atteint que le milieu de la colonne de gélatine.

Sur lait, rien de typique jusqu'au quinzième jour, époque à laquelle se produisit la coagulation du milieu en une grosse masse ; pas d'odeur.

Sur pomme de terre, culture rapide en 48 heures sous forme d'une colonie blanc sale.

Sur gélose, les colonies avaient les mêmes caractères que sur les premiers tubes ensemencés : (colonies pulpeuses, étalées uniformément, proéminentes) ; en vieillissant les colonies se teintèrent légèrement en jaune.

Les inoculations faites dans la cavité péritonéale et dans le tissu cellulaire sous-cutané du Cobaye et du Lapin restèrent négatives.

Fait à noter, les colonies blanchâtres ou d'un blanc jaunâtre à

Archives de Parasitologie, IV. n" 2, 1901. 21

37<>, n*ont jamais pris une coloration jaune pur par la mise en rulture à 20>, comme le Botryocoque de Dor et Poncet. D'ailleurs, l'absence de dépôt jaune dans les parties ]iquéflées de la gélatine, celle aussi de toute odeur, dilTérencie encore le microcoque que nous avons isolé, de ce dernier agent pathogène.

Les caractères des cultures, ceux tirés des réactions colorantes, nous permettent de classer notre microcoque dans le groupe des Staphylocoques. En dépit de la grosseur du microcoque (qui est d'un tiers environ plus considérable que celle du Staphylocoque pyogène doré), de son faible pouvoir liquéfiant pour la gélatine, de son innocuité pour les animaux, il nous parait pouvoir être identifié avec le Staphylocoque pyogène doré dont il n'est vraisemblablement qu'une forme, modifiée, d'une façon plus ou moins temporaire, dans ses propriétés biologiques.

Ce Microcoque est-il un commensal banal, vivant dans la frambœsia, og est-il la cause réellement déterminante de cette affection?

Nous avons, dans les coupes, dont la description suit, retrouvé ce microbe, non seulement dans les parties superficielles, mais encore dans la profondeur de la tumeur, dans Tintérieur des vaisseaux et en dehors; nous l'avons rencontré aussi dans des centres d'amas infectieux. C'est donc plus qu'un saprophyte vivant à la surface de la tumeur. D'ailleurs, les résultats négatifs obtenus sur les animaux de laboratoire ne sont pas suffisants pour infirmer toute valeur de cause efliciente à ce microbe, car depuis longtemps les cliniciens ont pu constater que la frambœsia qui est inoculable d'Homme à Homme, est sans effet sur les animaux. Manson (p. 431) signale d'une façon toute particulière ce fait (the lower animais appear not to be susceptible to yaws). \V. Prout Ta inoculé sans succès au Singe et à des Oiseaux de basse-cour; ceux-ci étant susceptibles d'après Pierez de présenter une affection très voisine de la frambœsia, sinon identique. Notre Staphylocoque, est-il le même agent que celui que Pierez a trouvé dans la frambœsia et a nommé Micrococcus frambœsiœ et qui paraît avoir une rtroite parenté avec le Mirrocoque de Nicholls et Watts? Nous serions assez tentés de l'admettre; cependant, il ne nous est pas possible d'être très aifirmatifs pour cette raison que nous n'avons |)u lire la thèse de Pierez et que nous ne savons de ce travail que ce qu'en dit Davidson dans son Traité,

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