CONCERNANT LA PROPAGATION DE LA TUBERCULOSE
La tuberculose fait cha({ue année parmi les employés des Postes et des Télégraphes plus de 200 victimes. Les employés sédentaires qui travaillent dans les bureaux sont plus exposés que les employés des services extérieurs. Cela ne tient pas seulement k ce que ces derniers ont une vie plus active, vivent plus au grand air; cela tient surtout à ce que les employés des bureaux sont plus exposés à la contagion.
La tuberculose ne se transmet que par contagion. On connaît toutes les
façons dont elle peut se transmettre et si tout le monde s'appliquait à
respecter ou à faire respecter quelques très simples prescriptions d'hygiène,
la tuberculose deviendrait une maladie rare, alors qu'actuellement en
' France elle cause presque le tiers du nombre total des décès.
La tuberculose se contracte, mais rarement, en mangeant la viande ou en buvant le lait d'animaux tuberculeux. La viande cuite et le lait bouilli ne la transmettent jamais.
Là tuberculose se contracte presque toujours par les crachats desséchés des tuberculeux. Quand un tuberculeux crache sur le sol, surtout sur le sol d'un local où travaillent un grand nombre de personnes, il sème la mort autour de lui et crée un danger redoutable pour lui-même. En effet, ses crachats contiennent par millions le germe mortel; desséchés, ils se répan-
dent dans l'air, se mêlent aux autres poussières et même après plusieurs années peuvent, chez ceux qui les respirent, reproduire ou aggraver la maladie.
Ni Fair expiré par les tuberculeux, ni leurs sueurs ne sont dangereux; leurs crachats seuls propagent la maladie.
Ce mode de contagion est de beaucoup le plus fréquent. 11 est facile de comprendre que Ton pourrait, sans difficultés trop grandes, arriver à le supprimer. Pour cela il suffirait que chaque employé, dans son intérêt propre, dans Tintérèt de ses collègues, dans Tintérét de sa famille, respectât et lit respecter la défense de cracher sur le soi.
De son côté, l'Administration est décidée à prendre des mesures de protection, telles que : assainissement et désinfection de certains locaux, installation de crachoirs hygiéniques, suppression du balayage et imperméabilisation des parquets, etc
De plus, la tuberculose étant une maladie des plus guéinssables surtout quand on peut la soigner dès son début, la création d'un sanatorium pour les employés des Postes et des Télégraphes est actuellement à l'étude.
— {Fièvre jaune). — Nous avons signalé récemment le départ pour le Sénégal d'une mission organisée par le Ministère des Colonies, à l'eflet de rechercher les mesures à prendre et les travaux d'assainissement & exécuter pour prévenir le retour de l'épidémie de fièvre jaune qui a désolé la colonie dans le cours de Tannée dernière. Le Ministre des Colonies vient de compléter cette mesure, en demandant au Parlement les crédits nécessaires pour organiser une autre mission, destinée à rechercher la nature même de la maladie, son mode de transmission et son traitement curatif et préventif qui, jusqu'à ces derniers temps, étaient complètement ignorés. Â cet effet, les Ministres des Colonies et des Finances ont déposé sur le bureau de la Chambre une demande de crédit de 150.000 francs destinés à faire face aux frais de première installation et d'achat du matériel nécessaire pour les recherches. C'est dire que ce crédit ne constitue qu'un « premier effort » et que de nouveaux crédits seront ultérieurement demandés pour l'entretien de la mission. L'importance de la dépense prévue tient, à la fois, à la durée probable des recherches et aux régions dans lesquelles on devra les poursuivre. Le projet prévoit, en effet, que l'étude de la fièvre jaune sera longue et difficile et qu'elle devra, pour aboutir à un résultat définitif, se prolonger pendant plusieurs années. Elle ne peut, par cela même, se pratiquer que dans des pays où cette affection règne à l'état endémique, afin que la mission soit assurée d'avoir toujours sous la main les éléments indispensables.
La dernière épidémie au Sénégal avait démontre l'impossibilité pour nos médecins de se livrer aux observations minutieuses et délicates que nécessitent les recherches scientifiques, pendant que le fléau sévissait et qu'ils devaient lutter contre lui. Aussi n'avait-on pu déterminer exactement ni les origines de la contamination, ni les traitements efficaces.
3ifi NOTES ET INFORMATIONS
C'est à les rechercher» à perfectionner nos moyens de défense contre le redoutable fléau que s'attachera la nouvelle mission.
Notre gouvernement suit, d'ailleurs, la voie dans laquelle se sont déjà engagés d'autres pays également intéressés dans cette question. Voici même que le Times annonce que des médecins de l'armée américaine, à la Havane, auraient découvert le véritable agent transmetteur de la maladie. Ce serait un Moustique très abondant à Cuba, dont la piqûre inoculerait le venin. Bien qu'il soit difficile d'apprécier la valeur scientifique des expériences d'où paratl résulter cette découverte, elles marquent l'utilité et l'opportunité de la nouvelle mission dont le Ministre des Colonies vient de prendre l'initiative. — Quinzaine coloniale du 25 mars 1901.
— (Maladie du sommeil). — Le Gouvernement portugais, par un décret paru au Diario du ^ février 1901, a nommé une Commission médicale qui doit aller étudier la maladie du sommeil et le paludisme dans la colonie d'Angola. Cette Commission est composée des D" A. Bettenoourt, A. J. R. CoRREiA PiNTo, J. 6. Rezende, J. B. Gouvbia et A. C. Correia