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Cette statistique est très semblable à celle du Branch Uospitai^ de Londres. Remarquons dès maintenant qu'il s'agit là de cas qu'il n'est point rare d'observer à Paris, ou qu'il esl aisé d'y amener.
Le Gouvernement anglais reconnaît officiellement le diplôme délivré par l'Ecole et oblige les médecins coloniaux, à destination de l'Afrique centrale et occidentale, à y faire un stage avant de rejoindre leur poste : il paie alors leurs frais d'études.
Résultats scientifiques obtenus jusqu'à ce jour. — Ces résultats sont
considérables. L'Ecole a déjà pu envoyer au loin plusieurs expéditions scientifiques, qui ont conduit à la constatation de faits très importants.
1« A la fin de juin 1899, partait pour Sierra Leone un navire qui emportait le D' Ross, chef de l'expédition, le D' H.-E. Annett, M. E.-E. Austen, assistant d'entomologie au Musée britannique, et le D' S. Van Neck, délégué du gouvernement belge. L'expédition débarqua en août sur la côte africaine et revint à Liverpool en octobre, après avoir étudié les conditions suivant lesquelles le paludisme, qui sévit avec violence à Sierra Leone, se propage dans cette colonie : ces conditions .purent être élucidées de la façon la plus précise ; le Moustique qui transmet la maladie fut découvert, ses mœurs et son genre de vie furent observés. L'ensemble de ces études importantes a fait ultérieurement l'objet d'une très belle publication, ornée de dessins, cartes et plans.
Comme bien on pense, une semblable expédition occasionna une grosse dépense : l'Association médicale britannique donna 100 livres (2500 fr.) ; le reste, c'est-à-dire une trentaine de mille francs, fut fourni par des particuliers et presque en totalité par M. A.-L. Jones, qui prit à sa charge, notamment, les frais de passage de tous les voyageurs.
2* Une seconde expédition fut effectuée par le D' R. Fielding Ould. Il vint retrouver à Sierra Leone les membres de l'expédition précédente, puis, après le retour de ceux-ci en Europe, s'en alla poursuivre ses recherches à Accra et à Lagos.
S'* Une troisième expédition a été dirigée en mars 1900 vers le Vieux Calabar et le sud du Niger : les D's H.-E. Annett, Elliott (de Toronto) et J.-E. Dutton se sont embarqués le 21 mars, à bord de VOknda. Au moment du départ, ils ont reçu de M. Chamberlain, ministre des colonies, l'avis que celui-ci allait requérir tous les agents des possessions anglaises de l'Afrique occidentale d'avoir à leur prêter assistance. Le gouvernement a borné à cette manifestation platonique sa participation à la nouvelle expédition qui, comme la précédente, a été entièrement due à l'initiative privée. Elle a coûté 600 livres (15 000 fr.), rien que pour les appointements des membres de l'expédition. Ceux-ci ont passé six mois dans la région du Niger. Les importants résultats qu'ils ont obtenus seront prochainement publiés; disons dès maintenant que la transmis-
sion de l'éléphantiasis par les Moustiques du genre Anophèles a été observée.
4» Une quatrième expédition, composée des Dr« H.-E. Durham et W. Myers, se rendit au Brésil, en vue d'étudier la lièvre jaune: trois grandes maisons d'armateurs se sont entendues pour donner à ces courageux savants toutes les facilités de transport. Tous deux furent atteints par le fléau et Tun d'eux a payé de sa vie, en janvier 1901, sa participation à cette entreprise. Le 1)'' Walter Myers a succombé, en effet, à l'âge de 28 ans ; il a été tué par la fièvre jaune, comme naguère Louis Thuillier par le choléra en Egypte et plus récemment Luiz de Camara Pestana par la peste d'Oporto. Saluons avec respect ces héros qui, avec une admirable abnégation, sacrifient leur propre existence au bien de l'humanité et de la science.
L'Ecole de Liverpool a déjà publié plusieurs travaux importants :
1° Le rapport de l'expédition à Sierra Leone, in-4* de 58 pages avec 7 planches ;
2» Des instructions pour se préserver du paludisme, à l'usage des personnes habitant des régions insalubres ;
3» Des instructions pour se préserver du paludisme, à l'usage du corps médical.
Ces publications ont été tirées à un grand nombre d'exemplaires et ont occasionné une dépense de 300 livres (7500 fr.). Les deux instructions, notamment, ont été distribuées gratuitement, à des milliers d'exemplaires, dans les colonies anglaises.
Les deux expéditions du Niger et du Brésil vont aussi donner prétexte à des travaux d'une haute valeur, qui viendront jeter un nouvel éclat sur la jeune Ecole. Celle-ci insère ses publications dans le Th4)mpson-Yates Laboratories Report, qui paraît depuis- 1899 dans le format in 4** et qui en est déjà au troisième volume. Ce beau périodique est aussi Torgane des laboratoires de pathologie et de physiologie de l'University Collège.
Avenir de TÉcole de LiverpooL — Cet avenir s'annonce sous les plus heureux présages. Tout comme à Londres, les installations actuelles ne peuvent plus suffire ; elles vont être remplacées prochainement par des constructions nouvelles. En effet, deux souscriptions soni ouvertes, l'une pour construire une Ecole indépen-
dante de TUniversity Collège, l'autre pour la construction d'un hôpital.
A un banquet qui eut lieu à Liverpool le 25 juin 1900, sous la présidence de M. A.-L. Jones, celui-ci proposa de fonder un hôpital pour les maladies des pays chauds : cette proposition fut acceptée avec enthousiasme; on recueillit séance tenante une somme de 2300 livres (57 500 francs). M. Jones, qui a déjà témoigné avec tant de générosité du haut intérêt qu'il prend au développement de l'Ecole de Liverpool, s'inscrivit pour une somme de 1000 livres (25 000 fr.) ; M. John Holt souscrivit 500 livres (12 500 francs) ; l'Hon. R.-B. Blaize, de Lagos, versa pareille somme. Depuis lors, les souscriptions n'ont cessé d'affluer.
L'Ecole de Liverpool possède donc maintenant un hôpital, ou du moins le possédera quand 'la construction en sera achevée. Cette fondation nouvelle portera le nom de Mary Kingsley Mémorial Hospital. Elle est créée en l'honaeur de miss Kingsley, dont les écrits et les études sur les mceurs et institutions des indigènes ont tant contribué à faire connaître les populations autochtones de l'Afrique occidentale. Cette vaillante femme s'intéressait elle-même très vivement à tout ce qui pouvait tendre à l'amélioration des conditions de la vie dans cette partie du monde, tant pour les européens que pour les indigènes.
Le 12 février dernier, M. A.-L. Jones présidait encore une grande réunion publique convoquée pour entendre le rapport sur les travaux effectués par l'Ecole de médecine tropicale. Après avoir rendu le dernier hommage au D' Walter Myers, mort au Para de la fièvre jaune, au cours d'une expédition envoyée par l'Ecole ellemême, il annonça, au milieu des applaudissements de l'assemblée, que quelques armateurs de la ville s^étaient cotisés afin de créer à l'Ecole une chaire nouvelle, destinée à étudier spécialement les maladies tropicales et qui prendrait le nom de Walter Myers Chair. Le professeur R. Boyce proposa alors de fonder également un fellowship, c'est-à-dire une bourse d'étude et de voyage, en l'honneur de Walter Myers. L'accueil enthousiaste que rencontra cette proposion nous permet de considérer le fellowship comme fondé, car il n'est point douteux que les fonds nécessaires à sa création ne soient promptement réunis.
Voilà ce que, en moins de deux années, à Londres et à Liver- |iooL les Anglais ont su faire dans ce domaine ootnre»u de la médecine tropicale. Voyons maintenant ce qui s'est fait en Allemagne et en d'autres pays.