SUR LES
PAR
Le D' Pieppe SAVOURÉ
Licencié ès-sciences naturelles, Préparateur à la Faculté des sciences de Rennes.
L'étude des lésions anatomiques et des troubles pathologiques provoqués chez l'Homme et les animaux parla présence de Champignons, introduits soit spontanément, soit expérimentalement dans leur organisme, a suscité dans ces dernières années, et à juste titre, de très nombreux et très intéressants travaux. En efïet, après les découvertes de Pasteur, et sous Pimpulsion de ses doctrines, les savants livrés à l'étude des maladies microbiennes envisagèrent surtout celles qui sont produites par des Bactéries, laissant un peu de côté celles qui sont dues à la présence d'un Champignon : les mycoses, ainsi que les avait si bien dénomméesVirchow dès l'année 1856. Heureusement, quelques communications curieuses etrelativement récentes ont ramené l'attention sur ce sujet déjà vieux de près d'un siècle, puisque la première observation de mycose re monte à 1815 et fut publiée par Mayer (1).
Les mycoses peuvent, au point de vue pratique se diviser en deux groupes : l» les dermatomycoses, 2^ les mycoses internes.
Les dermatomycoses sont les mieux connues. Ce serait sortir de mon sujet que d'énumérer la quantité d'excellents travaux parus sur ce sujet depuis la moitié du siècle dernier. Quant à l'histoire des mycoses internes, elle est plus obscure et les travaux actuels font prévoir que le nombre des Champignons capables de produire des lésions anatomo pathologiques viscérales est plus grand qu'on ne l'a pensé jusqu'ici.
(1) A. C. Maver, Verschimmelung {Mucedo) Im Icbendcn Kôrper. Deutsches Archiv fiir die Physiologie, I, p. 310, 1815.
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On conçoit farîlement combien l'étude des mycoses internes peut présenter d'intérêt spéculatif et aussi de conséquences pratiques, puisfjue ces affections peuvent simuler à s'y méprendre d'autres affections produites par des Bactéries. Mais il est vraisemblable, comme nous le verrons ultérieurement, que le mécanisme des affections causées par les Bactéries et les Champignons n'est pas le même. Tandis que les Bactéries agissent surtout par les toxines qu'elles sécrètent, poisons solubles qui tuent les cellules d'un organe situé quelquefois fort loin du lieu où végètentces Bactéries, les Champignons, au contraire, semblent plutôt supprimer la fonction de l'organe en l'envahissant et en altérant par leur mycélium les éléments de ses tissus.
ly étude des mycoses est d'ailleurs une question fort complexe, qu'il serait imprudent d'aborder dans son ensemble; il vaut mieux, me semble t-il, s'attacher à éclaircir les faits principaux et à les décrire séparément. La synthèse de ces résultats ne pourra être faite que plus tard, lorsque nous posséderons un plus grand nombre de documents relatifs à ce sujet.
Ce sont quelques-uns de ces points que je désire présenter en ce travail, qui comprendra trois parties. Dans la première, je chercherai à donner des figures exactes et des détails précis, relativement à la morphologie des parasites, de façon à faciliter la diagnose des espèces. La deuxième aura trait à la biologie encore peu connue de ces végétaux. Quant à la troisième, elle sera consacrée à l'étude du rôle pathogène, au moyen des inoculations expéri mentales et à la description des lésions anatomo-pathologiques chez l'animal.
Les Champignons dont je m'occuperai appartiennent tous aux genres suivants : Mucor, Rhizopns,Rhi20fnucor,Aspergillits.yRpf orle la description d'une variété nouvelle de Rhizopus voisine du Rhizopns eqtdnus de Lucet. Je me suis servi pour les expériences et les inoculations d'une ou plusieurs espèces appartenant k chacun (le ces genres, prenant de préférence les plus pathogènes pour le Lapin et le Cobaye, animaux qu'il est facile d'avoir constamment à sa disposition dans un laboratoire.