I. — TRYPANOSOMES
Genre Trypanosoma.
Le genre Trypanosoma a été créé par Gruby, en 1843, pour un parasite du sang de la Grenouille, vu par Gluge en 1842 et étudié par Mayer et par lui-même.
On lui a rapporté en bloc tous les Hématozoaires flagellés observés chez les Poissons. Mais depuis la découverte par Laveran et Mesuil (1901) dans le sang du Rotengle d'un Trypanosome à deux flagelles, pour lequel ils ont créé le genre Trypanoplasma, on acquiert la conviction, en lisant les observations des anciens auteurs, et en examinant leurs dessins, que beaucoup de leurs descriptions se rapportent à des infections mixtes à Trypanosomes et Trypanoplasmes.
Nos connaissances sur les Trypanosomes des Poissons se sont développées grâce aux travaux de Gros (1845), Berg et Creplin, (1845), Chaussât (1850), Milrofanov (1883), Danilevsky (1885) Shalashnikov (1888), Kruse (1896), Lingard (1899), etc.
Toutes ces observations se rapportent à des Poissons d'eau douce.
Sabrazès et Muratet (1901) ont décrit le Trypanosome de TAnguille ; nous insisterons plus loin sur Tétude de ce parasite.
Laveran et Mesnil ont décrit en 1901 plusieurs Trypanosomes du sang des Poissons d*eau douce; entre autres sous le nom de Trypanosoma Remaki un parasite du Brochet, qui se présente sous deux aspects morphologiques tellement diflérents, que ces auteurs ont distingué deux variétés, T. Remaki var, magna et var. parva,
Brumpt (1906 b) a fait connaître quelques espèces nouvelles parasites des Poissons de rivière.
En ce qui concerne les Poissons marins, nos connaissances sont dédale récente. La première indication bibliographique à ce sujet se trouve dans la thèse de Labbé (1894), où il est écrit :
« Nous n'avons jamais rencontré de parasites endoglobulaires chez les Poissons; malgré le très grand nombre d'espèces, tant fluviales que marines, que nous avons étudiées nous n'avons jamais trouvé, en fait de parasites, que des Trj'panosomes et des Trypanomonades. ))
Dans le Traité de Microbiologie de Fiûgge, Kruse (1896) signale ainsi leur existence : « On doit rattacher aux Herpétomonades les Hœmatomonas cobitis et carassii trouvés par Mitrofanov dans le sang des Poissons d'eau douce, de même que les parasites rencontrés par Tauteur dans le sang de Poissons de la Méditerranée. »
Il faut arriver jusqu'à 1901 et 1902 pour trouver des indications plus détaillées dans les travaux de Laveran et Mesnil, qui ont étudié à ce point de vue les Poissons de mer cartilagineux et osseux. A cette époque, où la découverte du Trypanosoma gambiense Dutton, cause de la maladie du sommeil chez l'homme, avait remis au premier plan l'étude de ces Hématozoaires, Laveran et Mesnil ont eu l'idée de les rechercher dans le groupe à peu près inexploré des Poissons marins. Ces études ont fourni une contribution importante à la connaissance de la dispersion de ces Flagellés.
A Roscofï, l'examen du sang de 38 Scyllium canicula (petite Roussette) et de 3 Scyllium stellare (grande Roussette) a révélé dans le premier cas seize fois, dans le second une fois, la présence d'un Trypanosome décrit sous le nom de Trypanosoma scj/ //fi Laveran et Mesnil, 1902. C'est un parasite de grande taille, 70 à 75 a, presque toujours enroulé sur lui-môme et peu abondant dans le sang.
Chez Raja punctata (uniquement chez les Raies adultes). Raja macrorhynchus, Raja mosàica et Raja clavata, Laveran et Mesnil ont observé et décrit le Trypanosoma rajœ (1902). Il s'agit encore d'un parasite de grande taille (75 à 80 fi), rare ou très rare dans le sang. Il ne paraît avoir aucune action pathogène. Les nombreux Poissons osseux examinés à la même époque étaient indemmes, à l'exception des Soles, infestées en petit nombre par le Trypanosoma soleœ (1901).
Au mois de mai 1904, M. le Professeur Duboscq m'engagea à étudier les parasites du sang des Poissons marins. Ses recherches
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personnelles, poursuivies au cours de Tété précédent, l'avaient amené à découvrir chez les Téléostéens de la région de Luc un certain nombre d'Hémogrégarines et de Trypanosomes nouveaux, non signalés dans la région de Roscof! par Laveran et Mesnil. M. le Professeur Duboscq m'indiqua l'existence des parasites suivants : Trypanosomes chez la Plie, le Flet et le Callionyme; Hémogrégarines chez la Plie, le Callionyme et le Platophrys,
Pendant les mois de juillet et août 1904, j'examinai systématiquement le sang des Poissons péchés dans les eaux de Luc-sur- Mer (Calvados). Je retrouvai les espèces que m'avait signalées M. le Professeur Duboscq, et je fus assez heureux pour en découvrir quelques autres. Au moment de publier ces résultats dans une notejpréliminaire, M. Brumpt me fit savoir qu'il avait découvert h Roscoiï des Hématozoaires chez des Poissons marins, et il fut convenu que les espèces communes seraient décrites en collaboration (Brumpt et Lebailly, 1904). Je publiai mes autres résultats dans une note spéciale (Lebailly, 1904). En août 1905, j'ai trouvé dans le sang d'une Barbue un Trypanosome et une Hémogrégarine.
Dans les descriptions qui vont suivre, les espèces dont l'existence est signalée à Roscoiï y ont été vues par Brumpt. Je ne me suis occupé que des Téléostéens marins fréquentant les eaux de la région de Luc-sur-Mer.