‹ Archives de parasitologie (volume 4)Chapitre 105 sur 169 · C. LEBAILLY · texte numérisé non relu

C. LEBAILLY

« Elles continuent à vivre en dehors de Tappareil circulatoire et à se mouvoir avec un activité ininterrompue. On les trouve dans les capillaires de plusieurs organes. En outre, j'ai observé dans le sang des « Molécules » isolées, pourvues d*un cil, et animées de mouvements extraordinairement rapides.

« Les(( Pilaires » existaient en grand nombre, on en trouvait souvent de 3 à 5 par champ de microscope à un grossissement de 500 diamètres. »

Et plus loin :

« Dans le sang de la Tanche (Cyprinus tiiica) il m*est arrivé une fois sur deux de trouver de très petits animalcules filiformes, semblables à ceux que je viens de décrire chez le Brochet, constamment animés de mouvements vifs et serpentiformes. La longueur égalait

W. Z. et la largeur des plus gros individus, 0,0001 VV. Z. u, uuu

La tète était un peu renflée et la queue effilée. La transparence et

la ténuité do l'animal ne permettent pas de prendre connaissance

de son organisation intérieure. Une goutte de sang renfermait de

1 à 3 individus. ))

Les figures qui sont annexées au mémoire représentent de très petits vermicules très contournés, la description deWedl doit faire penser à des Trypanosomes ou des Trypanoplasmes. Des parasites de ces deux genres ont d'ailleurs été revus depuis dans le sang de ces mêmes Poissons.

Danilevsky (1889, p. 21) prétend avoir trouvé des Hématozoaires analogues au Drepanidium dans le sang d'une Tanche, mais il n'en donne pas de description, et les recherches récentes n'ont pas confirmé cette découverte. L'existence de ces parasites, que l'on pourrait identifier aux Hématozoaires, reste donc très douteuse.

L. Pfeifler (1890) aurait vu des parasites endoglobulaires dans le sang du Brochet et de la Tanche. Il dit avoir suivi sous le microscope l'infection des globules rouges et interprète ces parasites comme des spores de Myxosporidies. Au bout de 8 à 12 heures des modifications se produisent dans certains globules ; on voit à leur intérieur 2 ou 3 corpuscules au lieu du noyau unique de l'hématie. Celui-ci reste fortement coloré après l'action des réactifs tandis que les autres corps le sont à peine.

Je crois avoir observé des figures analogues dans les globules

as

LES HÉMATOZOAIRES DES TÉLÉOSTEENS MARINS 373

sanguiDs conservés longtemps entre lame et lamelle avant la fixation. Il s'agissait sûrement d'altérations histologiques et nullement d'Hémogrégarines ou de spores de Myxosporidies.

Labbé (1894), qui a étudié à ce point de vue un grand nombre de Poissons, n'a «jamais rencontré de parasites endoglobulaires chez les nombreuses espèces, tant fluviales que marines qu'il a examinées ».

En ce qui concerne les Poissons marins, cette proposition doit être modifiée, mais elle reste intacte pour les Poissons d'eau douce. 11 est vraiment remarquable que des deux ordres de parasites que Ion rencontre si habituellement dans le sang des Poissons marins, un seul se retrouve chez ceux de rivière. Plusieurs espèces, TAnguille par exemple, vivent dans la mer pendant une certaine période de Tannée, et sont sans doute exposées à la contagion. Il y a là deux faits qui s'opposent nettement: la coexistence des Trypanosomes et des Hémogrégarines chez les Poissons marins, et l'absence complète d'Hémogrégarines chez les Poissons d'eau douce.

C'est encore à Laveran et Mesnil (1901) que nous devons la découverte des Hémogrégarines chez les Poissons marins ; ils ont décrit chez la Sole {Solea nilgaris) YHœmogregarina Simondi et chez deux espèces de Blennies (BL pholis et Bl. Montagui) VHasmogregari' nabigemina; nous en donnons plus loin la description détaillée.

Voici le résultat de leurs recherches :

I. Poissons cartilagineux. — En 1902, ces auteurs décrivent chez deux espèces de Raies, une Hémogrégarine nouvelle et donnent la liste des Poissons examinés par eux avec ou sans résultat; ilsajoutent: « — Les Hémogrégarines que nous avons trouvées chez Raja punctata et Raja mosàica nous ont paru appartenir à la même espèce. Nous dédions cette espèce nouvelle à M. le Professeur Delage. »

Hœmogregarina Delagei est arrondie à une extrémité, effilée à l'autre : longueur 13 .u, largeur 2 fx ; il est rare de trouver 2 parasites dans le même globule ; il existe quelques granulations chromatiques dans le protoplasma. Le noyau est parfois divisé ou en voie de division; d'autres formes de multiplication n'ont pas été vues. IL Delagei est voisine de H, bigemina des Blennies.

II. Poissons osseux. — « Malgré le grand nombre d'espèces de Poissons Téléostéens dont nous avons examiné le sang tant à Ros-

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cofï que dans l'Anse Saint-Martin, nous n'avons trouvé des Hémogrégarines que chez la Sole et les Blennies, des Trypanosomes que chez la Sole, où ils sont d'une extrême rareté. A Roscolî, suri Solea vulgaris examinées, 4 renfermaient seulement des Hsemogregarina Simondi nobis, 2 des Hémogrégarines et des Trypanosomes, 1 n'était pas parasitée. Les très nombreux Blennius pholis et les nombreux BL Montagni examinés, étaient, à partir de la taille de 5 centimètres, presque tous parasités par Tlœmogregarina bigemina. Nous donnons ici la liste des espèces de Poissons osseux chez lesquels l'examen du sang a été constamment négatif avec le nombre d'individus examinés.

« Anse Saint-Martin. — Plusieurs Nerophis lumhricdidea^ 1 Gunelhis vulgaris, nombreux Gobius (sp.?), 2 Mulhis surmuletus, 1 Cottus scorpius, 1 Zeus Faber, 2 Pagellus centrodontus, 1 Cantharus griseuSy plusieurs Labrus, 3 Gadus lusctis, 1 Gadiis pollachins, 1 Motella mustela, plusieurs Pleuronectes d'espèces diverses, nombreux Lepadogdster Gouani, 3 Conger conger,

« RoscoFF. — 6 SyngjiaîhuSj 1 Orthagoriscus mola, 3 Gunellus vulgaris, 2 Lophius piscatorius, 2 Mullus stirmulelus, 5 Trigla, 10 Cottus bubalis, 1 Chrysophriis avrata, 5 Labrus, 6 Crenilahrus melops, 7 Ammodites tobianus, 2 Gadus poUachius, 4 Motella tricirrata, 7 Pleuronectes (sp. variœ), 3 Lepadogaster Gonani, 4 Conger conger, »

En 1904 j'ai retrouvé H, Simondi en abondance chez la Sole, les rares Blennies que j'ai examinées ne contenaient pas H. bigemina. J'ai constaté en outre que plusieurs espèces de Téléostéens marins péchés à Luc-sur-Mer renfermaient des Hématozoaires endoglobulaires. Les mêmes résultats ont été obtenus à Roscoff pour certaines d'entre elles, et de môme que pour les Trypanosomes, les Hémogrégarines dont l'existence est signalée dans cette région du Finistère ont été vues par Brumpt.

La technique employée a été la même que pour les Trypanosomes, mais beaucoup de préparations démontrant nettement ces pasasites, sont impropres à Tétude des Hémogrégarines qui se trouvent alors surcolorées. Dans certains cas cependant, une imprégnation très forte par le colorant met en évidence des particularités morphologiques invisibles sur les lames traitées normalement.

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DESCRIPTION DES HÉMOGRÉGARINES

Laveran et Mesnil (1901 c) donnent la description suivante des deux espèces qu'ils ont découvertes :

(( Hœmogregarinsi bigemina Laveran et Mesnil (fig. 1).

Celte Hémogrégarine a été trouvée chez deux espèces de Blenûies : Blennhts pholis et Bl. Montagui. Près du Gap de la Hague (Manche) presque toutes les Blennies de plus de 5 cm. de long que nous avons examinées étaient infectées, mais souvent un long examen était nécessaire pour découvrir quelques rares parasites. Cela est vrai surtout des DL pholis de 10 à if5 cm. de long et des Bl. Montagui; les individus ayant de nombreux parasites sont rares.

« //. bigemina, se présente dans le sang frais sous forme de vermicules libres ou endoglobulaires. Le parasite des Blennies est beaucoup plus petit que celui de la Sole. 11 ne mesure que 12 pi de long sur 1,5 à 2 fx de large; les deux Hématozoaires ont d'ailleurs au point de vue de la forme et des mouvements une grande analogie.

« La partie antérieure de H. bigemina est renflée, sa partie postérieure va en s'amincissant (forme en massue ou plutôt en virgule, car le grand axe du corps décrit presque toujours une courbe).

ce Le parasite a, comme celui de la Sole, des mouvements de flexion et de redressement qui exagèrent ou diminuent la courbure ordinaire, et des mouvements de glissement. Nous avons observé en outre des ondes péristalliques très allongées (la moitié de la longueur du corps ); ce dernier mouvement est difficile à constater et ne paraît pas fréquent. Les mouvements de H. bigemina ont une grande analogie avec ceux de //. ranarum; comme ce dernier parasite, //. bigemina paraît souvent traverser de part en part les hématies.

(( Le corps est assez réfringent, d'un aspect homogène, sans pigment, ni granulations, le noyau n'est pas apparent à l'état frais.

« On constate facilement en examinant le sang frais qu'il existe deux Hémogrégarines dans une même hématie ; l'étude des préparations colorées explique cette particularité en montrant comment se fait la division. Sur des préparations de sang desséché en couche mince, fixé à l'alcool absolu et coloré par le procédé que

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