‹ Archives de parasitologie (volume 4)Chapitre 104 sur 169 · II. - TRYPANOPLASMES · texte numérisé non relu

II. - TRYPANOPLASMES

Il est intéressant de remarquer au début de cet historique que la première observation d'Hématozoaire flagellé a été faite chez un Poisson. On l'attribue généralement à Valentin: mais trois ans auparavant, Mayer, de Bonn (1838), avait signalé dans le sang delà rétine d'une Carpe {Cyprinus carassius) des organismes problématiques qu'il a retrouvés à plusieurs reprises.

Ils ont une forme allongée, comme les globules sanguins, et possèdent des noyaux. Dans un écrit paru ultérieurement, eni843, Mayer rappelle cette observation et compare les animalcules en question à des Cercaires. Il est très probable qu'il s'agissait là de Trypanoplasmes. Pourquoi cette localisation bizarre dans la rétine? C'est que cette observation a été faite au cours d'une étude sur le système nerveux, et est rapportée tout à fait incidemment dans un écrit où l'on ne s'attendait guère à la trouver.

Valentin (de Berne) 1841, en examinant le sang d'une Truite (Salmo fario) a découvert et décrit un (( Entozoaire » spécial, difficile à étudier à cause de ses dimensions et de sa mobilité, mais chez lequel cet observateur avait cependant reconnu une forme allongée et des pseudopodes. La planche qui est annexée à son mémoire est d'ailleurs très explicite et rappelle tout à fait l'aspect de ces parasites lorsqu'ils sont devenus immobiles et qu'on les examine sans fixation ni coloration.

Laveran et Mesnil (1904) voient dans ce parasite un Trypanosome, Keysselitz (1906), après examen des figures annexéesau mémoire de Valentin, pense qu'il s'agissait plutôt d'un Trypanoplasme. Cette opinion est vraisemblablement exacte, d'autant plus que Brumpt (1904 b) a décrit depuis un Trypanoplasme dans le sang de la Truite.

Il est certain aussi que beaucoup des observations de Mitrofanov (1904), de Shalashnikov(1888), de Danilevsky (1885) se rapportent à des infections mixtes à Trypanosomes et à Trypanoplasmes.

Il en est probablement de même de presque toutes les recherches ayant trait aux Poissons de rivière.

Il régnait donc une certaine confusion dans l'étude de ces parasites. Elle a cessé à la suite de la découverte de Laveran et Mesnil (1901 b). Ces auteurs ont fait connaître chez le Rotengle un curieux Hématozoaire à deux flagelles; le Trypanoplasma Borreli : Ce parasite a été retrouvé chez le Vairon par Léger (1904 a), qui en a donné une description exacte, pleine de détails cytologiques d'une grande précision.

Chez les Poissons de rivière les Trypanoplasmes sont très répandus et bien connus depuis les travaux de Laveran et Mesnil, de M. Plehn, Léger, Brumpt, Keysselitz.

Jusqu'à présent on n'a jamais trouvé dans le sang des Poissons marins de Flagellés de ce genre. Ce chapitre aurait donc pu être supprimé. J'ai cru cependant qu'il était utile de le maintenir pour signaler ici la découverte de deux espèces de Trypanoplasmes parasites du tube digestif des Téleostéens marins.

La première a été trouvée dans l'estomac et la première partie de l'intestin du Box boops par Léger (1903). Il l'a nommée Trypanoplasma intestinale.

Voici la description qu'il en donne :

« La plupart des individus ont la forme typique des Trypanoplasmes: un corps pirifôrme, plus ou moins allongé, souvent arqué, muni d'une vacuole ovoïde antérieure et terminé par un prolongement caudal effilé; un fouet antérieur, libre, très fin, et un fouet récurrent bordant la membrane ondulante qui longe le corps dorsalement et s'étire en suivant la queue. Chacun des fouets est en relation avec le pôle antérieur par une courte baguette rigide, à la base de laquelle on trouve un petit grain diplosomique. Le blépharoplaste est gros et souvent divisé en deux parties, parfois en quatre.

« Il a tout à fait l'aspect d'un noyau. Souvent la portion la plus inférieure du blépharoplaste vient au contact du noyau avec lequel elle paraît se fusionner.

(( Le noyau est circulaire, pourvu d'une mince membrane et montre sa chromatine tantôt sous forme de chromosomes distincts

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OU de grains irréguliers, tantôt condensée en un caryosome central comme chez les Trypanoplasmes du sang. Le cytoplasme est granuleux dans la région postérieure du corps et montre une file régulière de granulations le long de la ligne d'insertion de la membrane ondulante. Dans les formes effilées il se colore à peine, tandis que dans les formes plus massives et plus grosses, il est plus fortement granuleux et colorable en bleu.

(( Dans ces dernières on peut noter la présence d'un myonème de renforcement le long de la ligne d'insertion de la membrane ondulante. Les dimensions sont de 14 [t pour le corps sans la queue, 15 \L pour le fouet antérieur, 16 \l pour la queue et le fouet terminal. ))

' Il existe, à côté de ces formes activement mobiles, d'autres formes globuleuses et amœboïdes que Léger interprète comme des femelles des formes précédentes. 11 a vu des figures de fécondation. Les grosses formes globuleuses se nourrissent d'une petite Cbroococcacée, qui vit en commensale dans l'intestin de l'hôte.

Keysselitz( 1906) signale, avec la même localisation dans lestomac et l'intestin d'un Cycloptervs himpm L. péché à Bergen (Norvège), l'existence d'un Trypanoplasme nouveau, qu'il désigne sous le nom de Trypanoplasma ventriculi. Il ne s'étend pas sur sa description et indique seulement que ce parasite présente comme particularité d'avoir souvent le bléphoroplaste divisé en 2 parties.

m. — HÉMOGRÉGARINES

. En examinant le sang des Poissons marins, on trouve en outre des Trypanosomes, et plus fréquemment encore des Hématozoaires endoglobulaires. Si la proportion des animaux parasités est un peu plus forte, le nombre de parasites renfermés dans le sang reste faible. Ces notions sont d'acquisition très récente pour le groupe de Vertébrés qui nous occupe. Dans les autres groupes, on les a étudiés depuis plus longtemps.

Lankester (1871) découvre dans le sang d'une Grenouille un parasite qu'il nomma, en 1882, Drepanidium ranarum.

A la même époque, Laveran découvre à Gonstantine le parasite du paludisme de l'Homme et l'étudié avec soin dans une série de travaux qui ont eu le grand retentissement que l'on sait.

Danilevsky (1881-1889), par ses recherches dans ce groupe de parasites, a fait progresser rapidement nos connaissances.

Labbé, en 1894 publie ses importantes recherches sur ces parasites et en fait connaître de nouvelles espèces. Dans les dernières années du xix« sièle les travaux de Ross et Grassi ont fourni une importante contribution à l'étude de leur évolution.

Les Hémogrégarines se trouvent dans le sang des Mammifères et des Oiseaux, des Reptiles de presque tous les ordres, on en connaît chez les Amphibiens sauf les Urodèles.

Laveran et Mesnil en ont fait connaître chez les Poissons marins. Jusqu'à l'apparition de leur note, disent ces auteurs, on pouvait mettre en doute l'existence d'Hémogrégarines dans le sang des Poissons. En effet, en parcourant la bibliographie on ne trouve que des indications peu précises.

Gros (1845) s'exprime ainsi : « Valentin (MûUer's Archiv, 1842), décrit comme chose rare un Hématozoaire de 0,012 mm, trouvé chez Saimo fario. Des vermicules se rencontrent dans le sang de beaucoup de Poissons, du Goujon, de la Motelle, de la Perche, du Sterlet, de la Lotte, de la Tanche, etc. L'animacule de la Motelle est de 0,045 m. de long sur 0,001 m. de large, abondant, très vif, avec des formes protéennes ayant l'air d'un rubai^ qui se plisse et se tord dans tous les sens. Il entrerait dans une vésicule du sang. Chez la Tanche ces vermicules sont filiformes et 3 ou 4 se logeraient dans une vésicule . »

Mais l'auteur ne développe pas davantage ses descriptions d'Hématozoaires endoglobulaires et ne donne pas de figures. Leur existence doit donc être, malgréces affirmations, mise en doute très sérieusement, d'autant plus que dans les travaux très nombreux Qt très récents qui ont trait aux Flagellés du sang des Poissons de rivière, il n'est pas fait mention de parasites endoglobulaires.

Wedl (1850) écrit : «... Plusieurs fois j'ai eu l'occasion, à défaut des parasites ci-dessus décrits, d'observer dans le sang du Goujon de très petites a Pilaires ». Celles-ci sont d'une ténuité extrême, filiformes, un peu plus longues que les globules sanguins du môme Poisson. Leur tête est un peu élargie et leur queue se termine en pointe. Leurs mouvements sont serpentiformes. Elles s'insinuent entre les globules du sang et les écartent en progressant.

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