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TRANSMISSION ET ÉVOLUTION DES HÉMATOZOAIRES DES POISSONS

L'hôte intermédiaire des Trypanosomes, Trypanoplasmes et Hémogrégarinesdoit être cherché dans le groupe de parasites qui se nourrissent du sang des Poissons.

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Leydig (1857) signale la présence de Flagellés dans le tube digestif des Sangsues (Piscicolaei Pontobdella) et d'un Aca rien (/a?odes îestudinis).

Labbé (1891) et Rosenbach à la même époque, se sont occupés des parasites du sang, renfermés dans le tube digestif des Sangsues et de leur vitalité mais au point de vue spécial de leur culture dans ces conditions.

Dôflein (1901, p. 72) s'appuie sur les observations de Leydig, pour émettre l'hypothèse que ces parasites Flagellés sont transmis aux Vertébrés par l'intermédiaire des Sangsues chez lesquelles ils accomplissent peut-être une partie de leur évolution.

H. Laveran et Mesnil (1901) émettaient la supposition que la contagion devait se faire par l'intermédiaire soit des Ichthyobdellides soit de parasites des branchies, ils avaient trouvé fixés à plusieurs de leurs Poissons des Infusoires Peritriches (Trichodina) et des Crustacés Isopodes (Praniza).

Siegel (1903) avait découvert le rôle des Sangsues dans la transmission des Hémogrégarines de la Tortue.

- Léger et Brumpt ont étudié simultanément et indépendamment l'un de l'autre l'évolution des Flagellés parasites du sang des Poissons dans le tube digestif des Sangsues et leur transmission par ces hôtes intermédiaires.

Léger (1904 b) a fait sucer à des Piscicoles le sang de Loches infestées exclusivement par le Trypanosoma barbatul<B et a vu dans leur intestin des stades appartenant au cycle évolutif de ce parasite.

Ce sont d'abord des oocinètes à i ou 2 noyaux, puis au bout de 4 jours des Trypanosomes les uns mûles,avec un rostre allongé et un cytoplasme peu granuleux; les autres femelles de grande taille à cytoplasme fortement colorable en bleu, à flagelle court; d'autres enfin sont de formes indifférenciées, en fuseau aplati, qui se multiplient activement. Léger déclare ignorer comment ils sont inoculés au Poisson.

Des Hemiclepsùi marginata, qui avaient sucé le sang de Loches infestées par le Trypanoplasma varium, ont montré dans leur intestin, au bout de quelques jours, de nombreux Trypanoplasmes les uns massifs, les autres filiformes, que Léger considère comme des éléments sexués. Dans les infections plus anciennes, la Sangsue renferme d'innombrables petites formes monadiennes.

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Ce Trypanoplasme parait susceptible d'évoluer aussi chez les Piscicoles.

Brumpt (1904 a) a vu des oocînètes renfermant 1 noyau et un corpuscule centrososomique, dans le tube digestif de diverses Sangsues parasites des Poissons marins : chez Platybdella soleœ (Krôyer), parasite de Soka vulgarU, P. scorpii (Fabricus), parasite de Cottt^ scorpius, Trachelobdella lubrica (Grube) parasite de Scorpeena poreus et Branchellion torpedinis (Savigny) parasite de Squatina angélus et Trygon pastinaca.

Dans le tube digestif des Hemiclepsis marginata, il a trouvé en grande quantité de petits Trypanosomes très agiles et différents comme structure de ceux des Poissons. Les embryons que portaient les Hemiclepsis fortement parasitées étaient indemnes, Tinfection n'est donc pas héréditaire. Ces petits Trypanosomes injectés à des Vairons, Poissons rouges et Epinoches n'avaient pas produit d'infection au bout de 16 jours.

Brumpt (1905) a remarqué de plus, que certaines espèces se développaient exclusivement dans le tube digestif des Clepsines, d'autres dans celui de Piscicoles; il a constaté qu'au cours de leur multiplication dans le tube digestif des Sangsues les Trypanosomes prenaient la forme Herpetomonas (T. granulosum Laveran et Mesnil, Trypanosoma cotti nobis).

Lorsqu'ils restent plus longtemps dans l'intestin ils se fixent à la muqueuse et prennent une forme grégarinienne. L'inoculation se ferait par passage des parasites de l'intestin dans la gaine de la trompe.

Le Trypanosoma granulosum de l'Anguille se développe chez les Hemiclepsis, d'après Brumpt (1906); il y devient piriforme au bout de quelques heures et se rapproche des Crithidia de Léger. Ces formes passent dans l'intestin et deviennent Herpeîmnonas elles peuvent ainsi résister longtemps. Puis les Herpetomonas se transforment en Trypanosomes de petite taille qui sont inoculés à l'Anguille. Ils s'allongent alors et donnent les T. granulosum typiques. Cette évolution complète se poursuit exclusivement chez les Hemiclepsis. Elle a lieu différemment chez d'autres espèces de Sangsues en ce sens qu'elle n'est pas aussi complète, plusieurs des stades pouvant manquer. l

Brumpt conclut que les changements morphologiques sont dus

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à une action vitale des parasites dans un milieu chimique spécial, chez un hôte particulier, et non au. milieu physique dans lequel il se développent.

Il ajoute : « Les Trypanosomes de TAnguille conservés 24 heures dans Teau douce, Teau de mer, le citrate de potassium restent identiques et meurent sans changer de forme. Dans le milieu de Mac Neal et Novy.nous n'avons pu obtenir de culture, et malgré la différence de constitution du milieu avec le sang de TAnguille, nous avons observé des formes parfaitement typiques huit et dix jours après l'ensemencement. »

Les observations que j'ai pu faire sur le Trypanosome de l'Anguille (cf. p. 365) ne concordent pas avec ces résultats. Elles montrent :

10 qu'il est possible d'obtenir une multiplication de ce parasite m i?ifro, dans le sang de TAnguille, comme l'avaient déjà vu Sabrazès et Muratet; 2^ qu'il peut se produire des mutations de forme dans la genèse desquelles le rôle des conditions physiques n'est pas à négliger.

Brumpt a pu retrouver intacts au bout de 8 à 10 jours le Trypanosome de l'Anguille déposé à la surface d'un tube de sang gélose.

11 ne s'est pas produit de modification. Au contraire, dans mon observation au bout du même temps à 24** presque tous les Trj'panosomes avaient subi des transformations profondes, ils étaient réduits une petite masse sphérique granuleuse, pourvue d'un flagelle lentement mobile. Il est vrai que les conditions de culture n'étaient pas les mêmes. Le sang dans lequel se faisait cette évolulution avait été conservé entre lame et lamelle et la préparation lutée à la paraffine, à l'abri de l'air et de la dessication.

En examinant le contenu du tube digestif de plusieurs Platybddla solcœ (Krôyer) fixées sur le dos des Soles, j'ai vu sur des frottis, des Trypanosomes gros et vacuolaires, paraissant en voie de dégénérescence. Je n'ai pas trouvé d'autres formes de Flagellés.

Récemment, Keysselitz (1906) a fourni une contribution importante à l'étude de la transmission et de l'évolution des Trypanoplasmes.

Il a recherché sans succès chez les Crustacés parasites des Poissons : Argulus foliaceusei A, coregoni, les Flagellés du sang. Il a vu au contraire que les Sangsues en renferment fréquemment dans leur tube digestif . L'auteur n'est pas arrivé à reproduire l'infection

chez les Poissons à Taide de Sangsues infestées et prétend que l'envahissement de la gaine de h trompe, indispensable pour l'inoculation selon Brumpt, se produit lorsque le corps de la Sangsue est comprimé mécaniquement, et n'a pas lieu dans la nature; il ne se prononce pas sur le mode de transmission, mais il pense que les Piscicoles servent véritablement d'hôtes intermédiaires. Elles ne sont d'ailleurs pas les seules, le Tp. Borreli peut évoluer aussi chez d'autres Sangsues ; un début de développement a pu être observé chez une Hirudo merffdna/is qui avait sucé le sang d'un Poisson infesté. Keysselitzpensequeles Hématozoaires hautement différenciés comme Trypanosomanoctuœ et les parasites du paludisme sont adaptés à un hôte intermédiaire spécial, dans lequel ils évoluent exclusivement. Il étudie minutieusement la morphologie du Tr. Borreli et décrit avec figures à l'appui les nombreuses formes que peut prendre le parasite, et qui sont en rapport avec la période d'infection. Keysselitz décrit spécialement deux formes qu"'il considère comme des éléments sexués ; les mâles ont un gros blépharoplaste et un petit noyau, c'est le contraire pour les femelles. Ces gamètes parvenus dans le tube digestif de la Sangsue s'unissent deux à deux. La copulation consiste dans l'union des protoplasmes et des deux ordres de corps chromatiques. Il y réduction chromatique des noyaux.

Le produit de cette union est un oocinète avec deux masses chromatiques provenant de l'union : d'une part des noyaux, d'autre part des blépharoplastes.

De ces oocinètes proviennent des Trypanoplasmes, les uns mâles, les autres femelles, d'autres enfin indifférenciés.

Il se fait ensuite une multiplication intense, qui aboutit à la production dMndividus minces, « spirochétiformes », et d'autres trapus, capables de se multiplier activement.

Le cycle évolutif se compose donc d'une phase de reproduction par schizogonie dans le sang du Poisson, et d'une phase sexuée qui a lieu dans l'hôte intermédiaire, la Sangsue.

Il est bien différent de ce que l'on a vu pour les Trypanosomes des Poissons. L'évolution de ces parasites se réduit à une schizogonie dans le sang de l'animal infesté et à un passage chez l'hôte intermédiaire par des formes moins élevées voisines de Crithidia et Herpetomonas.

La question en est là; il est probable que ce n'est pas le dernier

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mot. Ces Trypanosomes doivent avoir en outre de la schizogonie un moyen de reproduction par conjugaison.

On connaît maintenant des cycles sexués chez les Trypanosomes des Mammifères. T. Lewisi et T. Brucci depuis l'important mémoire de Prowazek (1905J. Bosc (1904) avait déjà décrit et figuré une copulation chez le Trypanosome du Lapin.

Actuellement le Trypanosoma gambiense, agent de la maladie du sommeil chez l'Homme, est l'objet d'importantes recherches dans ce sens (Gray et TuUoch, 1905; Minchin, 1906).

L'évolution et la transmission des Hématozoaires des Vertébrés inférieurs ne sont pas connues avec précision. H est naturel pourtant de supposer qu'il y a une certaine analogie avec ce qui se passe chez les Mammifères et les Oiseaux.

C. Borner (1901), avait déjà émis l'idée que les Acariens jouaient un rôle dans la propagation de ces parasites chez les Tortues.

Cependant, d'autres faits observés depuis semblaient donner à ces recherches une orientation différente.

Hintze 1902 avait cru voir le cycle complet de la Lankesterellu de la Grenouille, la schizogonie et la sporogonie se seraient produites chez le vertébré; la première dans le sang, la seconde dans le tube digestif. L'infection se serait propagée par des kystes résistants absorbés accidentellement par d'autres Grenouilles. Schaudinn, pensait que chez les Vertébrés à sangfroid la dissémination, à cette époque, pouvait se faire de cette manière; mais depuis il a reconnu en étudiant l'infection du Lézard par le Karyolysus que VIxodes ricinus propageait la maladie. Cet Acarien renferme des oocinètes fécondés dans son tube digestif et non seulement lui, mais aussi la génération suivante est capable de transmettre l'infection.

Schaudinn est revenu sur son opinion primitive, et admet le rôle d'un hôte intermédiaire. Les kystes vus dans l'intestin par son élève Hintze, n'appartenaient sans doute pas au cycle évolutif des Hématozoaires de la Grenouille. La question de la transmission dans ce cas particulier reste donc ouverte.

Siegel (1903) a vu VHœmogregarina Stepanom parasite de VEmys luîaria évoluer dans le tube digestif d'une Sangsue (Placobdella catenigera). Il décrit des oocinètes, puis des kystes à sporozoïtes qui envahissent les glandes salivaires et pénètrent chez l'embryon

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infesté ainsi héréditairement. Ces sporozoïtes inoculés reproduisent la maladie. L'évolution est tout à fait comparable à celle de THéraatozoaire du paludisme. Les recherches ultérieures n'ont pas confirmé ces résultats en ce qui concerne le présence des sporozoïtes chez l'embryon et dans les glandes salivaires.

Billet (1904) pense que les Lézards peuvent prendre l'infection par la voie digestive en avalant des Insectes.

Il paraît probable que chez les Poissons marins (la question ne se pose pas pour ceux d'eau douce) les Sangsues servent d'hôtes intermédiaires.

On trouve dans toute l'étendue du tube digestif des Platybdella soleœ, recueillies sur les Sodés infestées, des formes typiques à'Hssmogregarina Simondi en grosse virgule surmontée d'un petit point. J'ai vu aussi dans des frottis, des figures rappelant beaucoup des oocinètes. Elles mesurent 22 ti de long sur 2 p de large, et ont deux noyaux d'aspect différent.

V. - RELATIONS ENTRE LES TRYPANOSOMES ET LES HÉMATOZOAIRES ENDOGLOBULAIRES

Les faits que nous allons résumer en terminant se rapportent à l'évolution des parasites du sang des Vertébrés, Mammifères, Oiseaux, Batraciens. Ils ont eu un grand retentissement, et ne sont pas tous également bien établis, mais l'intérêt qu'ils présentent est considérable, car c'est dans cette direction que s'orientent les recherches : il s'agit là d'un grand problème de Parasitologie générale.

Schaudinn a fait paraître en 1904 un mémoire remarquable sur l'évolution de deux Hématozoaires de la Chevêche (Athenenoctua). Le cycle de Trypanosoma noctuœ (Hœmoproteus (Halteridium) noctuœ Celli et San Felice), parasite de la Chevêche présente les particularités suivantes. L'estomac du Culex pipiens, hôte intermédiaire, renferme des oocinètes (œufs fécondés) ressemblant à des Grégarines. Leur extrémité antérieure est réfringente, l'autre contientles noyaux de réduction et le pigment qui sont éliminés.

Le noyau véritable est gros, formé de 8 grains de chromatine avecuncentrosome au milieu.

Les oocinètes sont construits sur ce type, mais diffèrent morpho-

(1) Àrchir fiir Protistenkunde, II, p. 339, note, 1903.

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logiquement suivant les circonstances, et évoluent suivant le cas en forme indifférente, m&le ou femelle.

Le noyau se divise en deux par mitose hétéropolaire et donne un gros noyau qui reste au repos et un petit qui se divise à nouveau en deux, toujours par mitose hétéropolaire. C'est là l'origine de l'appareil flagellaire. De ces deux derniers noyaux le plus gros sera le blépharoplaste, l'autre se divisera encore pour donner le flagelle et les fibres de myonème.

Les flagellés ainsi obtenus ressemblent au Crithidia de Léger et sont fixes ou mobiles dans l'estomac du Culex, selon que celui-ci est vide ou rempli de sang.

C'est ainsi que se forme un Trypanosome indifférent. Les oocinètes femelles subissent une épuration chromatique du noyau et sont des formes très résistantes. Elles se reproduisent par parthénogenèse, infestent le Cousin pour tpute sa vie et transmettent l'infection à l'ovaire et à toute la descendance.

Leur cytoplasme est riche en réserves et se colore fortement. Il reste pâle au contraire chez les oocinètes de caractère mâle. Ceuxci se forment par réduction chromatique analogue à celle des femelles, mais sont incapables de se multiplier, ils meurent très vite quand ils ne se conjuguent pas.

Les Trypanosomes sont injectés à la Chouette par le Moustique, et pénètrent dans le sang. Ce sont surtout les formes indifférentes qui résistent et se multiplient activement. Fait très remarquable, le jour ils sont parasites du globule rouge à l'état à'Halteridium, la nuit ils redeviennent Trypanosomes. Au bout de six jours de croissance, ils se divisent longitudinalement et les nombreux produits de cette multiplication se fixent aux globules rouges et grandissent. De ces formes indifférentes Halteridium proviennent des mâles et des femelles qui se fécondent dans l'estomac du Moustique et donnent des oocinètes analogues à celui dont nous sommes partis.

Schaudinn a suivi aussi l'évolution d'un autre Hématozoaire de la Chevêche : Spirochseta Ziemanni (= Hœmamœba Ziemanni Laveran).

L'oocinète du Spirochœta Ziemanni donne naissance à beaucoup de Trypanosomes d'une forme spéciale très allongée. Selon les oocinètes ces Trypanosomes sont indifférents, mâles ou femelles. Ils sont capables de se diviser longitudinalement, donnant ainsi

des formes de Spirochètes de plus en plus petites, au point de devenir ultra-microscopiques.

Le SpirochœtaZiemanni est parasite des tubes de Malpighi chez le Cousin. Après avoir cheminé dans le corps du Diptère, de la même manière que le Trypanosoma noctuœ il est inoculé à la Chouette et devient parasite du sang. Il présente alors des stades de repos et de mouvement.

Schaudinn rapporte en outre une observations du D^ Weber datant de 1900. Une Vache atteinte de fièvre du Texas montra dans son sang à cette époque des Hématozoaires flagellés. Il convient de remarquer que cette Vache était maintenue dans une étable à l'obscurité presque complète; ce fait est tout à fait en rapport avec l'apparition des Trypanosomes la nuit dans le sang delà Chevêche.

Ces très curieuses observations ont suscité de nombreux travaux.

Ed. et Et. Sergent (1904J ont suivi l'évolution des Hématozoaires de la Chevêche et confirmé les résultats de Schaudinn.

Billet (1904 a) a vu une évolution analogue dans le sang d'une Grenouille. — Cet animal renfermait des Trypanosoma inopiTiatum Sergent, très typiques, et d autres spirochœtiformes. Certains d'entre eux pénétraient dans les hématies de la Grenouille pour s'y fixer après perte du flagelle. Le sang remfermait en outre des Hémogrégarines typiques avec tous les intermédiaires jusqu'au stade Trypanosome. Les formes endoglobulaires présentaient des stades de division schizogonique binaires dans certains cas, en rosace dans d'autres.

Cette évolution est à rapprocher des faits concernant VU. Ziemanni de la Chevêche. Il y aurait intérêt à connaître l'évolution dans l'hôte intermédiaire qui est probablement une Sangsue.

J. Moore(1904), observant le sang de Bovidés atteints de Trypanosomiase a vu dans le plasma des corpuscules en forme de virgule avec une extrémité plus réfringente. Ces parasites envahissent les globules rouges, grossissent, redeviennent libres et se transforment en Trypanosomes après avoir expulsé le globule réfringent de leur queue. Mais ces observations ne sont pas accompagnées de figures, et paraissent avoir été faites seulement à l'état frais.

Jhiroux (1904) a étudié l'infection de Padda oryzivora par le

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Trypanosoma paddœ et a constaté qu'elle n'a pas de rapport avec l'injection de cet Oiseau par VHalUridium DanilevskyL Ce sont deux parasites bien diflérents, ayant chacun leur évolution spéciale.

Novy et Neal (1904-1905), à la suite de leurs recherches sur les Hématozoaires des Oiseaux, ont contesté les fait annoncés par Schaudinn. Il résulte seulement de ce débat que l'évolution n'est pas la même dans tous les cas, et qu'il serait risqué de généraliser avant de connaître plus de faits particuliers.

Les Hématozoaires des Téléostéens marins ont ils un cycle analogueà celui que décrit Schaudinn chez la Chevêche? Leurévolution est trop peu connue pour permettre de répondre à cette question ; il ne faut retenir que le fait de la coexistence fréquente dans le sang du même Poisson des Hémogrégarines et des Trypanosomes.

Mais on peut faire à ce sujet deux hypothèses et se demander d'abord si ces parasites ne représentent pas pour chaque Poisson une seule espèce d'Hémoflagellé, qui aurait une évolution analogue à celle de Trypanosoma noctuœ de la Chevêche.

De graves objections s'opposent à cette manière de voir.

Les Hémogrégarines qui nous avons observées ne possèdent pas de blépharoplaste indiquant qu'elles peuvent être la phase de repos d'un Flagellé. Dans les cas les plus favorables, avec reproduction active et nombreux parasites, on ne voit pas dans le sang de formes intermédiaires entre les Trypanosomes et les Hémogrégarines. La dissemblance de taille et de forme de ces deux groupes d'Hématozoaires est toujours assez marquée.

Enfin, chez les Poissons d'eau douce où les Trypanosomes sont communs, on n'a pas vu jusqu'ici de parasites endoglobulaires. L'évolution des Trypanosomes serait-elle donc tout à fait différente dans deux groupes d'hôtes si voisins ?

La deuxième hypothèse, beaucoup plus vraisemblable, permet de supposer qu'il s'agit là de parasites distincts, à cycle digénétique, et dont les deux hôtes sont respectivement les mêmes pour chaque espèce. On comprend dès lors qu'un ectoparasite, une Sangsue par exemple, vivant sur un Poisson, s'infeste des deux Hématozoaires, qu'elle pourra communiquer plus tard et simultanément à un autre Poisson.

CONCLUSIONS

1« La présence de Trypanosomes et d'Hémogrégarines dans le sang des Poissons marins osseux des eaux de Luc-sur-Mer ou de Roscoll est un fait fréquent.

2^^ La coexistence des deux parasites dans le sang d'un même hôte est habituelle. Tous les Poissons examinés à Luc (exception faite pour la Limande et l'Anguille), qui avaient dans le sang des Trypanosomes, renfermaient en même temps des Hémogréga rines, mais la réciproque n'était pas vraie

30 Dans presque tous les cas les Hématozoaires étaient peu nombreux (infection passée à l'état chronique ou intervalle entre deux récidives). Dans ces conditions, les caractères morphologiques des Trypanosomes sont constants, ils peuvent être utilisés pour la différenciation des espèces. Au contraire, les Hémogrégarines se res semblent beaucoup à ce stade ; l'étude de leur cycle évolutif est nécessaire pour établir nettement des distinctions spécifiques.

40 Les Pleuronectes vivant sur le fond, où les Poissons de rochers sont plus souvent infestés que les Poissons de haute mer.

50 On peut distinguer chez l'Anguille deux variétés de Trypanosomes.

6° Le Trijpanosoma granulosum var, magna de l'Anguille se multiplie in vitro et prend dans certaines conditions des formes d'involution.

70 VHœmogregdrina Simondi présente, au stade delà dislocation des barillets, une particularité morphologique consistant en un mamelon surajouté à la grossse extrémité, ce que lui donne une grande ressemblance avec une Grégarine.

8° Les documents que l'on possède relativement aux Hématozoaires endoglobulaires des Poissons d'eau douce permettent de conclure qu'il n'existe par une seule observation bien contrôlée de parasites de ce genre. Ce fait est à opposer à la présence fréquente d'Hémogrégarines dans le sang des Téléostéens marins.

9*> Le dimorphisme que l'on observe chez Hœmogregarina Simondi ouf/, giiadrigemina 7iofcis est peut-être une indication de sexualité. La phase sexuée se poursuivrait chez l'hôte intermédiaire.

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10° Les Poissons marins paraissent bien supporter les Trypanosomes, quant aux Hémogrégarines, elles sont parfois en si grand nombre et anéantissent tellement de globules rouges, que Tinfec tion peut vraisemblablement devenir mortelle.

11° La transmission se fait par l'intermédiaire d'un ectoparasite, probablement d'une Sangsue.

1904. — Berestneff, Ueber Haemosporidicn wclche in Lcucocytcn parasitierca. Centralbl. fiir Bact., Réf., XXXIV, p. 295 296.

1904. — Einc neuo Modiûkation dor Haemosporidicnlûrbung nach dcr Roma-

nowsky-Rugeschen Méthode. Ibidem^ p. 496.

1900. — Billet A. Sur un Hémalozoaire endoglobulaire des Platydactylus.

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