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L'APPENDICITE ET LA TYPHLO-COLITE

SOM TRÈS FRÉQUEMMEiNT DES AFFECTIONS VERMINEUSES (l)

PAR

le Professeur R. BLANCHARD

On sera sans doute surpris de me voir intervenir dans la discussion sur les relations de l'appendicite avec la typhlo-colite muco-membraneuse. Je n'ai ni clientèle ni service hospitalier et serais mal venu à prendre part à une discussion portant sur la seule clinique : aussi n ai-je pas une pareille prétention. Mais la question de la nature de l'appendicite attend depuis longtemps une solution satisfaisante ; elle se trouve de nouveau posée, par la discussion actuelle, devant le monde médical et même devant l'opinion publique. Toute lueur projetée sur cet obscur problème ne peut qu'être accueillie favorablement; quiconque détient ou croit détenir ne fût-ce qu'une parcelle de la vérité a le devoir de la faire connaître. Or, des faUsi aujourd'hui très nombreux m'ont donné uneconviction prof onde quant à létiologie fréquente, sinon habituelle, de Tappendicite et de la typhlo-colite et je crois nécessaire de les signaler à l'attention de l'Académie, ' J'hésite d'autant moins à le faire que l'opportunité m'en parait plus grande. En effet, j'ai suivi avec un intérêt soutenu la discussion qui s'achève ; j'ai été très frappé de ce qu'aucun des orateurs n'y ait fait allusion à l'étiologie des affections sur lesquelles portait le débat : la moindre indication à cet égard eût été pourtant fort utile, puisqu'elle eût pu avoir d'immédiates conséquences relativement à la prophylaxie et au traitement. Avec quelle faveur n'eût-on pas accueilli, en particulier, toute indication pouvant amener une réaction nécessaire contre les opérations d'appendicite aujourd'hui beaucoup trop fréquentes, de l'aveu même de tous les chirurgiens! Même si elle ne devait avoir pour résultat que de

(1) Communication faite à l'Académie de Médecine, le 3 Juillet i9Û6, au cours d'une discussion sur la typhlo-colite muco-membraneuse ou sableuse et l'appendicite.

signaler ces abus, M. Dieulafoy aurait rendu un très grand service en ouvrant cette discussion; car il n'est pas douteux, ainsi qull Ta proclamé, que a quantité de gens sont indûment opérés d'appendicite qu'ils n'ont pas ».

Vu l'incertitude de la doctrine étiologique actuelle, une telle constatation n'est guère faite pour élucider l'histoire de l'appendicite; elle met le chirurgien en garde contre une intervention inopportune ou inutile, et c'est là un résultat très appréciable ; mais elle laisse toujours aussi obscure la cause même de Taffection. Le problème est-il donc si décevant? Est-il donc impossible de l'élucider, tout au moins en partie, d'après les données actuelles de la science ? Pour ma part, je crois qu'un examen judicieux des faits et une critique sévère de cent observations incomprises ou mal interprétées peut nous donner une solution tout au moins partielle de cette angoissante question.

Le titre donné à ma communication indique clairement la doctrine que je veux défendre ici. Ce n'est pas la première fois, d'ailleurs, que l'étiologie vermineuse de l'appendicite est portée à la tribune de l'Académie : le 12 mars 1901, M. Metshnikov l'a exposée déjà ; mais sa théorie, bien que d'une rigoureuse précision et malgré la grande autorité de Torateur, n'a pas trouvé, dans les milieux hospitaliers et professionnels, l'accueil favorable dont elle était digne. Un très grand nombre de faits du même ordre, publiés par divers auteurs, et notamment l'importante série d'observations faites dans mon laboratoire par M. Guiart, professeur agrégé à la Faculté de médecine, parlent trop haut dans le même sens pour qu'il soit permis de n'en pas tenir compte.

S'il ne s agissait que d'une simple conception théorique, sans aucune application pratique, on pourrait tenir pour négligeable la méconnaissance des faits singulièrement démonstratifs dont nous allons parler; on pourrait attendre que le jour se levât dans les esprits. Mais la question est beaucoup plus grave : il y va de la vie des malades, et une telle préoccupation doit reléguer à l'arrièreplan toute autre considération. C'est pourquoi, animé par une conviction chaque jour plus intime, je viens défendre à mon tour la théorie vermineuse de l'appendicite et de la typhlo-colite.

Il est temps que cette doctrine soit acceptée des cliniciens. Je sais qu'on en parle parfois au lit du malade, mais pour la repousser

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