S DE MYCÉTOME EN TUNISIE
jaune verdâtre; elles sont isolées ou disposées en chapelets; ceuxci sont constitués généralement par un petit nombre de spores; mais un examen prolongé de la préparation suffit à démontrer que les spores que l'on rencontre au voisinage, isolées ou groupées par deux ou trois à la file, proviennent de la dissociation des chapelets (fig. 3, e-h).
Il nous a été possible, en quelques points très rares, de retrouver rimage du mode de disposition des spores sur l'extrémité libre d'un filament mycélien. Cette image est la suivante ; le filament se renfle pour former une sorte de réceptacle et sur ce réceptacle des files de spores viennent se disposer sous forme de chapelets peu nombreux et assez courts (fig. 5, f). Peut-être exîste-t il une pièce intermédiaire entre la première spore et le réceptacle.
Quoiqu'il en soit, ce sont là des formes de fructifications anomales dues aux conditions spéciales dans lesquelles se développe le Champignon parasite.
L'analogie avec les formes de fructification conidienne d'un Aspergillus est indiscutable et des fructifications anomales du même ordre ont été décrites par de Bary chez Aspergillus glamus.
Examen des grains sur les coupes. — En dehors du parasite que nous venons de décrire, on ne trouve dans les grains aucun autre microorganisme. Les seuls éléments figurés qui accompagnent le Champignon sont des globules de pus et des hématies, celles ci souvent altérées. Nous parlons bien entendu des grains recueillis avec pureté, après incision de nodules encore fermés, et non pas de ceux qui s'écoulent au dehors par les trajets fistuleux ouverts. Ces trajets, communiquant avec l'extérieur, permettent la pénétration des Bactéries cutanées jusqu'au voisinage des grains. Cependant, même dans ces cas, les Bactéries associées sont très rares et leur rôle paraît nul dans la suppuration.
Nous avons vu d'ailleurs qu'il n'existait au niveau des lésions qu'une réaction inflammatoire des plus discrètes et ce faitestbien en rapport avec l'absence d'une infection secondaire par des Bactéries. Pour étudier d'une part les rapports des parasites et des tissus, d'autre part la disposition générale des filaments mycéliens, nous avons eu recours à la méthode des coupes.
Des fragments de tissu contenant des grains, après fixation au Sublimé, ont été inclus dans la paraffine. Les coupes sont colorées
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parle bleu de Unna, puis dîfléreaciées par l'alcool absolu et l'es sence de Girofle.
Par cette méthode, la membrane du Champignon prend une couleur bleu intense qui permet de se rendre compte ijninédlatementde la structure du grain.
Dans les grains, le Champignon oflre la même disposition rayonnée que l'on trouve dans les colonies sur milieu solide, les zoneade développement étant concentriques. Au centre, les fila-
Fig. i. — Coupo d'un grain. Coloration hlou polycliromutliiue, vorl lumii
ments, à membrane plusépaisse.sontséparés l'un del'aulre par une substance granuleuse provenant de la désintégraliou du tissu dans lequel s'est développé le Champignon. On peut y rencontrer parfois quelques leucocytes polynucléaires. A la périphérie, les filaments se ramifient beaucoup et forment un feutrage serré. C'est dans cette zone que se rencontrent des clilamydospores terminales (fig. 4). Le grain est entouré presque exclusivement de leucocytes polynucléaires.
Dans des grains plus développés, on rencontre a|)rës une première zone de ramification, une seconde zone concentrique à la première. On peut ainsi trouver des grains constitués par plusieurs
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zones. Ces zones sont les zones de végétation du Champignon. Parfois, on observe une pigmentation de la membrane mycélienne dans la zone centrale.
Si l'on colore les coupes par le rouge de Magenta suivi d'une différenciation par le picro-îndigocarmin, on voit très nettement que la plupart des filaments du centre des grains sont vides de protoplasme, taiidisqu'au contraire, les ramifications des zones de développement contiennent un protoplasme vivant avec des noyaux très bien colorés par le rouge de Magenta.
Cultures. — Les ensemencements pratiqués avec des grains prélevés dans la profondeur même des tissus avant ou après l'amputation, nous ont donné des cultures pures du parasite.
Ils nous a été facile, en suivant son développement dans les milieux liquides en goutte pendante, de constater que c'était bien des tubes mycéliens préexistant dans les grains que procédait la culture.
Description d'une des cultures primitives. — Aspect. — La culture dont nous nous occupons avait été faite sur infusion de thé de foin gélosée. Le Champignon s'y présentait à l'œil nu sous l'aspect d'un duvet légèrement jaunâtre, reposant sur une membrane brun rouge, appliquée à la surface du substratum nutritif.
Mycélium. — Le duvet mycélien examiné au microscope, montrait des tubes cloisonnés et ramifiés, d'une largeur de 4 à 10 u. Ce sont des filaments plus fins (2 à 4 ii) qui s'enchevêtrent de manière à former le tissu de la membrane plissée recouvrant la gélose.
Le mycélium jeune est incolore; les filaments Agés sont brunâtres. Le pigment, auquel est due cette coloration, diffuse légèrement dans le milieu de culture. Ce pigment est rouge en milieu acide et bleuit par l'ammoniaque.
Chlamydospores. — Au début, nous n'avons observé comme formes de reproduction que des chlamydospores terminales. Elles résultent du renflement de l'extrémité de certains filaments aériens. Tout le protoplasme contenu dans un filament se rassemble à son extrémité qui se dilate en ampoule. La membrane de l'ampoule s'épaissit et, finalement, l'ampoule s'isole du filament qui l'a formée.
A maturité, les chlamydospores ont une membrane très épaisse (3 a). De couleur brunâtre, sphériques, elles ont un diamètre de 8 àl6f..
Ces chlamydospores, mises en gouttes pendantes, germent de