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ÉTAT DE LA QUESTION

Au point de vue clinique, on distingue actuellement deux variétés de Pied de Madura; le mycétome à grains blancs, dû au Discomyces de Vincent, Champignon voisin de celui de Tactinomycose, et le mycétome à grains noirs, sur l'origine duquel onn'est pas encore bien fixé. Seuls, Lewiset Cunningham, Boccaro(2), pensent que cette distinction n'est pas fondée; et ils présentent, à l'appui de leur opinion, ces deux arguments que la variété noire et la variété blanche ont une distribution géographique identique et pourraient coexister sur un même sujet.

Il y a sans doute quelque chose de vrai, non pas dans cette opi-

(1) Heider, Ueber das Vcrhalten der Ascosporcn von A»pergilus nidulans im Thierkôrper. Centralblatt fiir BakterioL, VII, 1890, p. 553. .

(2) The Lancet, II, p. 797, 1893.

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nion unicistei mais dans la seconde des observations sur lesquelles elle s'appuie. Il nous paraît qu'on s'est un peu trop hâté de diviser le Pied de Madura en deux maladies distinctes, en se basant seulement sur la couleur des grains. 11 semble en efiet démontré qu'en dehors des cas à grains blancs ou grains noirs purs, il y a des cas où les deux variétés de grains s'associent. Notre observation en est une preuve, et nous ne saurions dans quelle catégorie la ranger si nous n*avions pour nous décider que l'appréciation de la couleur des grains.

Un point paraît hors de doute, c'est que le mycétome dû au Discomyces Madnrae montre toujours des grains blancs à l'état de pureté. Mais, dé cette constatation, il nous paraît exagéré de conclui*e^ ainsi qu'on semble l'avoir fait, que tous les cas de mycétome à grains blancs sont dus au Champignon de Vincent. Nous croyons qu'à côté du Pied de Madura à Discomyces, il existe une ou plusieurs variétés de mycétomes dont la cause n'est pas encore bien connue et dont les grains offrent tantôt la coloration noire ou blanche exclusive, tantôt ces deux colorations associées.

L'importante découverte de Vincent a eu cette conséquence singulière de faire oublier les travaux de plusieurs auteurs, qui, dans des cas de mycétome à grains dont ils ne précisaient pas toujours la couleur, ont décrit plus ou moins exactement la présence d'un Champignon parasite, absolument différent du Discomyces et par contre souvent assez voisin de celui que nous avons observé.

Le premier de ces auteurs est Vandyke Carter (1860), qui donna la première étude complète de la maladie (1).

Le Champignon qu'il décrivit dans les lésions et que Bristowe (2) retrouva plus tard offre plus d'un point de ressemblance avec le nôtre. Ces auteurs trouvent en effet les grains constitués par des lubes mycéliens enchevêtrés en tous sens, quelquefois dilatés à leurs extrémités et présentant des étranglements 'et des cloisons. Nous ne parlerons pas de la moisissure isolée par Carter et déterminée par Berkeley sous le nom de Chionyphe CarterL Car Clnonyphe est synonyme de Mucoret les caractères botaniques du Champi-

' (1) The Fungus diseaseoflndia, Bombay y i9ô\. — Article Mycetoma in Uritish and Foreign Med, Chirurg, Revieiv, july 1863. — Du Mycétome ou maladie du fungus de l'Inde, traduit de Tke Lancet par L. Vincent, in Arch, de méd. imv., XXIV, sept. iSîfô.

(2) Transactions of pathological Society. Londres, 1881,. p. 320.

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