Genre Treponema Schaudinn, 26 octobre
Synonymie. — Spirochœte Schaudinn, 1903, pro parte. — Spironema Vuillemiri, 5 juin 1905 ; non Meek, 1864; non Klebs, 1893. — MicTOspironcma W. Stiles et Pfender, 2 décembre 1903.
Diagnose, — Corps spirale, non aplati, à section cylindrique, effilé aux extrémités. Un flagelle à chaque extrémité; pas de menbrane ondulante. Multiplication par division longitudinale, le stade initial pouvant être marqué par la duplicité du flagelle à l'une des extrémités.
Une seule espèce certaine :
Tr. pallidum (Schaudinn, 1905).
Synonymie. — Spirovhœte pallida Schaudinn, 1903. — Spironema pallidum Vuillemin, 1903. — Microspironema pallidum W . Stiles et Pfender, 1903.
Découvert par Schaudinn et Hoffmann dans les diverses productions syphilitiques, aux différentes périodes de l'infeclion; retrouvé par un très grand nombre d'observateurs de tous pays, non seulement dans la syphilis acquise, mais aussi dans l'hérédo-syphilis, avant comme après la naissance. Bien que le fait n'ait pas encore été démontré expérimentalement, vu l'impossibilité actuelle d'obtenir des cultures pures des Spirochètes et des organismes similaires, il n'est guère permis de douter que Treponema pallidum soit l'agent pathogène de la syphilis. Plusieurs raisons plaident en faveur de cette opinion :
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l^' La constance de ce parasite dans les lésions syphilitiques, à tous les degrés de l'infection ;
2p Son absence dans toute lésion de nature non syphilitique. Kioleroenoglou et von Cube prétendent l'avoir rencontré, en dehors de la syphilis, dans la balanite, le pus des abcès scrofuleux ou blennorrhagiques, le carcinome suppurant et le suc de condylonie, mais ils ont été certainement le jouet d'une illusion. Nous avons déjà mis en garde, plus haut, contre une confusion possible avec des Spirochètes d'espèce banale, qui peuvent vivre en saprozoïtes sur les plaies ulcérées et parmi lesquels peuvent se trouver aussi des formes particulièrement grêles;
3<* L'analogie entre la syphilis et la dourine, trypanosomose du Cheval causée par le Trypanosoma equiperdum Doflein et transmise normalement par le coït, est assez frappante pour qu'on ait pu supposer de même une analogie éliologique. Pour ma part, voilà des années que, dans mes cours publics, j'énonce l'opinion que l'agent étiologique de la syphilis et de la fièvre jaune devra être trouvé dans un Trypanosome ou un organisme similaire; les récentes observations de Schaudinn sur des Flagellés dérivés de certains Hématozoaires de la Chevêche (Athene noctua), bien loin d'infirmer une telle hypothèse, la corroboraient de la façon la plus nette, en faisant connaître l'existence de Flagellés ultra-microscopiques. La démonstration de cette hypothèse a été donnée par Schaudinn lui même, parla découverte du Treponema pallidum. Je considère donc comme acquis que cet organisme est la cause de la syphilis.
Dans l'état actuel de nos connaissances, il est l'unique représentant du genre Treponema. Dans un avenir prochain, on constatera qu'un certain nombre d'espèces, rangées plus haut dans le genre Spiroçhœta^ possèdent également un flagelle à chaque extrémité; on devra donc les transporter dans le genre Treponema. Les naturalistes ont l'habitude de tels transferts, qui n'ont d'autre conséquence que de nécessiter l'emploi d'une parenthèse pour citer le nom de l'auteur et la date de création de l'espèce, symbole qui indique que cette dernière a changé de genre. C'est ainsi, par exemple, que Spiroçhœte pallida Schaudinn, lîKKi, est devenu Treponema pallidum (Schaudinn, 190;')). La parenthèse, (|ue la plupart des auteurs emploient à tort et à travers, sans en connaître la si
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gniflcation exacte, mais en causant les plus regettables confusions, possède, en nomenclature zoologique et botanique, le sens précis que je viens d'indiquer incidemment.
La syphilis est donc une tréponémose ; c'est actuellement la seule tréponémose connue, mais, selon toute vraisemblance, ce nouveau type parasitologique va prochainement s'augmenter du pian et de la fièvre jaune, peut-être aussi de la variole, de la vaccine, du horse-pox, de la clavelée, de la scarlatine, de la fièvre aphteuse et de la rage.
Sous le non de Cytorrhyctes, on a décrit, dans ces dernières maladies, des productions anatomo-pathologiques ou parasitaires dont la nature est encore incertaine (1), mais qui tendent du moins à établir un rapprochement entre ces états morbides; les corpuscules observés par Negri dans la rage semblent être du môme ordre.
Voilà quelques années, Stassano prétendit avoir trouvé des Flagellés i< dans la sérosité sanguinolente que Ton retire par ponction du ganglion satellite du chancre». La description et les figures qu'il en donne sont tellement confuses qu'on ne sait exactement de quoi il peut bien s'agir.
En résumé, il y a lieu de distinguer désormais, parmi les maladies vénériennes, trois types absolument irréductibles; les deux premiers sont des baçtérioses, le troisième est une protozoose ou une tréponémose, savoir:
1<^ La blennorrhagie, causée par le Gonocoque ou Micrococcus gonorrliœœ (Neisser);
2» Le chancre mou, causé par le « Bacille » de Ducrey ou Bacterium tticordi, nomen novum (2), « Streptobacille » long de 1 /x 3 à 2 pi, large de 0 ^a 3 à 0^3;
3« La syphilis, causée par le Treponema pallidum (Schaudinn).
1) Cytorrhycte^i variolm Guarnicri, C. laccinm et C. scarlatinœ Siegel. dans le piusma des cellules (^plthélialos; C\ aphtharum Siogel, dans le noyau des cellules épithéliales; C. luia Siegel, dans le plasma des cellules conjonctives, dansla substance conjonctive fondamentale, ainsi que dans les sucs tissulaires, au cours de la syphilis. Les Cytorrhyctes passeraient par une phase flagellée.
(2) Synonymes : Bacillus ulceris cancrosi Kruse, 1896; Bacterium utceris cancroi^i (Kruse) Migula, 1900. Ces deux termes nctant pas binominaux, comme l'exige la nomenclature botanique, aucun d'eux n'est valable; c'est pourquoi nous les remplaçons par une dénomination nouvelle.
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