Genre Trypanoplasma Laveran et Mesnil
Synonymie. — Trypanomonas A. Labbé, 1891; non Danilevsky, 188:>. — Trypanophis Keysselitz, 1904.
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IHoffnose, — Corps mou, arqué, de forme changeante. Gros noyau globuleux, situé dans la portion antérieure et près du bord convexe. Blépharoplaste allongé, situé en avant et près du bord concave ; de son pôle antérieur naissent deux flagelles : Tun est libre dès son origine et se porte en avant ; ses mouvements sont assez lents; lautre gagne le bord convexe, le suit sur toute sa longueur en soutenant une étroite membrane ondulante, puis devient libre sur un court trajet, à l'extrémité postérieure. L'animal marche le premier flagelle en avant ; il est à peine traîné par celui-ci, vu la lenteur de ses mouvements ; il est surtout poussé en avant par la membrane ondulante.
Les Trypanoplasmes vivent dans le sang, parfois aussi dans Testomac des Poissons ; ils y ont été découverts en 1889 par Shalashnikov. On en connaît quatre espèces : Tr. Borreli Laveran et Mesnil, 1901, chez le Rotengle et le Vairon ; Tr, Guemei Brumpt, chez le Chabot de rivière (Cottus gobio) ; Tr, cyprini Plehn, chez la Carpe et la Tanche ; Tr, varitim Léger, chez la Loche franche (Cobi tis barbatula) ; Brumpt en a signalé encore d'autres espèces chez la Truite (Traita fario), la Brome (Abramis brama) et le Barbeau (Barbus fliivmtilh). La dissémination et Tinoculation de ces parasites se font par l'intermédiaire des Sangsues ; Brumpt a reconnu que Tr, cyprini passe par Hemiclepsismarginata, On comprend donc que A. Labbéait pu trouver dans une Sangsue médicinale (fftrtirfo medicinalis), provenant des marais des Landes, un Trypanoplasme particulier, Tr, Vanikvskyi (Labbé, 1891), dont le second hôte, s'il existe, est encore indéterminé.
Supposons un Trypanoplasme dont le flagelle postérieur, encore infléchi en arrière, reste court et ne soutient plus aucune membrane ondulante : nous aurons ainsi affaire à un Bodo, organisme à corps non spirale, libre dans les eaux stagnantes et les liquides chargés de matière organique ou même capable de vivre en parasite chez des animaux variés. Supposons, d'autre part, un Trypanoplasme pourvu non plus d'un seul, mais de trois ou quatre flagelles antérieurs : nous verrous ainsi se réaliser le type Trichomonaa, représenté chez l'Homme et les animaux par plusieurs espèces parasitaires (rnc/iomonas taginalis Donw^, 1837).
Les Trypanosomidœ ont ainsi, par des transitions très simples, d'étroites affinités avec les Flagellés ordinaires, dont le corjis n'est
SPIRILLES, SPIROCHÈTES 149
pas contourné en spirale. Par les Spirochœta et les Bodo, dont certaines espèces sont libres, s'établit d'autre part une étroite connexion entre les formes strictement parasites et celles qui mènent normalement une existence indépendante.
L'étude des microorganismes à corps spirale nous permet donc de saisir sur le fait l'adaptation des êtres inférieurs, tantSpirobactéries que Trypanosomidés, aux conditions très spéciales de la vie parasitaire ; elle nous montre chez ces êtres des degrés très divers de virulence ; elle nous fait comprendre le rôle très varié qu'ils jouent dans la pathologie humaine et comparée ; elle met enfin en pleine lumière la part considérable que prennent en pathologie générale les nouvelles études de parasitologie, qui ouvrent à la médecine un domaine immense, dont on ne peut encore évaluer toute l'étendue.
LA PARASITOLOGIE A CUBA'
PAR
Le D' Mario LEBREDO,
Sous-Direcleur de l'hôpital Las Animas, a La Havane.
Je suis profondément touché de l'honneur que me fait M. le Professeur R.Blanchard, en me donnant l'occasion de prendre ici la parole. Je ne trouve pas de mots assez puissants pour lui faire comprendre le degré de ma gratitude.
Je désire être clair et surtout être simple. Je veux faire devant vous un exposé général synthétique de ce que l'on pense à Cuba sur la Parasitologie, en vous montrant de quelle manière nous mettons en pratique les méthodes que la théorie et Texpérience nous ont montré être les meilleures.
Je commence par faire une déclaration que je crois être une grande vérité : la Parasitologie a désormais acquis le rang de science autonome ; le Professeur R. Blanchard est celui qui, par ses écrits, son enseignement, la création des Archives de Parasitologie, puis de l'Institut de Médecine coloniale, a contribué le plus puissamment à l'élever à cette dignité. On ne connaît pas encore tous les parasites producteurs de maladies, mais on possède déjà des critériums assez certains pour reconnaître si une maladie donnée est de cause parasitaire, que le parasite en soit ou non connu.
11 y a peu de temps, je disais, au Congrès régionaldeLa Havane, que la Parasitologie est une vaste étude dont les principales lois générales sont déjà parfaitement définies. Je comparais la Parasitologie, telle quelle est aujourd'hui, aux contrées encore inexplorées : la carte enest tracée déjà, mais elle présente encore beaucoup de blancs, que des investigations nouvelles permettentde combler successivement. De même, nous n'avons plus qu'à remplir les espaces laissés vides dans le plan général de la Parasitologie, toutes les fois qu'un pas est fait en avant dans la recherche causale des maladies.
(1) Extrait d'une conférence faite à l'Institut de Médecine coloniale de Paris, le 27 octobre 1905.
LA PARASITOLOGIK A (U'HA lîîl
I^ Parasilologie est émineinment pratique etexpérimentale:elle trouve en cette méthode la source du diagnostic, la source du traitement, la source de la prophylaxie, la source d'investigations nouvelles. Aujourd'hui tout médecin, s'il est de bonne foi, est contraint de recourir au Laboratoire pour l'établissementdu diagnostic parasitologique. Nous l'avons bien compris à Cuba, puisque nous possédons un Laboratoire national pour l'examen gratuitdes exsudats, déjections, fausses membranes, etc., au sein desquels les médecins peuvent juger utile de rechercher des parasites. Ce laboratoire fonctionne très activement et rend les plusgrands services.
Dans les hôpitaux aussi, des installations de ce genre sont absolument nécessaires. Combien de doutes dissipés, combien de temps gagné pour la thérapeutique, quand on trouve au laboratoire la cause des maladies soit par la découverte du parasite même, soit par quelqu'une de ses réactions biologiques! Certaines anémies graves, inguérissables tant qu'elles sontsupposées paludéennes par les exclusifs cliniciens, deviennent très curables dès que le microscope a démontré la présence des œufs d'Uncinaire dans les fèces ; dans certaines fièvres infectieuses indéterminées, l'agglutination du Bacillus typhosus dévoile la fièvre typhoïde.
Dans les septicémies surtout, il est impossible de faire un diagnostic spécifique sans la recherche du parasite. J'ai publié un tableau des erreurs commises par les médecins, pour avoir voulu faire un diagnostic exclusivement visuel: chez huità dix malades envoyés à l'hôpital des maladies contagieuses (( Las Animas » avec le diagnostic de morve, je n'ai reconnu qu'un seul cas authentique de morve humaine, avec pustules et jetage caractéristiques.
La morve, la streptococcie et staphylococcie ont en général une symptomatologie très semblable : fièvre à grandes oscillations^ délire, abcès; la lymphangite n'est point spéciale. Il y a certainement des cas où Ton incline à diagnostiquer telle infection plutôt que telle autre, mais, en fait, il est impossible de faire un diagnostic certain sans y faire intervenir le laboratoire. Et cela est facile, quand il y a des abcès.
A ce propos, je dois vous faire remarquer un fait qui me paraît être intéressant : il se rapporte à ces cas mortels où Ton porte le diagnostic de fièvre typhoïde, alors que l'agglutination ne se produit point ; dans ces cas, il y a eu erreur de diagnostic*
1;)2 M. LEBREDO
On peut énoncer celte loi, que tout cas où s'obtient de bonne heure l'agglutination du Bacillus typhosus est une fièvre typhoïde, qui, traitée normalement, doit guérir presque toujours; plus Tagglutination est retardée, plus les cas sont sévères, jusqu a être mortels. Ce peuvent être de vraies fièvres typhoïdes, sans avoir donné la réaction caractéristique, mais quelquefois aussi ce ne sont point des typhoïdes. En voici deux exemples :
/er cas. — Une femme entre à Thôpital avec le diagnostic de fièvre typhoïde au 44« jour. Torpeur marquée, fièvre stationnaire, à rémissions journalières d'un degré à un degré et demi, ballonnement du ventre, douleur légère au creux épigastrique, pas de taches rosées, constipation, comme cela arrive souvent dans les typhoïdes, et rien de plus. Il existait pourtant au niveau delà cheville un tout petit point légèrement rougeâtre, très peu apparent ; on le découvrit par hasard, en arrangeant la malade dans son lit ; en touchant cet endroit, on lui fit pousser un gémissement ; il n'y avait ni lymphangite, ni fluctuation.
La malade mourut. La réaction de Widal avait été nulle jusqu'au moment de la mort.
A l'autopsie, on trouva des infarctus petits et moyens disséminés dans les viscères ; l'intestin ne présentait qu'unelégère congestion de la muqueuse en général. Une incision profonde, pratiquée dans la cheville, donna issue à quelques gouttes de pus. Des cultures faites avec ce pusetavec le liquide des infarctus dévoilèrent toutes le Streptocoque.
2^' cas. — Mulâtre très foncé, entré à l'hôpital avec le diagnostic de fièvre typhoïde au 14® jour; les symptômes sont ceux d'une typhoïde très toxique. Délire, douleur à la pression épigastrique. Le malade meurt sans avoir donné la séro-réaction de Widal. Nous rappelant le cas précédent, nous cherchons quelque abcès, quelque lymphangite, quelque blessure, mais sans trouver absolument rien (|ui ait pu servir de porte d'entrée aux Coccus pyogènes. On avait bien constaté quelques signes d'endocardite, mais sans pouvoir les imputer à rien de positif. Au reste, le cas rentrait parfaitement, au l)oint de vue clinique, dans la catégorie des états typhoïdes.
Le malade ayant succombé, on fit l'autopsie : rien dans l'intestin, si ce n'est une légère congestion générale. La valvule mitrale présentait une ulcération, la rate et le foie offraient des infarctus
LA PARASITOLOGIE A CUBA 133
petits et disséminés. Des préparations faites sur-le-champ avec la pulpe de ces infarctus» nous montrèrent des Streptocoques et les diverses cultures de la rate et du foie nous les donnèrent à Tétat de pureté.
Ces deux exemples sont dénature à augmenter l'importance que prend la recherche de Tagglutination du Bacillus typhosus. Peutêtres les cas où on ne Tobserve pas, bien que signalés comme des typhoïdes, ne méritent-ils pas de figurer sous cette rubrique dans les statistiques.
En effet, comment différencier cliniquement ces prétendues typhoïdes qui n'agglutinent pas. Sont-ce de vraies typhoïdes, des para-typhoïdes ou des streptococcies? Sont-elles dues au Bacillus typhosus, au Bacillus coli, aux « para coli » ou au Streptocoque? Seule, l'étude parasitologique peut asseoir le diagnostic sur une base certaine.
Un laboratoire aux Antilles, à Cuba, ne diffère par rien d'essentiel des laboratoires installés dans les autres parties du monde. Les procédés employés sont les mêmes que partout ailleurs, mais il convient de les modifier dans certains détails, suivant les données de l'expérience.
Si les procédés généraux d'expérience et d'investigation restent à Cuba les mêmes que dans les autres contrées, cela tient à ce que les parasites déterminent, au cours des maladies qu'ils produisent, les mêmes manifestations cliniques. Les maladies n'ont pas des manifestations différentes, selon les pays où elles se présentent : la pneumonie, d'origine pneumococcique, n'a pas d'autres symptômes à Cuba qu'à Paris; elle est partout identique à elle-même. Un fait pourtant est indéniable, c'est le degré plus ou moins grand d'infectivité des parasites, par suite de l'exaltation ou de la diminution de leur virulence, il en résulte de grandes différences dans la gravité et la mortalité des cas, selon les climats.
Je voudrais maintenant vous donner quelques conseils pratiques dont vous pourrez peut-être profiter quelque jour, sur les conditions spéciales du travail de laboratoire à Cuba et, en général, dans les régions intertropicales.
Méthodes de coloration. — La grande intensité de la lumière nous donne l'avantage de la clarté des images microscopiques et le plus grand nombre d'heures de travail par jour, durant toute
l.Vl M. LEBIIKDO
Tannée; elle est même, dans certains cas, un grand avantage pour la formation rapide des couleurs, dans certains mélanges spéciaux. En revanche, c'est un puissant agent destructeur de certaines couleurs délicates, et les préparations colorées doivent être soigneusement gardées à Tobscurité.
Pour l'étude du sang ou de la formule leucocytaire, ainsi que pour la recherche des Hématozoaires, on peut avoir recours à tous les procédés rapides de coloration dérivés du procédé de Romanovsky, telles que les méthodes de Leishman, de Wright, de Goldhorn. On obtient ainsi de merveilleuses préparations, mais la couleur n'est pas constante dans nos contrées. Par exemple, un flacon déterminé donne des préparations étonnantes de beauté pendant 15, 20 jours; puis, le jour où l'on compte faire une bonne préparation, elle rate. On constate alors, ou bien que la couleur est précipitée, ou bien que, tout en semblant très belle, elle ne donne plus au protoplasma des parasites qu'une teinte très légère, ayant perdu la propriété de mettre la chromatine en évidence.
Le Professeur Patrick Manson a envoyé deux fois au D'Guiteras des tablettes de la coloration de Leishman fabriquées à Londres et telles qu'il les emploie. Nous les avons essayées plusieurs fois, mais sans obtenir de succès constants. La formule de Romanovsky, telle qu'elle est décrite dans les ouvrages classiques, bien que d'une manipulation plus longue, donne toujours les meilleurs résultats. Toutefois, pour que la coloration ait toujours du succès, il faut modifier le procédé de lavage. On doit procéder comme suit :
On mélange vivement i^"^ de la solution classique de bleu de méthylène et lO^*' de la solution d'éosine, quantités exactement mesurées, puis on y laisse flotter les lamelles, la surface préparée en dessous.
Au bout d'une demi-heure à trois quarts d'heure ou une heure, on retire les préparations et on les passe vivement dans deux petits bassins d'alcool absolu. Dans le premier, la préparation laisse l'excès de couleur ; dans le second, elle prend une teinte saumon ; on arrête alors le lavage. Il faut faire vite, et pour cela on tient la lamelle avec des pinces. On sèche sur papier buvard et on monte dans le baume. Cette coloration est très bonne, quoique d'une manipulation un peu longue.
Les solutions à base d'hématoxyline s'améliorent quand on les
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garde en pleine lumière. Je n'ai qu'à me louer d'employer presque exclusivement le mélange dhémaioxyline de Bôhmer. Cette solution est précieuse pour les examens de sang, au point de vue leucocytaire, et pour la recherche des Pilaires dans le sang. La lame de sang séchée est fixée à l'alcool, puis est laissée une ou deux minutes en contact avec la solution d'hématoxyline. On lave à grande eau (plus on lave, plus la coloration est belle); on passe rapidement dans une solution d'éosine au millième, on sèche et on monte dans le baume du Canada au xylol.
Par cette méthode on obtient des leucocytes superbes et les embryons de Pilaires montrent leur pointillé cellulaire spécial avec
une netteté remarquable.
Un autre avantage précieux de cette coloration, c'est qu'elle résiste plus que toute autre au pouvoir décolorant de notre climat, et qu'elle donne de très belles photo-micrographies.
Les autres colorations usitées pour les études des Protozaires dans les tissus, telles que celle d'Unna, sont très belles, mais de courte durée; cependant, en ayant soin de les tenir bien serrées dans des boîtes, on peut les garder plus longtemps.
Méthodes d'enrobage. — J'arrive maintenant à un point très important de la technique de laboratoire dans les pays chauds, je veux parler de la question de l'enrobement des tissus pour faire des coupes. Peut-on employer indifféremment la paraffine et la celloïdine?
Certes, on peut les employer toutes deux, mais la chaleur élevée de notre climat fait que la paraffine n'est pas d'un emploi pratique. J'ai eu beau employer des parafTines fusibles aux plus hautes températures, c'est-à-dire les plus résistantes à la chaleur, j'ai toujours éprouvé de telles difficultés que j'ai dû l'abandonner complètement. D'ailleurs, la celloïdine en a tous les avantages sans aucun des inconvénients, en sorte que j'ai été amené à l'employer uniquement. Je ne dis pas pourtant qu'il soit impossible d'employer la paraffine, je l'ai employée, mais aux conditions suivantes :
1® Tenir dans la boite à glace, jusqu'au moment de s'en servir, les blocs de paraffine avec la pièce incluse;
2» Ne faire les coupes qu'au très grand matin, avant le lever du soleil.
Et, même dans ces conditions, quand on fait des coupes en séries.
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les mouvements successifs du rasoir ramollissent assez la paraffine pour que les coupes ne soient pas du tout satisfaisantes.
Avec la celloïdine, au contraire, on peut non seulement imbiber complètement les tissus, mais obtenir une masse tout à fait homogène, qui se prête à faire avec le rasoir les coupes les plus belles et les plus minces. C'est donc le procédé de choix pour nos contrées.
Dans les études que j'ai entreprises, il y a trois ans, à Cuba, sur les maladies transmisssibles par les Moustiques, je peux vous assurer que je n'ai jamais perdu un seul Moustique ni une seule coupe avec Tenrobement à la celloïdine. On ne peut obtenir un tel résultat qu'à la condition expresse de n'employer que de l'alcool absolu pour la déshydratation des tissus et de la celloïdine.
Bien que cela puisse vous paraître un peu méticuleux, voici le procédé que j'emploie pour obtenir de bonnes préparations, à triple coloration, de Moustiques infectés par l'Hématozoaire du paludisme ou les larves de Pilaires.
1^ On recueille le Moustique vivant dans un tube à essai; on met environ 10 ^^ d'alcool absolu dans un autre tube à essai. On renverse ce dernier tube sur celui qui contient l'alcool : les vapeurs du liquide font tomber le Moustique qui se noie aussitôt et se laisse pénétrer complètement par l'alcool.
On bouche hermétiquement; au bout de 24 heures, l'Insecte est fwé et déshydraté.
2« On verse lalcool avec le Moustique dans une petite cupule ; avec des pinces, on arrache soigneusement les pattes et les ailes : on place ensuite le Moustique dans un tube contenant parties égales d'alcool absolu et d'éther; on laisse 24 heures.
f3<> On passe le Moustique dans une solution de celloïdine de densité moyenne, plutôt un peu liquide; on laisse 24 heures.
4^ On passe le Moustique dans la celloïdine de densité sirupeuse; on laisse 24 heures.
Pour obtenir de belles coupes de Moustiques, il n'est pas nécessaire de ramollir la chitine, à quelque espèce que l'on ait affaire.
Quand on est pressé, on peut réduire à 24 heures le passage dans chaque solution de celloïdine; si on a le temps il vaut mieux les laisser deux à trois jours dans chaque. Pour voir si la consistance de la solution sirupeuse est convenable, on en versequelques gouttes
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sur un bloc; si elle sèche vite, en une ou deux secondes, la solution est bonne.
5» Montage dans le bloc. On se sert à cet effet de petits carrés de bois très durs et épais, dont Tune des surfaces est taillée en tronc de cône. La section du cône doit présenter une surface assez grande pour supporter aisément le Moustique.
On imbibe d'abord le morceau de bois avec de Talcool absolu, afin de chasser les bulles d'air qui y sont toujours incluses. On sèche rapidement avec un papier à filtre posé à plat sur la table, puis on dépose une grosse goutte decelloïdine sirupeuse. On laisse sécher légèrement, puis on fait sortir une grosse goutte deux ou trois fois de suite.
La suite de l'enrobage se fait par les procédés connus. Quand rinsecte est disposé comme il convient, on trempe d'un coup tout le bloc dans du chloroforme très pur. On le tient submergé dans le chloroforme pendant 20 à 30 minutes, puis on le passe dans l'alcool à 80»; 8 à 10 heures après, le bloc est prêt pour la coupe.
Coloration des coupes. — Le mélange colorant que j'emploie pour l'étude des Moustiques est ainsi composé :
Hématoxyline de Bôhmer.
Fuchsine acide, solution aqueuse 0,1 p. 100.
Solution aqueuse saturée d'acide picrique.
Il me semble inutile d'insister sur la technique spéciale du maniement des coupes; cette technique vous est bien connue et vous arriverez vous-même à la modifier suivant les circonstances.
Laissant là ces questions de laboratoire, je voudrais maintenant vous montrer à quel point les études parasitologiques sont intimement liées à l'hygiène. La portée scientifique et pratique de ces études est considérable ; car, pour employer une formule chère au Professeur R. Blanchard, une fois acquise l'exacte connaissance du parasite et de son mode de transmission, il eu résulte aussitôt des règles prophylactiques précises et efficaces, qui font un contraste singulier avec l'incertitude et l'impuissance trop fréquente de la thérapeutique. Les récentes découvertes sur la transmission du paludisme, de la fièvre jaune, de la filariose, des trypanosomoses et des babésioses vous sont trop connues pour que je doive y insister : elles confirment d'une façon éclatante la proposition que je viens d'énoncer.
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Une telle doctrine devait avoir sa répercussion dans la pratique médicale. Elle a été l'inspiratrice de la création de riiôpital a Las Animas » à La Havane. Destiné aux contagieux et spécialement aux malades atteint de fièvre jaune, cet hôpital sert à un double but : guérir l'individu malade et l'isoler d'une façon absolue, afin d'arrêter la propagation des aflections épidémiques. Vous trouverez la description et les plans de cet établissement dans des ouvrages qui vous sont familiers (1); je ne m'y arrête donc pas davantage.
On pourrait croire que les divers pavillons d'isolement sont attribués, par exemple, l'un à la fièvre jaune, l'autre au paludisme, le troisième à la dysenterie, un autre encore à l'uncinariose, etc. Il en est tout autrement : ces diverses maladies se propagent suivant des prodédés actuellement bien connus; on sait notamment que la contagion directe est impossible; il n'y a donc aucun inconvénient à les réunir dans un même pavillon, et c'est eflectivement ce qui arrive. Il est inutile de procéder à une désinfection après la sortie d'un malade appartenant à l'une ou l'autre de ces catégories, puisqu'on ne manque jamais de détruire par les moyens les plus efficaces le pai*asite éventuellement contenu dans les déjections du malade ou dans tout objet qu'il aurait pu souiller.
Voilà quatre ans que nous n'avons plus de fièvre jaune à La Havane; des navires venant de régions infectées amènent parfois des malades dans notre port, mais le simple fait de transporter ceux-ci jusqu'à l'hôpital, à travers toute la ville, dans des voitures protégées par des toiles métalliques, est un obstacle suffisant à Textension de la maladie (2).
L'hôpital (( Las Animas » a de même toutes ses ouvertures protégées par de la toile en fil de cuivre à mailles larges de Immg et cette protection est absolue : il n'y a jamais aucun Moustique dans les chambres de malades. Aussi autorisons-nous les parents du malade, même non immunisés par une attaque antérieure de fièvre jaune, à partager la chambre de celui-ci sans aucune précaution spéciale et à y coucher dans un lit tout proche du sien. De même, la salle d'autopsie n'est jamais désinfectée après les autopsies de
(1) L. Vincent, L'hôpital de « Las Animas » ù La Havane, hôpital spécial pour les maladies contagieuses el la fij'^vre jaune. Archives de Parasilologie^ VIII, p. ;>43, 1904. — R. Blanchard, Le.< Moustiques, histoire naturelle et médicale, Paris, in-8- de Xni-673 p., 19a>; cf. p. 586.
(2) R. Bl.vn(:hard, Loco citato, p. l'M.
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fièvre jaune. De même encore, on n'a pas pris la peine inutile de désinfecter les manchons de gaze où le D^ Guiteras renfermait les Stegomyia calopus infectés par la fièvre jaune à Taide desquels il à pu produire expérimentalement les cas si graves qui vous sont connus- De même enfin, en janvier dernier, plus de 70 méde cins, venus de la République de Panama, ont pu, sansaucuù péril, défiler devant trois malades sur le point de mourir de la fièvre jaune et assistera Tautopsie de plusieurs individus ayant succombé à cette maladie.
Voilà quatre ans également que nous n*avons plus de variole, bien que quelques cas nous arrivent des Canaries et même de Liverpool. Mais le contrôle de cette maladie, même en adoptant les données de Councilman relativement à sa parasitologie, est très difficile et nécessite un isolement absolu.
Au point de vue de la propagation des maladies infectieuses, il est avantageux d'habiter une île. Il faut en outre avoir de bonnes règles d'hygiène et les appliquer avec une vigilance inlassable. Celles-ci dérivent d'une connaissance approfondie de la Parasitologie, cette branche capitale et chaque jour grandissante des sciences médicales, sans laquelle l'hygiéniste serait trop souvent réduit à Timpuissance.