STIPÀ NEES [AN À) PAR
Le Professeur R. BLANCHARD
Le genre Sttpa est représenté dans l'Amérique du sud par un certain nombre d'espèces; Arechavaleta en décrit 9 dans l'Uruguay (2).
Elles poussent à l'état sauvage dans le (( campo » argentin, c'està-dire d;ans la plaine immense qui s'étend depuis la Patagonie jusqu'à Bahia Blanca ; elles ne sont pas moins abondantes beaucoup plus au nord, dans la province de Santa Fé, en Argentine, et dans tout l'Uruguay. Elles fleurissent au printemps. Leur fruit transporté par la glumelle inférieure, ainsi qu'il sera expliqué plus loin, vole dans l'air par myriades, s'accrochant partout aux branches, aux herbages, etc. Là où les champs sont clôturés, ces fruits volants adhèrent en telle abondance aux <( ronces artificielles » qu'ils y peuvent former un revêtement continu : un naturaliste français, M. Lucien Iches, attaché au Laboratoire de zoologie appliquée du Ministère de l'agricullure, à Buenos-Aires, m'écrit que, dans la province de Santa Fé, il a vu ce revêtement se poursuivre sur des kilomètres de longueur, à tel point qu'on eût pu croire que les champs étaient limités par des clôtures de chaume.
Quand le vent souffle, lesglumellesde 5tipa viennent fouetter les gens au visage et aux mains, en produisant des piqûres douloureuses; le fait est bien connu de tous ceux qui habitent la pampa ; il a valu à ces aigrettes flottantes le nom signiflcatif de flechillas, petites flèches ou fléchettes. Toutes les Stipa de l'Amérique méridionale produisent des flechiUas, mais on redoute particulièrement
(1) Note communiquée à la Société centrale do Médecine vétérinaire, le 2 novembre 1905. — La présente rédaction ne diffère de celle insérée au Bulletin de la Société centrale de Médecine vétérinaire (p. 504, 19(KS} que par l'adjonction des figures.
(2) J. Arechavaleta, Las Grainineas uruguayas, Montevideo, grand in-8' de 553 p., 1898; cf. p. 248-265.
celles de^f. Neesianalrin. etRupr.,1849,plantehaute de O^eo à 0°>70.
■ Voyonscomment le coatact d'une flechUla peu t causer de la douleur ; l'étude analomique de l'objet en litige va nous renseigner amplement.
La glumelle inférieure de Stipa Neesianaa'A guère que 7S°>" de longueur. Elle comprend quatre parties distinctes (fig. 1) :
1" une courte portion basilaire, formée d'un axe conique, effilé en pointe très aiguë et couvert de poils eu rétroversion, aigus, rigides et d'autant plus courts qu'ils sontplus rapprochés de la pointe.
t' une seconde portion cylindrique ou légècement renflée en fuseau, atteignant avec la précédente une longueur totale de 18" et présentant une fente longitudinale. Cette fente est l'indice d'un enroulement, la glumelle, très élai^e à ce niveau, s'étant enroulée sur elle-même autour du grain. Celui-ci est donc ABC entraîné avec la fléchette,
■ Fifi. I.— OrRanisation de la Rlumrllc entière qU' l'euveloppe très étroî-
dcSii>a^Msiaiia.-.^,gluinelleenUCre,X2;B. lementet lui sert d'organe
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