‹ Archives de parasitologie (volume 4)Chapitre 92 sur 169 · Idiogenes grandiporus, n. sp · texte numérisé non relu

Idiogenes grandiporus, n. sp

Dans le même amas de Cestodes où j'ai trouvé les Hymenolepis décrits ci dessus, il y avait encore une quantité de Ténias qui se sont montrés comme appartenant au genre Idiogenes Krabbe. Près d'une douzaines de ces derniers ont été reconnus comme Idiogenes otidis Kr. avec leur pseudoscolex typique, tandis que le reste (30 exemplaires environ) appartenaient évidemment à une tout autre espèce, de beaucoup plus grande taille et munie d'un scolex bien prononcé, ce qui était tout à fait nouveau pour le genre en question.

Le strobile de cette dernière espèce (pi. IX, fig. 22) est long de 6 et même de 7 cm. sur une largeur maximale de 1™«» environ.

Le scolex (pi. IX, fig. 23 et 24) est large de 0°»°»38 à 0™°»45 et porte quatre ventouses très fortes dont le diamètre mesure 0™™18 à 0^^2. Il est aussi muni d'un rostellum gros et court portant deux rangées de crochets, 52 dans chaque rangée (pi. IX, fig. 25), longs de 28 à 34 a. A un fort grossissement, on aperçoit que toute la cuticule du scolex est couverte d'épines minuscules.

Le scolex est suivi d'un cou assez court et large. Les premiers anneaux ont une longueur de 0™»"07 et une largeur de 0°ï*»16; les anneaux suivants deviennent de plus en plus longs et mesurent au commencement du deuxième tiers du strobile 1""™ environ de longueur sur la même largeur. Plus en arrière, ils deviennent encore un peu plus larges, tandis que les anneaux du dernier tiers du strobile sont plus étroits et deux ou trois fois aussi longs que larges. Le nombre complet des anneaux est de 40 au moins.

L'anatomie de cette espèce, que je regarde comme nouvelle et que je nomme Idiogenes grandiporus, rappelle en tous les traits prin. cipaux celle de VIdiogenes otidis Kr. qui a été décrite avec détail par Zschokke (14). La ressemblance est tellement grande que Kowalewski (10), après avoir lu ma communication préliminaire sur

it.

340 N. CHOLODKOVSKY

VIdiogenes grandiporusy a exprimé Topinion qu'il ne s'agissait que d'une variation gigantesque de VIdiogenes otidis et que la grande largeur du cloaque génital, qiii est caractéristique pour l'espèce décrite par moi (pi. IX, fig, 26 et 27) serait peut-être due au moindre grade de la contraction du cloaque, lorsque le pénis est tiré en dedans. Kowalewski va même encore plus loin en admettant que VIdiogenes mastigophora Volz (= /. flagellum Gôze) ne serait aussi qu'une variation de VIdiogenes otidis.

Il n'y a pas grand' peine à démontrer l'indépendance spécifique de VIdiogenes grandiporus, lorsqu'on examine d'un peu plus près Tanatomie de l'appareil génital de cette espèce, en la comparant à celle de VIdiogenes otidis. Le cloaque de ce dernier consiste en un petit entonnoir où s'ouvrent, presque au niveau du bord latéral du proglottis, le vagin et la poche du cirre. Chez VIdiogenes grandiporus, au contraire, le cloaque représente, même quand le pénis est évaginé (pi. IX, fig. 28), un enfoncement profond des parois du corps, revêtu par de grands cils cuticulaires (qui existent aussi dans le petit cloaque de 1'/. otidis où ils sont beaucoup plus minces), et le vagin s'ouvre au fond de cet enfoncement (pi. IX, fig. 27 et 28), à côté d'une grande papille péniale où s'aboutit la poche du cirre. Quant à cette poche, elle est longue et large chez VIdiogenes otidis et comparativement très étroite et courte chez VIdiogenes grandiportis (pi. IX, fig. 29). Le vagin est aussi comparativement beaucoup plus large chez 1'/. otidis que chez 1'/. grandiporus. Mais les différences ne se bornent pas là : les testicules à.' L grandiporus sont plus nombreux, l'utérus mûr forme une cavité ovigère irrégulièrement ramifiée, contenant la plupart des œufs dans deux grands sacs disposés dans la partie postérieure du proglottis (pi. IX, fig. 30), et au lieu d'une capsule utérine nous trouvons un corps solide de l'organe parautérin lamelleux qui se joint au bout antérieur de l'utérus et qui a l'aspect d'un tronc un peu tordu en tire-bouchon (pi. IX, fig. 31).

Je crois que les différences sus-indiquées suffisent à l'excès pour démontrer que VIdiogenes grandiporus est loin d'être identique avec VIdiogenes otidis et qu'il représente une espèce tout à fait indépendante et bien caractérisée par beaucoup de traits qui lui sont exclusivement propres.

Les œufs de VIdiogenes grandiporus sont entourés de trois coques, Toncosphère mesure 38 p

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