‹ Archives de parasitologie (volume 4)Chapitre 93 sur 169 · MONOPYLIDIUM SORICINUM, n. Sp · texte numérisé non relu

MONOPYLIDIUM SORICINUM, n. Sp

En 1900, j*ai donné une description préliminaire (3 bis) d*un Ténia de Sorex vulgaris que j'ai nommé Tœnia soricina. Des recherches plus détaillées m'ont montré que j'ai réuni et confondu sous ce nom deux espèces différentes, dont l'une se rapporte au genre Monopylidium Fuhrm. et l'autre au genre Hymenolepis Cohn. Or, en rétractant la description susdite, je vais donner une diagnose nouvelle pour chaque de ces espèces.

Le Ténia que je nomme Monopylidium soricinum et qui provient de l'intestin des Musaraignes (Sorex vulgaris) du gouvernement de Novgorod, est long de 1 à 2 cm. pour une largeur maximale de Ommg ipi^ X, fig. 32). Le scolex est gros, large de 0«>™45, muni de quatre fortes ventouses ovalaires, longues de0°»°*4, larges de0°*™2, et d'un rostellum long de 0»n«n4, que j'ai trouvé toujours enfoncé dans un réceptacle profond (pi. X, fig. 33). Le rostellum est couronné d'une rangée de crochets très minces, au nombre de 16 à 18, longs de 0™m043 (pi. X, fig. 34).

Le cou est assez court et gros, les premiers anneaux sont très courts et deviennent graduellement plus longs de la sorte qu'en milieu du strobile ils sont longs de 0»'»»2 et larges de 0™™4, les derniers anneaux du strobile étant presque carrés. Les pores géni taux alternent irrégulièrement et sont situés près du bord antérieur des anneaux.

Quant à l'organisation interne (pi. X, fig. 35-37), les testicules, au nombre de 20 environ, sont concentrés de préférence dans la partie postérieure du proglottisoù ils occupent presque toute l'épaisseur du parenchyme central, quoique la plupart soient disposés dorsalement. Les testicules sont larges de 60 fx. Les conduits sexuels passent à la face dorsale des grands vaisseaux excréteurs; le vaisseau déférent fait beaucoup de lacets. Il y a un grand réceptacle séminal. Les deux lobes de l'ovaire et la glande vitellogène se trouvent dans la partie médiane et le jeune utérus formant beaucoup de branches à gauche et à droite, dans la partie antérieure de l'anneau (pi. X, fig. 35). L'utérus mûr forme un sac irrégulier creusé par beaucoup de cloisons et conservant encore la subdivision en deux moitié, gauche et droite (pi. X, fig. 38); il occupe tout l'intérieur du proglottis. Les œufs sont oblongs, munis de trois

342 N. CHOLODKOVSKY

coques et mesurent 35 [i de longueur. La musculature longitudinale consiste en deux couches de faisceaux, dont l'interne est beaucoup plus forte que Texterne.

On connaît toute une série des Ténias des Musaraignes, dont la plupart (Tssnia furcata Stieda, T.uncinata Stieda, T. scalarisDu]., T. pistillum Duj., T. tiara Duj.,) appartiennent probablement au genre Hymenolepis Weinland, comme Tindique R. Blanchard (!)• Quoique la description de toutes ces espèces soit très incomplète, elle est suffisante pour nous persuader qu'elles n'ont rien de commun avec notre Monopylidium saricinum. Pour le Tœnia crassiscolex Linstow, on ne connaît que le scolex et les crochets qui sont tout à fait différents de ceux de notre espèce. Le Tœnia neglecta Dies. a un scolex inerme et des anneaux mûrs beaucoup plus longs que larges .Le Tœnia scutigera Duj. a des pores génitaux alternes, mais il ne possède que 10 crochets de l'aspect différent et les anneaux mûrs très allongés. Je crois donc que l'espèce décrite ci-dessus est nouvelle. Je la rapporte au genre Monopylidium Fuhrmann dont la diagnose est parfaitement conforme aux caractères de notre espèce, à l'unique exception que les conduits sexuels passent à la face dorsale des grands vaisseaux excréteurs au lieu de passer entre le vaisseau dorsal et vaisseau ventral. Je ne pense pas que cette distinction puisse justiffer la création d'un genre nouveau pour notre espèce.

Page 1