‹ Archives de parasitologie (volume 5)Chapitre 1 sur 110 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

F. R. DE RU DE VAL, Éditeur

4, Rue Antoine Dubois (VI<>)

PAR

le D^ liâON DYË

Ancien Préparateur au Laboratoire dç Parasitologie Médecin colonial de TUniversité de Paris.

Les Gulicides étaieift étudiés jusqu'à ces dernières années au seul point de vue zoologique. Le\|ritude, au point de vue médical, a pris, depuis 1899, une grande importance, à la suite de la découverte, chez certains d'entre eux, de parasites pathogènes pour l'espèce humaine.

Il a été prouvé, en effet, que ces parasites des Gulicides sont les agents très actifs de quelques-unes des maladies les plus répandues dans les pays chauds, telles que le paludisme et la iilariose. Les études sur ces redoutables Insectes se sont alors multipliées : études zoologiques, qui nous ont permis de les mieux connaître et de les classer plus aisément ; études médicales, qui ont conduit à une connaissance plus approfondie des maladies qu'ils sont susceptibles de nous transmettre ; études de prophylaxie et d'hygiène, basées sur les mœurs de ces Insectes, nous mettant à même de mieux nous préserver de leu^s attaques, ou de les détruire plus facilement.

Il suffit de suivre sur un planisphère la distribution géographique du paludisme et de la filariose pour se rendre compte de toute l'importance de cette étude des parasites des Gulicides pathogènes pour l'espèce humaine. Et ce domaine peut s'augmenter de toute l'aire de distribution géographique de la fièvre jaune, si l'on considère les résultats obtenus en certaines régions, contre cette maladie, par les seules mesures prophylactiques prises envers les Gulicides. Les expériences concordantes faites à ce sujet, en pays amaril, par les missions américaines, anglaises et françaises, tendent à prouver que le germe encore inconnu de la fièvre jaune, microbe ou Protozoaire, passe au moins une phase de son évolution dans le corps de certains Moustiques ; nous reviendrons d'ailleurs plus loin sur cette question.

6 L. DYË

La connaissance approfondie des parasites des Culicides en général, même de ceux non encore reconnus pathogènes pour l'espèce humaine, peut également nous rendre de très grands services. Leur étude systématique peut, en effet, conduire à la découverte, chez ces Insectes, de parasites nouveaux, parmi lesquels peuvent se trouver les parasites producteurs de maladies à facteur étiologique encore inconnu, telles que la fièvre jaune et la lèpre ; de plus, cette étude systématique des parasites des Culicides peut aussi nous mettre à même de mieux nous défendre contre ces Insectes, en nous permettant de trouver, par exemple, des parasites pathogènes pour les Culicides eux-mêmes et capables, dans certains cas, de les détruire.

« La guerre aux Culicides, dit Laveran, est devenue une mesure d'hygiène des plus importantes et c'est avec raison que les moyens de destruction de ces Insectes ont été mis partout à l'ordre du jour. La connaissance des parasites des Culicides conduira peut-être à trouver un microbe pathogène pour ces Insectes, microbe qu'on pourra cultiver et ensemencer dans les eaux stagnantes où pullulent les larves des Culicides ; l'étude de ces parasites mérite donc d'attirer l'attention. »

L'étude d'ensemble des parasites des Culicides n'a pas encore été faite. Plusieurs auteurs ont publié récemment des ouvrages didactiques très complets sur les Culicides, mais les uns, comme Theobald, dans A monograph of the Culicidae, ont traité seulement le côté zoologique de la question des Culicides, et les autres, comme Giles, dans la seconde édition de Gnats or Mosquitoes, ont consacré simplement quelques lignes à certains parasites des Culicides et de façon tout à fait incidente.

Dans un ouvrage actuellement sous presse (i), le professeur R. Blanchard a réservé un court chapitre à cette révision toute spéciale des parasites des Culicides : c'est le premier essai de ce genre que nous connaissions. Nous l'avons consulté avec fruit et il a été l'un des points de départ de notre travail.

Les études en ce sens vont du reste se multiplier, au fur et à mesure que l'histoire naturelle et médicale de ces Insectes sera mieux connue : « On n'ignore pas, écrit le professeur R. Blanchard

(1) R. Blanchard, Les Moustiques. Histoire naturelle et médiccUe. Paris, F. R. de Radeval, i90& (sous presse); Parasites des Culicides, p. 132.

LES PARASITES DBS GULICIDES 7

dans le même ouvrage, qu'un très grand nombre de ces Gu]icides joue un rôle capital dans la propagation des maladies les plus redoutables : le médecin doit donc se familiariser avec leur étude. Il est actuellement démontré que les genres Anophèles, PyretopAorta, Stegomyia, CuUx^ Mansonia^ etc., renferment un plus ou moins grand nombre d'espèces morbifères ; sans aucun doute, cette redoutable faculté de propager les maladies parasitaires n'appartient pas exclusivement aux seuls Moustiques chez lesquels on l'a reconnue ; et, s'il a sufii de 4 ou 5 années d'études et d'expériences pour établir des faits d'une si haute importance, que ne peut-on attendre d'un prochain avenir ? »

Les parasites des Gulicides, étudiés jusqu'à ce jour, sont déjà suffisamment nombreux pour qu'on puisse les répartir en catégories difiérentes, suivant l'ordre zoblogique et botanique.

Notre travail se trouve naturellement divisé en deux parties, d'après la grande division des parasites en endoparasites et en ectoparasites ; dans chaque partie nous pourrons établir une subdivision en parasites végétaux et parasites animaux.

La première partie, comprenant les endoparasites, renferme la plupart des parasites des Gulicides, pathogènes pour l'Homme ; on y rencontre des Ghampignons, des Algues, des Sporozoaires, des Flagellés, des Infusoires et des Vers.

La deuxième partie, comprenant les ectoparasites, renferme des Ghampignons, des Infusoires, des Diptères, enfin des Acariens dont nous avons eu un certain nombre de types entre les mains, ce qui nous a conduit à nous étendre un peu plus longuement sur ce sujet tout spécial.

Nous ferons précéder ces deux parties d'une courte révision des Gulicides décrits actuellement, nous bornant à donner les caractères des sous-familles et à énumérer les genres.

Mais avant d'aborder cette étude, qu'il nous soit permis d'adresser ici le témoignage de toute notre reconnaissance à M. le Professeur R. Blanchard, pour avoir bien voulu nous attacher à son laboratoire à titre de préparateur, et pour toute la bienveillance qu'il n'a cessé de nous témoigner. G'est lui qui nous a donné l'idée première de ce travail et qui nous en a fourni les éléments, en nous chargeant de l'étude de divers lots de Moustiques reçus par son Laboratoire, et spécialement de l'étude des Gulicides

de Madagascar. C'est au cours de ces recherches, longues et minutieuses, que nous avons rencontré un certain nombre de Moustiques, porteurs d'Acariens parasites, et que nous avons été ainsi amené, sur ses conseils, à établir cette révision des parasites des Culicides, en y joignant nos observations personnelles.

Page 1