LES CULICIDES. — SOUS-FAMILLES ET GENRES
Avant d'entreprendre l'étude des parasites des Culicides, il nous semble nécessaire de dire quelques mots des Culicides euxmêmes, puisque nous serons amenés, au cours de cette revue, à citer les espèces, ou tout au moins les genres, sur lesquels on a trouvé ces parasites. De plus, étant donné le nombre assez considérable de genres nouveaux créés en ces dernières années, il nous a paru indispensable de les indiquer ici, pour donner plus de clarté à notre description.
Nous ne nous étendrons pas sur ce sujet, renvoyant le lecteur aux traités spéciaux parus sur la matière, dont quelques-uns très complets (1).
Les Moustiques ou Cousins sont des Insectes Diptères appartenant au sous-ordre des Nématocères et k la famille des Culicidae.
Les Diptères sont des Insectes à pièces buccales disposées pour sucer et pour piquer, à prothorax soudé, à ailes postérieures transformées en balanciers et à métamorphoses complètes.
Les Nématocères ont le corps mou, allongé, les antennes à plusieurs articles filiformes, quelquefois touffues chez les mâles. Les pattes sont longues et grêles, les ailes grandes, recouvertes d'écaillés ou nues. Les palpes sont longs et composés de plusieurs articles. La trompe courte et charnue, ou longue et filiforme, est souvent armée de piquants sétiformes. Les balanciers sont libres ; l'abdomen comprend de sept à neuf articles. Les larves ont une tête différenciée ; elles se transforment en nymphes immobiles ou mobiles. Ces dernières ont des trachées branchiales sur le cou et la queue. L'Insecte, sorti de la nymphe, continue à flotter sur l'envelopipe vide, jusqu'à ce qu'il puisse se servir de ses ailes.
' (1) F. W. Trkobald, a monograph of the Culicidae. London, 1901-1903,3 vol. iD-8. — GiLBs, Gn,ats or Mosquitoes. London, 2' édition, 1902. ~ R. Blanchard, les Moustiques, Histoire naturelte et médicale, Paris, F. R. de Rudeval, 190i.
La famille des Culkidae, ainsi nommée parce que le Cousin vulgaire (Culex) en est le type, a été ainsi caractérisée par Robineau-Desvoidy, en 1827, dans son Essai sur la tribu des Culicides : « Petits Diptères nématocères à trompe longue et cornée, à larves et nymphes aquatiques, bien connus par leurs habitudes sanguinaires. »
Ces deux caractères, trompe longue et cornée^ si on y ajoute celui de la disposition caractéristique des nervures deTaile, recouvertes d'écailles, sont sufflsants pour différencier la famille des Culicidae des familles voisines, telles que les Chironomidae, les Cecidomyidae et aussi les Simulidae, dont Tensemble comprend tous les Insectes Diptères communément désignés sous l'appellation vulgaire de Moucherons.
La famille des Culicidae ne comprenait, en 1901, que douze genres : actuellement elle en compte cinquante et un, et leur nombre s'augmente tous les jours, en rapport avec l'accroissement considérable du nombre des espèces. Aussi a-t-il été nécessaire de créer des sous-familles, pour obtenir plus de commodité dans la répartition des genres ; ces sous-familles sont au nombre de six : Anophelinae, Megarhininae, Culicinae, Aëdeomyinae, Joblotinae, HeptapfUebomyina^, si l'on adopte la classification de Theobald.
La classification des Culicides était primitivement basée uniquement sur les longueurs respectives des palpes et de la trompe. Cette classification, avec l'augmentation du nombre des genres et des espèces, a dû s'adressera d'autres caractères différentiels. L'auteur anglais, Theobald, dont la classification est aujourd'hui généralement adoptée, a basé sa classification presque exclusivement sur récaillure des Moustiques, sur la forme et la position relative des écailles de la tète, du thorax, de l'abdomen et du métanotum, ce qui lui a permis de créer de nombreux genres nouveaux, et aussi de démembrer les anciens. C'est cette classification que nous adopterons, avec Giles, R. Blanchard, et la plupart des entomologistes qui s'occupent de la question des Culicides.
Neveu -Lemaire (1) a proposé une classification moins compliquée, basée sur la longueur relative de la trompe et des palpes maxillaires, sur le nombre d'articles et la forme de ces palpes
<1) M. NevRu L'tMviRvc, ClassiQcation de la famille des Culicidae, Mémoires de ta Société Zoologique de France, XV, p. 195, 1902. •
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maxillaires, eofin sur la nervation de Taile. Cette classification peut rendre de bons services dans certains cas particuliers, lorsque, par exemple, les Moustiques à déterminer sont lavés, c*est-à dire dépourvus en partie de leurs écailles par le liquide conservateur et ainsi rendus indéterminables par la méthode de Theobald. Elle mérite donc d'être conservée à ce titre, surtout par le médecin, qui ne peut le plus souvent faire œuvre d'entomologiste et à qui il importe, dans la plupart des cas, de savoir seulement si le Culicide examiné appartient ou non à la sous-famille des Anophelinae, ou à certains genres peu nombreux de la sous -famille des Culicinae; qui ont presque tous des caractères différentiels bien nets.
Nous allons maintenant donner les caractères des sous-familles, en y ajoutant la simple énumération des genres et le nombre des espèces correspondantes, d'après les ouvrages récents de Theobald et de R. Blanchard.