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I. — Genre Plasmodium Marchiafava et Celli

]^ schizogonie s'accomplit dans le sang des Mammifères et des Oiseaux. Schizonte endoglobulaire, plus ou moins chargé de mélanine et aboutissant à la production de mérozoïtes, ovoïdes ou sphériques, disposés en un seul groupe et laissant entre eux un reliquat protoplasmique. Gamètes sphériques, soit d'emblée, soit

(1) Ces deux dernièros dénominations ont ôlé aussi altribuées au Plttsmodium falciparum, c'est-à dire au parasite de la fièvre pernicieuse. Le professeur R. Blanchard iloco citato^ p. 4&9-450) a démontré qu'elles ne pouvaient appartenir qu'à des parasites des Oiseaux.

après avoir gardé plus ou moins longtemps Taspect de croissants. La sporogonie s'accomplit dans le corps des Anophelina^.

1. — Plasmodium malariae (Laveran, 1881). Parasite de la fièvre quarte. Neuf à douze mérozoîtes. Gamètes arrondis.

2. — Plasmodium vivaz (Grassi et Feletti, 1890). Parasite de la fièvre quarte. Quinze à vingt mérozoîtes. Gamètes arrondis.

3. — Plasmodium falciparom (Welch, 1897). Parasite des fièvres irrégulières et estivo-aulomnales. Gamètes en croissant.

Ces trois espèces vivent dans le sang de l'Homme pendant leur phase schizogonique ; elles peuvent y être puisées par des Moustiques appartenant à des groupes variés, mais il résulte de nombreuses expériences, que les Anophelinae sont seuls capables de leur fournir un terrain favorable à Taccomplissement de leur phase sporogonique ; en particulier, les Culicinae en sont tout à fait incapables. C'est là une règle absolue. Quand on trouve certains stades évolutifs d'une Hémosporidie dans l'organisme des Culicinae, il s'agit de parasites des Oiseaux, mais non de ceux de l'Homme.

Evolution de la Plasmodie paludique, — Prenons pour type le Plasmodium falciparum de la fièvre pernicieuse, et suivons son évolution dans le corps de VAnopheles. En piquant un malade, l'Insecte avale du sang dans lequel le parasite se trouve sous divers aspects : schizontes endoglobulaires et gamètes en croissant. Le nUcrogamétocyte ou gamète mâle est reconnaissable à son pigment condensé dans la partie centrale, \emxicrogamète ou gamète femelle à son pigment plus diffus. Les schizontes sont bientôt digérés par rinsecte, avec les hématies qui les renferment, mais les gamètes subissent une évolution actuellement bien connue.

Le gamète mâle émet des flagelles ou microgamètes, qui se fusionnent avec les macrogamètes et les fécondent. Ces derniers se transforment ainsi en zygotes ou oocinètes, organismes amibo'ides qui pénètrent dans l'épaisseur de la paroi de l'estomac et s*y enkystent (fig. 1). En sacrifiant successivement une série d'Anophèles infestés expérimentalement à une époque connue, on peut suivre toutes les phases de la sporogonie. Au bout de 24 heures, quelques kystes apparaissent sur la paroi de l'estomac ; ils sont transparents et ne mesurent pas plus de 5 à 7 (x. De la 40* à la 42^ heure, tous les zygotes se sont enkystés et transformés en oocystes ; le noyau

se colore fortement ; le protoplasma commence à se condenser à la périphérie. Au 3« jour, Toocyste est déjà très vacuolaire ; il mesure de 8 à H (i. ; le noyau s*est divisé; on compte de 8 à 15 noyaux filles. Au 4« jour, Toocysle est gros de 12 à 15 jx, il renferme 25 à 30 noyaux situés le long des filaments protoplasmiques.

Le parasite continue de grossir ; il fait, à la surface externe de l'estomac du Moustique, une saillie qui va en s*accentuant de plus en plus.

Au 6^^ jour, il est large de 30 à 40 {i et présente Taspect de

Fig. f. — Estomac d'Ànopheles claviger préseotaot des Hématozaires enkystes dans sa paroi, kk, kystes faisant hernie sur la surface externe de Testomac ; œ, œsophage; i, Intestin; ar^ ampoule rectale; fin, tubes de Malplghi. D'après H. Polatllon.

Stries rayonnantes, premier indice des sporozoïtes. Du 7™« au 8^^ jour, Toocyste éclate et les sporozoïtes tombent dans la cavité générale de V Anophèles, Ce sont des corpuscules fusiformes, longs de 10 {X, larges de 1 [i à 1 {x5, pourvus d'un noyau allongé. Doués de mouvements assez actifs, ils pénètrent dans les cellules des glandes salivaires, puis tombent dans le canal excréteur de ces glandes et, de la sorte, peuvent être inoculés à THomme. Ainsi s'achève révolution du Plasmodium, et se trouve inoculé le germe de la fièvre pernicieuse.

Ce cycle évolutif sporogonique des Hématozoaires du paludisme, dans le corps du Moustique, peut se représenter scliématiquenient de la façon ci-dessus.

fnfluences diverses agissant sur la sporogonie. — La sporogonie ne s'accomplit, comme il vient d'être dit, qu'autant que les Mous- Game te s

Wa cro g amé t e

Micro gamètocyte

Micro g^améte

Zyofote

31 Sporozoïtes

Sporogonie daas le corps de i* Anophèle.

tiques se trouvent à une température moyenne d'environ 30® C. ; la température de leur corps est sensiblement égale à la température ambiante.

En effet, certaines influences peuvent agir sur révolution des parasites, à l'intérieur du corps des Anophelinaey soit en la modiflant, soit même en l'arrêtant complètement.

aO L. DTE

Les variations de la température sont au premier rang de ces influences. D'après Koch (1), la sporogonie exige une température moyenne de 25^ ; cependant Scboo (2), en Hollande, l'a vue s'accomplir à des températures notablement inférieures, à IS"" par exemple, mais alors l'évolution est plus lente. Le même auteur a constaté que des écarts de température de 10 à 22? n'empêchent pas l'évolution du parasite.

Grassi a reconnu que la température limite, à laquelle peut se faire le développement du parasite, est de 20 à 2ÎP pour le parasite de la tierce et de 16^,5 pour celui de la quarte. Cependant, d'après Grassi et Van der Scheers, le parasite de la tierce peut encore se développer à 12° et même à 9^, pourvu que son évolution ait été commencée à une température normale ; mais il est peu probable que les sporozoîtes, développés dans des conditions aussi défectueuses, puissent être infectieux.

Le régime alimentaire du Moustique semble aussi exercer une grande influence sur la sporogonie. D'après Schoo, les individus nourris avec des fruits acides ne s'infectent pas, quand on leur fait piquer des malades atteints de fièvres palustres; au contraire, ils s'infectent facilement quand, après leur avoir fait sucer du sang palustre, on ne leur donne que de l'eau et des fruits non acides.

Tous les Anophelinae sont-ils également aptes à propager le paludisme? Les observateurs qui ont étudié cette question impor tante concluent par la négative.

Stephen et Christophers (3), à Calcutta, n'ont jamais réussi à infecter expérimentalement le Myzomyia Rossi en lui faisant piquer des malades atteints de fièvre palustre ; ils n'ont jamais non plus trouvé chez ce Moustique des oocystes ou des sporozoîtes, ni à Calcutta, ni aux environs.

James (4), aux Indes, a confirmé ces résultats : même dans les localités les plus palustres, il n'a pu trouver de M. Hossi infectés ; il a réussi cependant plusieurs fois à infecter expérimentalement ce même Insecte, en lui faisant piquer des paludiques.

(i) Koch, Erster Bericht iiber die Thàtigkeit der Malariaparasiten, Lsipsig,

(S) Schoo, La Malaria in Olanda. Roma. 1902.

(3) Stephen et Chhistopherb, ito^a/ Soc, furlher io the mal. Comm., LondoD, 1900. — ibidem, octobre 1901.

(4) James, Malaria in India. Seientifle meinoirs by officers oflhe médical and ganilary department of the Goverfiment of India, 2, 1902.

Il y a là des recherches très intéressantes à poursuivre dans ce même ordre d'idées chez les différents ^nopAe/inoe.

Corps bruns. — En outre des oocystes, Ross a observé dans la paroi stomacale de Culex infestés par Plasmodium Danileoskyi, des formes parasitaires spéciales, auxquelles il donna le nom de blackspores. Ce sont des corpuscules bruns ou noirs, en forme d*S^ de faucille ou de bâtonnet.. Des formations toutes semblables ont été retrouvées dans le tube digestif des Anophèles infestés par les Hématozoaires du paludisme, on n'a pas encore pu déterminer leur rôle exact ; il y a tout lieu de penser que ce sont des zygotes en voie de dégénérescence, dont l'évolution s*est trouvée arrêtée sous l'influence d'une cause quelconque, difficile à déterminer. ,

Ces corps bruns présentent une certaine analogie avec le stade mycélien du parasite du genre Nosema décrit par Simoud^ que nous avons signalé plus haut ; on peut les rapprocher aussi des formes de dégénérescence grise observées par Noé, sur les embryons de Filaria immitis, dans les tubes de Malpighi du Moustique.

Anophelinne transmettant le paludisme. — A l'heure actuelle, dans tous les pays, une vaste enquête se poursuit de façon méthodique dans le but de déterminer l'aptitude des différentes espèces d^Anophelinaek propager le paludisme. Les renseignements acquis à ce jour sont donc loin d'être définitifs. Il est utile néanmoins de fixer l'état de la science, et de donner la liste des espèces actuellement reconnues dangereuses. Cette liste comprend les douze espèces suivantes :

Anophèles bifurcalus (Linné, 1758). — Europe entière, États-Unis, Canada.

A.jesoensis Tsuzuki, 1902. — Japon.

A. maculipennis (Meigen, 1818. — Europe entière, Algérie, Tunisie» Palestine, États-Unis, Canada, Sanghal (?), Java (?}.

Myzomyia Christophersi (Theobald, 1902). — Duars (Inde).

M. cuiicifacies (Giles, 1901). — Centre de Tlnde (Hosbangabad, Bear).

M. funesta (Giles, 1900). -- Sierra-Leone, Lagos, Gambie, côte occidentale d'Afrique, centre de TAfrique, Mashonaland, Inde.

M. Rossi{Gi\eSy 1899). ~ Indes, presqu'île de Malacca.

Jf. superpicta ^Grassi, 1899), - Sud de Titalie, Espagne, Algérie, Palestine, Inde, Mashonaland, côte occidentale d'Afrique, Madagascar.

Myzorhynehiispalitdis (Theobald f 1900i. — Katunga, Sierra-Leone.

M. pseudopicttu (Grossi, 1899). — Italie, Palestine.

Nyssorhynchtis Lutzi (Theobald, 1901). — Rio de Janeiro.

Pyreiophorus cosialù (Loew, 1666 j. — Espèce très répandue en Afrique : Cafrerie, Mashonaland, Afrique centrale, Sierra-Leone, Lagos, Gambie, Djibouti, Harrar, Abyssinie, Madagascar, Réunion, Maurice, Soudan français. Côte de Malabar, Inde, Hongkong.

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