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vement résistant : ce serait même, d'après Schaudinn, la forme de résistance du parasite dans le corps du Moustique, car il s'enkyste dans l'estomac, lors des froids de l'hiver, tandis que les autres formes disparaissent. Sous cet état, il ressemble beaucoup aux ooçystes des Plasmodium.
30 Zygote mdley beaucoup plus petit que les précédents, à protoplasma clair et hyalin, sans substance de réserve. Le petit noyau donne 8 fuseaux hétéropores et le gros noyau disparait, c'est le contraire de ce qui a lieu pour la forme femelle : le gros noyau est donc la partie femelle et le petit la partie mâle. Ces 8 fuseaux donnent naissance, par une série de transformations, à 8 Trypanosomes qui se distinguent de la forme femelle par leur très petite taille et de la forme indifférente par leur flagelle plus fortement développé.
D'après Schaudinn, les Trypanosomes mâles ne seraient plus capables de multiplication et périraient pour la plupart. D'ailleurs, les deux autres formes, indifférente et femelle, peuvent donner des formes mâles; c'est ce qui a lieu, notamment, dès que les formes femelles quittent le sang de l'Oiseau pour changer d'hôte : les zygotes mâles de l'intestin du Moustique sont homologues aux microgamétocytes du sang, et les Trypanosomes mâles aux Microgamètes. Ces Trypanosomes mâles s'agglutinent par l'extrémité libre de leurs flagelles, dans l'intestin du Moustique.
Ces trois formes se retrouvent parmi les schizontes endoglobulaire. En outre de ceux-ci, le sang de la Chevêche renferme aussi des Trypanosomes libres, dont la flliation avec ceux qui viennent d'être décrits est assez claire. Schaudinn l'a démontré par des observations très précises; il conclut que l'espèce parasitaire polymorphe dont il vient d'être question doit prendre le nom de Trypanosoma noctuae (Celli et Sanfelice). On peut résumer tous ces faits dans le tableau ci-dessus.
Myxococcidiom stegomyiae Parker, Beyer, Pothier, 1903.
Parker, Beyer et Pothier, médecins américains, envoyés à la Vera-Cruz (Mexique) par le Bureau of public health and marine hospital Service, à l'effet d'y faire des recherches sur l'étiologie de la fièvre jaune, ont observé, chez le Stegomyia ca/opus, un parasite qu'ils regardent comme le facteur étiologique de cette maladie. Il est impossible, d'après leur description, de préciser la position
systématique de cet organisme, auquel ils ont néanmoins donné le nom de Myxocoecidium stegomyiae. Us le placent provisoirement parmi les Hémosporidies ; mais, comme ils le disent eux-mêmes, d'après « des considérations de pure convenance, plutôt que d*après une conviction de sa position exacte )).
Le parasite ne doit être recherché dans les Stegomyia contaminés que trois ou quatre jours après que ceux-ci ont sucé le sang d'un malade atteint de fièvre jaune ; le sang est alors digéré et le parasite devient visible ; autrement l'estomac serait distendu et il serait impossible de distinguer, sur les coupes, aucun organisme. On doit aussi, pendant ce môme laps de temps, laisser le Stegomyia sans nourriture, pour éviter l'introduction possible d'autres parasites avec les aliments. Du reste, il va sans dire qu'on ne doit opérer qu'avec des Moustiques neufs, c'est-à-dire provenant de l'éducation de larves et n'ayant pas encore pris de nourriture.
En se plaçant dans ces conditions spéciales, on trouve, dans l'estomac du Stegomyia infecté, de petits organismes fusiformes, généralement groupés^ parfois aussi isolés. Ces corpuscules ont un noyau ovalaire. Certains d'entre eux ont un aspect qui rappelle les formes de conjugaison de certains Sporozoaires : ils semblent se fusionner deux à deux pour constituer des u zygotes )> qui traversent la paroi hypertrophiée de l'estomac et pénètrent dans le diverticule œsophagien.
Les organismes y trouvent une masse albumineuse, d'origine indéterminée, dans laquelle ils s'enkystent, surtout à la périphérie : ainsi se constituent des « oocystes » qui voot être le siège de dif!érentes transformations.
Le parasite augmente de volume ; son noyau se divise un grand nombre de fois; chacune de ces divisions donnant naissance à un (( sporoblaste » ovale, allongé. Chaque « oocyste » renferme un nombre à peu près constant de sporoblastes ; on en trouve de 30 à 40 environ, sur chaque coupe médiane. Puis la masse albuminoïde se désagrège, les sporoblastes mûrissent et sont mis en liberté. Du diverticule œsophagien, ils passent alors par la voie de moindre résistance dans le tissu connectif qui supporte les glandes salivaires, et entoure, presque de toutes parts, le diverticule œsophagien. Delà, les parasites s'enfoncent dans les cellules des glandes salivaires et une nouvelle transformation se produit: les sporoblastes
se di?isent en un nombre infini de sporozoîtes qai tombent finalement dans le canal excréteur de la glande et sont inoculés avec la salive, quand le St^j^omyta vient à piquer un Homme.
Tel est, d'après les trois observateurs américains, le cycle sporogonique du Myxoeoccidium stegomyiœ.
L'action de cet organisme, sur le Moustique, est assez obscure : on note l'hypertrophie de l'estomac, des glandes salivaires et des œufs ; consécutivement ces derniers subissent une dégénérescence fibreuse,' mais on n'a jamais pu y déceler la présence d'un parasite. Quant au cycle schizogonique, il doit s'accomplir dans le sang des malades atteints de fièvre jaune, mais il n'a pas encore été observé.
Parker, Beyer et Pothier, ayant fréquemment constaté la présence de cet organisme chez des Siegomyia gorgés de sang de fièvre jaune, admettent en effet qu'il en est l'agent pathogène. Ils disent reproduire expérimentalement la fièvre jaune au moyen de Moustiques infectés par ce parasite et avoir pu infester de nouveaux Moustiques avec le malade .ainsi inoculé ; mais ils n'ont jamais retrouvé le parasite dans le sang des malades de la fièvre jaune.
Il semble donc prématuré de conclure que le Myxoeoccidium siegomyiae est le parasite de la fièvre jaune ; des expériences nouvelles sont nécessaires pour faire mieux connaître la nature du parasite et pour étudier ses relations possibles avec cette maladie.
D'après Schaudinn, le Myxoeoccidium stegomyiae serait une Levure semblable à celles qu'il a trouvées dans l'iotestin et les diverticules œsophagiens de tous les Diptères piqueurs. a La figure 15 du mémoire des auteurs américains, dit-il, montre avec toute évidence le bourgeonnement de la Levure apiculatus. Je ne crois pas que ces parasites aient rien à faire avec la fièvre jaune ; le Siegomyia aurait sa Levure commensale spécifique, comme les autres Culicides, et les auteurs américains en auraient décrit des stades inconnus. »
Marchoux, Salimbeni et Sfmond, pensent aussi qu*il s'agit de Levures, qui se développeraient abondamment chez les Siegomyia nourris de bananes ou de miel; quant aux « sporoblastes » trouvés sur les coupes du diverticule œsophagien, ils les assimilent aux plasmodes du Nosema^ décrit plus haut.
Mais ce ne sont là que des hypothèses : rien ne prouve que le parasite étudié par les Américains au Mexique soit identique à celui rencontré par la mission française au Brésil. Il convient donc de considérer, au moins provisoirement, ces deux formes parasitaires comme distinctes.
En somme, le parasite de la fièvre jaune est encore inconnu chez le Stegomyia. Certains auteurs se demandent s'il ne pourrait pas appartenir à la catégorie des microbes dits « invisibles )) (1), dont la dimension est si restreinte, qu'ils échappent aux moyens optiques dont nous disposons actuellement.
L'existence de deux hôtes, Homme et Moustique, pour le germe de la fièvre jaune, comme pour celui du paludisme, semble établir une grande analogie entre ces deux alTections. Finlay note cependant qu'il existe entre elles des différences notables, quant à leur mode d'action sur l'organisme humain : le germe palustre peut rester très longtemps dans le corps humain, tandis que le germe amaril semble n'y rester que très peu de temps : la mission française de Rio-de-Janeiro ne le trouvait plus après trois jours ; d'un autre côté, le germe palustre reste très peu de temps dans l'organisme du Moustique (10 jours environ) ; il se peut donc que, par analogie, le germe de la fièvre jaune passe la plus grande partie de son existence ^dans le corps du Moustique, a Le germe amaril, ajoute Finlay, étant parasite, à l'état normal, d'un petit Insecte, doit être un Protozoaire beaucoup plus petit que le germe malarique qui est un parasite de l'Homme. )) D'où, encore une fois, la conséquence que le parasite delà fièvre jaune pourrait bien être, chez l'Homme, un germe dit « invisible ».
Sir Patrick Manson (2) croit aussi à une grande analogie entre les deux parasites : le parasite de la fièvre jaune devant être un Protozoaire, comme celui du paludisme, il est même probable qu'on peut le voir chez le Moustique, alors qu'il est invisible dans le sang humain. Cette opinion repose sur la comparaison des dimensions respectives des parasites du paludisme dans le sang de l'Homme et chez le Moustique ; or, on sait que les zygotes du Plasmodium Danikt)skyi peuvent atteindre jusqu'à 70 [jl, c'est-à-dire
(1) E. Roux, Sor les microbes dits « lovlslbles ». Bulletin de Hnstitut Pastetir, I, p. 7, f 908 ; cf. p. 50.
(2) P. Man8on« Tropical Diseuses» London, 1903, cf. p. 196.
près de dix fois les dimensions de l'Hématozoaire dans le sang de rOiseau.
Enfin, en tenant compte de l'extrême petitesse des Spirochètes dérivés du Plasmodium Ziemanni, Schaudinn émet l'avis que la fièvre jaune pourrait être produite par des Spirochètes semblables. Il convient donc d'étudier très soigneusement les Stegomyia infectés et de rechercher les parasites dans tous les organes, notamment dans les tubes de Malpîghi où on pourrait les rencontrer, comme cela a lieu pour les Spirochètes du Plasmodium Ziemanni.