LE PHAGÉDÉNISME DES PLAIES SOUS LES TROPIQUES
PAR
Le Professeur LE DANTEG
M. Le Dantec commence par éliminer de son exposé les chancres phagédénîques, ainsi que l'ulcère de Vincent, dû à un Staphylocoque, et qui du reste est un cas unique dans la science.
Il ne veut parler que du phagédénisme commun, produit par une fausse membrane diphtéroïde qui dissèque les tissus. C est une maladie très grave, surtout pendant les expéditions militaires.
M. Le Dantec fait passer des figures coloriées et fait remarquer combien le diagnostic est facile à la vue de la fausse membrane diphtéroïde. Cependant, dans un travail de Reynaud, on trouve une figure peinte, exécutée d'après la pièce n" 2197 du musée de l'hôpital Saint Louis et qui ne se rapporte certainement pas au phagédénisme. M. Le Dantec pense qu'il y a là une erreur impor tante à signaler.
En résumé, le phagédénisme des plaies sous les tropiques est caractérisé par la formation d'une fausse membrane diphtéroïde qui dissècjue les tissus.
Il faut distinguer trois stades dans l'évolution de l'étude du pha gédénisme : dans un premier stade, il a été étudié exclusivement aux colonies; dans un second stade, il a été étudié dans les pays tempérés, sur des malades exotiques ; enfin, dans un troisième stade, on l'a observé dans les pays tempérés, sur des malades du pays.
On a donc d'abord décrit des exemples locaux de phagédénisme, sous le nom d'ulcère local : ulcère mozambique à Madagascar, ulcère de la Guyane sur les transportés. Puis les inspecteurs généraux du service de santé ont généralisé et ont donné à toutes ces manifestations le nom d'ulcère phagédénique des pays chauds.
En 188'*, M. Le Dantec est envoyé en Guyane, au Maroni, et voit une véritable épidémie de phagédénisme, il observe jusqu'à 18 cas