Myxosporidies
Les Myxosporidies sont des Sporozoaires à corps protoplasmique amiboîde, se reproduisant par spores munies de capsules à filaments.
Grassi et différents auteurs ont observé des Myxosporidies, parasites des Culicides, mais leurs descriptions sont très incomplètes et, dans la plupart des cas, ils ne rangent ces parasites que provisoirement parmi les Myxosporidies.
Plus récemment Marchoux, Salimbeni et Simond, en 1903, lors d'une mission à Rio-de-Janeiro, pour Tétude de l'agent étiologique de la fièvre jaune, ont été amenés, au cours de leurs recherches, à décrire parmi les parasites trouvés chez des Stegomyia ccUopus, des parasites qu'ils ont rangés dans le genre i\osema.
Nous ne parlerons pas ici du parasite trouvé par Parker, Beyer et Pothier dans les mêmes conditions, en 1902, à la Vera-Cruz, ces auteurs ayant cru devoir le ranger parmi les Hémosporidies où nous le décrirons.
Grassi a constaté, chez les Anophèles, la présence de deux sortes de parasites, qu'il rattache, provisoirement du moins, faute de renseignements suffisants, aux Myxosporidies.
Le premier de ces parasites se rencontre dans la cavité générale du Moustique : il est libre ou adhérent aux organes. Quand il est libre, il forme des amas protoplasmiques arrondis, à nombreux noyaux, sans mouvements amiboîdes. A côté des noyaux se voient des corpuscules ovalaires, mobiles, à nodule central brillant, qui sont capables de sortir de la masse piotoplasmique. Quand il est
adhérent aux organes, le parasite se présente sous l'aspect de tubes, d'ampoules, de globes irréguliers ; il s'entoure d'une membrane kystique et se segmente en un grand nombre de spores à paroi propre, mais dans lesquelles on n'a pas pu voir la capsule polaire .
Le second de ces parasites envahit surtout les œufs ; on l'y rencontre parfois en proportion considérable. Lorsque l'œuf arrive à maturité, il y produit une grande quantité de s^pores contenant chacune, d'après Grassi, huit sporozoîtes.
On ne sait rien sur le rôle de ces parasites ; ils n'ont aucune relation avec les parasites de la malaria : a Ces parasites, dit Grassi, méritent une étude plus approfondie, car mes connaissances sur ce sujet sont très peu étendues, et je ne les aurais même pas mentionnés, si je n'avais vu la nécessité de convaincre le lecteur que ces Sporozoaires n'ont aucun rapport avec les parasites de la malaria. » Plusieurs autres Myxosporidies, mal déterminées, ont été observées par différents auteurs : l'une d'entre elles a été rapportée par L. Pfeifier au genre Glugea : elle a été trouvée par cet auteur chez des Culex indéterminés. Une autre, caractérisée par ses spores, a été signalée également par Grassi chez les Cukxk tous les états de développement ; elle n'a encore été rencontrée chez aucun Anophèles ; par contre, elle est souvent très abondante chez certaines espèces de Cu/ex. Grassi avait tout d'abord cru que ces parasites appartenaient au cycle évolutif des parasites du paludisme, mais l'étude de leurs caractères spéciaux, et leur absence chez les Anophèles, lui montrèrent qu'il avait bien affaire à un parasite distinct. L'intérêt de leur étude, comme celle de tous ces Sporozoaires en général, semble surtout résider dans leur diagnostic diOérentiel avec les parasites du paludisme.
Parasites da genre Nosema.
Ces parasites, décrits par Marchoux, Salimbeniet Simond, sont des parasites du Stegomyia calopus^à Rio-de-Janeiro. Les auteurs en ont décrit deux variétés ; nous les suivrons dans la description assez longue qu'ils donnent de la première.
Première variété. — C'est la forme la plus commune. Le parasite existe chez la larve, chez la nymphe et chez l'Insecte adulte.
^ L. DYË
Il est difficile à distinguer au moment de la métamorphose de la nymphe en Moustique, à cause du petit nombre de parasites qu'on rencontre à ce moment. Quelques jours après la métamorphose, le parasiteestplusabondant.il se présente sous forme de corpuscules ou spores, quelquefois isolés, mais le plus souvent réunis en masses plus ou moins sphériques. Ces spores sont nettement réniformes, quelquefois avec une extrémité plus effilée que l'autre. On les rencontre, le plus habituellement, dans toute la longueur du tube digestif, mais lorsque l'infection est très avancée, on les trouve aussi en abondance dans toutes les parties du Moustique et jusque dans la trompe. Ces spores se partagent en deux groupes, selon leur coloration : spores incolores et spores brunes.
Les spare^^ incolores mesurent de 4 à 7 |x de longueur et de 2 à 3 [A de largeur ; elles sont réniformes, immobiles, effilées à un pôle et pourvues d'une membrane transparente à double contour; elles
sont remplies d'un protoplasma transparent. 11 n'y a pas de noyau apparent. Leur évolution est facile à suivre dans les sacs aériens du Moustique : la spore se gonfle, la membrane disparaît et le plasmode ainsi formé a environ de 8 à 15 [a; quelquefois il atteint jusqu'à 20 à 30 ijL de diamètre. Arrivé à un certain degré d'accroissement, le plasmode est mûr pour la sporulation : il se délimite à son intérieur de petites portions de plasma présentant l'aspect de la spore primitive, mais sans membrane ; celle-ci se forme ensuite. Le reliquat du plasmode disparait, une fois la sporulation achevée : il se comporte à la façon d'un plasmode de Myxosporidie. Le plasmode a généralement la forme d'une sphère; il est toujours plus ou moins fixé à l'endroit du corps du Moustique où il se développe. Chaque plasmode peut donner naissance à un très grand nombre de spores, depuis 5 ou 0 jusqu'à 50 et au-delà.
Les spores ainsi formées sont disséminées dans le corps de rinsecte : 8 à 15 jours après la métamorphose, la généralisation di} parasite est complète ; il est tantôt libre dans les cavités du corps, tantôt intra-tissulaire, jamais intra-cellulaire.
La spore brune a une constitution sensiblement identique à celle de la spore incolore. Son protoplasma est coloré en brun chocolat. Elle a une évolution entièrement différente, qui rapproche son développement de celui des végétaux inférieurs pourvus d'un mycélium : le protoplasma se condense à l'un des pôles de la spore
et émet un bourgeon qui traverse la coque formée par Tépaississement de la membrane et s'allonge en un filament qui peut atteindre de 50 à 100 ja, de forme* très irrégulière, de coloration brune, quelquefois ramifié. Ce filament, par condensation de sa substance en certains points, forme un chapelet dont les grains sont irrégulièrement répartis sur la longueur.
Les auteurs n'ont pas pu suivre plus loin le développement de cette spore brune; ils semblent admettre que c'est là un stade de dégénérescence de la spore incolore, et non un stade de résistance, inconnu chez les autres Microsporidies.
Nous avons vu que le stade plasmodien, provenant des spores incolores, a son siège de prédilection dans les sacs à air de l'Insecte, qui, au nombre de trois, viennent s'aboucher dans le tube digestif, au-dessus du sphincter intestinal ; le stade filamenteux, provenant des spores brunes, se rencontre presque exclusivement au niveau de l'intestin antérieur, au-dessous du même sphincter et jamais dans les sacs à air.
Au niveau de l'intestin antérieur, le plasmode, né de spores incolores, fournit presque exclusivement des spores brunes, dont révolution donne une végétation parasitaire qui envahit tout le tube digestif en cette région ; le tissu intestinal, de son côté, réagit par une multiplication des celludes de la paroi intestinale et il se forme en ces points de véritables tumeurs.
Les spores incolores et les spores brunes proviennent bien d'un même parasite, car, chez les Steqomyia infectés et disséqués à une période un peu avancée de leur existence, on constate souvent dans un même plasmode la présence simultanée des deux sortes de spores.
Chez la larve, on ne rencontre que le stade plasmodien dans le tube digestif et autour des papilles anales: on n'a pas observé le stade mycélien dans les tissus de la larve.
Les conclusions des auteurs sont qu'il doit exister une forme de résistance dans le milieu extérieur; cette forme, avalée par la larve du Moustique, l'infecte et imprègne ses tissus par multiplication endogène avant la mélamorphose, puis infecte par le même processus l'Insecte adulte, en y produisant les deux stades, plasmodien et mycélien.
Dans la seconde variété, les spores sont piriformes, au lieu d'être
réniformes ; elles évoluent entièrement de la même manière que celles de la première variété ; chaque corps sporulé, dans les deux variétés, conserve toujours son individualité^ ce qui indique bien deux variétés distinctes.
D'après les expérimentateurs, ces Nosema n'ont aucune relation avec la fièvre jaune. Ils ont observé nombre de Stegomyia parasités, qui n'avaient jamais piqué de malades et qui avaient été nourris soit avec du miel, soit par piqûre sur des animaux bien portants.
L'action propre de ces Nosema^ sur les Culicides parasités, n*est pas indiquée ; il eût été cependant utile de la connaître et de savoir si la dissémination coosidérable des spores incolores et des spores brunes, la formation des plasmodes et surtout la formation des productions réactionnelles du stade mycélien, affectaient d'une façon quelconque la vie du Culicide infecté.