‹ Archives de parasitologie (volume 5)Chapitre 9 sur 110 · GrPég'arInes · texte numérisé non relu

GrPég'arInes

Les Grégarines sont des Sporozoaires à corps protoplaçmique revêtu d'une membrane, subissant leur premier développement dans une cellule, puis vivant dans la cavité générale de leur hôte.

Les Grégarines, comme parasites des Culicides, ont été observées par différents auteurs, mais les observations en sont encore peu nombreuses.

Ronald Ross, dans les Indes, à Secunderabad, a trouvé des Grégarines dans des larves de Culicides. Le tube digestif des Insectes observés en contenait un grand nombre. Ces Grégarines se reproduisent par spores : à la fin du stade larvaire, elles s'enkystent et donnent des spores. D'après Ronald Ross, elles ne semblent pas avoir d'action pathogène sur le Moustique.

Johnson, au cours de recherches dans une contrée à paludisme, a également trouvé, chez des Anophèles maculipennis 9, des Sporozoaires qu'il croit devoir rattacher aux Grégarines. Ces parasites se rencontraient chez 8 pour 100 des individus examinés. Ils font saillie sur la paroi externe de l'estomac, vers la cavité générale de l'Insecte. Ils ont beaucoup d'analogie, à première vue, avec les oocystes des parasites du paludisme, mais ils s'en distinguent cependant par un caractère important : le kyste de la Grégarine a un noyau unique, celui des Hématozoaires du paludisme a plusieurs noyaux.

Léger et Duboscq, dans une larve de Cukx recueillie en Corse, ont trouvé un kyste cœlomique appendu à la paroi intestinale, kyste qu'ils rapportent à une Grégarine du type Diplocystis.

Marcboux, Salimbeni et Simond, en disséquant des Stegomyia calopus adultes, ont trouvé des Grégarines et ont bien étudié leur évolution. Ces Grégarines étaient toujours rencontrées dans les tubes de Malpigbi, à l'état de sporocyste, et jamais le stade mobile n'a été vu par ces auteurs dans l'estomac ou dans les autres organes du Moustique.

Ils ont recherché soigneusement ce que pouvaient bien devenir ces sporocystes et ils sont arrivés à ces conclusions, que ces sporocystes, développés dans les tubes de Malpigbi, étaient répandus dans le milieu extérieur de deux façons : soit après la mort, lors de la désagrégation de Tlnsecle, soit pendant la vie avec les fèces, lors de leur expulsion. Ces spores, tombées ainsi dans le milieu extérieur, sont entraînées par -l'eau ; les auteurs ont constaté qu'elles étaient encore intactes au bout d'un mois; ils n'ont pu cependant fixer les limites de la durée de ce stade. Ces spores sont avalées par les larves de St, calopus et chaque spore éclôt dans le tube digestif de la larve.

« Les sporozoîtes mobiles, sortis du sporocyste, pénètrent dans les parois et vont se fixer chacun dans une cellule, soit du tissu digestif, soit même du tissu adipeux sous-cutané de la larve. Arrivé dans la cellule hôte, le sporozoUe s'arrondit et subit son évolution complète à l'intérieur de cette cellule. Le terme de cette évolution est une Grégarine, dépourvue d'épimérite et de protomérite, en forme de poire, et mesurant 15 à 30 (a tant qu'elle reste enfermée et immobile dans la cellule hôte. Si le volume du parasite, ou une cause quelconque, fait éclater la cellule à ce moment, la Grégarine commence aussitôt à se mouvoir avec activité. On la rencontre à la phase libre, soit dans le cœlome, soit dans le tube digestif. Elle mesure alors 25 à 50 fi..

« C'est durant la dernière période de l'existence de la larve, et surtout au début du stade de pupe du Moustique, que la conjugaison du parasite s'accomplit. Pendant le stade de pupe, en même temps que se constitue le tube digestif complexe de l'Insecte parfait, les Grégarines mobiles passent dans ce tube digestif et pénètrent dans les canaux de Malpigbi, où elles s'immobilisent et

commencent à sporuler. La sporulation s'effectue très rapidement; elle est en général complète au moment où, la métamorphose terminée, le Stegomyia ailé s'échappe de la pupe. ))

Les auteurs, conduits à faire ces recherches par l'idée que le parasite supposé de la fièvre jaune pouvait être un Sporozoaire, déduisent de l'étude de cette Grégarine qu'elle ne peut avoir aucune relation de cause à effet avec la maladie en question. Ils font remarquer avec raison que le Stegomyia porteur de ces sporocystes, ne peut à aucun moment les inoculer à un animal quelconque et qu'il est incapable de les rejeter par sa trompe. D'ailleurs les sp'orozoïtes mobiles, qui eux pourraient être facilement inoculés par le Moustique adulte, achèvent tout le cycle de leur évolution, comme nous venons de le voir, pendant le stade larvaire.

Les auteurs ne semblent pas avoir envisagé l'action de la Grégarine, qu'ils ont étudiée si minutieusement, sur le Culicide lui-môme. Mais il semble peu probable que ce parasite ait une action pathogène quelconque sur le Stegomyia calopus, car elle aurait frappé les observateurs. Il serait néanmoins, étant donnée l'importance de celte question, très intéressant d'être renseigné sur ce point.

L'étude de la parasitologiedu Stegomyia calopus, si elle ne nous conduit pas à la découverte de l'agent pathogène, cause de la fièvre jaune, peut tout de même nous être très utile, si elle nous amène à la connaissance d'un parasite susceptible de détruire le Stegomyia calopus, propagateur possible de la maladie, à un stade quelconque de son évolution.

C'est à ce double point de vue qu'on doit toujours se placer dans l'étude complète des parasites d'un Culicide, reconnu susceptible de transmettre une maladie à l'Homme.

Retenons aussi, de cette élude des Grégarines parasites des Culicides, la grande analogie qui existe entre les formes enkystées de ces Grégarines et les kystes coelomiques mûrs des Plasmodium du paludisme : il y a là une cause d'erreur à laquelle il faut toujours songer. Nous avons indiqué plus haut ce qui différencie les formes enkystées de ces deux sortes de parasites des Culicides, très différents à tous les points de vue dans leur mode d'action sur le Moustique et sur l'organisme humain, et dont la confusion peut entraîner à de grossières erreurs d'interprétation.

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