pseudchundnatum
Famille Phylloboth ridés 499
Tribu Phyllobolhrinés 499
Genre PhyUobothrium 499
Ph. gracile oOO
Genre Monorygma 506
M, elegans 506
Tribu Echénéibolhrinés 508
Genre Disœbothrium 508
D.faUax 508
Genre Echeneibolhnuni 520
E, variabile 521
£. sp 524
Ordre Diphylles 525
Famille Echinobothridés 525
Genre Echinobothrium 525
E. typus 526
Ordre Trypanorhynques 528
Famille Rhyncbobothridés 529
Genre Rhynchobothrius 529
R. robustus 529
R. tetrabothrius 531
i?. erinaceus 532
Tableau RÉcAprruLAxip des parasites 534
Conclusions 535
Index bibliographique 536
FRÉQUENCE DE L'UNCINAIRE
ET DE QUELQUES AUTRES VERS INTESTINAUX DANS UNE RÉGION DU BASSIN HOUILLER DU PAS-DE-CALAIS
PAR
le Dr BRÉHON
MMecin de la Compagnie des mines de Béthune.
A Toccasion de recherches relatives à la fréquence de Tuncinariose dans une région du bassin houiller du Pas-de-Calais, j'ai' pu noter tout ce que l'examen microscopique des fèces montrait d'intéressant et faire quelques considérations sur la propagation du Ver du mineur dans notre pays.
Je n'insisterai pas sur la façon de recueillir les échantillons et de faire des préparations microscopiques; je dirai simplement que j'ai suivi en tous points la méthode que j'ai vu appliquer à Liège par le Professeur Malvoz et le 1)^ Lambinet. J'ajouterai que je n'ai pu être trompé sur l'authenticité des échantillons, puisque la récolte des déjections a été opérée sous l'œil sévère d'un gardien dévoué et inlassable, et que le préparateur intelligent a toujours soigneusement flambé son vase en ma présence, pour confectionner chaque plaque, avant de l'examiner au microscope.
La Compagnie de Béthune, qui m'a confié les recherches, occupe environ 6.000 ouvriers, dont 4.737 travaillent au fond, répartis dans neuf puits dilTérents. Dans une première série de recherches, llî>G examens de déjections provenant d'ouvriers occupés dans les diverses fosses ont été pratiqués : c'est donc plus de 25 0/0 du personnel du fond qui a été examiné.
Le Trichocephalus mo7iiMrî/.sest extraordinairement fréquent : je l'ai trouvé 603 fois, soit dans 50 0/0 des cas. J'ai remarqué que les ouvriers habitant les villages étaient porteurs de ce Ver plus fré- ([uemment encore que le mineur habitant les cités ouvrières. On trouve le Trichocéphale associé à tous les autres Vers intestinaux. Quel rapport y a-t-il entre le Trichocéphale et la fièvre typhoïde, chez nous? La Société de secours mutuels des mines de Béthune
l'unCINAîRE dans le PAS-DE-CALAIS o41
compte 7.770 membres; les médecins de cette société ont eu à soigner, en 1904, 7 cas de fièvre typhoïde et 3 cas d'appendicite. L'examen microscopique des déjections de ces dix personnes a montré chez tous des œufs deTrichocéphale,
V Ascaris lumbrimides, que nous avons Toccasion d'observer chez presque tous les enfants dans notre pays, est encore assez répandu chez les adolescents, mais rare chez les adultes. Je l'ai trouvé : 78 fois chez des ouvriers A^és de moins de 20 ans ; 19 . de 20 à 2;) ans;
21 — — — — de plus de 25 ans ;
soit au total 118 cas d'Ascans, ou 10 pour 100.
VOxyurus termkularis n'a été trouvé que trois fois, mais des cas ont pu échapper à mes investigations, puisque je l'ai recherché dans les matières fécales d'enfants indéniablement atteints de ce parasite, et que, dans certains cas, je n'ai pas trouvé d'œufs dans les préparations.
Le Tœnia n'est point rare chez nous, mais les œufs restent dans les anneaux. Une seule fois, j'ai rencontré les œufs très nombreux d'un Bothriocéphale, chez un Italien venu depuis peu de temps dans notre pays.
Enfin, deux fois seulement, j'ai trouvé lUncinaire. Les œufs se trouvaient dans les déjections d ouvriers occupés tous deux à la fosse de Sains-en-Gohelle. Huit fosses pouvaient être considérées comme n'occupant aucun ouvrier porteur du Ver; en interrogeant le passé des deux uncinariosés, on découvrait que ces deux cas n'étaient pas propres à notre pays.
L'un deux a déserté au cours de son service militaire et a travaillé à Ghlin, près de Mons, pendant trois ans. C'est là qu'il a pris la maladie du Ver; il y fut même soigné, puis, lors de l'amnistie de mars 1904, il rentra en France incomplètement guéri. L'autre a aussi travaillé à Ghlin pendant plus d'une année, et n'est rentré au pays que depuis 15 mois. Ces deux hommes n'avaient-ils pas contaminé quelques uns de leurs camarades de travail? Pour m'en rendre compte, je résolus d'examiner le personnel total du fond de la fosse de Sains-en Gohelle. Mes nouvelles recherches portèrent sur 512 ouvriers, ce qui élevait le nombre d'examens à 1708. Aucun nouveau cas ne fut constaté. Comme les autres, cette fosse était indemne. La proportion d'ouvriers porteurs d'Uncinaires n'atteint
542 BRÉHON
donc que 2 pour 100(), sur le nombre d examens, et 0,4 pour 1000 sur le nombre total de travailleurs occupés au fond.
Le résultat obtenu à la fosse de Sains en-Gohelle est extrêmement intéressant, (^ette fosse est nouvelle, on n'y extrait du charbon que depuis le 7 juin 1903 ; tout le personnel est composé d'ouvriers venus des différents charbonnages du bassin du Nord et du Pas-de Calais. Puisqu'il n'y a pas d'Uncinaires à Sains-en-Gohelle, on peut conclure que les Compagnies voisines ne doivent pas avoir plus que nous à compter avec le parasite.
Un autre fait démontre assez que le bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais n'est pas contaminé : c'est le mouvement des ouvriers. La Compagnie de Béthune, a qui j'ai demandé des renseignements sur le mouvement du personnel, m'a donné les chiffres suivants :
! Embauchages 2209
Sorties 1841
Personnel au 30 juin 1903 3665
! Embauchages 2600
Sorties 2318
Personnel au 30 juin 1904 3945
On voit que les ouvriers sont remplacés presque par moitié, en un an. Les nouveaux venus sortent des compagnies voisines; s'ils étaient porteurs d'Uncinaires, j'aurais trouvé de nombreux cas lors de mes recherches. Non, l'uncinariose n'existe pas chez nous. Peut-elle exister? On sait qu'il faut pour léclosion des œufs et le développement des larves deux conditions : de l'humidité et une chaleur de 25" à 3oo. Les conditions d'humidité ne sont pas réalisées; ce sont précisément les endroits les plus chauds qui sont les plus secs. On ne trouve de ci, de là, que quelques flaques dans les bowettes, et là le courant d'air est vif et la température ne dépasse jamais 18°. Dans les culs-de-sac et dans les galeries où Ton travaille, pas une goutte d'eau ne suinte sur les parois. Qu'on ne croie point que l'urine émise en même temps que la défécation puisse favoriser l'éclosion des œufs ; je n'ai jamais pu obtenir de larves dans une culture où l'eau était remplacée par l'urine.
La température n'a que bien rarement le degré voulu, en tous c*as, elle n'est pas constante. Une expérience m'a prouvé que la contamination ne pouvait se faire à la fosse de Sains en Gohelle. Je
l'uNCINAIRE DAiNS LE PAS-DE-OALAIS 543
fis une Clôture avec un mélange d^eau et de déjections chargées d'œufs d'Uncinaire, préparé en une seule masse. Je divisai cette culture en deux parties et portai Tune de ces parties au fond, dans l'endroit le plus chaud de toute la fosse (24o), puis je plaçai le reste de la culture dans une salle obscure du sous- sol des machines à vapeur, où la température est de 27°. Quatre jours après, je voyais des larves dans la culture témoin placée à la surface, tandis que je retrouvais les œufs presqu'intacts dans la culture déposée au fond.
Y eut-il d ailleurs la chaleur et l'humidité nécessaires à l'évolution des œufs, que la contagion ne se ferait point. Les ouvriers ne satisfont pas leurs besoins dans les chantiers d'extraction, ni dans les galeries, comme cela se fait, paraît-il, dans certains charbonnages étrangers. Habituellement, l'homme va à la selle chez lui. En cas d'urgence seulement, il défèque dans son wagonnet qui remonte aussitôt au jour ; tout danger est ainsi conjuré. Parfois il se satisfait dans les remblais, mais les mains des travailleurs ne sauraient s'y souiller, puisqu'on ne fouille pas ces tas de pierres.
Au jour, la contamination ne se fait pas. Dans les pays où Tuncinariose sévit avec intensité, le travailleur rentre à la maison couvert de vêtements certainement chargés de larves et il ne communique pas l'infection aux siens. Pour mon compte, j'ai tenu à examiner la famille de mes deux uncinariosés; tous deux sont mariés, l'un a deux enfants, l'autre trois. L'examen microscopique des déjections des deux femmes et des cinq enfants ne montra point d'œufs d'Uncinaire.
Je me suis demandé aussi quel était le sort de l'œuf d'Uncinaire rejeté dans les fosses d'aisance. Le produit de la fosse d'un mineur porteur du Ver, employé comme engrais dans le jardin, peuVil être un mode de contagion? L'examen du liquide fécal des fosses de mes deux uncinariosés ne m'a pas montré de larves et les œufs avaient disparu.
Un fait bien établi, contrôlé par les recherches microscopiques, expliqué par l'étude des conditions du milieu et des habitudes, c'est que l'ouvrier mineur indigène, celui qui n'a jamais quitté le pays, n'est pas porteur d'Uncinaires. Sont atteints du parasite ceux là seuls qui ont été infectés dans les puits étrangers.
Au point de vue prophylactique, en admettant que dans l'ave-
544 BRÉHON
nir les galeries des mines puissent devenir assez chaudes et assez humides pour être un milieu favorable à l'éclosion des œufs, une précaution efficace et suffisante est de ne pas admettre dans notre population minière, actuellement indemne, des ouvriers qui ont travaillé à Tétranger, c'est-à-dire qui sont peut-être infectés. Celle mesure radicale a été prise dans les différentes Compagnies du Pasde-Calais, quand l'on sut que les bassins houillers de Mons et de Liège étaient fortementcontaminés. Un mineur, revenant de l'étranger, ne trouvait plus d'occupation au fond chez nous. Aujourd'hui, depuis que l'on sait reconnaître d'une façon certaine les porleui-s d'Uncinaires, par l'analyse microscopique des déjections, on soumet à Texamen tout candidat venu ou revenu de l'étranger.
Mais il faut s'entourer de précautions. Chez nous, les ingénieurs comprennent le danger que pourrait présenter dans l'avenir la présence d'hommes uncinariosés. Aussi, quand un ouvrier sollicite du travail, son livret est-il consulté, son passé soigneusement fouillé. S'il a travaillé à l'étranger, si seulement il y a doute à cet égard, c'est-à dire s'il y a une lacune dans son existence, car souvent il ne veut pas avouer qu'il s'est exilé, cet homme ne sera point embau ché, s'il n'a confié à l'analyse un peu de ses déjections. Encore faut-il être sûr que l'échantillon est authentique. C'est pourquoi je me suis assuré un gardien ayant assez de dévouement et d'autorité pour imposer sa surveillance au candidat pendant la défécation. Celui-ci est donc obligé d'opérer loyalement.
C'est ainsi que systématiquement, depuis 5 mois, j'ai recherché les œufs d'Uncinaires chez 118 otivriers ayant travaillé à l'étranger, sollicitant du travail à la Compagnie de Béthune. Onze fois j'ai noté la présence de l'Uncinaire. Ces onze ouvriers avaient tous travaillé dans des mines belges; tous les candidats qui n'étaient pas ouvriers du fond étaient indemnes.
Cette proportion de 11 cas sur 118, soit 10 pour 100, paraît forte ; elle s'explique, si l'on songe que ces ouvriers ont dû être refusés pour le même motif, par d'autres Compagnies.
Il faut être persuadé que l'examen microscopique des déjeclions est de toute nécessité, pour diagnostiquer la présence du parasite chez un individu. Un simple examen physique ne saurait suffire. 11 y a beaucoup plus d' « uncinariés» ou infectés bien portants que d' (( uncinariosés » ou infectés malades. A Liège, on m'a montré
L'UNCINAIRE dans le PAS-DE CALAIS ,^i45
des hommes en traitement : ils avaient tous bonne mine et ne se plaignaient d'aucun malaise. Ici, l'un de mes deux uncinariés a été soumis au traitement lors de son séjour à Mons, mais il est rentré en France incomplètement guéri. Cependant il ne souffrait point et travaillait bien ; son salaire quotidien moyen est de 6 fr. 23 c. L'autre sujet n'a jamais été malade et fut bien étonné d'apprendre qu'il était porteur du Ver. Son salaire est de 7 fr. 23 c. La moyenne des salaires des compagnons de travail de ces deux hommes est de 6 fr. 44 c. Les 11 candidats revenus de l'étranger, que j'ai reconnus porteurs du Ver, avaient subi un examen médical et étaient jugés aptes au travail.
Conclusions. — Le mineur du Pas de-Calais, s'il est très souvent porteur du Trichocéphale, quelquefois de l'Ascaride, rarement de l'Oxyure vermiculaire, n'a pas l'Uncinaire. Il n'aura pas à compter avec ce parasite, si les conditions intérieures des mines ne changent pas et si l'on refuse pour le fond tout individu reconnu porteur du Ver.