IV. — Résultats fournis par la nëcropsle
La nécropsie fut faite avec soin. A l'ouverture de Tabdomen, on constate immédiatement l'existence d*une péritonite chronique généralisée, mais aseptique, car en aucun point on ne remarque la présence de pus.
Le péritoine, Tépiploon, le mésentère offraient une couleur jaune safran, et l'ensemble des viscères avait un aspect ratatiné qui con trastait singulièrement avec le gonffement fayperplasique des séreuses. Les lésions pathologiques étaient limitées exclusivement à celles ci, qui présentaient les traces des ravages d'une péritonite chronique et généralisée. 11 ne fut pas possible de trouver aucune lésion dans les autres organes. C'est ainsi que le foie était lisse et de volume normal, sans cicatrices ni autres lésions. Il en était de même des organes thoraciques, comme, du reste, du rein, de la rate, de la vessie, etc.
C'est donc du côté péritonéal et surtout dans la grande séreuse splanchnique que se trouvaient localisées les lésions anatomopathologiques qui sont d'ailleurs fort curieuses. Le feuillet viscéral du péritoine offrait un aspect déchiqueté et paraissait constitué d'un ensemble de villosités, de franges, de cavités cloisonnées dans lesquelles pullulaient nos parasrœs. L'épiploon extrêmement épaissi présentait par endroits un diamètre d'au moins 4 centimètres; il offrait l'aspect d'une masse anfractueuse avec des cryptes arrondies, quelquefoisde la grosseur d'une noisette, pleines de nos vésicules et dont la trame parsemée de tractus fibreux était fortement chargée de graisse et soudée en divers points avec les anses intestinales. Le feuillet pariétal du péritoine atteignait aussi une épaisseur vraiment insolite, variant de i à 3 centimètres ; il apparaissait comme formé d'une série de bourgeons villeux, soudés par endroits pour constituer un réticulum à larges mailles, bourré également de vésicules. U était du reste fortement adhérent au tissu musculaire sous-jacent, dent il était impossible de le
séparer. Cette adhérence se poursuivait jusque dans la fosse iliaque et, même, elle était considérable au voisinage du diaphragme.
Par un contraste singulier avec cette hyperplasie péritonéale généralisée, le mésentère présentait un amincissement remarquable. Les vaisseaux mésentériques avaient leur tunique hypertrophiée et étaient caractérisés par une infiltration lymphoîde intense, aboutissant par endroits à de véritables lacs vasculaires(rig.lO). Entre ce réseau épaissi, le mésentèrelui-mémeétait très mince et criblé même de perforations à la manière d'une dentelle, chaque orifice étant occupé par une vésicule adhérant plus ou moins intimement à cette sorte de nid qu'elle semblait bien avoir formé elle même. Dans d'autres cas encore, ces vésicules, coiffées d'un replis mésentérique, étaient appendues dans la cavité péritonéale, maintenues par cette sorte de pédicule.
Fig. 10. — Fragment de mésentère montrant l'infiltration lympholde des vaisseaux et les découpures en dentelle delà substance intermédiaire dont chaque orifice était occupé par une vésicule.