‹ Archives de parasitologieChapitre 36 sur 161 · P. VERDUN ET L. BRUYANT · texte numérisé non relu

P. VERDUN ET L. BRUYANT

aux précédents du second lot montrait un rétrécissement antérieur un peu moins marqué et un allongement un peu plus grand du bouton du pôle opposé.

m. — Examen critique des résultats.

Quand on relit les descriptions des auteurs qui sesont occupés de la Douve de Chine, et qui se trouvent résumées dans la première partie de ce travail, on ne peut manquer d'être frappé par le (ait suivant qui a justement attiré Tattention de Looss, c'est que, suivant le cas, des observateurs ont décrit, tantôt une Douve de Chine de grande taille, tantôt un type de petite taille. Mais si, pour un instant, on veut faire abstraction des dimensions indiquées, on se rend compte aisément qu'il n'existe pas une seule donnée autorisant la séparation de ces deux types, car les descriptions des auteurs semblent calquées les unes sur les autres.

Les premières formes qui ont été signalées appartiennent à la grande variété. Elles ont été trouvées par Mac Connell et Mac Gregor, chez des Chinois, et décrites par Cobbold sous le nom de 7). sinense. Elles ont été revues ensuite par divers médecins japonais, puis par Baelz; celui-ci les croyant différentes de la Douve de Chine les a considérées comme une espèce nouvelle et décrites sous le nom de D. hepatis innocuum. Simultanément le môme auteur signale l'existence au Japon d'un autre type de Douve, plus petit que le précédent, ayant avec lui beaucoiTp de ressemblance, mais s'en distinguant principalement par la taille et le pouvoir pathogène. Malgré cette ressemblance, il en fait une espèce nouvelle qu'il appelle D. hepatis endemicum,

Leuckart qui a eu entre les mains les préparations de Baelz a établi, d'une part, la similitude des deux types de Baelz et d'autre part, leur identité avec la Douve de Chine décrite par Cobbold. 11 n'hésite pas à les réunir dans une môme espèce, le Z). spathulatum dont la diagtiose est celle du D. endemicum, c'est-à-dire celle de la petite variété de la Douve japonaise. Les auteurs qui se sont succédé, Ijima, R. Blanchard, Katsurada, et qui ont eu en leur possession diverses sortes d'échantillons ont abondé dans le môme sens et admis tous l'unité de la Douve de Chine.

Ceci posé, est-il nécessaire, comme l'a fait Looss, de faire un pas

en arrière el de revenir à la division de Baelz? En d'autres termes, est-il logique d'élever au rang d'espèces les deux variétés de la Douve de Chine, la grande variété prenant le nom spécifique de sinensiSj et la petite celui d'endcmiais, celle-ci se localisant plus spécialement au Japon et au Tonkin, celle-là ayant pour habitat la Chine?

Nous allons essayer de répondre à celte question en comparant les descriptions de Looss avec les résultats de nos recherches. Tout d'abord, si l'on accepte les idées de Looss relativement à la localisation des deux expèces, c'est à Vendemicns que nos échantillons doivent ôlre rapportés. Or nous allons voir que l'étude des caractères spécifiques de ces Douves ne nous autorise pas toujours à faire ce rapprochement et que parfois, ces parasites possèdent des caractères attribués par Looss à l'autre espèce, c'est-à-dire au sinensis.

Sans aucun doute, la taille est le caractère différentiel primordial, puisqu'il a servi à Looss pour établir ces deux espèces. D'après cet auteur, la Douve de Chine proprement dite aurait 13 à 19 «n»", le ClonoTcliis endfmicns 10 à 13. Les petites formes de notre collection doivent, sans hésitation, être rangées dans la deuxième espèce, mais que penser des grandes formes qui atteignent jusqu'à j7mm 8? Certainement leur largeur (2'"™ 2 à 3'""'), est moindre que celle de CL ainensis (3 à 4"*'") et l'on pourrait objecter que leur grande taille est due à un étirement du corps en longueur; mais il faut bien avouer que ce n'est là qu'une supposition et qu'en tout cas il est difficile de dire quelle est la valeur de cet allongement. Si donc nous admettons que ces grandes formes doivent resler dans le type Ci eudemicm, il faut changer les limites de la taille et au lieu de 10 à IS*""*, adopter les chiffres 8, 5 à 17, 8, d'où une confusion possible avec le Cl, sinensis (13 à 19"'").

A la rigueur, la largeur pourrait, de préférence, servir de caractère différentiel. En effet, chez toutes les formes de notre collection, grandes ou petites, elle est comprise, quelle que soit la taille des individus, entre 1"" 8 et 3'™^ 4, c'esl-à-dire approxim?itivement dans les limites assignées par Looss à CL endemicus (2 à 3™"^.) Le CL sinensis est plus large (3 à 4 "»"»).

La pigmentation ne peut pas. comme le veut Looss, servir de caractère spécifique. D'après cet auteur, CL sinensis a un paren-

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chyme très pigmenté et un aspect très sombre; CL endemicus est non pigmenté et a un aspect clair. Or, rien n'est moins constant que la pigmentation chez C/. cnrfcmîcM,?, puisque dans notre premier lot nous avons distingué des types sombres et des types clairs, et que dans le second, l'opacité était telle qu'il nous a été impossible, même après des tentatives d'éclaircissement, de distinguer l'organisation interne des Douves.

Les mensurations des ventouses ont été utilisées par Looss pour servir de base à des caractères spécifiques. Voici les chiffres fournis par cet auteur:

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